15/01/2010

Dans la bouche le goût du gaz

Dans la bouche le goût du gaz.

 auschwitz chambres à gaz à gaz et crématorium

« Je ne sais pas vraiment pas comment m’exprimer, écrit Dounia Ourisson, pour décrire toute la terreur du block 25, dans les mois d’août à décembre 1942, à Birkenau…

C’est là qu’étaient rassemblées les détenues après les sélections, qu’étaient amenées les malades de l’hôpital  et les autres blocks, celles qui avaient commis quelques délit et celles qui avaient les jambes malades ou simplement enflées. Le block 25 était situé à l’entrée du camp, et en face de la  blockführerstube (La maison des chefs de blocks), afin que les gardiennes  S.S. puissent l’avoir constamment devant les yeux. La porte s’ouvrait que pour laisser passer les autos se dirigent vers le crématoire avec leur chargement de détenues.

Ce seul mot de blocks 25 nous donnait déjà l’avant goût de la  mort et , rien qu’en prononçant, nous avions dans la bouche le goût du gaz. Le blocks 25 était séparé des autres par un fil de fer. Le portail en bois bien lourd s’ouvrait rarement ; il était défendu aux détenues de l’approcher. « Les responsables de blocks, à l’appel, ne faisaient plus de rapport aux gardiennes S.S. sur ces effectifs ; les détenues qui s’y trouvaient n’étaient plus considérées comme des êtres vivants. »

Après chaque sélection, dans la soirée, certaines détenues approchent de ce blocks pour mettre un peu d’eau  dans les mains tendues à travers la fenêtre, barrée de fil de fer, pour transmettre ou recevoir un petit mot d’une mère à sa fille, d’une sœur à sa sœur.

Les femmes enfermées dans ce block ont déjà perdu tout espoir. Elles savent que le block 25 est leur dernière étape avant la chambre à gaz. Elles attendent les autos quarante-huit heures, sans manger ni boire. Des mortes-vivantes reléguées dans  le dernier cercle de l’enfer. Certaines se résignent, d’autres se révoltent, sautent du grabat, courent au portail, le frappant avec leurs poings et crient : « Laissez-moi sortir, je veux vivre ! ».

Mais à 11 heures, tous les deux jours, ou parfois  tous les jours, le camion arrive devant le block 25.

« L’aufseherin S.S. (surveillante) Dresker, vêtue de sa blouse blanche, la cravache à la main, accompagnée du Dr Mengele, tous deux fumant des cigarettes après un déjeuner copieux, ordonne d’ouvrir le portail. La gardienne du block fait déshabillé les condamnées ; Leurs haillons misérables sont nécessaires pour d’autres, les prochaines victimes de ce même block.

Deux S.S. jettent les détenues nues dans le camions, l’une sur l’autre, afin de le remplir le plus possible et d’en finir d’un seul coup. Deux cent cinquante femmes sont ainsi chargées sur ce camion. Quand il est rempli, les S.S. le ferment, et deux autres d’entre eux prennent place à côté du chauffeur. Le camion démarre.

Un extrait du livre « Les médecins de la mort de l’auteur Philippe Aziz

00:09 Écrit par dorcas dans Camp Birkenau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaz, birkenau |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.