16/11/2010

Le Chant du peuple juif assassiné.

Le Chant du peuple juif assassiné
Poème d'Isaac Katznelson

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La peur, l’angoisse, la terreur horrible m’enserrent étroitement.
Les wagons sont là, de nouveau !
Partis hier soir, et de retour aujourd’hui, ils sont là, de nouveau là,
sur le quai.
Tu vois leur gueule ouverte ?
La gueule ouverte dans l’horreur !
Ils en veulent encore !
Encore, de nouveau. Rien ne les rassasie.
Ils sont là, ils attendent les Juifs.
Quand les apporte-t-on ?
Affamés comme s’ils n’avaient encore jamais englouti leur Juif...
Jamais... Mais oui ! ils en veulent encore, toujours plus.

Ils en veulent encore.
Ils sont là, attendant qu’on leur prépare la table,
Qu’on serve le repas, qu’on serve des Juifs autant qu’il en pourra entrer.
Des Juifs !
Vieux peuple aux enfants tout jeunes, jeunes et frais,
Grappes jeunes sur un vieux cep ;
et des vieillards comme le vin fort est vieux.

Ils étaient pleins pourtant, gavés, étouffés de Juifs !
Les morts debout, serrés, coincés entre les vivants,
Les morts debout sans toucher le sol à force d’être serrés,
Sans que l’on puisse voir dans la masse lequel est mort et lequel est vivant.

La tête du mort, comme une tête vivante, se balançait de-ci de-là,
Et sur le vivant coulait déjà la sueur de la mort.
L’enfant réclame à boire à sa mère, morte, une goutte d’eau,
Il lui frappe la tête de ses petites mains, pleurant parce qu’il a chaud.

Wagons vides ! Vous étiez pleins et vous voici vides à nouveau,
Où vous êtes-vous débarrassés de vos Juifs ?
Que leur est-il arrivé ?
Ils étaient dix mille, comptés, enregistrés – et vous voilà revenus ?
Ô dites-moi, wagons, wagons vides, où avez-vous été ?

Vous venez de l’autre monde, je sais, il ne doit pas être loin :
hier à peine vous êtes partis, tout chargés, et
aujourd’hui vous êtes déjà là !
Pourquoi tant de hâte, wagons ?
Avez-vous donc si peu de temps ?
Vous serez bientôt, comme moi, des vieillards,
bientôt brisés et gris.

Voir tout cela, regarder et entendre... Malheur !
Comment pouvez-vous le supporter, même faits de fer et de bois ?
Ô fer, tu étais enfoui dans la terre, profond, ô fer froid.
Et toi, bois, tu poussais, arbre sur la terre, haut et fier !
Et maintenant ? Des wagons, des wagons de marchandises
et vous regardez, témoins muets de cette charge,

Muets, fermés, vous avez vu.

Dites-moi, ô wagons, où menez-vous ce peuple,
ces Juifs emmenés à la mort ?

Ce n’est pas votre faute.
On vous charge,
on vous dit : va !

On vous envoie chargés, on vous ramène vides.
Wagons qui revenez de l’autre monde, parlez, dites un mot,
Faites parlez vos roues, que moi, que moi je pleure...


Isaac Katznelson,
octobre 1943,

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11/09/2010

La déportation des enfants Juifs

La déportation des enfants Juifs

 

Voici un témoignage d’un jeune déporté, qui, interné à Drancy, y vit arriver ses petits frères et sa petite soeur:

 

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Photos d'enfants au camp de transit de  Drancy

 


Les autobus arrivèrent dans un bruit de ferraille soulevant des nuages de poussière,; ils étaient des dizaines et nous n’étions pas habitués à voir arriver des prisonniers en si grand nombre à la fois; d’habitude c’était une camionnette ou un car seul qui amenait les prisonniers. des autobus de la RATP, qui en ce jour d’été 1942 franchirent l’enceinte du camp de Drancy et s’arrêtèrent devant la tour de béton inachevée et sinistre qui nous servait d’abri. Ils descendirent par dizaines. C’était des enfants, rien que des enfants, agglutinés par affinités, hagards, hébétés,mécaniques, silencieux comme des brebis de la Bible, pris au sacrifice à un Dieu de guerre, de ténèbres, d’enfer. Mais aucun Dieu des enfants n’est venu s’interposer dans leur destin d’anges. En les regardant de plus près, je vis des visages familiers et, parmi eux, mon petit frère Louis, Henri, et ma petite soeur Jeannette ( 13, 10 et 5 ans). Quel coup au coeur. Tous les autres étaient les enfants de mon quartier, les Gutman, les Luftman, tous ceux ramassés avec leurs parents à la rafle dite du vélodrome d’hiver.
De cet endroit, on les conduit vers Compiègne; puis, me raconte petit Louis, on détache mon père, qui part en déportation vers l’Allemagne; puis ma mère qu’on sépare des enfants. Quel déchirement dans cette séparation. Je ne veux pas y penser tellement le drame est grand.
Pendant plusieurs jours, je réconforte les enfants comme je peux.Quelques jours passent et j’apprends qu’un convoi est prévu pour les enfants vers l’Allemagne, soi-disant pour rejoindre leurs parents. Bien entendu, je ne crois pas cela, car pourquoi les avoir séparés pour les revoir ensuite. J’appréhende un sort bien plus tragique et je me demande ce que je dois faire ? Dois-je partir avec eux pour les protéger, ou rester à attendre mon sort. ce profond dilemme, je n’arrive pas à le résoudre. Je ne ferme pas les yeux de la nuit.

Le matin, je prends la décision d’en parler avec petit Louis ouvertement et je lui dis : «Voilà! vous devez partir en déportation rejoindre les parents; crois-tu être en mesure de t’occuper seul de Jeannette et d’Henri, ou bien veux-tu que je parte avec vous; mais, dans ce cas, je n’aurais plus aucune chance de sauver ce qu’il y a encore à sauver ?» il me répond: « Jusqu’à présent, je me suis bien occupé d’eux tout seul, alors si tu as une chance de te sauver, reste.»
Les quelques jours qui précédèrent leur départ, je me suis mis à organiser pour eux du ravitaillement, des couvertures, tout ce qui était en mon pouvoir dans cette situation de réunir, je l’ai fait. Ils sont partis, chacun avec son ballot. Je les ai accompagné jusqu’au wagon, les ai installés, mais je pressens bien que je ne les reverrais plus jamais.
Trois semaines plus tard, c’est à mon tour de faire partie d’un convoi. Je suis revenu 3 ans plus tard... vous, qui me lisez, vous comprendrez aisément pourquoi, tous les enfants du monde sont devenus mes petits frères et soeurs.

Il reste à imaginer la progression à travers toute l'Europe de ces lamentables convois remplis de petits enfants, d’imaginer l’arrivée à Auschwitz des survivants, leur descende des trains au milieu des SS, armés, vociférants et accompagnés d’énormes chiens policiers aboyant, leur cortège vers les chambres à gaz et leur affreux sacrifice destiné à alimenter une haine toujours inextinguible.

source : carnet du Musée de la résistance, de la déportation et de la libération du Lot (France)

06/09/2010

Le bateau STRUMA le 12/12/1941

Le bateau Struma le 12/12/1941

Constanza, sur la Mer Noire était un port roumain important pour les Juifs tentant d’aller en Palestine. Des milliers de Juifs cherchant désespérément à fuir les Allemands partirent en bateau de Constanza en Palestine via la Turquie, malgré les restrictions britanniques à l’immigration.

Le 12 décembre 1941, le STRUMA quitta Constanza pour Istanbul. Le moteur tomba plusieurs fois en panne, le navire dut retourner à Constanza, repartir. Le voyage de 176 milles marins, durant normalement 14 H., dura 4 jours !!
 
Le 16 décembre, le STRUMA arriva en Turquie à Büyükdere, au nord du Bosphore; les Turcs interdirent tout débarquement (sauf pour 8 passagers ayant obtenu à Bucarest 1 visa britannique pour la Palestine, et d’une femme sur le point d’accoucher). Le Struma fut mis en quarantaine.
 
En dehors des soldats turcs gardant le bateau, seuls 3 hommes furent autorisées à monter à bord : Simon Brod, Rifat Karako, personnalités de la communauté juive d’Istanbul, et N.G. « Dan » Malioðlu, représentant du Service maritime roumain d’Istanbul (et membre de l’ »Étoile du Danube »). Ces personnes durent attendre 1O jours pour être autorisées à distribuer aux passagers la nourriture chaude achetée grâce aux 10 000 dollars envoyés par le Comité juif américain au grand rabbinat d’Istanbul !!!
 
Avec l’aide de la Croix-Rouge, Brod, Karako et Malioðlu ravitaillèrent les passagers et interpelèrent les pays neutres, les Soviétiques et les Britanniques. Les conditions à bord se détériorèrent. Parmi les passagers des médecins, Malioðlu put leur fournir certains médicaments.
 
Le 10 janvier, le capitaine Garabetenko envoya une lettre alarmée aux autorités turques et à l’ambassade britannique. Le 19 janvier, l’Agence juive demanda aux Britanniques d’accepter les réfugiés.
 
Après 63 jours de terrible attente, le 13 février, Moshe Shertok obtint des Britanniques 28 visas pour les enfants de 11 à 16 ans ! Les autorités turques refusèrent de lever la quarantaine.
 
Affolés par ce refus, les passagers du Struma pendirent des 2 côtés du bateau 2 grands draps où étaient écrits (en grandes lettres et en français) “Immigrants juifs”. Ils hissèrent aussi un drapeau blanc : “Sauvez-nous”.
 
Le 23 février, 200 policiers turcs encadrèrent le Struma, menaçant de tirer sur quiconque tenterait de se jeter à l’eau, et arrachèrent les draps. Les autorités ordonnèrent au navire d’appareiller, mais après que les mécaniciens eurent saboté la machine de manière à rendre ses pannes irréparables, la marine turque remorqua le Struma en Mer Noire.
 
Le 24 février 1942, à 2 heures du matin, LE BATEAU FUT COULE par un sous-marin soviétique. Quand les canots de sauvetage arrivèrent, il ne restait plus du naufrage… que 4 corps flottant !!!
 
David Stoliar, agé de 19 ans, fut le seul survivant de cette tragédie. Après des soins dans un hôpital militaire turc, il fut emprisonné à Istanbul et interrogé 2 semaines. Quand il demanda ce qu’on lui reprochait, on lui dit qu’il était “entré en Turquie sans visa”. Il fut finalement remis en liberté. Simon Brod l’accueillit et lui expliqua que c’était un miracle d’avoir survécu au naufrage, mais qu’en réalité le véritable miracle, c’était qu’il soit sorti vivant des griffes turques PARCE QU’IL ETAIT L’UNIQUE TEMOIN VIVANT du drame….
 
Le gouvernement turc s’exprima une seule fois sur cette TRAGEDIE pour dire que la Turquie n’avait “aucune responsabilité dans cette catastrophe” et que sa seule action était d’empêcher des individus d’entrer illégalement sur son territoire”…..

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27/05/2010

Livre : Les chambres à gaz, secret d'Etat.

Les chambres à gaz, secret d’Etat.

9782020409605

Jusqu’à la guerre nazie, les armées faisaient deus sortes de victimes : les soldats ennemis et les civils qui avaient la malchance de se trouver dans zone des combats. Pour la première fois, les SS recherchèrent délibérément  pour les tuer, des hommes, des femmes, des enfants qui ne s’opposaient à eux, ni en acte ni en parole. On ne massacra pas les Juifs et les Tsiganes pour ce qu’ils faisaient, mais pour ce qu’ils étaient.

Ce principe de choix commandait un procédé inédit de mise à mort : l’asphyxie à l’aide de gaz toxiques. Cette technique avait l’avantage de permettre de tuer en masse, à l’abri des regards dans des locaux fermés, et n’exigeait que le concours de participants peu nombreux qui s’engageaient à garder un silence absolu.

Ce livre ne retrace pas seulement un énorme épisode criminel de l’histoire. Il nous fait pénétrer au cœur d’un mystère qui, en plein XXe siècle et dans un pays considéré comme l’un des plus civilisés du monde, a pu demeurer presque entier jusqu'à la victoire des Alliés

Les auteurs : Eugen Kogon , Hermann  Langbein  et Adalbert Rückerl

Traduit de l’allemand par Henry Rollet

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Extrait du livre page 113

Les camions à gaz de Kulmhof

Conformément aux ordres, je me rendis sur le côté droit du château, où un camion à gaz attendait devant la rampe. C’était un camion carrossé avec une caisse fermée. A l’arrière, il y avait une double porte. La voiture stationnait, porte ouverte à l’extrémité de la rampe et j’ai vu alors les Juifs qui avaient été conduits dans la cave monter par la rampe dans le camion ouvert. Après que tous y eurent pénétré, le chauffeur ferma et verrouilla les portes. Puis, il mit le moteur en marche. Bientôt se firent entendre, venant de l’intérieur, des cris et des râles. On tapait aussi contre les parois. Je voyais bien que les gens qui se trouvaient dans le camion étaient asphyxiés par le gaz. Après environ dix minutes, ils se turent. Je compris qu’ils étaient morts. Le chauffeur laissa le moteur tourner quelques minutes de plus, puis il fit démarrer le camion.

Au cours des procédures qui ont eu lieu par la suite devant les tribunaux ou des juges d’instruction allemands, les prévenus n’ont pas contesté non plus la réalité des gazages effectués à Mauthausen.

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Autre extrait du livre page 156 et 157

Le rapport Gerstein

L’Untersturmführer SSKurt Gerstein, chef du service de la désinfection près « le médecin du  Reich » des SS et de la police, a visité en août 1942 les camps de l’opération Reinhard.

Il a écrit dans son rapport du 4 mai 1945

« Nous sommes partis aussitôt en voiture pour Lublin où le Gruppenführer SS Globocnik nous attendait. Le jour suivant, nous fîmes route vers Belzec. Une petite gare spéciale avait été installée à cet effet au nord de la grand-route Lublin-Lwow, dans la corne gauche de la ligne de démarcation. Au sud de la route, quelques maisons portaient l’inscription «  Sonderkommando Belzec des Waffen SS »

Le matin suivant, un peu avant 7 heures, on m’annonça : dans dix minutes arrive le premier convoi. De fait, le premier train de Lwow arriva quelques minutes plus tard : quarante-cinq wagons avec six mille sept cents personnes, dont mille quatre cents cinquante étaient déjà mortes à l’arrivée. Derrière les lucarnes grillagées, des enfants apeurés, au visage extraordinairement pâle, regardaient, les yeux pleins d’une angoisse mortelle, et plus loin des hommes et des femmes. Le train arrive. Deux cents Ukrainiens ouvrent les portes et font sortir les gens des wagons à coup de fouet. Un grand haut parleur ordonne de se déshabiller entièrement, y compris les prothèses, les lunettes, ETC… déposer les objets de valeur au guichet, sans reçu ni quittance. Lier soigneusement les souliers ensemble.  Puis les femmes et les filles chez le coiffeur qui, en deux ou trois coup de ciseaux, coupe toute la chevelure, qu’il fait disparaître dans des sacs à pommes de terre. «  Ces cheveux sont destinés à je ne sais quoi pour les sous-marins, pour le calfatage ou quelque chose de ce genre », me dit l’Unterscharführer SS de service. La file se met enfin en mouvement. En tête, une jeune fille ravissante. Ils suivent l’allée, tous nus, hommes, femmes et enfants. Je me tiens avec le capitaine Wirth en haut, sur la rampe, entre les chambres à gaz. Des mères avec leurs nourrissons au sein, elles montent, hésitent, entrent dans les chambre de mort ! Au coin se tient un grand SS qui, avec une voix de pasteur, dit aux malheureux : « Il ne va rien vous arriver. Une fois dans les chambres, vous devez respirer profondément, cela dilate les poumons ; cette inhalation est nécessaire en raison des maladies et des épidémies » Quand on le questionne sur le destin qui leur est réservé : «  Naturellement les hommes devront travailler, construire des maisons et des routes. Mais les femmes n’auront pas à travailler. Seulement, si elle le veulent, elle aideront au ménage et à la cuisine ». Pour certains de ces malheureux, c’est une lueur d’espoir qui suffit pour qu’ils fassent sans résistance les quelques pas qui les mènent aux chambres. Maos la plupart savent à quoi s’en tenir : l’odeur leur annonce quel sera leur sort. C’est ainsi qu’ils montent le petit escalier, et ils voient tout. Les mères avec les enfants au sein, de petits enfants nus, les adultes, hommes et femmes, tous nus – Ils hésitent, mais ils entrent dans les chambres de mort, poussés par ceux qui sont derrière eux ou par des fouets de cuir des SS. La plupart, sans dire un mot. Une juive d’environ quarante ans, aux yeux flamboyants, crie : « que le sang versé ici retombe sur la tête des assassins ! » Elle reçoit cinq à six coup de cravache dans la figure – c’est Wirth personnellement qui l’a frappé – et elle disparaît dans la chambre

 

 

 

22:41 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nazie, victimes, civils, juifs |  Facebook |

24/05/2010

Holocauste

Holocauste

Holocaust(1978) n

Voici le livre qui inspiré une série télévisée que l’on n’est pas prêt d’oublier à travers le monde entier. Holocauste, c’est l’histoire de la persécution des juifs par les nazis de 1933 à 1945, vue à travers deux familles de Berlin dont les destins s’entrecroisent.

Les Weiss, bonne bourgeoisie berlinoise. Le père est médecin ; dès 1933, il sent la montée des périls. Son fils aîné, Karl vient d’épouser un catholique. Le plus jeune, Rudi, comprend vite que, pour un Juif, toute l’Allemagne hitlérienne va bientôt devenir intolérable.

En 1938, il quitte Berlin, passe en Tchécoslovaquie. Plus tard, la guerre venue, il rejoindra les partisans russes pour combattre à leurs côtés. En 1933, l’année du mariage de Karl Weiss, Erik Dorf, poussé par sa femme, vient solliciter un poste auprès de Heydrich, alors chef de la gestapo. Il va travailler avec lui et devenir peu à peu un des rouages essentiels de la redoutable machine à exterminer que mettent au point des bureaucrates et des techniciens allemands. Le récit comprend, en alternance, l’évolution des souvenir de Rudi weiss et des extraits du journal d’Erik Dorf.

C’est le déroulement implacable des événements que l’on connaît : les parents weiss sont déportés en Pologne et finiront à Auschwitz. Leur fils Karl, bien que marié à une catholique est envoyé à Buchenwald, puis au camp « privilégié » de Theresienstadt. Il mourra à Auschwitz.

De la famille Weiss, Rudi sera le seul survivant et c’est d’un Kibboutz d’Israël, qu’il évoque tout cela. Dorf, lui, aura le destin qu’il mérite.

On ne peut pas résumer ce livre foisonnant qui, à travers l’histoire de ces personnages, recrée la terrible saga de tout un peuple que la machine de guerre allemande a tenté de broyer mais qui, une fois de plus a survécu.

Auteur : Gerald Green

 

 

15/05/2010

Camp de Sachsenhausen

Camp de Sachsenhausen en Allemagne

 Créé en: 12 juillet 1938

Libération: 22 avril 1945, par une unité de l’armée Soviétique.

30 - 35.000 victimes

Mémorial de Sachsenhausen

Pendant l'été 1936 on abattit des arbres et on érigea une baraque en bois au milieu de la forêt d'Oranienbourg, sur le territoire de Sachsenhausen. Le 12 juillet 1938, les 50 premiers prisonniers en provenance d'Esterwegen arrivèrent et furent immédiatement mis au travail pour la construction de ce qui allait devenir le camp de concentration de Sachsenhausen (K.Z. Sachsenhausen). Dès août et septembre 1938, 900 autres prisonniers furent transférés d'Esterwegen à Sachsenhausen pour travailler à la construction du camp. Très peu d'entre eux survécurent au rythme de travail infernal imposé par les SS. Fin septembre, les premiers prisonniers politiques arrivèrent au camp.

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Un survivant du camp

Outre les baraques destinées aux prisonniers, le camp comprenait des bâtiments en pierre destinés aux SS ainsi qu'une véritable complexe industriel destinée à employer la main-d'oeuvre gratuite fournie par le camp. Avant la guerre, la plupart des prisonniers étaient des allemands communistes ou juifs. C'est ainsi qu'après la "Nuit de Cristal", plus de 1800 juifs furent enfermés à Sachsenhausen et massacrés peu après.

crématorium de Sachsenhausen
Les fours crématoires

En septembre 1939, des milliers de communistes, sociaux-démocrates et dirigeants ouvriers furent arrêtés. Près de 500 d'entre eux furent envoyés à Sachsenhausen, de même que 900 juifs. Fin septembre 1939, il y avait 8.384 prisonniers dans le camp. Dès novembre, ce nombre passa à 11.311 prisonniers. C'est à cette époque qu'une première épidémie de typhus se déclara. Suite au refus des SS de donner le moindre soins aux malades, les prisonniers commencèrent à mourir en masse. Jusqu'en avril 1940, date à laquelle le premier crématoire du camp fut construit, les morts étaient transférés au crématoire de Berlin situé à 35 km du camp.

 

22/04/2010

Le camp de déportation de Westerbork va retrouver ses baraquements.

Le camp de déportation de Westerbork va retrouver ses baraquements.

 

107000 des 140000 juifs vivant aux Pays-Bas y ont transité avant leur déportation vers les camps de concentration : le camp de Westerbork, entièrement démantelé dans les années 70, va retrouver certains de ses anciens baraquements. « Beaucoup de jeunes visiteurs, en arrivant ici, sont déçus car il n'y a presque plus rien à voir », explique Albert Gilbert, coordinateur de projet au « Centre du souvenir » de Westerbork. Une clairière de 25 hectares parsemée d'arbres et de pans de murs, une maison délabrée, celle du commandant, et 90 mètres de voie ferrée aux extrémités recourbées vers le ciel sont quasiment les seuls vestiges du camp de transit.

 

Durant la Seconde guerre mondiale, entre juillet 1942 et septembre 1944, 93 trains sont partis de Westerbork pour Auschwitz, Sobibor, Bergen-Belsen et Theresienstadt. Ils transportaient 107.000 juifs. Seuls 5.000 d'entre eux ont survécu. Au centre du camp, 102.000 pierres rouges, une étoile de David en métal sur chacune d'elle, rendent hommage à ceux qui ne sont pas revenus, comme Anne Frank, morte à 15 ans à Bergen-Belsen. Huit baraquements au moins devraient retrouver leur emplacement d'origine d'ici 2013. Leur retour, financé principalement par l'Etat, devrait coûter 10 à 20 millions d'euros.  « Grâce aux baraquements, ceux de l'époque, pas des reconstitutions, nous voulons retrouver l'esprit du camp », souligne Albert Gilbert. Le camp de Westerbork accueille 400.000 visiteurs par an.   

 

Photo : D.R.

 

Source : ejpress.org

23:09 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : juifs, deportation |  Facebook |

21/04/2010

Pas de surviants

Combien d’histoire ne seront jamais racontées parce qu’il n’y a pas eu de survivants. L'horreur absolue.

transmis par desintox-be@yahoogroups.com au nom de Daniel Hochner 

Combien d’histoire ne seront jamais racontées parce qu’il n’y a pas eu de survivants.

Comment les tueurs ont-ils tué ?

Aujourd’hui, toi le dernier survivant, tu te souviens de cette journée où tu fus conduit avec d’autres camarades à la rampe de Birkenau.

Votre travail consistait, dès l’arrivée d’un convoi, dès l’ouverture des portes d’y extraire rapidement les cadavres de ceux qui n’avaient pas eu la force de supporter l’effroyable voyage.

 

Pour toi, une journée comme les autres.

D’Europe les convois se succèdent toutes les 20 minutes, ce jour là, ce qui retient particulièrement ton attention c’est le nombre important de SS qui attendent un convoi

Les SS connaissent l’origine de l’un de ces convois, et comme il faut bien s’amuser un peu, cela mérite un peu d’attente…

11 jours au paravent, les nazis font irruption dans un hôtel de Salonique en pleine célébration d’un mariage juif.

En 10 minutes, les nazis embarquent toute la noce dans leurs camions.

A l’arrivée à Birkenau, quand enfin les portes s’ouvrent, ils sont tous là.

La mariée en blanc, le marié en noir, chapeau haut de forme, les parents, les grands parents, même le grand père dans sa chaise roulante, le rabbin, les témoins, les invités, tous les invités, les petites demoiselles d’honneur, les serveurs, les cuisiniers, le verre pas encore brisé.

Les nazis gentiment, poliment ordonnent aux noceurs de former un cortège, aux musiciens de jouer des airs gais, aux autres de chanter, de danser, de taper dans leurs mains, au rabbin de prier. Les nazis connaissent les traditions, on hisse la mariée et le marié sur de petites chaises soulevées à bout de bras, c’est eux qui auront le privilège de découvrir cette haute cheminée d’où sort une acre fumée, gluante, collante, polluée par des milliers de grosses mouches.

Le cortège toujours chantant, dansant, traverse une partie du camp.

Baraques à perte de vue, miradors encerclés de fils de fer barbelés, électrifiés

Ombres d’hommes en costumes zébrés pas encore morts mais plus du tout vivants

Odeur terrible de caoutchouc brulé, de chair carbonisée qui vous pénètre par la bouche, par le nez, par tous les pores de la peau.

Arrivés au milieu de nulle part, les SS décident qu’ils ont assez rigolé, ils sortent les fouets, les slags, on tue le rabbin à coups de gourdin, on arrache les bébés des bras des Mamans, on les précipite encore vivants dans la fosse en feu, vite, plus vite, shnell, tout le monde doit se déshabiller, rentrer dans la chambre, plus vite, encore plus vite tout le monde doit s’engouffrer, on les pousse, on se pousse, on se bouscule, il y a de la place pour tout le monde crient les SS. On pousse encore et encore, mais la chambre est vraiment trop petite et les invités sont trop nombreux, les petites demoiselles d’honneur ne peuvent rentrer faute de place, on les jette par-dessus la tête de ceux qui sont déjà à l’intérieur, on referme la porte avec peine, on éteint la lumière.

De l’intérieur s’échappent des pleurs, des cris, des hurlements, des prières. On appelle Papa, Maman.

Un allemand, fier, heureux, satisfait introduit le zyklon B.

20 minutes plus tard, on ouvre la porte, la position des cadavres imbriqués les uns contre les autres déchiquetés, gonflés, crevés, laisse deviner leurs derniers instants. Une femme a accouché, plusieurs enfants sont morts piétinés. Au sol, vomissures, sangs, excréments

Tous ne sont pas complètement asphyxiés, certains bougent un doigt, un œil, on entend quelques gémissements…Cela n’a pas d’importance, il faut faire vite, d’autres convois attendent leur tour. On coupe les cheveux des femmes, à l’aide de tenailles on arrache les dents en or, pour récupérer plus vite les boucles d’oreilles on arrache l’oreille, on récupère les alliances, on cherche le moindre bijou, on brûle, on carbonise, on récupère les cendres, à part les juifs rien ne doit se perdre.

Le spectacle est fini, les nazis sont repartis

Ces pères de famille, professeurs, ingénieurs, ces allemands ordinaires vont rejoindre leurs maisons construites en bordure du camp, ils vont lire Goethe, Schiller, écouter Wagner, Liszt, Chopin, chantonner une berceuse, raconter un conte de fée, il faut bien endormir leurs têtes blondes.


00:27 Écrit par dorcas dans Camp Birkenau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : survivants, birkenau, ss, juifs |  Facebook |

12/03/2010

Combat pour la liberté


 ANDREE GEULEN-HERSCOVICI                                                 

Témoignage d’Andrée Geulen-Herscovici dans LA BOITE A IMAGES asbl (www.laboiteaimages.be) : « 1940-1945 : Un combat pour la liberté »

Je suis née le 6 septembre 1921 à Bruxelles.
En juillet 1942, j’ai commencé à faire des intérims dans l’enseignement, où j’ai été confrontée pour la première fois au problème des enfants juifs. Je voyais arriver dans ma classe des enfants avec une étoile jaune, et puis ils ne venaient plus à l’école parce qu’ils avaient été arrêtés dans la nuit avec leurs parents.

C’est à ce moment là que j’ai rencontré le réseau de résistance qui s’occupait de cacher ces enfants, et j’en ai fait partie jusqu’à la libération. Il s’agissait du « Comité de Défense des Juifs », section enfance. Je cachais des enfants dans des abris « sûrs ».
La révolte devant l’impensable m’a poussé à agir. Qui peut rester insensible à ça. On me communiquait des adresses de personnes juives, où je me rendais pour prévenir la famille que j’emmènerais l’enfant 48 heures plus tard. A la campagne, dans un couvent, dans des familles privées ou dans des institutions nées de la guerre (le Secours d’Hiver, l’Aide Paysanne aux Enfants, etc.).
La période était difficile. Nous avions faim et froid.
Mais sauver des enfants est une belle cause.

Un jour je suis allée chercher un bébé de 20 mois environ. Au moment où je suis sortie avec le bébé, la Gestapo est arrivée. Les rafles étaient effectuées dans les quartiers juifs. Ils barraient toutes les rues transversales avec des camions pour empêcher les gens de s’échapper.
Je suis arrivée dans une de ces rues avec la poussette, et pendant ce temps, ils faisaient descendre toutes les familles.
D’autres fois, nous allions aussi chercher des bébés qui avaient 6, 7 jours à la maternité. Des médecins « amis » nous signalaient les enfants à cacher tandis qu’ils s’occupaient des mères désemparées.

Nous avons appris l’existence des chambres à gaz suite au voyage de Victor Martin, un jeune universitaire, chargé par le « Front de l’Indépendance » de faire une enquête en Allemagne pour voir ce que devenaient les prisonniers que l’on envoyait là-bas. Le responsable du « Comité de Défense des Juifs » lui a demandé de voir ce que les déportés devenaient.
Martin est rentré d’Allemagne en disant : « on brûle les gens. » Il avait pris contact avec des gens autour du camp, des ouvriers qui lui ont parlé des cheminées.

Après la guerre j’ai continué à avoir énormément de contacts avec ces enfants, d’autant plus quand les parents avaient survécu. Parce que les parents avaient le souvenir de ce que j’avais fait, ils n’ont jamais oublié.
C’est un grand privilège pour moi d’avoir pu continuer à les aider en les guidant dans leurs études par exemple.

Un beau jour, quelqu’un m’a écrit de San Francisco pour me demander où il avait été caché pendant la guerre. Je lui ai répondu, et il est venu quelques jours après en Belgique. Nous sommes allés ensemble jusqu’au couvent où il était caché, à Louvain. Pour lui c’était terrible, il en pleurait car il se souvenait des caves où il se cachait pendant les alertes, du petit coin où il cultivait des légumes, de la chapelle.
Par la suite je suis allée le voir à San Francisco. Ces deux fils étaient présents. Nous avons fait un film ensemble. Il pleurait à chaudes larmes. Ses fils m’ont dit qu’il n’avait jamais rien raconté avant.

J’ai gardé de cette période la haine de tous les racismes, pas seulement de l’antisémitisme, qui peuvent mener jusqu’à l’extermination.
Je suis pessimiste au vu de l’actualité de ces dernières années. J’ai l’impression que l’homme n’a pas appris grand-chose. Il suffit de quelques incidents dans la rue pour que naissent des nouveaux sentiments de rejet. Mais il faut pouvoir résonner tout ça.
A mon sens, tant qu’il y aura dans ce monde des gens qui « crèvent de faim » et de l’autre qui « crèvent de trop de richesses », il y aura un appel de ces pays pauvres vers ces pays riches.
Si on établit un meilleur équilibre des richesses, on évitera d’abord les déplacements de population. Il faut faire un effort pour se mettre à la place des gens.
Nous vivons ici dans un pays de cocagne. J’admire les jeunes qui se battent pour une meilleure répartition des richesses. C’est ce combat-là qu’il faut mener aujourd’hui.

source: http://www.maisondesjustes.com/histoire_b.html

Israël: l'officier allemand du "Pianiste" honoré par Yad Vashem

Israël: l'officier allemand du "Pianiste" honoré par Yad Vashem

[ 16/02/09  - 14H18 - AFP  ]

© AFP/Archives - Marco Longari

L'officier de la Wehrmacht Wilm Hosenfeld, rendu célèbre par le film de Roman Polanski "Le pianiste" (2002), a été reconnu "Juste parmi les Nations" à titre posthume, selon un communiqué publié lundi par Yad Vashem, le Mémorial pour la Shoah de Jérusalem.

L'officier Wilm Hosenfeld, basé à Varsovie dès juillet 1940, s'est vu décerner le titre de "Juste parmi les Nations" pour avoir "sauvé des juifs de la Shoah" durant la Seconde guerre mondiale.

Hosenfeld a été rendu célèbre par le film de Roman Polanski, "Le pianiste", tiré de l'histoire vraie d'un musicien juif polonais, Wladyslaw Szpilman, qui a remporté nombre de prix au Festival de Cannes, aux Oscars et aux Césars.

Wladyslaw Szpilman a écrit au Mémorial de Yad Vashem pour raconter comment, en novembre 1944, l'officier allemand lui avait fourni une cachette, de la nourriture, des couvertures et un soutien moral. Un autre rescapé, Leon Wurm, a certifié qu'Hosenfeld, qui travaillait au Centre de Sports de l'armée, l'avait employé après son évasion d'un train qui le menait vers le camp d'extermination de Treblinka.

La Commission pour la désignation des "Justes parmi les Nations" avait déjà étudié le cas de l'officier allemand sans lui décerner le titre, aucune preuve ne permettant, selon elle, d'affirmer qu'il n'avait pas participé à des crimes de guerre durant la prise du ghetto de Varsovie.

Récemment, de nouveaux documents ayant appartenu à l'officier et étudiés par le Mémorial de la Shoah, tels des carnets intimes ou des lettres écrites à sa femme, ont montré sa profonde désapprobation de la politique menée par les nazis à l'égard des juifs.

"Dans ses écrits, Hosenfeld dévoile son dégoût grandissant pour l'oppression du peuple polonais, les persécutions du clergé polonais, les abus à l'égard des juifs, les débuts de la Solution finale et son horreur de l'extermination du peuple juif," souligne le communiqué.

Après la guerre, Wilm Hosenfeld a été arrêté, jugé et condamné à la prison à vie par les soviétiques. Il est mort en prison en 1952.

Son fils et ses deux filles vont recevoir la médaille et le certificat de "Juste parmi les Nations" au nom de leur père.

La Reine Elisabeth de Belgique (1876-1965)

LA REINE ELISABETH DE BELGIQUE (1876-1965)

 

En juillet 1942, la Gestapo opéra les premières rafles dans les quartiers habités par les Juifs à Bruxelles et à Anvers et les emprisonna à Malines en vue d’une déportation vers l’Est. En août 1942, Sa Majesté la Reine Elisabeth reçut en audience l’Association des Juifs belges, Sa Majesté leur assura qu’elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour arrêter les rafles et pour protéger les Juifs belges de la déportation. Le 24 septembre 1942, à Bruxelles, le cardinal Van Roey, chef de l’Eglise catholique en Belgique, et la Reine Elisabeth intercédèrent auprès des autorités d’occupation allemande après l’arrestation de six membres importants de la communauté juive. Grâce à leur intervention, cinq d’entre eux furent relâchés. Le sixième, secrétaire de la communauté juive belge, n’était pas un citoyen belge mais hongrois, et même l’intervention des autorités belges ne put le sauver. Il fut déporté à Auschwitz.

Le château de la Reine Elisabeth à Jamoigne était un orphelinat pour les enfants de soldats belges, dirigé par Marie Taquet, femme d’un officier de l’armée de terre. En 1943, elle y accueillit 80 enfants juifs. Tous leurs noms furent modifiés pour avoir une consonance chrétienne et ils furent dispersés parmi les autres enfants sans que ceux-ci sachent qu’ils étaient juifs. Ils furent tous sauvés.

 

http://www.maisondesjustes.com/histoire_b.html

L'allée des justes des Nations à Jérusalem

L'allée des justes des nations à Jérusalem

 

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 L'allée menant au Sanctuaire du souvenir est bordée d'arbres plantés en l'honneur des non-juifs - les Justes des nations - des hommes et des femmes qui, au péril de leurs vies, ont tenté de sauver des juifs pendant la Shoah. Le titre de Juste des nations  a été décerné à plus de 16 000 personnes.

22:09 Écrit par dorcas dans Juste des Nations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, shoah |  Facebook |

Qui sont les "justes parmi les Nations"?

Qui sont les "Justes parmi les Nations" ?

L'Israël,guerre,Europe,Jérusalem,occupation,Juifs,État d'Israël a créé, en 1953, le titre de "Justes des Nations".

Les "Justes" sont des personnes, non juives, qui, pendant la guerre dans l'Europe occupée, ont risqué leur vie pour sauver un Juif. Une commission, présidée par un juge de la Cour suprême, désigne les Justes. Une médaille leur est remise personnellement ou à leurs ayants droits s'ils sont décédés. Un arbre est aussi planté dans le mémorial Yad Vashem à Jérusalem. Une plaque gravée y rappelle le nom de la personne honorée pour sa conduite durant l'Occupation.

« Le concept de « Juste des Nations » est emprunté à la littérature talmudique. Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs. Le Mémorial Yad Vashem décerne ce titre de Juste des Nations aux non-Juifs qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, ont aidé des Juifs en péril, dans des circonstances telles qu’elles impliquaient des risques pouvant aller jusqu’au danger de mort, sans recherche d’avantages d’ordre matériel ou autre.
« Le nouveau porteur du titre de Juste des Nations est convié à une cérémonie où lui sont remis une médaille et un diplôme d’honneur. La cérémonie se déroule soit à Yad Vashem, soit, par les soins de la mission diplomatique d’Israël, dans le pays où réside le Juste. Les Justes, ou leurs représentants, ont planté des arbres dans l’allée des Justes sur le site du Mémorial Yad Vashem. Aujourd’hui, faute de place, le nom des Justes est gravé sur le Mur d’honneur édifié à cette fin dans le périmètre du Mémorial.
« Les sauveurs se comptent par milliers, même si l’on y inclut ceux qui restent inconnus, alors que des millions de Juifs auraient eu besoin d’aide sous l’occupation allemande. Jusqu’à la fin de l’année 1999, Yad Vashem a décerné le titre de Juste des Nations à plus de 17 000 personnes. Ce qui démontre de manière incontestable que, malgré la tragédie implacable qui a frappé le peuple juif, il s’est trouvé des hommes et des femmes qui ne sont pas restés passifs et ont pris des risques pour accomplir le précepte : « Aime ton prochain comme toi-même. » Les Justes des Nations ont sauvé non seulement la vie des Juifs, mais aussi la dignité humaine et l’honneur de leurs compatriotes. »

La guerre 40-45 a fait apparaître dans le langage courant un mot qui rendait et déclarait humainement juste une personne qui a pris position, a sacrifié partiellement ou totalement sa vie pour la cause juive ou, plus simplement s'est sacrifié pour la vie des juifs ou pour la vie en général.

L'époque de tension internationale que nous connaissons actuellement révèle des personnalités qui osent se mouiller pour la cause du peuple juif. Certains risquent leur position politique si pas tout simplement leur vie.

Le critère d'élargissement est signifié par les Ecritures Saintes en Matthieu 25:40  Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de  mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.

Pour être un Juste, il faut :

  • Avoir apporté une aide dans des situations où les juifs étaient impuissants et menacés de mort ou de déportation vers les camps de concentration.
  • Le sauveteur était conscient du fait qu'en apportant cette aide, il risquait sa vie, sa sécurité et sa liberté personnelle (les nazis considéraient l'assistance aux juifs comme un délit majeur).
  • Le sauveteur n'a exigé aucune récompense ou compensation matérielle en contrepartie de l'aide apportée.
  • Le sauvetage ou l'aide est confirmé par les personnes sauvées ou attesté par des témoins directs et, lorsque c'est possible, par des documents d'archives authentiques.

L'aide apportée aux juifs par des non-juifs a revêtu des formes très diverses ; elles peuvent être regroupées comme suit :

  • Héberger un juif chez soi, ou dans des institutions laïques ou religieuses, à l'abri du monde extérieur et de façon invisible pour le public.
  • Aider un juif à se faire passer pour un non-juif en lui procurant des faux papiers d'identité ou des certificats de baptême (délivrés par le clergé afin d'obtenir des papiers authentiques).
  • Aider les juifs à gagner un lieu sûr ou à traverser une frontière vers un pays plus en sécurité, notamment accompagner des adultes et des enfants dans des périples clandestins dans des territoires occupés et aménager le passage des frontières.
  • Adoption temporaire d'enfants juifs (pour la durée de la guerre).

22:00 Écrit par dorcas dans Juste des Nations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, jerusalem, guerre, europe, juifs |  Facebook |

Plus jamais ça

Plus jamais ça

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En hébreu, Shoah signifie catastrophe et aussi destruction. Ce terme est de plus en plus employé, de préférence à "holocauste", pour désigner l'extermination systématique des Juifs perpétrée par le régime nazi durant la seconde guerre mondiale de 1941 à 1945.Près de 6 millions de Juifs (5 700 000 d'après l'estimation du tribunal de Nuremberg) – soit les deux tiers des Juifs d'Europe, hommes, femmes et enfants - furent assassinés durant cette période pour des raisons racistes. Selon Hitler et les dirigeants nazis, la race juive était une menace pour la pureté du sang allemand et donc pour la préservation de la race aryenne.L'extermination des Juifs fit l'objet d'un programme politique nommé "Endlösung" - la solution finale - appliqué systématiquement en Allemagne et dans tous les pays alliés ou occupés. Le peuple juif avait jusque là subi de nombreuses formes de persécutions (exclusion, ghettos, pogroms); le IIIe Reich mit en place une forme extrême: une entreprise d'annihilation qui avait pour but de faire disparaître à jamais tout un peuple de la surface de la Terre.La connaissance du génocide juif s'appuie sur des sources multiples: pièces officielles et documents d'époque; témoignages de survivants ; aveux circonstanciés d'exécutants devant les tribunaux; correspondance, discours, publications d'époque ou d'après-guerre. Les historiens travaillent depuis un demi siècle sur des centaines de milliers de pièces d'archives. L'organisation du crime, les méthodes employées, le nombre approximatif des victimes nous sont connus. Nous savons ce qui est arrivé mais nous continuons à ne pas comprendre comment cela a pu arriver. De par sa complexité et sa monstruosité, la Shoah demeure un défi à la conscience morale de l'humanité.

Source : http://www.aidh.org/Racisme/shoah/S_1.htm

10/03/2010

Camp de Compiègne-Royallieu

Camp de Compiègne-Royallieu

Camp de compiègne-Royallieu



Le camp de Compiègne-Royallieu est, après Drancy, le deuxième camp d’internement de France sous l’Occupation. Il reçut près de 54 000 personnes : Résistants, Juifs, droit commun.

Le camp est un faubourg situé au sud de Compiègne.

A Royallieu, les détenus sont internés environ 1 mois dans le camp, ce n’est qu’une étape de leurs douloureux voyages.

On ne peut pas comparer les conditions d’internement du camp de Royallieu avec celles des camps d’exterminations ou de concentration mais la pénurie de nourriture, l’absence de soins, victime de traitement de leurs geôliers, le choc psychologique provoqué par l’internement, ont conduit des prisonniers à la maladie et à la mort.

Sur les 54 000 personnes détenues à Compiègne-Royallieu, environ 50 000 ont été déportées vers les camps nazis. Cinquante-quatre convois sont partis de Compiègne entre mars 1942 et août 1944. Les convois déportant en moyenne un millier de personnes à chaque fois.

Les prisonniers du camp de Compiègne-Royallieu sont transférés dans des camps de concentration allemands ou dans des camps d’extermination situés dans les territoires annexés d’Europe centrale (Pologne). La majorité des détenus de Compiègne sont partis pour les camps de Buchenwald et de Mauthausen (Allemagne). Mais il y avait d’autres destinations. Les femmes ont été déportées vers le camp de Ravensbrück (Allemagne). Les premiers convois de Juifs sont partis de Compiègne en 1941 vers Auschwitz-Birkenau (Pologne). 

Message de prisonniers d'Auschwitz dans une bouteille

Message de prisonniers d'Auschwitz dans une bouteille: surprise du déporté français

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Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 27/04/2009 à 20:50

MARSEILLE - Albert Veissid, déporté français au camp nazi d'Auschwitz dont le nom figure dans un message caché dans une bouteille récemment retrouvée par des ouvriers polonais, a affirmé lundi à l'AFP "ne pas se rappeler de cette bouteille" même s'il n'a oublié aucun détail du camp.

AFP/Atchives/Wojtek Radwanski

Vue générale de l'ex-camp nazi Auschwitz-Birkenau, le 17 mars 2009

"Je ne me rappelle pas de cette bouteille. Et pourtant c'est bien mon nom qui est marqué sur ce message et mon numéro de matricule: 12063. Je ne peux pas l'oublier ce numéro puisqu'il est sur mon bras", a déclaré par téléphone M. Veissid à l'AFP.

Agé de 84 ans, cet ancien employé du secteur de la confection originaire de Lyon a été déporté le 30 mai 1944 à Auschwitz. Il venait d'avoir 20 ans. Il vit aujourd'hui dans un village près de Marseille.

Son nom ainsi que celui de six prisonniers polonais a été retrouvé sur un message écrit à la main en septembre 1944 et découvert récemment par des ouvriers qui abattaient une cloison à l'Ecole supérieure d'Oswiecim (Auschwitz en polonais, sud), un bâtiment qui pendant la guerre avait servi d'entrepôt aux gardes allemands du camp de concentration.

"Les Polonais ont appelé ma petite-fille aujourd'hui pour lui parler de ce message. Je ne me rappelle pas de cette bouteille pourtant je n'ai rien oublié de la déportation. Je me souviens que des Polonais chrétiens travaillaient en haut, à l'étage, pour le ravitaillement du camp. J'ai fraternisé avec eux. Parfois, ils volaient des seaux de marmelade et je leur cachais. Ils me donnaient plus de soupe. Peut-être que l'un d'eux a marqué mon nom et mon numéro de matricule?", se demande-t-il.

M. Veissid s'était inscrit comme maçon à Auschwitz et a travaillé à la construction d'un "abri-refuge" pour les Allemands, ce qui lui a permis, selon lui, d'échapper à l'extermination subie par les juifs du camp.

21:37 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, extermination, juifs, camps |  Facebook |

Archives inédites sur la Shoah

Archives inédites sur la Shoah

Cécilia Gabizon
 

Le père Desbois (à droite) et un témoin qui lui a permis de retrouver le lieu exact où près de 52 000 juifs furent exécutés par les nazis à  Bronnaïa Gora, en Biélorussie.

Le père Desbois (à droite) et un témoin qui lui a permis de  retrouver le lieu exact où près de 52 000 juifs furent exécutés par les  nazis à  Bronnaïa Gora, en Biélorussie.

Le père Desbois ouvre jeudi, avec la Sorbonne, un centre de documentation pour rendre publics les témoignages recueillis en Ukraine et en Biélorussie sur le massacre par armes à feu d'un 1,5 million de juifs à l'Est pendant la Seconde Guerre mondiale.

C'est un drôle de prêtre qui remue la terre d'Ukraine pour apaiser le ciel. Pour soigner un secret qui le hante depuis l'enfance. Son grand-père, soldat français déporté en Ukraine à Revarovska, lui avait confié : «Le camp, c'était dur, mais c'était bien pire pour eux.» Eux ? Des milliers de juifs tués devant ses yeux mais jamais nommés. À l'occasion d'une cérémonie en Ukraine, le prêtre s'est mis à les chercher frénétiquement. «Où sont les morts juifs ?» a-t-il demandé au maire, sans obtenir de réponse. Desbois s'est entêté. Jusqu'à ce qu'un élu le conduise dans la forêt devant une fosse, puis une deuxième. Puis une troisième… C'était en 2004. Depuis, le père Desbois parcourt l'Ukraine et la Biélorussie, village par village, pour retrouver et cartographier les fosses où furent exécutés près d'un million et demi de juifs entre 1941 et 1944. Aujourd'hui, il ouvre ses archives, «un corpus unique en son genre, les interviews de plus de 1 000 témoins, qui ont permis la localisation de centaines de fosses», selon l'historien Édouard Husson.

Le tout nouveau Centre de ressources pour la recherche sur la Shoah à l'Est se trouve à Paris, dans le même bâtiment que le Service des relations avec le judaïsme que dirige le père au sein de l'épiscopat. Des ordinateurs neufs attendent thésards et historiens, à condition qu'ils obtiennent l'accord de la Sorbonne, chargée de la gestion pédagogique des documents. Husson, qui s'appuie sur les découvertes du prêtre dans le master qu'il a créé à Paris-IV, prétend ainsi «tenir les négationnistes à distance». Et peut-être les détracteurs. Car l'œuvre du père Desbois, louée au mémorial de Yad Vashem en Israël, reconnue en Allemagne et aux États-Unis, fait débat en France. Quelques historiens lui reprochent d'avoir construit sa renommée sur des faits déjà connus des spécialistes. De minimiser les responsabilités des populations locales. Ou encore d'accomplir une mission plus religieuse que scientifique.

Un temps déstabilisé, le prêtre a décidé d'ouvrir ses archives, parfois parcellaires, sans prétendre au statut d'historien ni minimiser ses trouvailles : «Nous avons localisé près de 400 fosses qui ne portaient aucune trace de mémorialisation», affirme le religieux, qui s'était appuyé sur Mgr Lustiger pour monter l'association Yahad-in Unum (Ensemble).

Savoir recueillir l'horreur

La Commission extraordinaire d'État soviétique avait la première entrepris le décompte morbide dans les villages repris aux nazis. «Tout y est consigné : les tueries, la taille des fosses, des photos, le nombre de morts, parfois leur “nationalité”, juif», explique Patrice Bensimon, le secrétaire général de Yahad-in Unum. Mais «les documents soviétiques avaient mauvaise réputation», reconnaît-il, car ils avaient fait passer l'exécution à Katyn de milliers d'officiers polonais pour une tuerie nazie. En 1991, le Holocaust Memorial of Washington décide cependant de les acquérir dans la réprobation générale. Depuis, l'association du père Desbois, comme d'autres, s'en sert et constate que «90 %» des informations sont exactes. «Nous complétons la préparation avec les procès-verbaux soviétiques dressés contre des soldats nazis entre 1950 et 1960», ainsi que les livres de mémoire écrits par les survivants ou descendants d'un village.

Puis commence la quête, sur place, des témoins. À cet instant, Desbois accomplit son œuvre. Il com­mence devant l'église. Apprivoise les mendiantes âgées. Le col romain favorise les confessions. Certains se seraient tus autrement. Mais l'aveu relève aussi d'une maïeutique. Savoir recueillir l'horreur. Les détails. S'obstiner. Tout est filmé. De l'arrivée dans la rue principale de villages boueux, aux conversations. Les rares témoins survivants n'ont jamais bougé. Ils ont connu la soviétisation, la grande famine des années 1930, le nazisme. Puis les Soviétiques à nouveau. Et l'ouverture. Sans que leur sort évolue. «Beaucoup sont dans une misère noire», raconte le père Desbois. Un dénuement qui les a tenus «à l'écart de la propagande soviétique», les a laissés seuls avec leurs souvenirs, analyse Desbois qui court après ce «continent de mémoire», avant qu'il ne s'efface. «Nous arrivons parfois dans des villages où le dernier témoin de cette époque vient de mourir ou de perdre la tête.» Partout, Desbois traque le «crime. Je cherche à délimiter la scène. Qui était sur place : les assassins, les auxiliaires, mais aussi les voisins qui ne pouvaient faire autrement, les curieux, et ils étaient nombreux, ou encore ceux qui pensaient récupérer quelque chose. Enfin, on trouvait les réquisitionnés». Si Desbois laisse à d'autres le soin de les déclarer coupables ou de les exonérer, il assure : «sans eux, les Allemands n'auraient pas pu commettre ce crime de masse aussi rapidement». Car ces enrôlés ont creusé les fosses, participé à l'encerclement des familles envoyées à la mort, parfois directement à l'assassinat. Ils refermaient les fosses, convoyaient les vêtements que des femmes reprisaient, avant qu'ils ne soient vendus sur place. «Tristes le matin d'être réquisitionnés, contents le soir d'avoir des vêtements», énonce, comme un proverbe, l'un des témoins.

Légende colportée de fermes en villages

«Je rentre dans l'histoire par la porte des tiers, ceux que l'on déteste d'avance, car ils nous représentent, dans nos ambiguïtés», dit encore Desbois. Ce parti pris dérange. Depuis Paris, beaucoup de témoins semblent coupables. De n'avoir rien dit lorsque cette juive a interrogé : «Tu creuses une fosse, c'est pour nous ?» ; d'avoir enfilé les habits de ceux que l'on venait de tuer sous leurs yeux. Leurs récits éclairent cependant le crime de masse. Car si les nazis ont veillé à faire disparaître les preuves, en brûlant parfois les corps, leurs crimes étaient publics.

«Les exécutions n'avaient pas toujours lieu dans les forêts. Car les Allemands redoutaient les partisans. C'était plutôt à la sortie des villes», raconte Patrice Bensimon, étudiant en histoire polyglotte (ukrainien, russe, yiddish), devenu la cheville ouvrière des voyages. Parmi les témoins encore en vie, certains mentent. D'autres jouent l'amnésie. La plupart racontent froidement. Le ghetto, la longue file des juifs du village qui marchent vers la mort. Ils se déshabillent sans voir les fosses. Un fusil-mitrailleur interdit la fuite. Une fois dans la fosse, ils sont mitraillés ou tués d'une balle dans la nuque. Les suivants s'allongent sur les morts. «À ce moment-là, je ne demande pas au témoin pourquoi il n'a rien fait ou s'il est antisémite», reconnaît Desbois en haussant les épaules. Tout comme il ne cherche pas à contredire une légende colportée de fermes en villages : les juifs seraient morts en «confessant  : nous avons le sang du Christ sur les mains». «J'écoute. J'en suis souvent malade. Mais je veux savoir qui était là», répète Desbois qui s'avoue «en analyse. La confession ne suffit pas pour tant d'horreur».

Consignées par écrit, ces dépositions permettent à des familles de connaître le sort des aïeux. «Des rescapés et leurs descendants notamment américains nous écrivent pour retrouver la trace d'un proche. Lorsqu'il avait un métier connu, rabbin, fourreur, on obtient des informations. Autrement, c'est difficile, car les gens étaient appelés par des surnoms», raconte Desbois. Lors d'un voyage en Ukraine, Anne-Marie Revcolevschi, longtemps directrice de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, a retrouvé la trace d'un frère de son père. «Nous recevons également des lettres d'Allemands qui redoutent qu'un de leurs parents ait servi en Ukraine et nous demandent des informations», raconte le père Desbois. Le gouvernement allemand, conscient des enjeux de mémoire, a versé 500 000 euros de subventions à l'association en 2009. Le reste des fonds (300 000 euros) provient de l'Union européenne, de donateurs privés et de fondations du monde entier.

Si Desbois tente de retrouver des victimes, sa priorité reste la localisation exacte de fosses qui, lorsqu'elles sont connues, s'avèrent mal délimitées ou encore soumises aux maraudeurs qui croient pouvoir y trouver de l'or.

Certaines fosses portent ainsi une plaque commémorative en l'honneur des citoyens tombés là. Le mot «juif» y figure rarement. Comme à Bronnaïa Gora, en Biélorussie, où la plaque se trouvait loin du véritable lieu d'exécution. Le père Desbois a fini par retrouver, en juillet dernier, un témoin clé, né en 1931 et fils de l'aiguilleur local. Il faisait paître les vaches à côté des voies et se rappelle bien des «wagons où on mettait beaucoup de [ juifs], on les amenait à Bronnaïa Gora pour se faire fusiller». Ils devaient se déshabiller sous les ordres de collaborateurs qu'il appelle les «Vlassov», du nom d'un général stalinien retourné par les nazis. Ils sautaient du wagon puis suivaient un couloir formé de barbelés. «On leur ordonnait de se coucher dans les fosses et quand ils se calmaient, on leur tirait dessus en rafale.» On achevait les survivants par des tirs isolés. Près de 52 000 juifs amenés en train ont ainsi été exécutés.

En Biélorussie, Desbois et son équipe ont d'abord erré, toujours suivis par des agents du régime local, sans cesse contrôlés. «Il faut accepter ces règles si l'on veut pouvoir interroger ces témoins avant qu'ils ne meurent», lâche-t-il. Desbois n'est entré en Biélorussie que sur la pointe des pieds, sur le fil d'un accord diplomatique obtenu par Nicolas Sarkozy. Et c'est encore plus prudemment qu'il vient de poser ses valises en Russie, suscitant la méfiance des autorités locales. «À l'Est, l'assassinat des juifs reste tabou. Les Soviétiques ont nationalisé tous ces morts, les additionnant aux martyrs de la nation.»

21:25 Écrit par dorcas dans Découverte | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, shoah, nazis, guerre |  Facebook |

09/03/2010

Arrestation de la famille

Arrestation de la famille

Le 4 août 1944, la cachette est découverte par les Allemands, suite à une dénonciation.
Selon certains auteurs, le dénonciateur serait un petit délinquant antisémite nommé Tonny Ahlers qui connaissait le père, Otto Frank et la cache qu'il aurait divulguée à Maarten Kuiper, un policier collaborateur (exécuté à la Libération) avec lequel il était en relation. Les dénonciateurs auraient touché leurs 40 couronnes par Juif arrêté soit à peu près 250 Euros.
Tonny Ahlers est mort en 2000, sans avoir été inquiété. Ses enfants semblent convaincus de la culpabilité de leur père.

La nuit de christal-Kristallnacht-9 et 10 novembre 1938

La nuit de Cristal - Kristallnacht - 9 et 10 novembre 1938

 

Par Yoav Rheims
La "Nuit de Cristal" (Kristallnacht) est le nom donné au violent pogrom qui eut lieu les 9 et 10 novembre 1938, dans toute l'Allemagne et les territoires récemment annexés (Autriche et Sudètes), à l'initiative des dirigeants du parti nazi et des S.A. (sections d'assaut).



 

Vitrines de boutiques appartenant à des Juifs endommagées durant le pogrom de la la Nuit de cristal (Kristallnacht). Berlin, Allemagne, 10 novembre 1938.

L'origine du nom de cet évènement est liée au nombre incalculable de vitres brisées des synagogues, magasins, centres communautaires et maisons appartenant à des Juifs qui furent mis à sac et détruits à cette occasion. Ce terme est devenu un euphémisme pour désigner cette brutale opération et n'exprime pas de façon appropriée les souffrances qu'elle causa.

Les autorités allemandes présentèrent la Nuit de Cristal comme une explosion spontanée de la colère populaire en réponse à l'assassinat d'Ernst von Rath, troisième secrétaire de l'ambassade d'Allemagne à Paris, le 7 novembre 1938, par Herschel Grynszpan, un Juif polonais âgé de 17 ans. Quelques jours auparavant, Grynszpan avait reçu une carte postale de sa sœur qui l'informait qu'elle et ses parents, avec des milliers d'autres Juifs de nationalité polonaise vivant en Allemagne (les parents de Grynszpan vivaient en Allemagne depuis 1911), avait été expulsés d'Allemagne sans préavis. Dans un premier temps, l'accès à leur pays d'origine leur avait été refusé mais par la suite, conduits physiquement de l'autre côté de la frontière, les parents de Grynszpan et les autres Juifs expulsés avaient été relégués dans un camp de réfugiés près de la ville de Zbaszyn, à proximité de la frontière germano-polonaise.

Von Rath mourut le 9 novembre 1938, deux jours après l'attentat. Les Nazis attribuèrent l'assassinat à la "communauté juive mondiale" et, par mesure de représailles, organisèrent un pogrome massif sur l'ensemble du territoire du Reich. Dans toute l'Allemagne, y compris l'Autriche récemment annexée, des centaines de synagogues furent saccagées, pillées et détruites. Nombre d'entre elles furent incendiées, et les pompiers avaient reçu l'instruction de les laisser brûler et d'empêcher seulement que les flammes ne s'étendent aux bâtiments voisins. Les vitrines de 7 500 établissements commerciaux appartenant à des Juifs furent brisées, et leurs marchandises pillées. Des cimetières juifs furent profanés. Des groupes de S.A. parcoururent les rues, s'attaquant aux Juifs qu'ils rencontraient : une centaine de Juifs furent tués. Poussés au désespoir par la destruction de leurs maisons, de nombreux Juifs, parfois des familles entières, se suicidèrent.

Ce pogrome fut particulièrement violent à Berlin et à Vienne, où vivaient les deux communautés juives les plus importantes du Reich. La plupart des synagogues de Berlin furent détruites par les flammes et de nombreux magasins et habitations appartenant à des Juifs furent pillés et saccagés. Des dizaines de Juifs furent tués. A Vienne, la plupart des synagogues et des maisons de prière de la ville furent détruites ou brûlées sous les yeux des pompiers et de la population.

 



Si, pour l'essentiel, ils ne participèrent pas au pogrome, les SS et la Gestapo (police secrète d'Etat) le prirent comme prétexte pour procéder à l'arrestation d'environ 30 000 hommes juifs. Ils furent envoyés dans les camps de concentration de Dachau, Buchenwald et Sachsenhausen. Soumis à des traitements brutaux, ils furent ensuite relâchés dans les trois mois qui suivirent, mais durent s'engager à quitter l'Allemagne. Au total, on estime de 2 000 à 2 500 (en incluant les morts dans les camps de concentration) le nombre de morts liés directement ou indirectement à la Nuit de Cristal.

Les Nazis attribuèrent aux Juifs eux-mêmes la responsabilité de la nuit de Cristal et infligèrent une amende d'un milliard de marks (soit 400 millions de dollars au taux de change de 1938) à la communauté juive allemande. Le Reich confisqua toutes les indemnisations des assurances qui auraient dû être versées aux Juifs dont les établissements commerciaux ou les habitations avaient été pillés ou détruits, et les propriétaires juifs durent prendre à leur charge les frais des réparations.

La nuit de Cristal annonçait une nouvelle vague de lois antisémites. Dans les semaines qui suivirent, le gouvernement allemand promulgua toute une série de lois et de décrets visant à exproprier les Juifs de leurs biens, à les priver de leurs moyens de subsistance et à les exclure de toute vie sociale. Des lois imposèrent l' "aryanisation" (le transfert à des propriétaires non juifs) des entreprises et des propriétés immobilières appartenant à des Juifs, à une fraction de leur valeur réelle. Les écoles juives furent fermées et les enfants juifs qui fréquentaient encore des écoles allemandes furent expulsés. Les Juifs se virent interdire l'exercice de la plupart des professions libérales, durent vendre leurs objets de valeur à des services d'achat de l'État et furent assujettis à des impôts spéciaux. Les Juifs n'avaient pas le droit de posséder de voiture, leurs permis de conduire leur furent retirés et leur accès aux transports en commun était rigoureusement règlementé. L'accès des théâtres, des salles de concert et de cinéma et des lieux de divertissement en général était interdit aux Juifs. Ils furent ensuite concentrés dans des "maisons juives" : ils n'avaient plus le droit d'habiter dans les mêmes immeubles que les "aryens".

Les Nazis prirent comme prétexte l'acte isolé d'un jeune Juif pour dépouiller l'ensemble de la population juive et pour l'exclure de toute vie sociale et les forcer à émigrer.


Source : Ushmm.org

23:37 Écrit par dorcas dans Nuit de christal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pogrom, allemagne, nazi, juifs |  Facebook |

Les arrestations

Les arrestations

 

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Voici la carte des démolitions et incendies de synagogues, chaque point représente un acte de violence.

 La Nuit de Cristal est aussi la première vague d'arrestations. 20.000 à 30.000 Juifs sont arrêtés et déportés dans les camps de concentration existants (Dachau, Sachsenhausen...). 91 personnes trouvent la mort au cours de la nuit de violences.
En Autriche, la Nuit de Cristal est particulièrement violente. 6500 Juifs sont arrêtés par la Gestapo et 3000 déportés à Dachau.

23:30 Écrit par dorcas dans Nuit de christal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : synagogue, juifs, camps, dachau, gestapo |  Facebook |

Magasins, Synagogues,cimetières, habitations...

Magasins, Synagogues, cimetières, habitations...

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Un propriétaire tente de déblayer le verre cassé le lendemain cette nuit.

7000 magasins furent détruits, toutes les synagogues mais aussi des locaux communautaires, des cimetières juifs, des maisons d'habitation furent saccagés.

23:26 Écrit par dorcas dans Nuit de christal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : synagogues, juifs |  Facebook |

Voyage au bout de la Nuit

Voyage au bout de la Nuit

Par Danielle Attelan pour Guysen International News


70 ans après, la Nuit de Cristal reste dans les esprits comme le prélude aux camps de la mort et à l’extermination systématique des Juifs par les nazis. C’était un 9 novembre 1938. L'Allemagne nazie organisait un de ses plus vastes pogrom : une centaine d'assassinats sont perpétrés, 30.000 juifs sont arrêtés, des milliers de magasins pillés, 267 synagogues sont incendiées ou saccagées en Allemagne et en Autriche. Un violent tournant dans l’Histoire allemande sur lequel le centre culturel de Jérusalem a choisi de revenir par le biais d’une série d’évènements.

Egalement connu sous le nom de « la Nuit des éclats de verre », la Nuit de Cristal fait référence aux innombrables fenêtres et vitrines des synagogues, commerces et maisons des Juifs qui volèrent en éclat le 9 novembre 1938.

Des éclats de verres que les artistes du groupe « Zik » ont utilisés pour reproduire une synagogue détruite durant cette nuit de terreur. L’installation sera illuminée chaque soir de dimanche 9 au jeudi 13 novembre sur le toit du centre culturel Mishkenot Sha'ananim de Jérusalem.

Son inauguration marquera le lancement d’une série de cérémonies de commémoration et de conférences qui se tiendront la semaine prochaine au centre culturel en association avec le ministère des Affaires sociales.

Seront présents à la cérémonie d’ouverture, le ministre des Affaires Sociales Itzhak Herzog, également engagé dans la lutte contre l’antisémitisme, ainsi que les ambassadeurs allemands et autrichiens.

Mercredi 12 novembre, une conférence internationale réunira les participants autour du thème : « La nuit de Cristal : 70 ans plus tard ».
De nombreuses questions animeront les discussions, notamment les efforts de restauration des synagogues détruites durant la Nuit de Cristal, les politiques entreprises pour entretenir la mémoire des victimes ou encore la représentation artistique du Mal.

Une exposition à la galerie Dwek du centre, placée sous le thème de « la mémoire sélective », réunira à partir du 12 Novembre des artistes appartenant pour la plupart à la deuxième génération de survivants de la Shoah.

Le souvenir de la Nuit de Cristal se mettra en scène au théâtre Khan à Jérusalem le 13 novembre avec la pièce « A murderous affair », jouée par la troupe de Ruth Kaner.
Adaptée du roman de Manfred Franke, la représentation invite le public à revenir sur les événements de la nuit du 9 novembre à travers les yeux d’un adolescent de 13 ans.

A noter également, la cérémonie au musée de Yad Vashem dimanche 9 Novembre, avec la présence de survivants de l’Holocauste, des ambassadeurs allemands et autrichiens et du Prof. Yehuda Bauer qui animera une conférence sur le thème : « L’holocauste et l’Etat d’Israël ». Le débat sera suivi d’une cérémonie de recueillement dans la Salle des Noms.

Si l’Etat d’Israël a choisi de mettre ainsi en exergue l’anniversaire de la Nuit de cristal, c’est que les questions qu’elle suscite sont plus que jamais d’actualité.

Pour le président de la ligue anti-diffamation, Abraham H. Foxman, l’événement est essentiel pour comprendre que la lutte contre l’antisémitisme doit commencer dès les premiers signes de la haine.

Se souvenir de la Nuit de Cristal, c’est comprendre que le génocide est l’aboutissement d’un processus : la Shoahantisémitisme n’a pas surgi soudainement, mais a été préparé et annoncé par le franchissement progressif de plusieurs étapes.

Et dans cette route macabre menant vers l’ultime « solution finale », la Nuit de Cristal constitue un véritable tournant.

03/03/2010

Après 70 ans de lutte, la descendante d’un industriel juif obtient réparation pour spoliation

Après 70 ans de lutte, la descendante d’un industriel juif obtient réparation pour spoliation
Par Sarah Drai pour Guysen International News
Mercredi 16 septembre 2009

L’immonde nazi Hermann Goëring déclarait cyniquement, alors qu’il ordonnait l’acheminement des Juifs vers les camps de la mort : « Puisqu'on brûle les Juifs, ils ne pourront plus profiter de leurs tableaux. Autant les avoir chez moi »… La spoliation des tableaux des Juifs pendant la guerre était un phénomène répandu, même en France. Le rapport Mattéoli, une mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France évalue à 1,35 milliard d’euros (plus de 5,2 milliards de francs à l'époque) le montant des confiscations dont ils ont été victimes, en dehors des pillages des appartements et des œuvres d'art par les Allemands.
Ces derniers jours, la famille de Friderich Unger, un industriel juif, vient d'obtenir réparation et sera indemnisée à hauteur de 1,37 million d'euros : ce dernier avait fait don en 1939 de trois tableaux de maîtres à la France pour essayer d’obtenir, en vain, la nationalité française.
Il aura fallu attendre 70 ans pour que la famille soit indemnisée.
 
C’est dès 1938 que Friederich Unger tente d’être naturalisé français. Autrichien, déchu de sa nationalité parce que juif, il arrive alors en France, ce pays qu’il admire, avec sa famille et son associé Otto Anninger. Il souhaite s’y installer, mais ses biens, dont sa collection de tableaux, restent bloqués à la douane.
 
Déterminé à obtenir la nationalité française, il entame des démarches. Des fonctionnaires lui indiquent qu’un « geste » serait le bienvenu.
Réfugié en France depuis six mois, il écrit d’Aurillac une lettre au directeur des Beaux-Arts : « Je serais très heureux de pouvoir, en qualité de Français, faire cadeau, au Musée que vous voudrez bien désigner, les peintures suivantes... ».
 
La lettre est courte et l’on y relève des fautes d’orthographe, mais peu importe, on y devine la détresse de cet homme qui considère que la France est son dernier espoir.
 
Deux mois seulement s’écoulent et le 1er février 1939, le directeur général des Beaux-Arts, du ministère de l'Education nationale, lui répond et l'informe que sa proposition sera « immédiatement étudiée par la direction de musées nationaux ». Le don est accepté très rapidement et « avec reconnaissance » le 4 avril 1939, confirmé par décret présidentiel le 24 mai 1939.
 
Les trois tableaux quittent le conteneur immobilisé pour être accueillis au Louvre : une "Nature morte aux instruments de musique", de Pieter Claesz (XVIe), une "Nature morte aux fleurs" de Jan de Heem II (XVIIe) et "La famille de Darius aux pieds d'Alexandre" de Francesco Trevisani (XVIIIe).
 
Une fois les tableaux remis, la naturalisation de M.Unger n’est soudain plus si évidente. La guerre éclate, et toujours pas de nouvelles. Le 7 septembre 1939, tandis qu’il est en voyage d’affaires à New York, il reçoit une réponse: « Cette demande, après examen, ne m'a point paru susceptible d'être accueillie, en raison de son irrecevabilité, le postulant n'ayant pas les trois années de résidence en France. ».
 
Friedrich Unger, déçu par les fourberies de l’administration, comprend que ce n’est pas en France qu’il peut espérer trouver refuge. Il décide de ne pas rentrer, fait venir sa famille aux Etats-Unis et s’y installe.
 
En toute légitimité, il cherche dès 1939 à récupérer ses tableaux. Il reformule cette requête après la Libération et continue d’insister jusqu’à sa mort en 1954, mais en vain.
 
Pour la France, M.Unger n’entre pas dans la catégorie des « Juifs spoliés ». Tout d’abord, parce qu’il n’a pas été victime d’un vol, ni d’une vente forcée mais a fait un don. Les autorités administratives poursuivent: cette transaction n’a pas eu lieu pendant la guerre. En d’autres termes, accuser la République fait tache.
Le 28 février 1946, le comité des conservateurs du Louvre l’informe d’un « refus unanime (…) : une telle décision risquerait de créer un précédent fâcheux ».
 
Mais la famille de M.Unger compte bien obtenir réparation de la France. Les héritiers réclament un réexamen de la situation et essuient un troisième échec. En mars 20004, Jacques Foucart, conservateur général au département des peintures, interrogé alors par Le Monde, jugeait de nouveau le dossier limpide et arguait que toute remise en cause du don serait un « abus d'interprétation ».
 
En décembre 2008, l’espoir renaît. Le ministère de la Culture, dès décembre 2008, estime la requête de la famille Unger, qualifiée de "juridiquement fragile mais moralement indiscutable". La fille de M. Unger, Grete Heinz, a eu le temps d’assouplir sa demande, réclamant désormais une indemnisation et non la restitution des œuvres.
 
Mardi 15 septembre 2009, on apprenait par l’avocate de la famille, que les descendants de M.Unger venaient d’obtenir réparation et allaient être indemnisés à hauteur de 1,37 million d'euros. La direction des musées de France précise qu’un "montage" a bien été trouvé mais "l'arbitrage n'est pas encore finalisé".
 
Grete Heinz pourrait être arrivée au terme de 70 ans de lutte contre la justice française et le Louvre. Me Hershkovitch, son avocate, déclare : "Mme Heinz a 83 ans. Elle se battait pour la mémoire de son père. Aujourd'hui, elle est heureuse. J'aimerais qu'elle le reste."
 
D’après la direction des musées de France il s’agirait de l’ultime réclamation portant sur une œuvre spoliée conservée dans les collections nationales. Pourtant, en novembre 2008, quand il avait rendu aux héritiers du collectionneur Harry Fuld Jr Le Mur rose, le ministère prétendait déjà avoir clos le dossier relatif aux spoliations des biens juifs.
 
Retenons que le don de M. Unger à la France avait été fait avant la mise en place de Vichy. La République est d'une façon ou d'une autre héritière des engagements même verbaux pris par ses représentants. Au-delà des aspects juridiques, clore ce genre d'affaire est avant tout une question morale pour laquelle il n'y a pas de prescription pour ceux qui sont de bonne foi.

23:18 Écrit par dorcas dans Spoliation des Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, camps |  Facebook |

Les étoiles jaunes portées par des juifs

Les étoiles jaunes portées par les juifs

Voici des modèles d'étoiles jaunes portées par les juifs.

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L'étoile jaune portée en France

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L'étoile portées en Allemagne

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Le brassard à étoile jaune portée en Croatie

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L'étoile portée en Belgique : le J veut dire "Jood" pour les flamands et Juif pour les wallons

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L'étoile jaune pour les hollandais

00:05 Écrit par dorcas dans Loi pour les Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs |  Facebook |

17/02/2010

Le choix héroïque d’un étudiant de yéshiva.

Le choix héroïque d’un étudiant de la yéshiva.

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Si quelqu'un, dans le ghetto de Cracovie, avait une chance de survivre à la Shoah, c'était Avraham Shapiro*. À 22 ans, il était un jeune homme intelligent et plein de ressources dont l'esprit avait été affiné durant des années par ses études à la yéchiva. Il avait compris que les Allemands cherchaient à supprimer tous les Juifs et il prit les précautions nécessaires pour se sauver lui-même ainsi que ses parents. Il obtint des faux papiers parfaitement imités les identifiant, tous les trois, comme des ressortissants étrangers. Il construisit un bunker qu'il aménagea et approvisionna en nourriture, dans un endroit éloigné, sous le ghetto. Il se procura également une carte des égouts et mit au point un itinéraire d'évasion qu'ils emprunteraient le jour où le ghetto serait liquidé. La finalité de son projet d'évasion était de rejoindre la Hongrie qui offrait une plus grande sécurité.

Un jour, une voisine âgée de 18 ans, 'Haya Rivka, frappa à la porte des Shapiro, tenant un bébé dans ses bras. L'enfant, qui avait 20 mois et qui ne pouvait ni se tenir debout, ni s'asseoir tout seul, était son neveu 'Haïm. Ses parents avaient été expédiés à Treblinka. 'Haya Rivka savait que les Shapiro avaient des papiers de citoyens étrangers et avait estimé que de tous les Juifs condamnés du ghetto, ils étaient ceux qui avaient les meilleures chances de s'échapper. Elle avait abordé la famille Shapiro à plusieurs reprises pour leur demander de prendre en charge le bébé et de le mettre en sécurité, mais ils avaient refusé. Un bébé serait une responsabilité pouvant mettre en danger leurs propres chances de survie.

Toutefois, ce jour du 11 mars 1943 était différent. 'Haya Rivka avait appris qu'elle allait être déportée dans un camp de travail et il lui était impossible de prendre l'enfant avec elle. Secouée de sanglots déchirants, elle supplia Avraham, qui était seul à la maison à ce moment-là, de prendre son neveu.

Ma compassion eut raison de mon intellect et je décidai d'accepter l'enfant.

Avraham - un jeune homme à l'esprit logique et rationnel, prévoyant et prudent - s'était préparé à affronter les Nazis, mais ce jour-là, c'est sur lui-même qu'il dut faire un effort. Comme il le déclara plus tard : " Ma compassion eut raison de mon intellect et je décidai d'accepter l'enfant. "

Lorsque ses parents furent de retour et virent qu'Avraham tenait le bébé dans ses bras, ils en furent atterrés. Comment avait-il pu engager leurs trois vies dans un acte de compassion si irresponsable ? Avraham répliqua que le bébé était dorénavant le sien et que soit il s'échapperait avec eux, soit ils resteraient tous dans ce ghetto condamné.

Avraham avait dès lors un besoin urgent de fabriquer un certificat de naissance prouvant que l'enfant était bien le sien. Il connaissait un rabbin qui était en possession d'un tampon officiel, mais où trouver un formulaire ? Avraham s'arrangea pour trouver une machine à écrire. Il n'avait jamais tapé à la machine de sa vie, mais ce jour-là, il resta éveillé toute la nuit et, au petit matin, il avait entre les mains un certificat de naissance crédible. Il se précipita chez le rabbin pour le faire tamponner. " Dès lors, écrivit Avraham par la suite, Avraham Shapiro avait un fils. "

" NOUS RESTONS TOUS ENSEMBLE ! "

Deux jours plus tard, les Allemands liquidèrent le ghetto de Cracovie. Ils rassemblèrent les Juifs sur une grande place et les répartirent en différents groupes de déportation : les jeunes pour le travail, les vieux dans des maisons de retraite et les enfants dans des instituts. Avraham savait que tout cela n'était qu'une imposture. " Je n'ai jamais cru les Allemands et je me suis toujours efforcé de faire le contraire de ce qu'ils disaient. " Lorsque quelqu'un tenta de lui retirer le bébé, Avraham refusa de se laisser faire en hurlant : " Nous restons tous ensemble ! "

Il leur était impossible à ce moment-là de gagner le bunker qu'Avraham avait préparé car il était situé de l'autre côté du ghetto, séparé par une haie de fils barbelés. Le jeune homme confia le bébé à sa mère et demanda à ses parents de ne pas bouger et de l'attendre. Il allait trouver une cachette temporaire et reviendrait les chercher.

Après avoir cherché désespérément, il découvrit un immeuble vide dont les escaliers de l'entrée menaient à une cave. En dépit du péril, il parvint à y amener ses parents et le bébé. Avraham se douta que les Allemands fouilleraient tous les immeubles et caves, mais la Providence Divine avait aménagé en leur faveur une protection inattendue. Une famille habitant l'immeuble avait eu des problèmes d'évacuation des eaux usées et, dans les circonstances difficiles du ghetto, n'était pas parvenue à trouver un plombier. Aussi, ils avaient déversé les eaux usées de leurs toilettes dans un large tonneau qu'ils avaient placé dans la cage d'escalier. Au prix d'un grand effort, Avraham réussit à le renverser, déversant ainsi les excréments sur toutes les marches menant à la cave. Il estima que les pointilleux Allemands se montreraient réticents à souiller leurs bottes pour rechercher des Juifs.

Ce soir-là, ils entendirent les Allemands pénétrer dans le bâtiment. Pour empêcher le bébé de pleurer et d'attirer l'attention de leurs ennemis, ils avaient projeté de lui donner à manger, cependant, ils n'avaient qu'une vieille 'halla et pas la moindre goutte d'eau pour la ramollir et la rendre plus facilement consommable. Avraham et ses parents mâchèrent donc rapidement le pain, avant de le recracher pour nourrir le bébé de ces morceaux ramollis. Ils entendirent les Allemands se plaindre de la puanteur, mais Avraham avait raison : ils ne daignèrent pas descendre à la cave.

Ce fut durant cette nuit-là, suite à la liquidation du ghetto, qu'Avraham avait projeté de s'enfuir en passant par les égouts de la " partie aryenne " de Cracovie. Toutefois, en observant l'enfant, il se trouva face à un dilemme. Il avait entendu parler de Juifs qui s'étaient enfuis par ce moyen-là, accompagnés de leurs enfants qui avaient suffoqué en chemin. Non, décida-t-il, il ne risquerait pas la vie du bébé en s'échappant par les égouts. Il devait mettre au point un autre plan.

Avraham savait qu'ils ne pourraient pas rester très longtemps dans cette cave. Il leur fallait se frayer un chemin jusqu'au bunker qu'il avait préparé, mais la haie de fils de fer barbelés leur barrait la route. Avraham, à l'aide d'un canif et faisant appel à une force surhumaine, parvint à découper un trou dans la clôture. Courant à pas furtifs à travers les rues, vides de passants, mais parsemées de cadavres de Juifs, les Shapiro atteignirent le bunker.

Avraham avait installé auparavant un éclairage dans le bunker en retirant des fils électriques du mur de leur appartement pour les raccorder ensemble afin de se créer un système d'alimentation électrique dans le bunker. Cependant, il n'y avait aucun moyen d'installer une conduite d'eau. Chaque jour, Avraham devait donc remonter les escaliers pour prendre de l'eau à partir d'un robinet. Un jour, il fut pris sur le fait. En dépit de ses protestations, clamant qu'ils étaient ressortissants étrangers ayant des papiers pour le prouver, ils furent tous trois, ainsi que le petit 'Haïm, envoyés à la prison de la Gestapo.

LE FEU DE L'AMOUR

Ils soudoyèrent leurs geôliers et achetèrent leur liberté contre un étui à cigarette en or de 250g. Fuyant immédiatement Cracovie pour un village des environs, ils y louèrent une chambre et s'y cachèrent. C'était l'automne 1943 et la Hongrie était pratiquement le dernier pays d'Europe dans lequel la " Solution Finale " n'avait pas encore été déployée. Ils trouvèrent un passeur qui leur ferait traverser clandestinement la frontière pour la Slovaquie et de là, les mènerait en Hongrie.

Tout au long de leur voyage, ils survécurent en mangeant des pommes de terre crues, qu'Avraham et ses parents mâchaient et régurgitaient pour en nourrir le bébé 'Haïm. Une nuit de Chabbat, le 28 Octobre, ils se retrouvèrent au fin fond d'une forêt du côté polonais de la frontière. Ils étaient épuisés, frigorifiés et effrayés à l'idée d'être pris. Le guide leur annonça brutalement qu'ils devraient passer la nuit là parce qu'ils ne pouvaient pas traverser la frontière ce jour-là. Puis, sans un mot, il disparut.

Les Shapiro se préparèrent à dormir. Avraham, qui avait porté 'Haïm tout le long du chemin, réalisa tout à coup que l'enfant était humide, silencieux et inerte. Il le débarrassa rapidement de toutes ses couches de vêtements et vit qu'il était tout bleu.

Tremblant de frayeur, Avraham alla vite chercher des branches et des morceaux de bois et alluma un feu pour réchauffer le bébé et le ramener à la vie.

Tremblant de frayeur, Avraham alla vite chercher des branches et des morceaux de bois et alluma un feu pour réchauffer le bébé et le ramener à la vie. Il s'agissait d'un acte d'une irrationalité extrême. Le feu était comme une enseigne lumineuse indiquant leur emplacement, mais la compassion d'Avraham avait à nouveau surmonté sa raison. Il tint le bébé aussi près que possible des flammes, le tournant d'un côté et de l'autre, tandis que Mme Shapiro se tenant de l'autre côté du feu, faisait sécher les habits de l'enfant.

' Haïm se ranima. Il reprit ses couleurs et commença à bouger. Avraham, qui avait déjà à maintes reprises risqué sa vie et qui ne manquerait pas de le faire à nouveau tout au long de la Shoah, se souviendra de ces instants de frayeur pour la vie du bébé comme du moment le plus tragique de la guerre.

Ils attendirent tout le Chabbat en se demandant si le guide allait revenir. Dans l'obscurité grandissante du samedi soir, le guide fit sa réapparition. Lorsqu'il aperçut les cendres du feu de la veille, il entra dans une colère noire du fait de leur imprudence.

Il était temps de passer la frontière. Pour éviter que le même problème se présente, Avraham prit un drap et attacha l'enfant à sa poitrine, face à lui. Cette position lui permettait d'avoir une vue permanente sur l'état de 'Haïm, mais entravait totalement son champ de vision du sol. Marchant sur des cailloux et un terrain cahoteux, invisibles à ses yeux, Avraham trébucha à un moment donné, ce qui arracha la semelle de sa chaussure. Il entoura son pied de morceaux de tissu et reprit sa marche. Plusieurs heures plus tard, ils traversèrent la frontière et pénétrèrent en Slovaquie.

" POUR LE BIEN DE L'ENFANT "

Les fugitifs arrivèrent finalement à Budapest où ils furent placés dans un centre de réfugiés. Un employé d'une organisation humanitaire, ayant entendu qu'ils avaient avec eux un bébé orphelin qu'ils avaient recueilli, leur suggéra de confier 'Haïm aux Schonbrun, un couple de Juifs aisés, religieux et sans enfant.

Cette fois-là, la raison et la compassion d'Avraham convergeaient. Le petit 'Haïm, alors âgé de deux ans, souffrait de malnutrition, était maladif et ne pouvait toujours pas s'asseoir tout seul. Avraham savait que la santé de son bébé nécessitait un foyer normal et stable, au sein duquel il recevrait trois repas par jour et qui le protègerait des dangers qui menaçaient toujours la famille Shapiro. Malgré les protestations virulentes de sa mère, qui s'était attachée à l'enfant, Avraham emmena 'Haïm chez les Schonbrun. Il fut impressionné non pas par l'ameublement somptueux, mais par les immenses bibliothèques remplies de livres saints. Confiant en l'idée qu'il accomplissait ce qu'il y avait de mieux pour 'Haïm, Avraham remit son fils aux Schonbrun.

Lorsque Avraham rencontrait de temps à autre M. Schonbrun à la synagogue et qu'il lui demandait des nouvelles de 'Haïm, il ne recevait que de vagues réponses. Avraham en déduisit que les Schonbrun ne souhaitaient pas que 'Haïm apprenne quoi que ce soit sur son passé. " J'ai donc pris mes distances avec cette famille, écrivit Avraham, pour le bien de l'enfant. "

Avraham Shapiro (gauche) et 'Haïm Schonbrun (droite).

Le 19 mars 1944, les Allemands prirent le pouvoir en Hongrie. Une nuit de Chabbat, deux mois plus tard, Avraham et son père furent arrêtés à la synagogue. Ils furent transférés d'un endroit à l'autre jusqu'à être finalement embarqués dans un wagon à marchandises qui se dirigeait vers Auschwitz. À l'aide d'un couteau qu'il s'était procuré chez un ancien cordonnier, Avraham parvint à agrandir la minuscule fenêtre du wagon. Alors que le train roulait à travers la Slovaquie en direction des camps de la mort, Avraham et son père sautèrent par la fenêtre.

Ils passèrent le reste de la guerre en Slovaquie en se faisant passer pour des Non-juifs. Dès que les Russes libérèrent la Slovaquie, Avraham et son père retournèrent à Budapest, à l'endroit où ils avaient laissé Mme Shapiro près d'une année auparavant. Lorsqu'ils ouvrirent la porte, ils trouvèrent Mme Shapiro assise à table, en train de manger un morceau de matsa. C'était le premier jour de Pessa'h, la fête de la liberté.

LA BOÎTE

Ce n'est qu'après la guerre, à Budapest, qu'Avraham aperçut le petit 'Haïm. L'enfant marchait (oui, il marchait !) dans la rue accompagné de sa gouvernante. " Des larmes emplirent mes yeux, rapporta Avraham dans ses mémoires, mais je n'ai jamais abordé l'enfant. "

La Hongrie communiste n'était pas un endroit pour les Juifs religieux. Peu après la guerre, les Schonbrun partirent pour la Belgique, puis pour Montréal au Canada où 'Haïm grandit et se maria par la suite. En 1950, Avraham Shapiro se maria et s'installa en Israël.

Cependant le fil qui reliait leurs vies, noué par une compassion plus forte que la logique, plus forte même que l'amour de la vie, n'était pas encore coupé. Avraham avait en permanence 'Haïm à l'œil et la Providence Divine fit en sorte que la tante de l'épouse de 'Haïm, qui vivait à 'Haïfa, soit une amie intime de Mme Avraham Shapiro.

Deux ans après son mariage, l'oncle belge de 'Haïm lui dit : " Il y a un Juif en Israël qui t'a porté dans ses bras de Pologne jusqu'en Hongrie et qui t'a sauvé la vie. "

Deux ans après son mariage, l'oncle belge de 'Haïm lui dit : " Il y a un Juif en Israël qui t'a porté dans ses bras de Pologne jusqu'en Hongrie et qui t'a sauvé la vie. " 'Haïm, toutefois, ne connaissait pas l'identité de son bienfaiteur qui continuait à veiller sur lui de loin.

En 1980, à l'âge de 39 ans, 'Haïm emmena sa famille en Israël pour la Bar Mitsva de son fils. La tante de sa femme lui envoya un message disant que le Juif qui lui avait sauvé la vie s'appelait Avraham Shapiro, qu'il était âgé de 60 ans, vivait à présent à 'Haïfa et qu'il était prêt à rencontrer 'Haïm.

Une partie des petits-enfants de 'Haïm Schonbrun

Ce même jour, 'Haïm prit un taxi de Jérusalem à 'Haïfa. " Notre rencontre fut un grand moment d'émotion, se souvient 'Haïm. Nous avons tous deux versé des torrents de larmes et nous avons parlé pendant des heures. "

Ce fut le début d'une relation étroite entre leurs deux familles. Au cours des 27 années suivantes, Avraham assista aux mariages de tous les enfants de 'Haïm et celui-ci assista à tous ceux des petits-enfants d'Avraham. " Nous sommes très, très proches, témoigne 'Haïm. Je le considère comme un père et il me considère comme un fils. "

Mais pourquoi Avraham n'était-il pas entré en contact avec 'Haïm plus tôt ? Pourquoi lui a-t-il fallu 35 années pour renouer le lien ?
La réponse est peut-être contenue dans une boîte. Avant qu'ils ne se séparent, ce jour de 1980, Avraham dit à 'Haïm : " J'ai quelque chose à te donner. " Il lui tendit une boîte en affirmant : " J'ai attendu 35 ans avant de pouvoir te remettre ceci. "

' Haïm ouvrit la boîte et vit qu'elle était remplie de pièces d'or. Avraham lui expliqua qu'avant que la mère de 'Haïm soit déportée à Treblinka, elle avait confié cette boîte emplie d'or à sa jeune sœur 'Haya Rivka et l'avait chargée de l'utiliser pour sauver la vie de son unique enfant. Lorsqu' Avraham accepta de s'occuper du bébé, la jeune femme lui remit la boîte.

Au cours de leur fuite de Pologne, la famille Shapiro épuisa sa propre réserve d'or. Avraham fut forcé, malgré lui, de puiser dans celle du petit 'Haïm. Lorsqu'ils atteignirent Budapest, il ne lui restait plus rien, ce qui gêna profondément Avraham. " J'ai accompli la mitsva de sauver une vie, expliqua-t-il à 'Haïm, et je ne voulais pas vendre cette mitsva pour tout l'or du monde. "

Après la guerre, dès qu'il se mit à travailler, Avraham mit de côté une partie de son salaire chaque semaine pour acheter de l'or. Cela lui prit 35 ans, mais il parvint finalement à réunir la quantité exacte d'or qui était, à l'origine, contenue dans la boîte de la mère de 'Haïm. Il remit la boîte à 'Haïm, satisfait de n'avoir retiré aucun profit de l'immense mitsva de sauver une vie. 'Haïm refusa d'accepter l'or, Avraham en fit alors don à de nombreux organismes de charité en Israël au nom de 'Haïm Schonbrun.

Dans le ghetto de Cracovie, la compassion avait surmonté la raison d'Avraham Shapiro, mais rien ne surmonta jamais son intégrité.

Le nom de " Shapiro " est un pseudonyme, le protagoniste préférant rester dans l'anonymat.


source : http://www.lamed.fr/actualite/shoah/2009.asp

23:09 Écrit par dorcas dans Ghetto de Cracovie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yeshiva, ghetto, cracovie, shoah, juifs |  Facebook |

15/02/2010

Dietrich Bonhoeffer, la foi contre le nazisme

Dietrich Bonhoeffer, la foi contre le nazisme

Le 4 février 1906, Dietrich Bonhoeffer naissait à Breslau. Son père était psychiatre. Il était le sixième d’une famille de huit enfants.

Son enfance a été heureuse. Très doué, il passe son baccalauréat à 16 ans, puis part étudier la théologie à Tübingen, puis à Berlin. Son but est de devenir pasteur luthérien. Sa famille n’est pas très heureuse de son choix mais le respecte.

Très jeune, Bonhoffer écrit de brillantes thèses universitaires, et devient enseignant.

Ce qui l’intéresse, parallèlement à son enseignement, c’est le mouvement oecuménique. Au contact des églises étrangères, son esprit s’ouvre, des Etats-Unis à l’Espagne, il rencontre des gens de toutes les couches sociales. Il s’engage auprès d’enfants défavorisés dans une banlieue de Berlin. En 1933, il a 25 ans. Il est ordonné pasteur.

Il aurait pu avoir une vie tranquille comme pasteur et professeur d’université. Sa cohérence intérieure l’en a empêché car il n’était pas un homme à se taire. Pour lui, être chrétien, c’est agir, c’est lutter contre l’injustice, contre l’inhumanité et contre la haine. Pour lui, un croyant doit résister à toute forme de totalitarisme, il ne peut pas être un spectateur de ce qui se passe dans la société. Il doit devenir un acteur.

Dietrich Bonhoeffer fut l’un des fondateurs de l’Eglise confessante, cette partie de l’église allemande qui s’opposait soit à alliance avec le nazisme, soit à une neutralité à son égard. En 1939, il part pour les Etats-Unis pour donner une série de conférences. Il aurait pu rester là-bas et aurait eu la vie sauve, mais il réalise que c’est en Allemagne qu’on a besoin de lui et il rentre, pour «entrer en résistance», alors que la guerre commence.

Durant quatre ans, il parle et écrit avec autorité contre le nazisme, il aide les groupes de résistance, tout en approfondissant sa foi et sa théologie. Entre autres, il crée et anime un séminaire dans la semi-clandestinité, en complète opposition avec les dirigeants de l’Eglise luthérienne d’Allemagne de l’époque, qui soutenait en grande partie le régime hitlérien, Bonhoeffer ne voulait pas seulement prêcher l’Evangile, il voulait le vivre, même au péril de sa vie, en s’opposant à Hitler et en aidant les juifs dans leur fuite.

Il écrivait: «L’Eglise n’est réellement Eglise que quand elle existe pour ceux qui n’en font pas partie» et, plus loin, «le devoir inconditionnel de l’Eglise est de s’occuper des victimes de tous les systèmes sociaux, même s’ils n’appartiennent pas à la communauté des chrétiens

Le 5 avril 1943, Bonhoeffer est interné à la prison de Berlin-Tegel ou il passera 18 mois. Il y est relativement bien traité car on manque de preuves contre lui. Il peut lire, prier, étudier et écrire à son entourage. Mais suite à l’attentat contre Hitler le 20 juillet 1944, Bonhoeffer est mis au secret puis emprisonné au camp de concentration de Buchenwald. puis de Flossenbürg. Le 9 avril 1945, il est condamné à mort et pendu avec d’autres membres de la résistance à l’âge de trente-neuf ans, peu avant l’armistice.

Bonhoeffer a certainement dû souffrir beaucoup, lui qui s’était fiancé trois mois, avant son arrestation. Il vit une première période d’engourdissement, comme il le dit lui-même, puis il se reprend à espérer et il devient très créatif et s’exprime avec une audace nouvelle. Mais, en automne 1944, lorsqu’il est transféré en camp de concentration, il laisse un dernier message à l’intention d’un ami: «Dites-lui que pour moi c’est la fin, mais aussi le conmencement. Avec lui, je crois au principe de la fraternité chrétienne universelle qui est au-dessus de toutes les haines nationales et que notre victoire est certaine!»

Sa vie, ses écrits, ont eu un grand impact dans de nombreux pays!

Le message de Bonhoeffer, c’est tout d’abord un message de grandeur de l’être humain. Il nous rappelle que certains hommes et certaines femmes sont prêts à payer de leur vie leurs convictions, qu’ils sont prêts à mourir, non pas dans un attentat suicide pour en faire mourir d’autres, mais au contraire pour sauver des vies.

C’est bienfaisant de penser à cela alors que les tueurs font la une des journaux! Il nous rappelle aussi la force que peut apporter à un être humain une échelle de valeur claire qui l’amène à être cohérent. à s’insurger contre le totalitarisme qui ronge la société. Jamais il ne s’est tu. Les compromis, ce n’était pas pour lui! Etre chrétien dans la théologie qui était la sienne, c’était être responsable! Pour lui, la foi n’avait de sens que lorsqu’elle invitait l’être humain à des actions responsables et libres.

Que l’on soit croyant ou non, le simple fait d’être un être humain nous sollicite quotidiennement à prendre position: à oser s’affirmer, à oser parler, à oser agir. Comme l’écrivait Pretruska Clarkson, une auteure britannique: «Il n'y a pas de témoin innocent!» Ce qui se passe autour de nous, cela nous concerne.

Un autre résistant, le pateur Mafflu Niemöller a écrit cette phrase télèbre: «D’abord ils sont venus pour les juifs et je n’ai rien dit je n’étais pas juif. Puis ils sont venus pour les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Puis. ils sont venus pour les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas membre d’un syndicat. Puis ils sont venus pour moi... et il ne restait plus personne pour parler en mon nom

Dietrich Bonhoeffer, Henri Mottu, Ed. du Cerf, 2002

Le prix de la grâce, Dietrich Bonhoeffer, Ed. du Cerf, Genève, Labor et fides, 1985  Source: Rosette Poletti, Le Matin Dimanche - dimanche 10 août 2008

23:36 Écrit par dorcas dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : buchenwald, concentration, camp, juifs |  Facebook |

Le dernier survivant du ghetto de Varsovie se souvient

Le dernier survivant du ghetto de Varsovie se souvient

On savait parfaitement qu'on ne pouvait en aucun cas gagner. Face à 220 garçons et filles mal armés, il y avait une armée puissante de milliers d'hommes", se souvient, 65 ans après, Marek Edelman, dernier survivant des commandants de l'Insurrection du ghetto de Varsovie.

"On ne comptait pas sur une aide. C'était juste un symbole de lutte
pour la liberté. Le symbole de l'opposition contre le nazisme, contre la
soumission", raconte Marek Edelman, qui avait alors un peu plus de
20 ans.

19 avril 1943
Le 19 avril 1943, les nazis décidèrent de liquider le ghetto, où il ne restait plus que quelque 60.000 juifs sur les quelque 450.000 enfermés au début de la guerre. Les autres étaient déjà morts, de faim, de froid, de maladie, ou gazés au camp de Treblinka. "En fait, ce sont les Allemands qui ont fixé la date de notre insurrection", dit Edelman.

"Au premier jour, nous avons attaqué les colonnes des Allemands qui
entraient au ghetto pour le liquider. Ils ont dû se retirer. C'était le jour de notre victoire totale", se souvient Edelman."Les Allemands ont changé de commandant, Hitler nomma Jürgen Stroop à la tête de l'opération", ajoute-il. Ce général SS a été arrêté après la guerre, jugé et condamné à mort. La peine a été exécutée en 1952, en Pologne.

"Bien sûr, personne ne pouvait espérer gagner, nous n'étions pas idiots. Nous savions parfaitement quelle était notre situation, le front
de l'Est formé par l'Armée rouge était encore très loin de Varsovie, quelque part sur l'Oural". "L'autre front (des alliés occidentaux) n'était pas encore formé". "Mais notre espoir n'était pas de gagner, on voulait défendre la population du ghetto, retarder au maximum l'envoi des gens dans les camps d'extermination".

Bataille perdue
"Le deuxième jour eut lieu une bataille sur le terrain de l'usine de
camouflages. On l'a perdue, c'est là qu'ont commencé les combats dans les rues, une guérilla, nous avions de notre côté toute la population, on connaissait les passages secrets, des endroits où se cacher. L'insurrection a duré presque 3 semaines".

 varsovia_gueto


Quartier brûlé
Les forces allemandes, qui comptaient 3.000 soldats pour écraser le
mouvement, ont brûlé tout le quartier au lance-flammes, maison par maison, chassant ainsi des cachettes les derniers habitants et insurgés. Quand il n'y eut plus d'espoir, le 8 mai, le chef de l'insurrection Mordechaj Anielewicz décida de se suicider en faisant exploser son bunker de la rue Mila avec 80 combattants.

 destruction du ghetto de varsovie


Les derniers 40 combattants en vie, dont Marek Edelman, sont sortis du ghetto par des égouts. "Nous avons rejoint le maquis, des unités de la résistance qui opéraient dans des forêts", se souvient Edelman. Un an plus tard, il participa à l'insurrection de Varsovie d'août 1944 qui a coûté la vie à 200.000 habitants de la capitale.

Pour marquer sa "victoire sur les juifs", Stroop fit exploser le 16 mai 1943 la plus grande synagogue de Varsovie. Cette date est considérée comme la fin de l'insurrection du ghetto. Quelque 7.000 juifs ont péri dans l'insurrection, brûlés vifs en majorité, 50.000 ont été déportés dans des camps de la mort.

"Les Allemands étaient trop impatients, s'ils avaient laissé les gens
mourir de faim, en cinq ans le ghetto aurait été liquidé. Mais ils étaient
impatients, ils étaient pressés, car ils sentaient déjà qu'ils allaient
perdre la guerre", dit-il. Comme à son habitude, Marek Edelman ne participera pas aux cérémonies officielles, programmées cette année mardi en présence du président israélien Shimon Peres.

Comme tous les ans, il déposera seul le 19 avril une gerbe devant le
monument des Héros de l'insurrection du ghetto de Varsovie, situé dans ledernier carré de résistance aux nazis. (belga/7sur7)

Matsada – infos
 Source :  7sur7   13/04/2008

Vannes. Un ancien déporté raconte Auschwitz aux lycéens

Vannes. Un ancien déporté raconte Auschwitz aux lycéens



De Nancy à Auschwitz, avec un crochet par Perros-Guirec. Voilà le parcours de Jacques Zylbermine, Juif, né en 1929, qui a survécu à l'extermination nazie. Il était à Vannes, hier, pour témoigner devant des lycéens. Hier, 15 h, dans une salle de classe du lycée Lesage. Les 70 élèves d'Anne Rebout, professeur d'histoire-géo - des secondes, ceux de la classe européenne et des premières ES - dévisagent leur intervenant qui prend place derrière le bureau, face à eux.

« Moi, à ton âge j'étais à Auschwitz »

Jacques Zylbermine interroge un lycéen : « Tu as 14 ans toi ? Et bien moi, à ton âge, j'étais à Auschwitz. Ça me fait peur de te regarder mais c'est comme ça... » Première séquence d'émotion. Les yeux embués, l'octogénaire saisit un mouchoir en papier et commence à raconter son histoire. Le témoignage d'un Polonais, né le 8 mai 1929 en Pologne, qui a grandi à Nancy à partir de 1933. Parce qu'ils ont eu peur des bombardements à répétition, ses parents ont refait les bagages et ont gagné la Bretagne, dans « un petit bled à l'époque » qui s'appelait Perros-Guirec.

Dans les bras de Rommel

Pas vraiment le bonheur puisque la famille Zylbermine partage un mois plus tard l'hôtel avec des Allemands. Qui aurait cru que le petit blondinet en culotte courte était un Juif ? Pas les Nazis en tout cas, qui lui offraient des bonbons, lui caressaient les cheveux, le considéraient comme une mascotte. « Leur chef me disait : "Ah mon gamin, tu es un beau gosse. Tu as les cheveux blonds comme un enfant allemand". Un jour, je l'ai vu en pleine page du journal : c'était le général Rommel ! » Rommel, qui allait par la suite devenir maréchal, le père du mur de l'Atlantique. « J'ai été dans ses bras et j'ai joué avec lui : c'est quelque chose qui me paraît encore aujourd'hui complètement hallucinant ». Puis vient le renforcement des lois de Vichy, le début de l'humiliation. 60 ans plus tard, Jacques Zylbermine n'a toujours pas digéré. Surtout pas le port de l'étoile juive, qui le discriminait à l'école aux yeux de ses copains. « J'étais le seul youpin. C'était intenable ».

Prisonnier en culotte courte

Les temps sont de plus en plus difficiles pour les Juifs. Chassée par les Allemands, la famille se réfugie à Vitré, avant d'être arrêtée et envoyée à la prison de Rennes. La mère et les deux soeurs d'un côté, le père et le fils de l'autre. Le mitar, une prison dans la prison. « C'est la première fois qu'on voyait un prisonnier en culotte courte ». Jacques Zylbermine n'a que 14 ans. L'âge auquel il sera envoyé au camp d'Auschwitz-Birkenau, après trois jours de train. « Il faisait encore nuit. Les Allemands donnaient des coups de fouet sur les wagons pour créer de l'affolement. C'était réussi ». Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. « Un camion est venu chercher mes deux soeurs. Je ne les ai jamais revues depuis. Elles avaient une vingtaine d'années ». Au moment de la sélection, « par chance », il est déclaré apte au travail, contrairement aux autres enfants. Il échappe à la mort, mais pas son père. Durant deux ans, il survit aux pires conditions de travail, « obéit mécaniquement à tout ce qui est demandé ». En 1945, le camp est libéré et il sort enfin de l'enfer. Ses 16 ans, il les fête le 8 mai, jour de la victoire.

A la mémoire des petits enfants déportés.

A la mémoire des petits enfants déportés.

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Voici la plaque commémorative placée sur la façade de l'ecole Maternelle, située Rue François MIRON, dans le MARAIS.

Honte au régime de VICHY,

Et honte à la police parisienne et à son Directeur.

La rafle du vélodrome d'hivers de Paris

La rafle du vélodrome d'hivers de Paris

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Les bus attendent les juifs pour les transporter dans des camps

Il y a soixante 68 ans les 16 et 17 juillet 1942, 13.152 juifs parisiens, dont 4.115 enfants, étaient arrêtés par la police française au cours d'une opération baptisée cyniquement "vent printanier". La plupart d'entre eux mourront à Auschwitz.

Passée dans l'histoire sous le nom de "rafle du Vélodrome d'hiver", du nom du lieu où une partie d'entre eux ont été conduits avant leur transfert vers les camps d'internement de Drancy, Beaune-la-Rolande ou Pithiviers, cette vague d'arrestations ne fut ni la première, ni la dernière. Mais elle a été la plus massive.

Les premières rafles ont eu lieu le 14 mai 1941, les dernières au printemps 1944. En tout, 76.000 juifs de France ont été déportés vers les camps nazis, dont bien peu sont revenus.

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Ils attendent dans des conditions affreuses, sans nourriture, ni boisson, et sans moyen confortable pour se reposer.

4.500 policiers, selon les chiffres généralement retenus, 7.000 selon l'écrivain Maurice Rajsfus (dans "La rafle du Vel d'hiv", Que sais-je) ont pris part à l'opération des 16 et 17 juillet organisée à la demande des autorités d'occupation, mais sans leur participation. En outre une cinquantaine d'autobus de la compagnie du métropolitain ont été réquisitionnés avec leurs conducteurs.

La rafle devait en principe concerner les seuls juifs étrangers (la déportation des juifs de nationalité française viendrait plus tard) dont une liste avait été dressée mais les autorités françaises ont pris l'initiative d'y adjoindre les enfants, et devant l'insuffisance de la "prise" (la police tablait sur 22.000 arrestations) on s'est parfois montré peu regardant sur la nationalité.

La rumeur circulait depuis quelque temps d'une telle opération parmi la population juive, mais certains pensaient qu'elle ne concernerait que les hommes comme les précédentes, d'autres ne pouvaient pas y croire, la plupart de toutes façons n'avaient pas où aller.

La circulaire du directeur de la police municipale Emile Hennequin précisait que les opérations devaient être effectuées "avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire". Les enfants ne devaient pas être confiés aux voisins mais emmenés en même temps que les parents.

Les célibataires et les couples sans enfants ont été conduits directement au camp de Drancy, ouvert en août 1941, en vue d'une déportation rapide vers Auschwitz, tandis que les familles étaient dans un premier temps emmenés au vélodrome d'hiver.

Elles y resteront plusieurs jours dans des conditions épouvantables, car rien n'avait été prévu pour elles, ni sanitaires, ni eau, ni nourriture, ni matelas. Les gens, qui n'avaient eu le droit d'emporter que deux bagages dont un de vivres, s'entassaient sur les gradins parmi les pleurs des enfants et les odeurs d'excréments.

La collaboration de la police française à la chasse aux juifs décidée par les nazis dans la zone d'occupation avait été facilitée par la politique résolument antisémite adoptée par le régime de Vichy dès son installation: il instituait un "statut des juifs" le 3 octobre 1940, interdisait toute une série de professions (avocat, médecin, magistrat etc.) aux juifs, créait le 29 mars 1941 un "commissariat aux questions juives"...

En zone occupée le port de l'étoile jaune avait été imposée aux juifs le 7 juin 1942. Dès lors, pour ceux qui n'avaient pas eu les moyens de fuir, ou qui n'avaient pas pu éviter de se faire recenser en octobre 1940, il n'y avait plus d'échappatoire.

source : http://images.google.be/imgres?imgurl=http://pagesperso-o...

devant de Birkenau

La plupart finirons ici, à Auschwitz