15/02/2010

Vannes. Un ancien déporté raconte Auschwitz aux lycéens

Vannes. Un ancien déporté raconte Auschwitz aux lycéens



De Nancy à Auschwitz, avec un crochet par Perros-Guirec. Voilà le parcours de Jacques Zylbermine, Juif, né en 1929, qui a survécu à l'extermination nazie. Il était à Vannes, hier, pour témoigner devant des lycéens. Hier, 15 h, dans une salle de classe du lycée Lesage. Les 70 élèves d'Anne Rebout, professeur d'histoire-géo - des secondes, ceux de la classe européenne et des premières ES - dévisagent leur intervenant qui prend place derrière le bureau, face à eux.

« Moi, à ton âge j'étais à Auschwitz »

Jacques Zylbermine interroge un lycéen : « Tu as 14 ans toi ? Et bien moi, à ton âge, j'étais à Auschwitz. Ça me fait peur de te regarder mais c'est comme ça... » Première séquence d'émotion. Les yeux embués, l'octogénaire saisit un mouchoir en papier et commence à raconter son histoire. Le témoignage d'un Polonais, né le 8 mai 1929 en Pologne, qui a grandi à Nancy à partir de 1933. Parce qu'ils ont eu peur des bombardements à répétition, ses parents ont refait les bagages et ont gagné la Bretagne, dans « un petit bled à l'époque » qui s'appelait Perros-Guirec.

Dans les bras de Rommel

Pas vraiment le bonheur puisque la famille Zylbermine partage un mois plus tard l'hôtel avec des Allemands. Qui aurait cru que le petit blondinet en culotte courte était un Juif ? Pas les Nazis en tout cas, qui lui offraient des bonbons, lui caressaient les cheveux, le considéraient comme une mascotte. « Leur chef me disait : "Ah mon gamin, tu es un beau gosse. Tu as les cheveux blonds comme un enfant allemand". Un jour, je l'ai vu en pleine page du journal : c'était le général Rommel ! » Rommel, qui allait par la suite devenir maréchal, le père du mur de l'Atlantique. « J'ai été dans ses bras et j'ai joué avec lui : c'est quelque chose qui me paraît encore aujourd'hui complètement hallucinant ». Puis vient le renforcement des lois de Vichy, le début de l'humiliation. 60 ans plus tard, Jacques Zylbermine n'a toujours pas digéré. Surtout pas le port de l'étoile juive, qui le discriminait à l'école aux yeux de ses copains. « J'étais le seul youpin. C'était intenable ».

Prisonnier en culotte courte

Les temps sont de plus en plus difficiles pour les Juifs. Chassée par les Allemands, la famille se réfugie à Vitré, avant d'être arrêtée et envoyée à la prison de Rennes. La mère et les deux soeurs d'un côté, le père et le fils de l'autre. Le mitar, une prison dans la prison. « C'est la première fois qu'on voyait un prisonnier en culotte courte ». Jacques Zylbermine n'a que 14 ans. L'âge auquel il sera envoyé au camp d'Auschwitz-Birkenau, après trois jours de train. « Il faisait encore nuit. Les Allemands donnaient des coups de fouet sur les wagons pour créer de l'affolement. C'était réussi ». Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. « Un camion est venu chercher mes deux soeurs. Je ne les ai jamais revues depuis. Elles avaient une vingtaine d'années ». Au moment de la sélection, « par chance », il est déclaré apte au travail, contrairement aux autres enfants. Il échappe à la mort, mais pas son père. Durant deux ans, il survit aux pires conditions de travail, « obéit mécaniquement à tout ce qui est demandé ». En 1945, le camp est libéré et il sort enfin de l'enfer. Ses 16 ans, il les fête le 8 mai, jour de la victoire.

La rafle du vélodrome d'hivers de Paris

La rafle du vélodrome d'hivers de Paris

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Les bus attendent les juifs pour les transporter dans des camps

Il y a soixante 68 ans les 16 et 17 juillet 1942, 13.152 juifs parisiens, dont 4.115 enfants, étaient arrêtés par la police française au cours d'une opération baptisée cyniquement "vent printanier". La plupart d'entre eux mourront à Auschwitz.

Passée dans l'histoire sous le nom de "rafle du Vélodrome d'hiver", du nom du lieu où une partie d'entre eux ont été conduits avant leur transfert vers les camps d'internement de Drancy, Beaune-la-Rolande ou Pithiviers, cette vague d'arrestations ne fut ni la première, ni la dernière. Mais elle a été la plus massive.

Les premières rafles ont eu lieu le 14 mai 1941, les dernières au printemps 1944. En tout, 76.000 juifs de France ont été déportés vers les camps nazis, dont bien peu sont revenus.

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Ils attendent dans des conditions affreuses, sans nourriture, ni boisson, et sans moyen confortable pour se reposer.

4.500 policiers, selon les chiffres généralement retenus, 7.000 selon l'écrivain Maurice Rajsfus (dans "La rafle du Vel d'hiv", Que sais-je) ont pris part à l'opération des 16 et 17 juillet organisée à la demande des autorités d'occupation, mais sans leur participation. En outre une cinquantaine d'autobus de la compagnie du métropolitain ont été réquisitionnés avec leurs conducteurs.

La rafle devait en principe concerner les seuls juifs étrangers (la déportation des juifs de nationalité française viendrait plus tard) dont une liste avait été dressée mais les autorités françaises ont pris l'initiative d'y adjoindre les enfants, et devant l'insuffisance de la "prise" (la police tablait sur 22.000 arrestations) on s'est parfois montré peu regardant sur la nationalité.

La rumeur circulait depuis quelque temps d'une telle opération parmi la population juive, mais certains pensaient qu'elle ne concernerait que les hommes comme les précédentes, d'autres ne pouvaient pas y croire, la plupart de toutes façons n'avaient pas où aller.

La circulaire du directeur de la police municipale Emile Hennequin précisait que les opérations devaient être effectuées "avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire". Les enfants ne devaient pas être confiés aux voisins mais emmenés en même temps que les parents.

Les célibataires et les couples sans enfants ont été conduits directement au camp de Drancy, ouvert en août 1941, en vue d'une déportation rapide vers Auschwitz, tandis que les familles étaient dans un premier temps emmenés au vélodrome d'hiver.

Elles y resteront plusieurs jours dans des conditions épouvantables, car rien n'avait été prévu pour elles, ni sanitaires, ni eau, ni nourriture, ni matelas. Les gens, qui n'avaient eu le droit d'emporter que deux bagages dont un de vivres, s'entassaient sur les gradins parmi les pleurs des enfants et les odeurs d'excréments.

La collaboration de la police française à la chasse aux juifs décidée par les nazis dans la zone d'occupation avait été facilitée par la politique résolument antisémite adoptée par le régime de Vichy dès son installation: il instituait un "statut des juifs" le 3 octobre 1940, interdisait toute une série de professions (avocat, médecin, magistrat etc.) aux juifs, créait le 29 mars 1941 un "commissariat aux questions juives"...

En zone occupée le port de l'étoile jaune avait été imposée aux juifs le 7 juin 1942. Dès lors, pour ceux qui n'avaient pas eu les moyens de fuir, ou qui n'avaient pas pu éviter de se faire recenser en octobre 1940, il n'y avait plus d'échappatoire.

source : http://images.google.be/imgres?imgurl=http://pagesperso-o...

devant de Birkenau

La plupart finirons ici, à Auschwitz

07/02/2010

Les médecins de l'impossible

Les médecins de l'impossible

De Christian Bernadac

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Le block 7 d'Auschwitz

Le docteur Désiré Haffner a bien connu le Block. 7 à Auschwitz

« Les descriptions qui nous restent des hospices du moyen Age auraient paru un rêve merveilleux à ces malheureux. Tout autour du block se dégageait une odeur lourde, de diarrhéique, de cadavre, de vermine.  Dans la cour, des centaines de cadavres et d’agonisant sur lesquels, il fallait marcher pour entrer dans le block. Là, plus de mille malades entassés dans des conditions indescriptibles, donnaient l’impression d’une véritable cour des miracles. L’atmosphère chargée de toute une série d’odeurs nauséabondes, était presque  irrespirable. Aucun classement par maladie : dans la même niche voisinaient un phlegmon et un typhus exanthématique, un œdème par carence et un pneumonique. Aucun médicament n’était distribué, et des coups jusqu’à la dernière minute. Les rations alimentaires étaient très réduites : le tiers ou le quart de la ration normal, car le vol prenant dans ce block des proportions scandaleuses. Une souffrance supplémentaire était encore imposée à ces hommes exténués et malades : la soif, le supplice atroce pour ces fiévreux à 40°. Une souffrance morale s’ajoutait à cette souffrance physique : l’attente des voitures qui devaient les conduire aux chambres à gaz. »

 Extrait du livre : page 389

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Cette fois, c’est notre tour.

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Cette fois, c’est notre tour. Cette fois, ils s’arrêtent devant la porte. Nos dents claquent, nos nerfs sont tendus à craquer. Les camions ont stoppé devant notre block. La porte s’ouvre toute grande. Une bande de SS se rue avec fracas à l’intérieur.

La Blokowa avait placé son personnel aux portes pour faire sortir les malades de leur lit. Une bataille commence. Il y en a qui sortent dociles, résignées, le regard absent, mais d’autres se couvrent la tête de leur couverture et ne bougent pas, ou bien s’enfoncent dans leur paillasse. D’autre encore courent comme des  bêtes traquées à la recherche d’un abri. Les SS nous poussent à la  besogne, mais sont obligés de mettre eux-mêmes la main à la pâte et de traîner les victimes devant la secrétaire du block qui, liste en main, contrôle minutieusement le matricule sur le bras, tout en les comptant. Le SS responsable se tient à ses côtés avec une copie de la même liste et compte également. Une porte du block étant condamnée pour la circonstance, les femmes sont poussées dans la direction de l’unique sortie qui aboutit dans un vestibule d’où les SS et leurs aident les chargent sur des camions comme du linge sale. Arrivées près du vestibule, certaines se débattent encore, opposant une ultime résistance. Les SS frappent. Parmi les cris de douleurs, on entend des femmes lancer aux infirmières des adieux et des messages pour leurs parents et amis.

Le block se vide. Les dernières victimes qui gisent à terre, dans les passages entre les gravats et le poêle, sont traînées par les SS vers la porte. Mais le compte n’y est pas. Quatre numéros manquent. Les SS nous harcèlent : «Los, los, schneller ! » D’abord en menaçant que si nous ne les trouvons pas, ils en prendront quatre parmi nous. Ensuite par des promesses. C’est Tauber qui nous réunit pour nous annoncer que celle qui les trouvera aura du « zulage » ( une ration supplémentaire de pain et de saucisson). Mais, encore une fois, ils sont obligés de grimper eux-mêmes sur les grabats supérieurs où ils trouvent trois femmes enfouies dans la paille de leur paillasse. Ils les en sortent avec sauvagerie, en les rouant de coups. Elles tombent à peu près mortes. On les emporte sur le camion. Il en manque toujours une. Les SS s’impatientent. Ils en ont visiblement assez de ce « jeu ». Ils décident de faire partir le dernier camion. Auparavant, ils s’adressent à la secrétaire : « Si demain ton « schmuck-stück » n’est pas retrouvée, c’est toi qui iras à sa place. » La secrétaire est blême.

Les SS partis, nos nerfs lâchent. Une se trouve mal, une autre a un accès de spasmes. Quelques-unes parmi nous s’enfuient du block comme des folles. Nous  ne savons plus si ce que nous venons de vivre était  réel ou si nous avons rêvé un cauchemar d’enfer. Et brusquement, la malade introuvable, sortie, mais d’où ? Se trouve parmi nous.  La secrétaire et la blokowa l’assaillent. La secrétaire lui lance ce reproche : « Comment as-tu osé mettre ma vie en danger ? » La pauvre gosse, une vingtaine d’années, tremble de tous ses membres et sanglote. Elle tremble encore quand, enveloppée dans un tas de couvertures désormais inutilisées, nous la couchons sur un grabat. Le lendemain, nous l’avons trouvée sur sa couche, morte d’émotion et d’épuisement.

Extrait du livre : page :376 ( Auschwitz : la solution finale)

00:07 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, ss |  Facebook |

06/02/2010

Les médecins maudits

Les médecins maudits

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A Dachau, dans une piscine où flottent des pains de glace, des déportés attendent que le froid les tue, sous le regard vigilant de scientifiques qui mesurent leur temps de survie. A Auschwitz, Mengele fait étudier in vivo les secrets de la gémellité, afin que les femmes du IIIème Reich donnent deux fois plus d'enfants à leur Führer. Ailleurs on brûle les détenus ou on leur tire dessus pour découvrir comment mieux soigner les soldats allemands victimes de bombes ou de balles. A Buchenwald, Mauthausen et Ravensbrück, des vaccins approximatifs sont testés, inoculant le typhus, le choléra ou la tuberculose plus souvent qu'ils n'en prémunissent. Dans tous les camps de concentration, des médecins, des professeurs d'université choisis par Himmler et encouragés par Hitler pratiquent sur le matériel humain voué à l'extermination des expériences atroces. Christian Bernadac a retrouvé certains des survivants de cette barbarie, marqués à jamais par l'épreuve et les souvenirs. Leur témoignage, et le dépouillement d'archives pour la plupart inédites, lui ont permis de retracer la monstrueuse histoire de ces essais thérapeutiques d'évoquer la souffrance et la mort des cobayes sacrifiés, et de nous remettre en mémoire l'un des chapitres les plus immondes de la Seconde Guerre mondiale.

La stérilisation sur les jeunes filles.

Extrait du livre

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Une des expériences les plus lamentables fut la stérilisation par les rayons X de toutes les jeunes filles de seize à dix-huit ans. Des frêles créatures délicates, dont les souffrances révoltaient… Les petites revenaient le soir dans un état effrayant. Elles  vomissaient sans cesse et se plaignaient de douleurs abdominales atroces. Nombreuses furent celles qui durent s’aliter durant des semaines et même des mois. Nombreuses furent celles atteintes de brûlures radiologiques dort étendues nécessitant des pansements de longue durée.

 Il faudrait aussi parler des petites bohémiennes de Ravensbrück, des fillettes dont on ne peut pas oublier la vue, par terre dans les corridors du revier, se tordant de douleur après la stérilisation. Car les « essais » des « savants » portaient aussi sur des enfants. Une déportée Gustawa Winkowska demanda au docteur Treinte, spécialiste de ces stérilisations : Pourquoi aussi sur eux ? Il fait les stériliser très jeunes car ils sont capables d’avoir des enfants à treize ans.


Kommandos de femmes

Kommandos de femmes

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Poursuivant son hallucinante enquête sur les camps de la mort, Christian Bernadac aborde avec "Les mannequins nus", le premier dossier d'une nouvelle série consacré aux camps de femmes.

On ignore en général que l'enceinte d'Auschwitz abritait, à l'ombre des fours crématoires, un immense camp de femme, un camp où chaque déportées, dépouillées de cette enveloppe qui la rattachait à son passé, est précipitée dans un monde qu'elle est incapable de comprendre ou d'imaginer.

Nue, elle n'a que quelques jours pour se fondre dans la masse, pour réaliser l'amalgame, pour n'être plus qu'un numéro matricule d'une série, d'un block, d'un commendo.

Elle devient un mannequin nu, un objet.

Ces femmes d'Auschwitz ont connu la pire existence concentrationnaire, mais elles ont comme les hommes, peut-être mieux, s'organiser, s'entraider, résister.

Beaucoup malgrè la hiérarchie sans cesse préoccupée de trancher les franges de la masse, sont sorties de ce "troupeau de choses" pour ébranler le système.

Recherchant et retrouvant documents et témoignages inédits, Christian Bernadac retrace ces miracles quotidiens de la survie et de l'espoir.

Peu à peu, de cet enchevêtrement de crânes tondus, émergent les visages paisibles du refus...

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extrait du livre

Ce matin ce fut le drame, un drame atroce.

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Un SS, lâche ces chiens sur un juif

Nos gardiens ont lâchés leurs chiens sous prétexte de nous faire sortir plus vite de la baraque.

J’aime les bêtes en particulier les chiens que je n’ais jamais craint ; à cet instant je connais la peur panique, une peur qui prend au ventre et qui paralyse. Une des bêtes fonçait sur moi. C’est une des bêtes puissante, solide sur pattes, au pelage fauve. Dans un éclair, je vis la gueule ouverte. Ses babines retroussées laissaient voir des crocs luisants, prêts à déchirer. Ses oreilles bien droites pointaient ; ses yeux semblables à deux billes en jais, lançaient des éclairs de fureurs ; sa langue pendait.

La bête respirait la force et les jarrets musclés, dans l’effort, entrainaient son corps par bond successifs. J’entendais son souffle rauque et saccadé. Un peu d’écume recouvrait ses flancs et son poitrail d’un beige clair. La peur, cette peur contre laquelle on ne peut vraiment rien, me clouait au sol ; c’est peut-être grâce à elle que je fus sauvée de l’inévitable. J’avais entendu dire que lorsque un chien furieux attaque, il faut éviter de bouger et encore moins fuir.

J’étais donc là, face au chien, immobile, le fixant dans les yeux ; la bête à un mètre, les pattes avant raides, l’arrière)train baissé, prête à bondir sur moi, était à l’arrêt. Un filet de bave allait se perdre dans ses poils. Intensément, nous nous fixions. Qui, de la bête ou de moi allait céder ? Je savais qu’il me fallait tenir, je le voulais de toutes mes forces, autrement elle se jetterait sur moi.

C’est le chien qui, un instant, fut distrait de sa garde vigilante. Une femme « paniquée » se sauva derrière moi en courant. Les sens toujours en alerte la bête ne fit qu’un bond, me frôla et retomba lourdement sur sa victime qui s’affala et retomba lourdement sur sa victime qui s’affala comme un sac de son. Les pattes puissantes aux griffes pointues lacérèrent la pauvre robe rayée, les crocs blancs cherchèrent la gorge.

La femme à terre, se protégeant le visage de ses bras, hurlait d’épouvante et de douleur ; le chien excité par l’odeur du sang était comme fou ; un bruit de chair déchiquetée, d’os brisé mit le comble à sa sauvagerie.

Impuissante devant ce drame atroce, j’assistais à l’agonie de cette malheureuse. Que cela cesse ! Que ce cauchemar finisse ! Qu’il rappelle sa bête.

Le chien tenant dans sa gueule un des bras de la femme la secouait de droite à gauche pareille à une poupée de chiffon.

Soudain un coup de sifflet strident stoppa net les élans du chien qui, à regret, un lambeau d’étoffe accroché à une dent, abandonna la femme toute sanglante et s’assit, en chien bien dressé, attendant les ordres de  son maître. Le soldat allemand partit enfin, la bête sur  ses talons. Un silence lourd d’horreur plana devant la baraque entrecoupé seulement des plaintes et des sanglots de la femme  blessée que nous n’avions pas le droit de secourir…

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Ce qui fut le pire:

la peur

Ce ne fut pas le froid, si cruel, dont la seule pensée faisait pâlir les plus courageuses, le matin avant l’appel.

Ce ne fut pas la faim, compagne inséparable de toutes les heures, inspiratrice de nos rêves et sujet de nos conversations.

Ce ne fut pas le travail, pic si lourd entre nos mains affaiblies ou longues heures de la nuit, debout, devant  une machine.

Ce ne fut pas la saleté, celle de la voisine et la sienne. On s’habitue à sentir courir sur son corps des centaines de poux, à l’odeur de la dysenterie, à la laideur, aux coups…

Mais le pire, ce fut de voir mourir ses camarades. L’une après l’autre, elles prenaient ce visage à la fois creusés et bouffi, qui vous faisait penser : « elle n’en a plus pour longtemps » Et un matin, dans la salle où nous couchions, huit cents entassées, sur la terre battue, nous trouvions près de nous un corps déjà froid. Si grande était notre faiblesse que la mort était douce, et facile le passage hors de cette humanité dont nous semblions déjà rayées.  Nous évoquions alors les journées  passées avec la morte, les beaux projets communs, les petits enfants dont elle parlait souvent, ou la vieille maman qui  attendait en France, si loin… Et nous frissonnions à cause de tous ces rêves vains, à cause de ces espoirs déçus, et aussi, un peu sans nous l’avouer, parce que nous avions peur d’être un jour ce pauvre cadavre dont le bras dépasserait sous le morceau de toile à sac, dans la charrette où l’emmènerait quelque part en forêt, une équipe de Polonaises bavardes et inconscientes. Nous nous sentions un peu plus seules, un peu plus abandonnées…

Ce qui fut pire c’est de pensée à Madeleine, mon amie, que je croyais brûlée vive au revier, ou à Valentine, notre petite sœur d’adoption qui s’en alla doucement, sans faire de bruit, modeste et effacée jusqu’au dernier moment.

Ce qui fut pire, ce fut d’épier sur le visage amaigrie de ma sœur les signe de la mort, de la voir tomber évanouie près de moi pendant les appels, d’imaginer le retour à la maison sans elle, le chagrin de maman.

Rechlin, tombeau de mes camarades…Je ne pourrai  jamais entendre ce nom sans frémir d’horreur.


23:46 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camps, auschwitz |  Facebook |

04/02/2010

La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique

Mechelen- Auschwitz 1942-1944

La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique

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Mecheln-Auschwitz. 1942-1944 est une série trilingue (néerlandais, français, anglais) en quatre volumes portant sur la persécution et la déportation des juifs et des Tsiganes du SS-Samemmellager, situé dans la caserne Dossin à Malines, vers Auschwitz.

De 1942 à 1944, la caserne Dossin a servi de camp de rassemblement des juifs et des Tsiganes de Belgique et nord de la France en vue d’une déportation sans retour.

Le premier volume de cette série, synthèse historique des persécutions racistes et antisémites en Belgique et dans le nord de la France, présente une histoire complexe et mouvementée des actions, réactions et interactions entre occupant, l’occupé et les persécutés confrontés à la « solution finale ». L’histoire de chaque transport y est également relatée.

Les deux tomes suivants dévoilent, transport après transport et wagon par wagon, les portraits de 18 522 des 25 259 déportés, rendant un visage aux victimes du génocide. De courte biographies retracent le sort de quelques déportés.

Le quatrième volume consiste en une liste alphabétique, revue et corrigée, des noms des déportés, enrichie par de notes relatives à leurs destinées.

Du Musée Juifs de la déportation et de la résistance

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Visages des déportés : transports 1-13

 

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Ces deux tomes dévoilent, transport après transport et wagon par wagon, les portraits de 18.522 des 25.259  déportés, rendant un visage aux victimes du génocide. De courtes biographies retracent le sort de quelques déportés.

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Visages de déportés: transport 14 -26

 

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Les rafles d’Anvers-le dispositif

Caserne Dossin Malines

L'Aufnahme. Dessin par Irène Spicker-Awret.
(© Beit Lohamei Haghetaot)

Extrait du livre : Mechelen- Auschwitz 1942-1944, La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique.

Les rafles anversoises du mois d’aout livrent au camp de rassemblement 1.788 Juifs arrêtés dans un périmètre restreints, 845 pris dans la nuit du 15 au 16 août et une centaine de plus.

943 dans celle du 28 au 29 août. Cet effectif raflé est complété par 120 autres arrestations, toujours menées à Anvers dans le même laps de temps, mais éloignés des centres névralgiques de ces opérations massives. En deux coups, dans ces périmètres, 11% de la population Juive anversoise sont capturés. Toutes proportions gardées, ces deux nuits de rafle à Anvers ont l’ampleur des deux journées de la grande rafle parisienne, un mois plus tôt. Dans le Vel’d’hiver « belge », la police anversoise n’effectue seule tout le travail qu’à la deuxième nuit. Page 155

Autre extrait :

Dans la Leeuweristraat, une rue perpendiculaire, les allemands raflent 130 hommes, femmes et enfants, du numéro 3 au 62. Au 55, ils emmènent la famille du petit Maurice Pfefer, l’un des enfants isolés déportés par le transport 11 : son frère ainé, Marcel, son père, Wolf et sa mère, Ruchla Zalcberg, tous déportés par le 4 è transport. Dans la Lentestraat, une toute petite rue adjacente, 84 Juifs sont arrêtés à leur domicile. Au 8 de la rue, Ryfka Gliksman, seule avec ces deux fils, Simon, 5 ans et Oscar 16 mois, sont inscrit sur la liste de déportation du 5è transport, voués à la mort à leur arrivée à Birkenau.Au dernier numéro où frappe la rafle , le 39, toute la famille Wroclawski est arrêtée. Le père, Chil, la mère, Chana Bulwik et leur deux enfants, Betha, 4 ans et charlotte, 8 mois, sont également évacués sans retour par le 4è transport. Dans cette même maison, deux autres habitants sont pris, Menachem Schleier, 84 ans, et son épouse, Dwora stein, 68 ans. Ils sont eux aussi déportés à jamais.

A 500 mètres de la Lentestraat, la Marinisstraat constitue le second noyau de cette opération. Du numéro 3 au 25, 109 personnes sont arrêtées et, dans trois rues adjacentes, 181 autres sont ramassées, 93 dans la Van Der Meydenstraat, 71 dans la Kroonstraat et 17 dans la Bouwensstraat. Toute cette population a été saisie chez elle, un samedi soir à la fin du Shabbat. Pages 159 et 160

Autre extrait

Inscrits à Auschwitz, les déportés de Malines deviennent officiellement des Judenschutzhäftlinge, des « détenus Juifs de protection ». Ce jargon administratif, qui se donne l’apparence de la légalité, ne signifie pas leur mise en détention préventive pour des actes répréhensibles. Dans ce cas, ils relèveraient de la justice et seraient passibles de condamnation à accomplir dans les prisons du système judiciaire. Au contraire, c’est précisément parce qu’ils n’ont pas commis de crime qu’ils sont internés dans un camp de concentration relevant de l’organisation de Himmler. Les SS, leur assignant une identité criminelle au nom d’une hygiène socio raciale, les internent  pour des crimes qu’ils y sont amenés pour servir de main-d’œuvre servile et renouvelable : une extermination par le travail.

Extrait du livre : Mechelen- Auschwitz 1942-1944, La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique.

Page 177


03/02/2010

On se retrouvera

On se retrouvera

On se retrouvera

Trois mois de détention dans les geôles des Fresnes, trois jours de convoi de Drancy à Auschwitz dans le même wagon à bestiaux, trois secondes pour s’éteindre et se promettre : « On se retrouvera … » Jacques et Madeleine Goldstein n’ont pas

vingt-cinq ans, le 1er mai 1944, lorsqu’ils sont séparés sur la rampe de Birkenau. « Tu vois ces flammes ? T’as plus de mari », lance une prisonnière à Madeleine. Un tel accueil ne lui laisse guère d’espoir. Piégés par la Gestapo pour faits de résistance, les Goldstein sont coupables, aux yeux de l’Allemagne nazie, d’un délit plus inexpiable encore : celui d’êtres nés juifs. S’ils doivent un jour se retrouver, ce sera dans l’autre monde. Mais parce qu’ils s’aiment, et parce qu’une petite fille de quatre ans les attend à Lyon, cachée par une nourrice, Jacques et Madeleine vont tenir. Au nom de tous les autres, ils s’extrairont de la machine de mort et d’humiliation. Pour se retrouver, après douze mois en enfer. Broyés, mais vivants.

de Madeleine Goldstein avec serge Filippini

21:25 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : wagon, gestapo, juifs, auschwitz |  Facebook |

02/02/2010

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

trois ans

Le témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.

 “Le livre de Filip Mûller est un document unique. En prendre connaissance est un devoir, si nous voulons assurer la survie de notre civilisation. »

Professeur yehuda Bauer : Hebrew University à Jérusalem.

Traumatisé à vie, Filip Müller, après avoir surmonté les limites extrêmes du désespoir, a finalement décidé, trente ans après, de se souvenir. Afin que nul n’oublie.

Son récit vécu sur l’innommable réalité des camps de la mort n’est comparable à aucun autre. Müller est en effet l’un des uniques survivants des commandos spéciaux des fours crématoires, commandos où se trouvaient enrôlés de force de jeunes déportés suffisamment robustes pour exécuter, sous la menace d’une mort immédiate en cas de refus, les tâches les plus immondes et les plus éprouvantes jamais demandées à des hommes. A intervalles réguliers, l’effectif complet de ces commandos était à son tour radicalement éliminé, afin qu’aucun survivant ne puisse jamais parler.

Filip Müller, par un extraordinaire concours de circonstances, a miraculeusement survécu. Il a, pendant trois ans, tragiquement assisté au massacres de tout un peuple, partagé les derniers instants de tous ceux qui allaient mourir, procédé, avec ses propres mains, et dans d’indicibles conditions au transfert et à l’incinération de leurs cadavres.

Son histoire, véritablement dantesque, dépouillée de tout artifice littéraire ou artistique, ne s’embarrasse d’aucune considération d’ordre psychologique. C’est uniquement le constat détaillé et souvent insoutenable d’un hallucinant cauchemar, un document historique exceptionnel à l’état brut, au ton volontairement neutre, car il est des expériences qui coupent à jamais toute envie de philosopher.

Filip Müller : préface de Claude Lanzmann

un extrait ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7246610/les-nouvelles-fabriques-de-morts

Un autre extrait de ce livre ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7269867/les-amer...

 

Les Américains arrivent au camp d’Auschwitz

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Extrait du livre

La conviction de l’imminence de notre libération mobilisait mes dernières forces et stimulait ma volonté de vivre, mais en dépit de tous mes efforts, je ne pouvais empêcher la dégradation graduelle de mon physique et de mon moral. Le temps me semblait figé. Je demeurais toujours sur la charpente de mon toit et observais sans intérêt le grouillement des poux sur ma couverture. Je ne portais  guère plus d’attention aux lamentations et aux plaintes qui s’élevaient au-dessus de mon gîte. Je vivais dans un état de somnolence.

Réveillé en sursaut par le fracas des combats, j’entendis enfin le bruit tout proche des mitrailleuses et les détonations des grenades. Aussitôt après, quelques personnes se précipitèrent dans la baraque, les bras levés, criant avec exaltation : « Nous sommes libres, camarades ! Nous sommes libres ! ».

Cet instant, sur lequel s’étaient fixés toutes mes pensées et tous mes espoirs depuis trois interminables années, me semblait désormais vide de signification. Je ne ressentais aucune joie, aucune émotion. Je me laissais tomber au sol de »puis ma poutre et me glissais à quatre pattes jusqu'à la porte. Lorsque je fus dehors, le me traînais un peu plus loin et m’allongeais simplement sur la terre, où je m’endormis d’un profond sommeil.

Je fus réveillé par un bruit régulier de moteurs. Je me levai avec difficulté et me rendis lentement jusqu’à la route voisine où, à quelques mètres de distance, défilait avec un fracas assourdissant une longue colonne de blindés Soviétiques. Je suivis des yeux les colonnes d’acier et compris alors que tout était fini.

Je n’étais plus qu’une épave vivante, l’ombre de moi-même. Je n’étais même plus capable de ressentir une émotion. Pas une larme de joie sur mon visage, aucune explosion d’enthousiasme dans mon cœur. Fermé à tout sentiment, Je regardais au loin, dans le vide, incapable de réaliser que j’avais définitivement échappé au commando spécial d’Auschwitz.

(témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.) Filip Müller préface de Claude Lanzmann.

 

Les nouvelles fabriques de morts

attende pour leur exterminations

Extrait du livre

Les déportés avaient compris que l’ordre  de déshabillage signifiait leur condamnation. Ils semblaient résignés. Ils commencèrent à retirer lentement leurs vêtements, puis ils déshabillèrent leurs enfants. A chaque pièce de leurs vêtements qui tombait par terre, on avait l’impression qu’ils se dépouillaient d’une partie de leur tristes existences, car la plupart n’avaient connu que la misère et les privations. Certains retenaient leurs larmes pour ne pas augmenter l’angoisse de leurs enfants ou provoquer leurs questions. Ceux-ci regardaient tristement autour d’eux, cherchant à comprendre. Bientôt tout le monde fut dévêtu. Les hommes et les femmes s’embrassaient en caressant leurs enfants et en essayant de se donner mutuellement du courage. Abandonnés par un monde qui ne voulait plus les connaître et qui les rejetait, ils passaient les dernières minutes qui leur restaient à vivre à faire un retour sur leur passé, si désolé fût-il. Soudain, une voix s’éleva dans la foule. Un petit vieillard émacié avait commencé la prière du Viddoui. Il se penchait en avant, puis il se redressait en levant la tête et les bras vers le ciel martelait chacune de ses supplications passionnées au tout-puissant en se frappant la poitrine de son poing. Les paroles hébraïques résonnaient dans la cour : « aschamu »      ( nous avons pêché), « bagdanu » ( nous avons été infidèles), « gazalnu » ( nous avons fait du tort à notre prochain), «di bardi difi» ( nous avons calomnié), « hevejnu » ( nous avons menti), « vehischarnu », (nous avons enfreint la loi), « sadnu » ( nous avons fait le mal sciem), « chamasnu »  ( nous avons opprimé notre prochain). «  Mon D.ieu avant de naître, je ne représentais rien, et maintenant que je suis créé, je suis comme si je n’existais pas. Je suis poussière dans ma vie comme je serais poussière dans la mort. Je te glorifie, Seigneur, pour l’éternité, D.ieu éternel. Amen ! Amen ! »

Les deux milles prisonniers répétaient chacune de ces paroles, bien que certains n’en  comprissent pas le sens. Après cette émouvante prière, presque tous avaient les larmes aux yeux, des scènes déchirantes se déroulèrent devant nous. Mais les larmes n’étaient plus seulement celles du désespoir. Pénétrés presque tous d’un profond sentiment religieux, ils se remettaient dans la main de D.ieu.

Le recueillement des prisonniers avaient atteint son point extrême. La foule récitait maintenant à haute voix la prière des morts, le Kaddisch. Comme après leur fin, il n’y aurait plus personne pour la dire à leur intention, les victimes prononçaient elles-mêmes les paroles sacrées au seuil de leurs derniers instants.

Ils pénétrèrent ensuite dans la chambre à gaz. En quelques minutes les cristaux bleu-violet de cyclon B, achevèrent de produire leurs irrémédiables effets. Puis les derniers râles des agonisants s’estompèrent. Dehors, l’existence quotidienne reprenait son cours habituel.


 

L'enfant du 20è convoi

L'enfant du 20è convoi

 

Présentation de l'éditeur
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L'histoire de Simon Gronowski aurait du être celle d'un enfant ordinaire dans une famille ordinaire. Mais il est juif. Le 17 mars 1943, Simon, sa mère et sa sœur sont arrêtés par la Gestapo. Le 19 avril, déporté dans le 20e convoi, il parvient - encouragé par sa mère - à sauter du train et s'échappe par miracle. Il a onze ans et demi. Sa mère et sa sœur disparaissent dans l'enfer d'Auschwitz. En juillet 1945, malade et brisé de chagrin, son père meurt à Bruxelles. Simon se retrouve seul au monde. Il n'a que 13 ans. Simon décide alors de tourner le dos au passé et de vivre pour le présent et l'avenir. En 2002, soixante ans après le drame de son enfance, il rompt
le silence en publiant son histoire. L'année 2005 voit naître cette édition revue et corrigée ainsi qu'un album illustré rendant le message d'espoir du petit Simon accessible aux enfants.

Par Simon Gronowski
Edition : Luc pire

 

23:23 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, gestapo, auschwitz |  Facebook |

Les cendres mélées

Les cendres mélées

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De Joseph Gourand 1997
Edition: Le cherche Midi

On a tous lu au moins une fois, ne serait-ce qu’à l’école, des écrits sur la seconde guerre mondiale, des témoignages, des récits, on a tous nos opinions sur tout ça…
« Les Cendres Mêlées », c’est un livre de plus mais raconté avec une telle intensité, qu’on a presque l’impression d’y être, de vivre ça, ces moments d’horreur… Non ! Je retire ça, je n’ai pas le droit de le dire, parce qu’il nous est absolument impossible d’imaginer vraiment, de le croire vraiment et comme le dit l’auteur lui-même, il ne nous livre ici que des moments de cette période, des moments de vie, le plus dur, il le garde pour lui, parce que c’est inexplicable, indélivrable.

Joseph Gourand voudrait-il oublier ce qu'il a vécu que le numéro gravé à l'encre indélébile sur son avant-bras gauche l'aurait rappelé au devoir de mémoire. Arrêté avec ses parents, ses frère et sœur, oncles et tantes, en juillet 1944, à Lyon, il sera de l'avant-dernier convoi qui partira pour Auschwitz et le seul survivant de sa famille.

Adolescent de dix-sept ans, « devenu ombre parmi les ombres, il brûle les étapes de la vie lors de sa descente aux enfers ». Il ne doit d’être encore en vie que grâce à son père, au sacrifice de ce dernier et à la promesse qu’il lui a fait de rester de ce monde, de survivre pour d’abord retrouver sa petite sœur restée en France et ensuite fonder une famille et perpétuer leur nom.

La chance ne le quittera jamais, tout au long de cette horreur, même lors de « la marche de la mort », lors de l’évacuation du camp, des conditions de « voyage » indescriptibles et des multiples arrêts dans des camps où les allemands en déroute ne peuvent se résoudre à admettre que la guerre est finie…

Joseph parviendra envers et contre tout à reprendre son destin en main, même avec toutes ces ombres sur les épaules, ces absents, il parviendra à revivre, à redevenir un peu libre dans sa tête, à revenir « d’au-delà de l’Humain », au-delà de l’inimaginable, au-delà de l’enfer...

Ce livre est émouvant… Non, poignant… Non ! Hallucinant pourrait paraître plus exact, rien n’est assez fort pour le décrire… Suffit juste de le lire, de comprendre, de se laisser porter par les mots et de laisser s’infiltrer dans notre esprit toute la réalité de plus d'un demi-siècle plus tôt… Réalité cauchemardesque, oppressante mais si vivace encore maintenant, de par les témoignagnes, les commémorations, les souvenirs… qui ne pourront jamais effacer ça. Jamais.

00:27 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, survivants, camps |  Facebook |

01/02/2010

Comment, je me suis libéré de l'enfer d'Auschwitz.

Comment je me suis libéré de l'enfer d'Auschwitz, par Samuel Pisar

LEMONDE.FR | 29.01.10 | 21h22  •  Mis à jour le 29.01.10 | 22h08

 

Il y a soixante-cinq ans, jour pour jour, les soldats russes du maréchal Joukov libéraient Auschwitz, pendant que les armées alliées, sous le commandement du général Eisenhower, s'approchaient de Dachau. Pour un rescapé de ces deux enfers, d'être encore vivant et bien portant, avec une nouvelle et heureuse famille qui ressuscite pour moi celle que j'ai perdue, est franchement un peu surréaliste. Quand je suis entré, en 1943, à 13 ans, dans le sinistre abattoir d'Eichmann et de Mengele, je mesurais mon espérance de vie en termes de jours, de semaines tout au plus.

 

En plein hiver 1944, la tuerie à Auschwitz atteignait son paroxysme, engouffrant Juifs, bien sûr, mais aussi Tziganes, dissidents politiques, prisonniers de guerre, résistants ou homosexuels. Ailleurs, tout le monde sentait déjà que la seconde guerre mondiale touchait à sa fin. Mais nous, dans les camps, nous ne savions rien.

Nous nous demandions : qu'est-ce qui se passe dans le monde extérieur ? Où est Dieu ? Où est le pape ? Est-ce que quelqu'un là-bas sait ce qui nous arrive ici ? S'en préoccupent-ils ?

Pour nous, coupés du monde, la Russie était quasi défaite. L'Angleterre se battait, le dos au mur. Et l'Amérique ? Elle était si loin, si divisée. Comment pouvait-elle sauver notre civilisation face aux forces invincibles du mal absolu, avant qu'il ne soit trop tard?

La nouvelle du débarquement allié en Normandie mit longtemps à pénétrer jusqu'à nous, à Birkenau. Les rumeurs que l'Armée rouge avançait sur le front de l'Est semblaient aussi trop belles pour être vraies. Mais, alors que le sol se dérobait sous leurs pieds, la nervosité de nos geôliers devenait de plus en plus palpable. Les chambres à gaz vomissaient à présent feu et fumée, plus que jamais.

Un matin gris et glacial, nos gardes nous ordonnent de nous aligner, leurs chiens sauvages à l'appui, et nous chassent à travers le maudit portail du camp, avec son slogan tristement célèbre : "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre"). Ceux parmi nous qui étaient encore aptes aux travaux forcés seraient évacués vers le cœur de l'Allemagne. J'étais ivre d'anticipation. Le salut semblait si proche, et encore si loin. A la dernière minute, ils vont certainement nous tuer tous. La solution finale doit être achevée. Les derniers témoins vivants doivent être liquidés. Comment tenir un peu plus longtemps ? J'avais 15 ans, à présent, et je voulais vivre.

Nos marches de la mort, d'un camp vers l'autre, continuaient jusqu'à ce que nos tortionnaires et nous commencions à entendre des explosions distantes, qui ressemblent au feu de l'artillerie. Un après-midi, nous sommes rasés par une escadrille de chasseurs alliés, nous prenant pour des fantassins de la Wermacht. Pendant que les SS se jettent à terre, leur mitrailleuses tirant dans tous les sens, quelqu'un près de moi hurle : "Fuyez !" J'arrache mes sabots de bois et m'élance désespérément vers la forêt. Là, je me cache, avec quelques camarades, pendant des semaines, jusqu'à ma libération par une compagnie de GI américains. Oui, le miracle s'est produit. Je suis libre. Mon calvaire, mon duel acharné avec le destin est terminé. Mais pourtant ce n'est pas encore le happy end. Soudain, je me trouve face à un insupportable moment de vérité. Je prends conscience du fait que je suis irrévocablement seul. Que je suis l'unique survivant d'une grande famille. Que tous les garçons et filles de mon école – littéralement tous – ont également été exterminés, avec le million et demi d'enfants qui ont péri dans l'Holocauste. Tous ces enfants qui n'ont pas vécu, ces écrivains qui n'ont pas écrit, ces musiciens qui n'ont pas joué, ces savants qui n'ont pas inventé, et qui auraient tant enrichi notre monde.

Et moi, que vais-je devenir ? Où vais-je aller ? Ma ville natale, Bialystok, est une ruine, occupée par les Soviétiques. Y a-t-il un lieu sur cette terre où je pourrai me sentir chez moi ? Il n'y avait pas encore d'Israël à cette époque ; et le mandat britannique avait scellé les frontières de la Palestine aux émigrants Juifs. Je m'empare d'une puissante moto que j'ai piquée dans une caserne allemande. Je parcours jour après jour les autoroute de Bavière comme un fou, à une vitesse inouïe, souvent avec une fraulein à l'arrière. Je fais du marché noir, achetant des cigarettes aux soldats américains pour les troquer contre de la nourriture et de l'alcool. Bref, je dérape vers l'autodestruction.

C'est à ce moment-là que ma tante française, Barbara, la sœur de ma mère, et son mari, Léo Sauvage, journaliste et correspondant de guerre – eux-mêmes sauvés par les Justes de Chambon-sur-Lignon – me récupèrent des décombres de l'Allemagne. Ils m'amènent à Paris, où je goûte la vraie liberté pour la première fois. Six mois plus tard, je suis expédié aux antipodes, en Australie, pour oublier et me remettre de l'Europe sanguinaire et fratricide de mes cauchemars. Et là commence ma longue et difficile réhabilitation. Peu à peu, je me tourne vers l'avenir. Je comprends que survivre physiquement ne suffit pas. Qu'il me faut survivre moralement, spirituellement et intellectuellement aussi. Que la destruction pratiquée par le IIIe Reich sur moi et sur mon peuple doit s'arrêter.

C'est avec une détermination sans bornes que je recommence à pomper mon adrénaline. Cette fois, dans une toute autre dimension, mais avec la même énergie du désespoir, comme si ma vie en dépendait à nouveau. Je rattrape rapidement les six années de scolarité perdue. Et par la suite, les universités de Melbourne, de Harvard et de la Sorbonne font le reste. A 25 ans, à peine neuf ans après ma libération, je suis attaché aux Nations unies à New York, puis conseiller juridique au cabinet du directeur général de l'Unesco. C'est la rage de vivre, d'apprendre et de créer qui m'a porté des bas-fonds de la condition humaine vers quelques-uns de ses sommets. La journée internationale établie par les Nations unies pour commémorer la Shoah est un important relais pour la transmission de la mémoire vers l'humanité, qui en a tant besoin. Mais nous devons non seulement pleurer les morts, mais aussi avertir les vivants contre les nouvelles catastrophes qui nous guettent tous.

Aujourd'hui, nous, les derniers survivants de la plus grande catastrophe jamais perpétrée par l'homme contre l'homme, disparaissons les uns après les autres. Bientôt, l'Histoire va se mettre à parler, au mieux, avec la voix impersonnelle des chercheurs et des romanciers. Au pire, avec celle des négationnistes, des falsificateurs et des démagogues qui prétendent que la Shoah est un "mythe". Ce processus a déjà commencé. C'est pourquoi nous avons un devoir viscéral de partager avec nos prochains la mémoire de ce que nous avons vécu et appris dans la chair et dans l'âme. C'est pourquoi nous devons alerter nos enfants, Juifs et non-Juifs, que le fanatisme et la violence qui se répandent dans notre monde à nouveau enflammé, peuvent détruire leur univers comme ils ont jadis détruit le mien.

La fureur du tremblement de terre en Haïti, qui a emporté plus de cent cinquante mille vies, nous apprend combien la nature peut être cruelle avec l'homme. La Shoah, qui a décimé un peuple entier, nous a appris que la nature, même dans ses moments les plus cruels, est bénigne par rapport à l'homme quand il perd sa raison et ses repères moraux. Après les torrents de sang versé, un élan de compassion et de solidarité pour les victimes, toutes les victimes – soient-elles les victimes de catastrophes naturelles, de haine raciale, d'intolérance religieuse ou de violence terroriste – un fragile espoir surgit parfois ici ou là. Il est difficile de cerner le potentiel pour l'avenir de ces sentiments généreux. Entre-temps, divisés et confus, nous hésitons, nous vacillons, comme un somnambule au bord de l'abîme. Mais l'irrévocable ne s'est pas encore produit. Nos chances restent intactes. Prions que l'homme puisse s'en saisir et apprenne à vivre avec son prochain.

Malgré le cynisme pervers qui est propagé par les démons génocidaires, je me permets de dire : oui, il existe un travail qui rend libre. Il est enraciné dans l'éducation, dans la science, dans la culture et surtout dans la fraternité et la paix.

Samuel Pisar est avocat international, auteur de l'ouvrage Le Sang de l'espoir.


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31/01/2010

Musé juif de la déportation et de la résistance à Malines en Belgique

Musée juif de la déportation et de la résistance à Malines en Belgique.

Le Musée Juif de la Déportation et de la Résistance se situe à Malines,  (Mechelen) dans une aile de l’ancienne Caserne Dossin.

Ce lieu d’histoire est également un lieu de mémoire.
C’est là que les Nazis installent le SS-Sammellager-Mecheln, centre de rassemblement pour la déportation des Juifs de Belgique. 

Le Sammellager Mecheln est le point de départ d’une déportation sans retour. Entre 1942 et 1944, 24.916 Juifs et 351 Tsiganes sont déportés à Auschwitz. Les deux tiers seront gazés à leur arrivée. A la libération des camps nazis, seuls 1.221 personnes sont encore en vie.

La Caserne Dossin fut “l’Antichambre de la Mort” au sens propre du mot.  Le Musée Juif de la Déportation présente cette sombre histoire.
Le musée Juif de la déportation et de la résistance présente l’histoire de la « solution finale » en Belgique et en europe.

L’exposition développe exposition, plusieurs thèmes : les aides et relais dont bénéficièrent les SS, pourtant peu nombreux, dans la société et les institution belges, la collaboration des mouvements d’extrêmes droite, l’extermination de près de la moitié de la population juive belge, l’insoumission et la résistance de ce qui échappèrent à la déportation, l’aide d’une large frange de la  population belge, en particulier à l’égard des enfants.

Faite une visite virtuelle du musé : http://www.cicb.be/fr/virtuelle.htm

source : http://www.cicb.be/fr/home_fr.htm

28/01/2010

Le moment le plus fort du film, Shoah de Claude Lanzmann

 

Le moment le plus fort du film, Shoah de Claude Lanzmann

Un homme de Corfou déporté à Auschwitz-Birkenau a vu disparaïtre sa femme, ses quatre enfants et son père dans les fours du camp d'extermination.

23:17 Écrit par dorcas dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, extermination |  Facebook |

27/01/2010

Il y a 65 ans, Auschwitz était libéré

Il y a 65 ans, Auschwitz était libéré

D'anciens détenus d'Auschwitz-Birkenau, des soldats de l'Armée rouge qui les ont libérés il y a 65 ans et de nombreuses personnalités, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rendent hommage ce mercredi à 1,1 million de victimes de ce camp symbole de l'Holocauste.

Les sirènes d'Auschwitz retentiront à nouveau à 14H30 (heure locale, 13H30 GMT), pour marquer le début des cérémonies dans ce qui fut le plus grand camp d'extermination érigé par l'Allemagne nazie en Pologne occupée. De 1940 à 1945, environ 1,1 million d'hommes, de femmes et d'enfants, dont un million de Juifs d'Europe, ont péri en ce lieu.

Les participants aux commémorations se recueilleront devant le mémorial de Birkenau, pour réciter le kaddish (la prière juive aux morts) et des prières oecuméniques, et pour entendre des discours officiels. Dans la matinée, le Congrès juif européen tiendra une conférence à Cracovie (sud), dont Auschwitz est distant d'une cinquantaine de kilomètres.

Les présidents américain Barack Obama et russe Dmitri Medvedev y adresseront leurs messages, diffusés par vidéo. Cependant, des ministres européens de l'Education réfléchiront sur la façon d'enseigner aux jeunes la leçon à tirer d'Auschwitz. L'inauguration d'une exposition russe sur la libération du camp rappellera cette journée du 27 janvier, déclarée par l'ONU Journée internationale du souvenir des victimes de l'Holocauste.

Le plus grand et le plus meurtrier de tous les camps d'extermination et de concentration nazis, Auschwitz-Birkenau est le seul à avoir été préservé tel qu'il avait été abandonné par les Allemands en fuite devant l'Armée rouge. D'autres camps d'extermination installés en Pologne, tels Sobibor, Treblinka ou Belzec, ont été complètement détruits par les nazis pour en effacer toutes traces.

A Auschwitz-Birkenau, les ruines des chambres à gaz et des fours crématoires continuent à terrifier les visiteurs, autant que les 300 baraquements qui s'étendent à perte de vue sur un terrain de près de 200 hectares. En 2009, un nombre record de 1,3 million de personnes ont visité le musée. (afp)
27/01/10 08h27
Source: 7sur7

26/01/2010

La famille Ovitz

La famille Ovitz

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Shimshon Eizik Ovitz et sa femme ainsi que leurs dix enfants furent déportés de Marmarossziget         (Transylvanie) vers  Auschwitz.

Parmi leurs dix enfants, sept étaient nains. Avant la guerre, la famille Ovitz, amateurs de musique, avait monté un groupe dénommé « Lilliput » qui se produisait en Europe de l’Est.

En 1944, ils furent déportés à Auschwitz et devinrent les objets d’expériences médicales du Dr Josef Mengele. Après leur libération, ils retournèrent dans leur ville natale afin d’y monter à nouveau un groupe musicale.

Ils retrouvèrent les instruments miniatures qu’ils avaient cachés avant leur déportation et fondèrent une nouvelle troupe.

Extrait du livre Afin que sache la jeune génération… Shoah et mémoire à Yad Vashem.

00:09 Écrit par dorcas dans Expériences médicales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, shoah |  Facebook |

24/01/2010

Le camp de Risiera di San Sabba

Le camp de risiera di San Sabba

Camp Risiera di san sabba

Le camp de Risiera di San Sabba est le seul camp d'extermination nazis en Italie.

Le KL « Risiera di San Sabba » est un ancien moulin à riz situé dans un faubourg de Trieste. Les bâtiments ont été construits en 1913 et sont vides lorsque les Allemands les occupent. D’abord, San Sabba est utilisée comme prison, puis à partir d’octobre 1943 de camp de concentration et de camp de détention de la police.

Les locaux sont bien appropriés à leur but : Dans trois bâtiments de 3, 4 et 6 étages sont aménagés des cellules, des entrepôts, des ateliers de chaussures et de vêtements ainsi que les quartiers SS. Le four est agrandi, et avec sa haute cheminée va servir de Krematorium pour des milliers de victimes. L’installation est réalisée par Erwin Lambert, l« architecte volant de l'action T4 » qui avait construit les chambres à gaz dans les six instituts d'euthanasie en Allemagne et en Autriche ainsi que celles des trois camps de destruction de l'action à Reinhard en Pologne, Belzec, Treblinka et Sobibor. Le Krematorium est « expérimenté » le 4 avril 1944 par l’incinération de 70 cadavres.

Du 20 octobre 1943 au printemps 1944 environ 25 000 juifs et Partisans sont interrogés et torturés à la Risiera. Entre 3 et 4 000 sont assassinés par fusillade, coups ou par asphyxie dans des camions à gaz… D’autres sont envoyés par convois à Auschwitz  Birkenau. Ainsi en mars 1944 un convoi de 120 Juifs quitte le camp et arrive le 28 mars au camp d'extermination d'Auschwitz. La plupart des juifs sont aussitôt gazés, les autres sont destinés au travail forcé. Aucun d'eux ne survivra. D’octobre 1943 à mai 1944 le « patron » du camp est le fameux SS-Obersturmbannführer Christian Wirth dit « Christian le Terrible ». Wirth est tué le 26 mai 1944 par les Partisans. Le SS-Obersturmbannführer Dietrich Allers prend le commandement jusqu'en avril 1945.

18/01/2010

Camp de Compiègne-Royallieu

Camp de Compiègne-Royallieu

Camp de compiègne-Royallieu


Le camp de Compiègne-Royallieu est, après Drancy, le deuxième camp d’internement de France sous l’Occupation. Il reçut près de 54 000 personnes : Résistants, Juifs, droit commun.

Le camp est un faubourg situé au sud de Compiègne.

A Royallieu, les détenus sont internés environ 1 mois dans le camp, ce n’est qu’une étape de leurs douloureux voyages.

On ne peut pas comparer les conditions d’internement du camp de Royallieu avec celles des camps d’exterminations ou de concentration mais la pénurie de nourriture, l’absence de soins, victime de traitement de leurs geôliers, le choc psychologique provoqué par l’internement, ont conduit des prisonniers à la maladie et à la mort.

Sur les 54 000 personnes détenues à Compiègne-Royallieu, environ 50 000 ont été déportées vers les camps nazis. Cinquante-quatre convois sont partis de Compiègne entre mars 1942 et août 1944. Les convois déportant en moyenne un millier de personnes à chaque fois.

Les prisonniers du camp de Compiègne-Royallieu sont transférés dans des camps de concentration allemands ou dans des camps d’extermination situés dans les territoires annexés d’Europe centrale (Pologne). La majorité des détenus de Compiègne sont partis pour les camps de Buchenwald et de Mauthausen (Allemagne). Mais il y avait d’autres destinations. Les femmes ont été déportées vers le camp de Ravensbrück (Allemagne). Les premiers convois de Juifs sont partis de Compiègne en 1941 vers Auschwitz-Birkenau (Pologne). 

12/01/2010

Le camp de concentration d'Auschwitz

Le camp de concentration d'Auschwitz


devant de Birkenau

Auschwitz-Birkenau ou plus simplement Auschwitz  Konzentrationslager_Auschwitz.ogg :

Le Camp de Concentration d'Auschwitz) est le plus grand camp de concentration, et d'etermination du IIIè Reich. Il se situe dans la ville d'Auschwitz en allemand) à 70 kilomètres à l'ouest de Cracovie, territoire alors en Allemagne, aprés annexion par le Reichpetite-Pologne, région de Pologne.

Ce camp de concentration est créé en Mai 1940, dirigé par les SS, et libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. En cinq années, plus de 1,3 million d'hommes, de femmes et d'enfants, meurent à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à leur sortie des trains qui les y amenaient. 90% de ces personnes étaient Juives. Ces victimes de la la solution finale sont tuées dans les chambres à gae et armes à feu, mais meurent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou d'expériences médicales. Auschwitz, le plus grand camp d'extermination ayant existé, est considéré comme le symbole des meurtres en masse commis par les nazis, et plus particulièrement celui du génocides des juifs, six millions d'entre eux sont assassinés

À l'instar des autres camps de concentration, Auschwitz était sous les ordres de Heinrich Himmler.

Le responsable du camp était le SS-Obersturmbannführer Rudolf Höb jusqu'à l'été 1943, remplacé ensuite par Arthue Liebehenschel et Richard Baer. Rudolf Höß a fourni des descriptions détaillées du fonctionnement du camp dans son autobiographie, mais aussi lors du procès de Nuremberg. Retrouvé par les Alliés en Bavière où il se cachait sous une fausse identité, il est condamné à mort par un tribunal polonais et pendu en 1947 face au crématorium d'Auschwitz I.

Monument historique et culturel majeur qui participe au devoir de mémoire, Auschwitz est depuis 1979 inscrit sur la liste du patrimoine mondial di l'UNESCO.

23:12 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, pologne, juives, nazis, genocide |  Facebook |

Sélections des déportés à Auschwitz

Sélections des déportés à Auschwitz

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Les déportés étaient sélectionnés directement à l'arrivée du train.

L'un à gauche, l'un à droite, les familles étaient séparées.

Les hommes bien portants et d'apparences costauds ainsi que les femmes de bonnes conditions étaient mit d'un côté pour le travail, un travail souvent très lourd.

Les enfants, les malades, les vieillards, étaient mis d'un autre côté, et devaient monter sur des camions pour être transporté directement dans les douches et être gazé jusqu'à que   mort s'ensuivent

Souvent les déportés ne se rendaient pas compte de ce qu'ils allaient leurs arrivés

23:08 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : auschwitz |  Facebook |

Des enfants soumis aux expériences médicales

 

Des enfants parmis tant d'autres soumis à des expériences médicales à Auschwitz

enfants soumis à des expériences

source :http://www.phdn.org/histgen/schmitz/medexp01.html

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La crémation en plein air

La crémation en plein air

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Une des fosses de crémation utilisées pour brûler les corps des victimes des chambres à gaz à Auschwitz. Cette méthode a été utilisée principalement en été 1944, lorsque l'accélération du processus d'extermination a été telle que les fours ne suffisaient plus.

23:03 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz |  Facebook |

Prisonniers emmenant les victimes au four crématoires

Prisonniers emmenant les victimes au four crématoires

auschwitz

Des prisonniers emmenant une victimes dans les fours crématoires, ces prisonniers savaient que eux aussi allaient y passer aussi car tout étaient programmer pour exterminer tous les jours, raison de plus pour ceux qui étaient témoins de ces atrocités

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22:57 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prisonniers, auschwitz |  Facebook |

Visiter Auschwitz-Birkenau

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22:46 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz |  Facebook |

Cette fois, c’est notre tour.

Cette fois, c’est notre tour.

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Cette fois, c’est notre tour. Cette fois, ils s’arrêtent devant la porte. Nos dents claquent, nos nerfs sont tendus à craquer. Les camions ont stoppé devant notre block. La porte s’ouvre toute grande. Une bande de SS se rue avec fracas à l’intérieur.

La Blokowa avait placé son personnel aux portes pour faire sortir les malades de leur lit. Une bataille commence. Il y en a qui sortent dociles, résignées, le regard absent, mais d’autres se couvrent la tête de leur couverture et ne bougent pas, ou bien s’enfoncent dans leur paillasse. D’autre encore courent comme des  bêtes traquées à la recherche d’un abri. Les SS nous poussent à la  besogne, mais sont obligés de mettre eux-mêmes la main à la pâte et de traîner les victimes devant la secrétaire du block qui, liste en main, contrôle minutieusement le matricule sur le bras, tout en les comptant. Le SS responsable se tient à ses côtés avec une copie de la même liste et compte également. Une porte du block étant condamnée pour la circonstance, les femmes sont poussées dans la direction de l’unique sortie qui aboutit dans un vestibule d’où les SS et leurs aident les chargent sur des camions comme du linge sale. Arrivées près du vestibule, certaines se débattent encore, opposant une ultime résistance. Les SS frappent. Parmi les cris de douleurs, on entend des femmes lancer aux infirmières des adieux et des messages pour leurs parents et amis.

Le block se vide. Les dernières victimes qui gisent à terre, dans las passages entre les gravats et le poêle, sont traînées par les SS vers la porte. Mais le compte n’y est pas. Quatre numéros manquent. Les SS nous harcèlent : «Los, los, schneller ! » D’abord en menaçant que si nous ne les trouvons pas, ils en prendront quatre parmi nous. Ensuite par des promesses. C’est Tauber qui nous réunit pour nous annoncer que celle qui les trouvera aura du « zulage » ( une ration supplémentaire de pain et de saucisson). Mais, encore une fois, ils sont obligés de grimper eux-mêmes sur les grabats supérieurs où ils trouvent trois femmes enfouies dans la paille de leur paillasse. Ils les en sortent avec sauvagerie, en les rouant de coups. Elles tombent à peu près mortes. On les emporte sur le camion. Il en manque toujours une. Les SS s’impatientent. Ils en ont visiblement assez de ce « jeu ». Ils décident de faire partir le dernier camion. Auparavant, ils s’adressent à la secrétaire : « Si demain ton « schmuck-stück » n’est pas retrouvée, c’est toi qui iras à sa place. » La secrétaire est blême.

Les SS partis, nos nerfs lâchent. Une se trouve mal, une autre a un accès de spasmes. Quelques-unes parmi nous s’enfuient du block comme des folles. Nous  ne savons plus si ce que nous venons de vivre était  réel ou si nous avons rêvé un cauchemar d’enfer. Et brusquement, la malade introuvable, sortie, mais d’où ? Se trouve parmi nous.  La secrétaire et la blokowa l’assaillent. La secrétaire lui lance ce reproche : « Comment as-tu osé mettre ma vie en danger ? » La pauvre gosse, une vingtaine d’années, tremble de tous ses membres et sanglote. Elle tremble encore quand, enveloppée dans un tas de couvertures désormais inutilisées, nous la couchons sur un grabat. Le lendemain, nous l’avons trouvée sur sa couche, morte d’émotion et d’épuisement.

Extrait du livre : Les médecins de l'impossible de Chrisitian Bernadac page :376 ( Auschwitz : la solution finale)

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