23/01/2010

Les enfants de Ravensbruck.

Les enfants de Ravensbruck.


enfants de Ravensbruck

Je vis tout près de moi un jeune garçon qui nous regardait avec de grands yeux brillants et un joli sourire… Ce jeune garçon m’attira dès que je le vis, il me rappelait par l’âge et la silhouette mon fils que j’avais pu, avant mon arrestation, mettre à l’abri de la Gestapo. Je bavarde avec lui et lui demande ce qu’il fait ici, où sont ces parents. Il me répond tristement qu’il est seul, que ces parents sont partis en transport. Je vis à l’étoile qui était accroché à ses vêtements qu’il était juif. Je compris pourquoi cet enfant se trouvait dans ce camp maudit. Je compris aussi où étaient partis ses parents. Transport voulait dire néant, chambre à gaz ou four crématoire. Les larmes me vinrent aux yeux en pensant que jamais ce pauvre petit ne reverrait ses parents. Nous avons parlé ensemble de la France. Il me dit qu’il habitait Paris, près de la gare de l’est pendant plusieurs jours, je revis mon fils adoptif ; chaque fois que nous le pouvions, nous passions quelques instant ensemble, même nous avons fait quelques « repas » : une rondelle de saucisson et un peu de margarine prise sur notre pauvre ration. J’avais un peu honte de ne pouvoir lui offrir davantage.

Cela dura une quinzaine de jours. Peut-être plus. Le temps au camp était tellement long qu’il est difficile de se rappeler. Les semaines paraissent aussi longues que des mois ; semaine et dimanche, tout se ressemblait. Puis, je ne vis plus mon petit ami. Le premier jour, je ne fus pas trop inquiet car je pensais qu’il avait pu être empêché de sortir ; après quelques jours, je me renseignais pour savoir ce qui se passait.Et Georgette découvre avec horreur que le block des enfants a été « liquidé ».

Extrait du livre "Les médecins de l'impossible" de Christian Bernadac

21:27 Écrit par dorcas dans Camp Ravensbruck | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gestapo, juif, crematoire |  Facebook |

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