21/04/2010

Pas de surviants

Combien d’histoire ne seront jamais racontées parce qu’il n’y a pas eu de survivants. L'horreur absolue.

transmis par desintox-be@yahoogroups.com au nom de Daniel Hochner 

Combien d’histoire ne seront jamais racontées parce qu’il n’y a pas eu de survivants.

Comment les tueurs ont-ils tué ?

Aujourd’hui, toi le dernier survivant, tu te souviens de cette journée où tu fus conduit avec d’autres camarades à la rampe de Birkenau.

Votre travail consistait, dès l’arrivée d’un convoi, dès l’ouverture des portes d’y extraire rapidement les cadavres de ceux qui n’avaient pas eu la force de supporter l’effroyable voyage.

 

Pour toi, une journée comme les autres.

D’Europe les convois se succèdent toutes les 20 minutes, ce jour là, ce qui retient particulièrement ton attention c’est le nombre important de SS qui attendent un convoi

Les SS connaissent l’origine de l’un de ces convois, et comme il faut bien s’amuser un peu, cela mérite un peu d’attente…

11 jours au paravent, les nazis font irruption dans un hôtel de Salonique en pleine célébration d’un mariage juif.

En 10 minutes, les nazis embarquent toute la noce dans leurs camions.

A l’arrivée à Birkenau, quand enfin les portes s’ouvrent, ils sont tous là.

La mariée en blanc, le marié en noir, chapeau haut de forme, les parents, les grands parents, même le grand père dans sa chaise roulante, le rabbin, les témoins, les invités, tous les invités, les petites demoiselles d’honneur, les serveurs, les cuisiniers, le verre pas encore brisé.

Les nazis gentiment, poliment ordonnent aux noceurs de former un cortège, aux musiciens de jouer des airs gais, aux autres de chanter, de danser, de taper dans leurs mains, au rabbin de prier. Les nazis connaissent les traditions, on hisse la mariée et le marié sur de petites chaises soulevées à bout de bras, c’est eux qui auront le privilège de découvrir cette haute cheminée d’où sort une acre fumée, gluante, collante, polluée par des milliers de grosses mouches.

Le cortège toujours chantant, dansant, traverse une partie du camp.

Baraques à perte de vue, miradors encerclés de fils de fer barbelés, électrifiés

Ombres d’hommes en costumes zébrés pas encore morts mais plus du tout vivants

Odeur terrible de caoutchouc brulé, de chair carbonisée qui vous pénètre par la bouche, par le nez, par tous les pores de la peau.

Arrivés au milieu de nulle part, les SS décident qu’ils ont assez rigolé, ils sortent les fouets, les slags, on tue le rabbin à coups de gourdin, on arrache les bébés des bras des Mamans, on les précipite encore vivants dans la fosse en feu, vite, plus vite, shnell, tout le monde doit se déshabiller, rentrer dans la chambre, plus vite, encore plus vite tout le monde doit s’engouffrer, on les pousse, on se pousse, on se bouscule, il y a de la place pour tout le monde crient les SS. On pousse encore et encore, mais la chambre est vraiment trop petite et les invités sont trop nombreux, les petites demoiselles d’honneur ne peuvent rentrer faute de place, on les jette par-dessus la tête de ceux qui sont déjà à l’intérieur, on referme la porte avec peine, on éteint la lumière.

De l’intérieur s’échappent des pleurs, des cris, des hurlements, des prières. On appelle Papa, Maman.

Un allemand, fier, heureux, satisfait introduit le zyklon B.

20 minutes plus tard, on ouvre la porte, la position des cadavres imbriqués les uns contre les autres déchiquetés, gonflés, crevés, laisse deviner leurs derniers instants. Une femme a accouché, plusieurs enfants sont morts piétinés. Au sol, vomissures, sangs, excréments

Tous ne sont pas complètement asphyxiés, certains bougent un doigt, un œil, on entend quelques gémissements…Cela n’a pas d’importance, il faut faire vite, d’autres convois attendent leur tour. On coupe les cheveux des femmes, à l’aide de tenailles on arrache les dents en or, pour récupérer plus vite les boucles d’oreilles on arrache l’oreille, on récupère les alliances, on cherche le moindre bijou, on brûle, on carbonise, on récupère les cendres, à part les juifs rien ne doit se perdre.

Le spectacle est fini, les nazis sont repartis

Ces pères de famille, professeurs, ingénieurs, ces allemands ordinaires vont rejoindre leurs maisons construites en bordure du camp, ils vont lire Goethe, Schiller, écouter Wagner, Liszt, Chopin, chantonner une berceuse, raconter un conte de fée, il faut bien endormir leurs têtes blondes.


00:27 Écrit par dorcas dans Camp Birkenau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : survivants, birkenau, ss, juifs |  Facebook |

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