24/01/2010

La séparation

La séparation

déportés

La deuxième phase de l'opération consistait à annihiler la volonté des victimes par des ordres incessants, où la lettre r claquait comme un fouet; ils étaient lancés de cette voix impérieuse dont est si fière l'armée allemande, parce qu'elle « prouve » que les Allemands sont une race de maîtres.
« Achtung ! » La voix du Scharführer jetait dans le silence tragique la formule consacrée qu'il répétait Plusieurs fois par jour depuis de longs mois :
« Les hommes restent où ils sont. les femmes et les enfants iront se déshabiller dans les baraques à gauche. »
Alors c'étaient des scènes affreuses.  L'amour maternel, conjugal, filial leur (lisait à tous qu'ils se voyaient pour la dernière fois.  Des poignées de main, des baisers, des bénédictions, des larmes, de courtes phrases où l'on mettait toute sa tendresse et toute sa douleur... Les psychiatres de la mort savaient qu'il fallait sans tarder couper court à tout cela.  Ces brutes connaissaient les lois très simples que l'on applique dans tous les abattoirs du monde, et ils les appliquaient aux hommes.
C'était l'une des parties les plus délicates dé l'opération, le moment où l'on séparait les filles de leurs pères, les mères de leurs fils, les grand-mères de leurs petits-enfants, les maris de leurs femmes.
« Achtung ! Achtung ! » De nouveau il fallait troubler les raisons, les bercer d'espoir, présenter les règles de mort comme des règles de vie.  Et la voix scandait :
« Les femmes et les enfants enlèveront leurs chaussures avant d'entrer.  Les bas doivent être déposés dedans ; les chaussettes des enfants seront mises dans leurs chaussons, leurs sandales, leurs bottines.  Ne nous trompons pas ! »
Après une courte pause, la voix reprenait « En allant au bain, emportez vos bijoux, vos papiers, votre argent, un essuie-mains et du savon... Je répète... »

source : http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/treblinka.htm#de...

23:06 Écrit par dorcas dans Camp Treblinka | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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