06/02/2010

Les médecins maudits

Les médecins maudits

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A Dachau, dans une piscine où flottent des pains de glace, des déportés attendent que le froid les tue, sous le regard vigilant de scientifiques qui mesurent leur temps de survie. A Auschwitz, Mengele fait étudier in vivo les secrets de la gémellité, afin que les femmes du IIIème Reich donnent deux fois plus d'enfants à leur Führer. Ailleurs on brûle les détenus ou on leur tire dessus pour découvrir comment mieux soigner les soldats allemands victimes de bombes ou de balles. A Buchenwald, Mauthausen et Ravensbrück, des vaccins approximatifs sont testés, inoculant le typhus, le choléra ou la tuberculose plus souvent qu'ils n'en prémunissent. Dans tous les camps de concentration, des médecins, des professeurs d'université choisis par Himmler et encouragés par Hitler pratiquent sur le matériel humain voué à l'extermination des expériences atroces. Christian Bernadac a retrouvé certains des survivants de cette barbarie, marqués à jamais par l'épreuve et les souvenirs. Leur témoignage, et le dépouillement d'archives pour la plupart inédites, lui ont permis de retracer la monstrueuse histoire de ces essais thérapeutiques d'évoquer la souffrance et la mort des cobayes sacrifiés, et de nous remettre en mémoire l'un des chapitres les plus immondes de la Seconde Guerre mondiale.

La stérilisation sur les jeunes filles.

Extrait du livre

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Une des expériences les plus lamentables fut la stérilisation par les rayons X de toutes les jeunes filles de seize à dix-huit ans. Des frêles créatures délicates, dont les souffrances révoltaient… Les petites revenaient le soir dans un état effrayant. Elles  vomissaient sans cesse et se plaignaient de douleurs abdominales atroces. Nombreuses furent celles qui durent s’aliter durant des semaines et même des mois. Nombreuses furent celles atteintes de brûlures radiologiques dort étendues nécessitant des pansements de longue durée.

 Il faudrait aussi parler des petites bohémiennes de Ravensbrück, des fillettes dont on ne peut pas oublier la vue, par terre dans les corridors du revier, se tordant de douleur après la stérilisation. Car les « essais » des « savants » portaient aussi sur des enfants. Une déportée Gustawa Winkowska demanda au docteur Treinte, spécialiste de ces stérilisations : Pourquoi aussi sur eux ? Il fait les stériliser très jeunes car ils sont capables d’avoir des enfants à treize ans.


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