02/02/2011

Il y a 70 ans, partait le premier convoi pour Auschwitz

Il y a 70 ans, partait le premier convoi pour Auschwitz

Le 14 juin 1940, un train  s'acheminait lentement vers une ancienne caserne du sud de la Pologne occupée. A son bord, 728 prisonniers politiques polonais entassées par une chaleur étouffante dans des wagons aux fenêtres fermées. Venant de la prison de Tarnow, les prisonniers les plus âgés reconnaîtront une pancarte, sur le chemin, portant en lettres gothiques le nom allemand de la ville d'Oswiecim : Auschwitz.

Leur convoi fut le premier d'une longue série de trains pour Auschwitz où furent exterminées 1,1 million de personnes, dont un million de juifs. Soixante-dix ans après, lundi 14 juin, à l'initiative de l'Association des familles d'Auschwitz, un train a symboliquement parcouru ces quelque 140 kilomètres.

Avant le départ, un petit monument portant les 728 noms et un triangle rouge – couleur des prisonniers politiques –, marqué de la lettre P pour Polonais, a été dévoilé sur le quai de la gare de Tarnow. Un hommage doit être rendu à "toutes les victimes des camps allemands nazis", à l'arrivée dans le camp d'Auschwitz, initialement créé pour détruire la résistance polonaise et les élites du pays, étendu ensuite par l'Allemagne nazie en camp de la mort pour les juifs d'Europe et devenu symbole de l'Holocauste.

 

L'entrée du camp de concentration d'Auschwitz.

L'entrée du camp de concentration d'Auschwitz.AFP/-

"AUCUN DE NOUS NE SAVAIT CE QU'ÉTAIT UN CAMP DE CONCENTRATION"

Kazimierz Zajac, 86 ans, a refait le voyage. "On nous a dit qu'on nous emmenait dans un camp de concentration mais aucun de nous ne savait encore ce qu'était un camp de concentration", a-t-il raconté dans le train. Sur son bras est resté tatoué le numéro 261, et il a précieusement gardé le triangle rouge cousu à l'époque sur son uniforme de prisonnier.

Les numéros d'immatriculation de ces Polonais allaient de 31 à 758, car 30 détenus de droit commun allemand étaient déjà enfermés à Auschwitz. Ils deviendront les "kapos" – surveillants – du camp. A leur arrivée, les prisonniers, dont un petit nombre étaient juifs, furent battus et placés en rangs. "'Les juifs ne vivront pas plus d'un mois, les prêtres trois mois et pour les autres, la seule sortie possible sera la cheminée du four crématoire', nous a dit le SS Friesch", a raconté M. Zajac, resté dans le camp jusqu'au 19 décembre 1944.

 

Photo de déportés derrière les barbelés prise en 1945, au moment de la libération du camp de concentration d'Auschwitz.

Photo de déportés derrière les barbelés prise en 1945, au moment de la libération du camp de concentration d'Auschwitz.AFP/-

Comme en 1940, le convoi a marqué l'arrêt en gare de Cracovie. Là, les prisonniers, dont beaucoup avaient tenté de rejoindre l'armée polonaise en France via la Slovaquie et la Hongrie, avaient appris l'entrée ce même jour des troupes allemandes dans Paris. "C'est comme si le sol s'était dérobé sous nos pieds. Nous avions eu pour but la France, l'armée polonaise, et voilà que Paris était occupé et que la France se rendait", a raconté Kazimierz Albin, qui avait 17 ans à l'époque.

"TOUTE DÉSOBÉISSANCE SERA PUNIE DE LA PEINE DE MORT"

A leur arrivée au camp, a raconté M. Albin, on leur a dit qu'ils étaient "dans un camp allemand de concentration en tant qu'ennemis du peuple allemand. Toute désobéissance et tentative d'évasion est punie de la peine de mort". Dès le lendemain et pendant une période de quarantaine, ils seront frappés, torturés, soumis à des exercices physiques insoutenables, et seront ensuite employés à l'extension du camp.

 

Dès leur arrivée dans le camp, les prisonniers ont été battus et torturés.

Dès leur arrivée dans le camp, les prisonniers ont été battus et torturés.AFP/-

Au moins 227 d'entre eux sont morts à Auschwitz et 300 ont survécu à la guerre. D'autres convois ont suivi et, jusqu'au printemps 1942, Auschwitz fut occupé en majorité par des prisonniers polonais non juifs. Kazimierz Albin, qui a réussi à s'évader en février 1943, sera témoin en 1942 de l'arrivée massive de juifs de toute l'Europe et de la création d'Auschwitz-II, ou Birkenau, lieu d'extermination des juifs : hommes, femmes, enfants, vieillards.

En septembre 1940 arrivera un prisonnier particulier, le résistant polonais Witold Pilecki, qui s'est fait interner volontairement afin de constituer un réseau de résistants à l'intérieur du camp, et a informé le monde de ce qui s'y passait pendant deux ans et demi.

DES CONVOIS DE "FAMILLES SUR TROIS GÉNÉRATIONS"

 

Des femmes et des enfants juifs à leur arrivée par train au camp d'extermination d'Auschwitz.

Des femmes et des enfants juifs à leur arrivée par train au camp d'extermination d'Auschwitz.AFP/STF

 M. Albin se souvient encore de ces convois de "familles sur trois générations" et des détails de l'extermination dans les chambres à gaz entendus dans les conversations des kapos avinés. Un million de juifs ont trouvé la mort à Auschwitz-Birkenau, ainsi qu'entre 70 000 et 75 000 Polonais non juifs, 21 000 Tziganes, 15 000 prisonniers de guerre soviétiques et 10 000 à 15 000 autres prisonniers, dont des résistants, selon les données du musée du camp.

Le Monde.fr, avec AFP

http://www.juif.org/go-news-145054.php

12/01/2011

"Nous ne serons jamais des vivants comme les autres, nous sommes des survivants"

"Nous ne serons jamais des vivants comme les autres, nous sommes des survivants"


Témoignage de Sam Braun, à l'Hôtel de Ville de Paris le 24 janvier 2010 -Commémoration du 65ème anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz.

Il fut retrouvé, peu de temps après coupé en trois morceaux, mais quand nous avons appris le vol du fronton du portail d'Auschwitz, toutes les images du camp, une fois de plus, se sont imposées à nous et nous avons été nombreux, devant la profanation de ce symbole devenu sacré car gardien de l'entrée d'un immense cimetière, sans pierre tombale, sans sépulture, sans linceul, nous avons été nombreux à l'avoir vécu comme une espèce de viol.


Viol de la mémoire de ceux qui tous les jours rêvaient de la liberté, si lointaine, là-bas, de l'autre côté du fronton et essayaient de survivre malgré l'inhumanité et la barbarie, la violence et l'indicible ; viol de tous les martyrs qui n'ont franchi le portail qu'une seule fois, puisque leurs assassins les attendaient près d'une fausse salle de douche ; viol de nos familles qui ont été décimées, de tous ceux qui n'ont laissé personne derrière eux et dont le nom s'est éteint, alors que s'allumaient les fours crématoires ; viol de tous les enfants dont le sourire était la seule arme.

Certes, nous n'avons pas été les seuls à être indignés par cette profanation, mais ceux qui le furent n'ont pas été meurtris dans leur chair comme nous l'avons été nous-mêmes, car ils n'étaient pas là-bas durant les années noires.
"Le travail c'est la Liberté", dit en allemand le fronton, mais sous le joug nazi notre travail c'était le bagne, notre liberté les chambres à gaz et c'est parce que nous avons souffert là-bas mille morts que ce vol a ravivé nos plaies mal cicatrisées.

Car quoi que nous fassions, quelle que soit la qualité et la réussite de notre résilience, nous serons toujours des survivants même si nous donnons, parfois, l'illusion d'être des vivants comme les autres
"L'arrêt de la maltraitance n'est pas la fin du problème" a écrit Boris Cyrulnic.

De l'extérieur, souvent, rien ne parait, comme si nous avions abandonné au vestiaire de notre passé, les faits innommables auxquels nous avons assisté et dont nous fûmes, bien souvent les sujets ; la violence qui nous entourait et la faim, cette faim permanente et douloureuse, Même s'il n'en parait pas, nos souvenirs, lovés dans un coin de notre mémoire, ne sont jamais bien loin puisqu'il suffit de peu de chose pour les faire resurgir. Une image, un bruit, une odeur et ils arrivent en foule dans une bousculade infernale laissant toujours les plus cruels prendre les premières places.

L'insupportable survie au camp et la folle Marche de la Mort, nous visitent bien souvent et revivent en nous, même si avec le temps, l'intensité de la douleur s'est un peu émoussée.
Malgré notre volonté de rendre notre mémoire d'Auschwitz moins corrosive en nous intégrant dans un monde normal ; malgré nos efforts pour cultiver le paraitre afin de masquer l'être intime, parfois trop douloureux, les 65 années passées n'ont pas réussi à faire de nous, tout à fait des vivants comme les autres.
Dans ce monde inégalitaire il y a des vivants qui le sont différemment des autres, nous sommes de ceux-là.

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Quelle que soit la vie que nous avons menée après la Shoah et la famille que nous avons créée ou reconstituée, quelle que soit notre réussite sociale, nous n'avons jamais été véritablement libérés du Lager, comme l'appelait Primo Lévi et nous nous réveillons parfois en sueur, après un cauchemar qui a fait revivre le camp.

Force est de constater que nous ne sommes pas des vivants tout à fait comme les autres.

Pour Nathalie Zajde, nous revivons fréquemment l'inimaginable Shoah et l'assassinat systématique des Tziganes, parce que dans les sociétés actuelles, telle une déferlante universelle, apparaissent des épurations semblables à celles que nous avons connues.
Mais il y a d'autres raisons. Si nous sommes et resterons toujours des survivants parmi les vivants, c'est aussi parce que nous avons été jetés sur une autre planète, là où régnaient en maître l'iniquité, la brutalité et où la mort était devenue familière.

Comment chasser de notre mémoire les appels qui duraient si longtemps alors que nous restions debout, sans bouger, dans le froid et le vent glacial ; comment oublier les "visites des musulmans", comme ils disaient, au cours desquelles la mort nous attendait pour nous donner rendez-vous ; comment éliminer de notre mémoire les morts-vivants que nous croisions dans les allées du camp et qui marchaient pliés en deux comme s'ils étaient en prière ; nous ne pouvons pas les oublier, car nous étions ces morts-vivants !! Comme eux nous marchions courbés par la faim et la fatigue, comme eux nous étions glacés l'hiver dans nos vêtements trop légers, comme eux nous protégions jalousement notre gamelle pour éviter que nous soit volée le peu de soupe infâme qu'ils nous donnaient pour subsister.

Nous étions effectivement sur une autre planète quand, le 18 janvier 1945, gardés par les SS et les chiens, quittant le camp pour la dernière fois, nous sommes partis en exode qui deviendra très vite, une effroyable Marche de la Mort. Marche hallucinante vers nulle part.
La victoire qui leur échappait, décuplait la violence des SS. Au camp nous avions connu la folie, là, nous étions en pleine démence
Le nombre de compagnons assassinés augmentait sans cesse et leurs cadavres, laissés sur le bord de la route jalonnaient notre passage. Parfois, celui à côté duquel nous marchions depuis des heures, ne pouvant plus avancer, s'affaissait sur la route et mourant était bousculé, presque piétiné par ceux qui suivaient et qui ne l'avaient pas vu. Je ne peux chasser de ma mémoire le jour où ils nous ont entassés sur des wagons de marchandises et demeure encore horrifié par tous les morts ........ou presque morts, sur lesquels nous nous sommes affalés tellement nous étions épuisés.
Toutes ces morts injustes sont souvent présentes dans notre mémoire et surgissent sans crier gare
Même si nous avons essayé de vivre afin de pouvoir un jour exister, nous restons habités par tout ce que nous avons vu et vécu là-bas, car on n'est pas indemne d'un passé indicible !!


Mais il y a aussi une autre raison à notre état de survivants : nous avons maintenant conscience d'être les derniers témoins à pouvoir dire "j'y étais et j'ai vu". Alors que les truqueurs, les maquilleurs de la réalité, révisionnistes et négationnistes se renouvellent de génération en génération comme toutes les mauvaises herbes, nous qui sommes les derniers à pouvoir faire revivre nos morts, nous nous demandons sans cesse si nous avons suffisamment œuvré pour que la véritable Histoire puisse ne jamais être réécrite au bénéfice d'odieux mensonges. Avons-nous suffisamment contribué à l'indispensable "travail de mémoire" ?
Chaque fois que nous rencontrons des adolescents pour parler des dangers de tous les extrémismes et que nous décrivons les actes de barbarie auxquels nous avons assisté ; chaque fois que nous expliquons où peuvent mener le fanatisme et la haine, le racisme et l'antisémitisme et que nous faisons revivre les étapes choisies pas les SS pour nous déshumaniser, même si nous le faisons avec modération ; chaque fois qu'à la fin de nos interventions ils nous demandent de leur montrer le numéro matricule tatoué sur notre bras gauche, chaque fois nous nous retrouvons à Auschwitz et vivons à nouveau ce que nous leur décrivons.
Alors, mes amis, acceptons ce fait inéluctable d'être des survivants parmi les vivants, acceptons de faire revivre nos familles et tous les martyrs anonymes que nous avons laissés là-bas, acceptons même nos cauchemars et les moments de la journée où tout nous revient comme une vague déferlante, acceptons tout cela, mais poursuivons inlassablement notre "travail de mémoire" pour donner du sens aux peu d'années qui nous restent.

http://www.israel-infos.net/article.php?id=5260

01/09/2010

Récit de 9 mois à Auschwitz

Récit de 9 mois à Auschwitz

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François Malamet (zl) avait accepté de partager ses terribles souvenirs de déportation et de ses 9 mois passés à Auschwitz, après avoir refusé durant des années de témoigner.

"Mes parents venant de Pologne au début de 14-18 s’étaient innocemment installés à Nuremberg, à l'importante communauté orthodoxe. J’y naquis peu avant le «putsch» raté d’Hitler en 1923. Déjà on pouvait assister aux escarmouches entre hitlériens et gens de gauche. Je me souviens encore d’un retour de Choule un vendredi soir quand un Nazi fit un croche pied à mon père en l’insultant, à partir de quoi on n'y alla plus qu'en groupe.

 

A Strasbourg
 
En 1924, avec intelligence de la situation, mes parents se résolurent à une nouvelle transplantation à Strasbourg à la solide Communauté juive dont la Choule était rue de la Nuée Bleue, au centre. Sans écoles juives, nous fréquentions l’école publique, un fort enseignement Juif au ‘heder et les excellents cours de Talmud du Rav Wasserman zl. Je développais un sionisme actif en fréquentant le Mizra'hi.
 
Après les événements en Allemagne, vers 33, je me destinais à émigrer en Israël en apprenant un métier adapté : les travaux d’installations sanitaires. Notre groupe s’était vu confronté à une opposition collective des familles ignorant les nombreuses manifestations d’antisémitisme d’influence allemande. En ville, on pouvait entendre les discours hystériques Nazis déversés par les radios. Insultes et quolibets fréquents exprimaient un regret de l’Allemagne occupante et d’une fascination pour son ultra-nationalisme rampant.
 
La guerre et les rafles
 

Très vite, l’Alsace-Lorraine fut évacuée via les Vosges et pour notre famille vers Limoges. Du fait des difficultés à obtenir la nationalité française, ma volonté de m’engager dans l’Armée combattantetrouva finalement une proposition du corps d’Armée volontaire de Polonais à Coëtquidan. J’y arrivai peu avant la débâcle et trop tard ! Ma tentative d’embarquement vers Londres aussi mise en échec, je dus me résoudre à regagner Limoges. Les stress répétés avaient eu raison de la santé de ma regrettée mère zl décédée en 1942. La police française arrêtait les juifs : mon frère fut déporté en 42 et mon père fut libéré par une intervention miraculeuse du Grand Rabbin Deutsch (arrêté peu après).

Je décidai de rejoindre Grenoble occupée par les Italiens sans savoir que jeme jetai dans la gueule du loup quand je louai un appartement à Jean Barbier… que j’ignorais être le N°2 de la Milice locale et leader du PPF ! Ce sinistre personnage fut avec Francis André et d’autres un collaborateur ultra-zélé de la Gestapo en dénonçant et torturant Juifs et maquisards, résistants et communistes. Peu après, Barbier me dénonça à la Gestapo.
 
Drancy, puis l’enfer d’Auschwitz
 

Dans un train de la SNCF, gardé par des policiers français, je fus avec d’autres innocents, la plupart Juifs, conduit au camp de Drancy. Les autorités françaises ne pouvaient se faire aucune illusion sur le sort qui nous attendait car, depuis la fin des années 30, on savait ce que les allemands avaient perpétré à Dachau et ailleurs : leur unique dessein, l’extermination des juifs. J’avais informé mon père de ma déportation par une lettre jetée par les fenêtres du train et arrivée miraculeusement à destination. De Drancy à Auschwitz, le voyage durait 3 jours dans des conditions épouvantables.

Je restais 9 mois dans l’enfer d’Auschwitz, voyant périr la plupart de mes codétenus. Je survivais grâce à des miracles répétés, une résistance physique arrivée à ses limites à la fin quand j’étais «musulmanisé » par la faim et le froid.
 
Ma pratique des sanitaire que j’avais apprise pour mon Alya me permit de repousser le moment où je devenais inutile et donc bon à gazer. Il m’était difficile d’avaler le peu de pitance calorique qu’on nous laissait sous forme de mélange d’eau et d’huile.
 
Je passais régulièrement les terribles « sélections » qui décidaient de qui vivrait et qui mourrait au cours desquelles, la nuit, déshabillé dans le froid glacial de l’hiver polonais, je courais sans m’attarder pour cacher mon piteux état. Les coups violents distribués sans raison pour le plaisir des kapos et nazis étaient notre lot quotidien.
 
Il fallait survivre dans l’enfer, tenir dans le froid et la faim extrêmes, respirer l’odeur des cendres que les cheminées répandaient nuit et jour, côtoyer le royaume d’Ubu et de Satan au quotidien. Vers la fin, le bruit des combats se précisait, les Allemands commençaient à se préoccuper de leur sort ultérieur. Leur fuite les empêcha de de détruire les crématoires, preuves de leurs exactions, avant de fusiller les invalides qui ne pourraient faire « la marche de la mort ».
 
La réconciliation sur le dos des Juifs
 
Avec un immense espoir, avons-nous vu débarquer l’armée russe le 27 janvier 1945. Nombre de mes compagnons ne survécurent pas à une réalimentation trop rapide malgré les consignes, la faim l’emportant sur toute réflexion. Les cadavres de ces affamés jonchaient le sol, ultime spectacle de désolation ! Je fus soigné dans un hôpital de Bucarest jusqu’en mai 45 par le Joint. Mon frère déporté avait péri à Maidanek ; mes deux autres frères avaient échappé à de nombreuses rafles et survécurent à la guerre. Mon père se retira dans une maison de retraite en Israël à Kiriat Sanz.
 
La plupart des miliciens s’étaient enfuis, les autres furent pour la plupart vite graciés : la réconciliation nationale, souvent sur le dos des juifs, avait alors priorité sur la justice.
 
Survivre pour bâtir une famille et honorer D.ieu
 
J’eus le bonheur de rencontrer ma chère épouse dans un Chidou’h. Nos filles jumelles se sont installées à Amsterdam et nous donnant une nombreuse descendance ; nos petits-enfants mariés en Israël nous gratifient de 5 arrière-petits-enfants.
 
Notre foi & pratique sont restées intactes comme pour tous les nôtres – je suis notamment fier de mes deux gendres dont l’un dirige un gros ‘heder de 300 élèves et l’autre est Roch Kollel Yechiva à Lyon en transit chaque semaine vers Amsterdam où demeure sa famille. C’est pour eux tous que je témoigne car ils sont probablement la raison principale qui fait que D., Saint Béni Soit-Il, m’a permis de survivre dans l’enfer d’Auschwitz.
source : http://www.juif.org/le-mag/332,recit-de-9-mois-a-auschwitz.php

22:01 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz, Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/08/2010

Médecin à Auschwitz

 

Médecin à Auschwitz
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Au nombre des juifs polonais déportés qui arrivèrent en mai 1944 à Auschwitz, se trouvait le Dr Miklos Nyiszli, médecin légiste de Budapest.

Le Dr SS Mengele, médecin-chef du camp, un des plus grands criminels de l’histoire, avait alors besoin d’un anatomiste expérimenté pour procéder à la dissection des malheureux sur lesquels, il pratiquait ses monstrueuses expériences.
A u lieu de passer à la chambre à gaz, le Dr Nyiszli fut donc nommé médecin légiste des commandos spéciaux des crématoires. Ces commandos jouissaient d’un traitement de faveur, mais ils savaient qu’ils seraient «relevés» au bout de quatre mois, c’est-à-dire massacrés.
Or, le Dr Nyiszli échappa par miracle à l’extermination des détenus d’Auschwitz, extermination qui s’étendit même aux SS gardiens du camp. Il put ainsi apporter un témoignage dont la précision et l’objectivité atteignent, dans leur dépouillement, le sommet de l’horreur.

extrait du livre : page 72 et 73
Le quartier tchèque était composé d’environ quinze mille personnes déportées du ghetto de Thérésienstadt. Il avait un caractère familial pareil au camp des tziganes. Ils n’ont pas été sélectionnés à leur arrivée. Des vieillards, des adultes et des enfants ont pu garder leurs propres vêtements et vivre ensemble une existence très dure, mais cependant supportable. Ils ne travaillaient pas.Ils ont vécu ainsi pendant deux ans jusqu'à ce que l’heure de l’anéantissement sonne pour eux aussi, car le KZ d’Auschwitz est un camp d’anéantissement. Ce n’est qu’une question de chronologie, les uns meurent plus tôt, les autres plus tard, mais personne n’en réchappe.
Dans le camp tchèque, les vieillards, les jeunes affaiblis par un séjour de deux ans,ainsi que les enfants amaigris jusqu’aux os, ont dû abandonner leur place aux nouveaux arrivés capables de travailler.
Leur situation a empiré, il y a déjà plusieurs semaines. Leurs rations alimentaires ont dû être réduites après l’arrivée du premier transport hongrois. Puis quelques semaines après lorsque des masses immenses ont rempli tous les quartiers, l’alimentation a mis le commandement allemand devant un problème à peu près insoluble et les rations du camp tchèque ont été presque supprimées.
Ils déliraient de faim. Leur organisme déjà affaibli est tombé en loques au bout de quelques jours. La diarrhée, la dysenterie et le typhus exanthématique les ont décimés. Il y avait tous les jours cinquante à soixante morts. Ils ont subi des souffrances indescriptibles pour leurs derniers jours, jusqu’à ce que l’heure de l’anéantissement libérateur soit arrivée. La consigne des baraques a été ordonné dès le matin de bonne heure et pour toute l’étendue du KZ. Plusieurs centaines de soldats SS on encerclés le quartier tchèque et commandé le rassemblement des déportés. Les hurlements d’effroi qu’ils poussaient lorsqu’on les a chargés sur des camions étaient terrible, car ils savaient ce qui les attendait, ayant vécu deux ans dans le KZ.
Le nombre des habitants du quartier tchèque le jour de la liquidation était de douze milles.. o, a sélectionné encore parmi eux quinze cents hommes et femmes capables de travailler et huit médecins.Le reste a été envoyé dans les crématoriums n°2 et 3 .Le lendemain le camp tchèque habité depuis deux ans était vide et dépeuplé. dans les crématoriums n° 2 et 3, le silence est revenu aussi. J’ai vu un camion chargé de cendres sortir des crématoriums et prendre le chemin de la Vistule.

Encore un extrait du livre page 152 et 153

A la veille de son écroulement, le IIIè Reich ne s’occupe plus de l’opinion publique du monde  et il jette le masque. Il commence sans délai la liquidation des Juifs qu’il détient encore.
C’est ainsi qu’est arrivé le tour du ghetto modèle de Theresienstadt.

COMITÉ GOUVERNEMENTAL S.S. DU REICH
RECRUTEMENT ET PLACEMENT DES TRAVAILLEURS FORCÉS.

 convocation

Le Juifs X..., du protectorat du Reich, est avisé que sur ordre de l’autorité sus-mentionnée, il a été désigné pour le service du travail obligatoire. L’appelé doit présentet avant le départ aux délégués de cette autorité ses instruments, ses outils nécessaire à l’exercise de sa profession, ainsi que des vêtements d’hiver, literie et provisions pour une semaine. La date de départ sera annoncée par voie d’affiche.
theresienstadt, le ..............
                         (signature.)

C’est avec ces convocations que sont arrivés dans le crématorium d’Auschwitz les hommes valides du ghetto de Theresienstadt. C’ était un mensonge infâme que l’histoire du service du travail obligatoire. ce n’était qu’un prétexte pour mener à bien sans heurt la liquidation et récupérer des instruments précieux, des outils rares et les vêtements qui faisaient défaut à la population allemande. Vingt mille hommes capables de travailler et ne pleine force de l’âge sont morts dans les chambres à gaz et ont été incinérés dans les fours crématoires. Leur anéantissement a duré quarante-hui heures, puis le silence a régné pendant plusieurs jours sur le crématorium.
Quatorze jours plus tard, les trains de déportés arrivent les uns après les autres sur la rampe Juive. Des femmes et des enfants en descendent. Il n’y a pas de sélection, tout le monde est dirigé à gauche. Sur le sol de la salle de déshabillage se trouvent des centaines de billets ainsi conçus :

COMITÉ GOUVERNEMENTAL S.S. DU REICH
RECRUTEMENT ET PLACEMENT DES TRAVAILLEURS FORCÉS.
Avis

L’autorité sus-mentionné autorise la femme et les enfants du Juif X..., du protectorat du Reich, appelé en service du travail obligatoire a se rendre au lieu de travail de ce Juif et à vivre ensemble avec lui pendant la durée du travail. Un hébergement convenable est prévu. On doit emporter des vêtements d’hiver, literie et provisions pour une semaine.
Theresienstadt, le ....................
                          Signature

A la suite de cet avis rédigé avec une ruse diabolique, vingt mille femmes et enfants qui voulaient soulager le sort de leur mari, ou qui désiraient rejoindre leur père, les ont suivis dans les chambres à gaz et les fours crématoires.

 

23/06/2010

Auschwitz: souvenirs des premières déportations

Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /2010 19:20

 

 

Il y a 70 ans, les déportations massives ont commencé et c’est pour marquer ce sinistre anniversaire que l’Union des familles rescapées d’Auschwitz a organisé ce lundi un voyage singulier, dans un train qui a parcouru les 140 kilomètres séparant la ville polonaise de Ternov du camp de la mort.

 Dans le premier transport de prisonniers, qui a eu lieu le 14 juin 1940, se trouvaient 728 personnes. Malheureusement, seules 300 d’entre elles ont survécu aux persécutions et aujourd’hui, la plupart sont décédées. Mais dans ce voyage du souvenir, ce lundi, se trouvaient parmi les passagers trois survivants qui ont fait ce sinistre voyage.

A leur arrivée, les voyageurs ont été rejoints par six autres rescapés et tous ensemble, ils ont participé à une commémoration dans le camp où plus d’1,1 millions de victimes ont été massacrées pendant la Shoah.

 

par Claire Dana-Picard

 

Israel7.com

20:57 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, deportations, camp, shoah |  Facebook |

15/02/2010

Témoignage d'un rescapé, apprenti boxeur à Auschwitz

Témoignage d'un rescapé, apprenti boxeur à Auschwitz

Cliquez ici pour voir le témoignage en vidéo

http://www.akadem.org/sommaire/themes/histoire/1/3/module...

Il a été déporté de Malines à Auschwitz, il n'avait que 16 ans et n'avait jamais boxé de sa vie, pourtant quand on demande des volontaire pour boxer, il lève la main, ils étaient quatre mais lui était le seul qui n'avait jamais boxer, parmi les quatres hommes, il y avait des champions.

C'est par miracles que les Allemands n'ont rien vu et c'est un des champions qui l'a aidé et appris la boxe, il n'a jamais gagné mais il a fait matche nul, deux fois.

Il a connu la faim, il a vu des copains se faire fusillé, partir aux douches, il a fait la marche de la mort dans des conditions horribles, le froid, la soif, l'épuisement et la peur.

Aujourd'hui, il témoigne.


dorcas

23:44 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz |  Facebook |

Vannes. Un ancien déporté raconte Auschwitz aux lycéens

Vannes. Un ancien déporté raconte Auschwitz aux lycéens



De Nancy à Auschwitz, avec un crochet par Perros-Guirec. Voilà le parcours de Jacques Zylbermine, Juif, né en 1929, qui a survécu à l'extermination nazie. Il était à Vannes, hier, pour témoigner devant des lycéens. Hier, 15 h, dans une salle de classe du lycée Lesage. Les 70 élèves d'Anne Rebout, professeur d'histoire-géo - des secondes, ceux de la classe européenne et des premières ES - dévisagent leur intervenant qui prend place derrière le bureau, face à eux.

« Moi, à ton âge j'étais à Auschwitz »

Jacques Zylbermine interroge un lycéen : « Tu as 14 ans toi ? Et bien moi, à ton âge, j'étais à Auschwitz. Ça me fait peur de te regarder mais c'est comme ça... » Première séquence d'émotion. Les yeux embués, l'octogénaire saisit un mouchoir en papier et commence à raconter son histoire. Le témoignage d'un Polonais, né le 8 mai 1929 en Pologne, qui a grandi à Nancy à partir de 1933. Parce qu'ils ont eu peur des bombardements à répétition, ses parents ont refait les bagages et ont gagné la Bretagne, dans « un petit bled à l'époque » qui s'appelait Perros-Guirec.

Dans les bras de Rommel

Pas vraiment le bonheur puisque la famille Zylbermine partage un mois plus tard l'hôtel avec des Allemands. Qui aurait cru que le petit blondinet en culotte courte était un Juif ? Pas les Nazis en tout cas, qui lui offraient des bonbons, lui caressaient les cheveux, le considéraient comme une mascotte. « Leur chef me disait : "Ah mon gamin, tu es un beau gosse. Tu as les cheveux blonds comme un enfant allemand". Un jour, je l'ai vu en pleine page du journal : c'était le général Rommel ! » Rommel, qui allait par la suite devenir maréchal, le père du mur de l'Atlantique. « J'ai été dans ses bras et j'ai joué avec lui : c'est quelque chose qui me paraît encore aujourd'hui complètement hallucinant ». Puis vient le renforcement des lois de Vichy, le début de l'humiliation. 60 ans plus tard, Jacques Zylbermine n'a toujours pas digéré. Surtout pas le port de l'étoile juive, qui le discriminait à l'école aux yeux de ses copains. « J'étais le seul youpin. C'était intenable ».

Prisonnier en culotte courte

Les temps sont de plus en plus difficiles pour les Juifs. Chassée par les Allemands, la famille se réfugie à Vitré, avant d'être arrêtée et envoyée à la prison de Rennes. La mère et les deux soeurs d'un côté, le père et le fils de l'autre. Le mitar, une prison dans la prison. « C'est la première fois qu'on voyait un prisonnier en culotte courte ». Jacques Zylbermine n'a que 14 ans. L'âge auquel il sera envoyé au camp d'Auschwitz-Birkenau, après trois jours de train. « Il faisait encore nuit. Les Allemands donnaient des coups de fouet sur les wagons pour créer de l'affolement. C'était réussi ». Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. « Un camion est venu chercher mes deux soeurs. Je ne les ai jamais revues depuis. Elles avaient une vingtaine d'années ». Au moment de la sélection, « par chance », il est déclaré apte au travail, contrairement aux autres enfants. Il échappe à la mort, mais pas son père. Durant deux ans, il survit aux pires conditions de travail, « obéit mécaniquement à tout ce qui est demandé ». En 1945, le camp est libéré et il sort enfin de l'enfer. Ses 16 ans, il les fête le 8 mai, jour de la victoire.

12/01/2010

Le camp de concentration d'Auschwitz

Le camp de concentration d'Auschwitz


devant de Birkenau

Auschwitz-Birkenau ou plus simplement Auschwitz  Konzentrationslager_Auschwitz.ogg :

Le Camp de Concentration d'Auschwitz) est le plus grand camp de concentration, et d'etermination du IIIè Reich. Il se situe dans la ville d'Auschwitz en allemand) à 70 kilomètres à l'ouest de Cracovie, territoire alors en Allemagne, aprés annexion par le Reichpetite-Pologne, région de Pologne.

Ce camp de concentration est créé en Mai 1940, dirigé par les SS, et libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. En cinq années, plus de 1,3 million d'hommes, de femmes et d'enfants, meurent à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à leur sortie des trains qui les y amenaient. 90% de ces personnes étaient Juives. Ces victimes de la la solution finale sont tuées dans les chambres à gae et armes à feu, mais meurent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou d'expériences médicales. Auschwitz, le plus grand camp d'extermination ayant existé, est considéré comme le symbole des meurtres en masse commis par les nazis, et plus particulièrement celui du génocides des juifs, six millions d'entre eux sont assassinés

À l'instar des autres camps de concentration, Auschwitz était sous les ordres de Heinrich Himmler.

Le responsable du camp était le SS-Obersturmbannführer Rudolf Höb jusqu'à l'été 1943, remplacé ensuite par Arthue Liebehenschel et Richard Baer. Rudolf Höß a fourni des descriptions détaillées du fonctionnement du camp dans son autobiographie, mais aussi lors du procès de Nuremberg. Retrouvé par les Alliés en Bavière où il se cachait sous une fausse identité, il est condamné à mort par un tribunal polonais et pendu en 1947 face au crématorium d'Auschwitz I.

Monument historique et culturel majeur qui participe au devoir de mémoire, Auschwitz est depuis 1979 inscrit sur la liste du patrimoine mondial di l'UNESCO.

23:12 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, pologne, juives, nazis, genocide |  Facebook |

Sélections des déportés à Auschwitz

Sélections des déportés à Auschwitz

Auschwitz2

Les déportés étaient sélectionnés directement à l'arrivée du train.

L'un à gauche, l'un à droite, les familles étaient séparées.

Les hommes bien portants et d'apparences costauds ainsi que les femmes de bonnes conditions étaient mit d'un côté pour le travail, un travail souvent très lourd.

Les enfants, les malades, les vieillards, étaient mis d'un autre côté, et devaient monter sur des camions pour être transporté directement dans les douches et être gazé jusqu'à que   mort s'ensuivent

Souvent les déportés ne se rendaient pas compte de ce qu'ils allaient leurs arrivés

23:08 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : auschwitz |  Facebook |

Des enfants soumis aux expériences médicales

 

Des enfants parmis tant d'autres soumis à des expériences médicales à Auschwitz

enfants soumis à des expériences

source :http://www.phdn.org/histgen/schmitz/medexp01.html

23:05 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz |  Facebook |

La crémation en plein air

La crémation en plein air

Auschwitz

 

Une des fosses de crémation utilisées pour brûler les corps des victimes des chambres à gaz à Auschwitz. Cette méthode a été utilisée principalement en été 1944, lorsque l'accélération du processus d'extermination a été telle que les fours ne suffisaient plus.

23:03 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz |  Facebook |

Les lunettes des victimes

Les lunettes des victimes

Dans les camps,  rien n'était perdu, même les lunettes étaient misent de côté.

Voyez des milliers de lunettes qui appartenaient au déportés juifs qui ont été assassinés par les nazis

lunettes

22:58 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Prisonniers emmenant les victimes au four crématoires

Prisonniers emmenant les victimes au four crématoires

auschwitz

Des prisonniers emmenant une victimes dans les fours crématoires, ces prisonniers savaient que eux aussi allaient y passer aussi car tout étaient programmer pour exterminer tous les jours, raison de plus pour ceux qui étaient témoins de ces atrocités

auschwitz2

 

auschwitz3

22:57 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prisonniers, auschwitz |  Facebook |

Le tri des déportés

Le tri des déportés

vont vers leurs condamnations

Les femmes et leurs enfants sont mit à part pour être envoyé dans les chambres à gaz pour mourir, certains seront mit de côté pour faire des espériences médicales, mais très peu survivront.

22:50 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaz |  Facebook |

Visiter Auschwitz-Birkenau

Visiter Auschwitz-Birkenau

22:46 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz |  Facebook |

Cette fois, c’est notre tour.

Cette fois, c’est notre tour.

revieguichar

Cette fois, c’est notre tour. Cette fois, ils s’arrêtent devant la porte. Nos dents claquent, nos nerfs sont tendus à craquer. Les camions ont stoppé devant notre block. La porte s’ouvre toute grande. Une bande de SS se rue avec fracas à l’intérieur.

La Blokowa avait placé son personnel aux portes pour faire sortir les malades de leur lit. Une bataille commence. Il y en a qui sortent dociles, résignées, le regard absent, mais d’autres se couvrent la tête de leur couverture et ne bougent pas, ou bien s’enfoncent dans leur paillasse. D’autre encore courent comme des  bêtes traquées à la recherche d’un abri. Les SS nous poussent à la  besogne, mais sont obligés de mettre eux-mêmes la main à la pâte et de traîner les victimes devant la secrétaire du block qui, liste en main, contrôle minutieusement le matricule sur le bras, tout en les comptant. Le SS responsable se tient à ses côtés avec une copie de la même liste et compte également. Une porte du block étant condamnée pour la circonstance, les femmes sont poussées dans la direction de l’unique sortie qui aboutit dans un vestibule d’où les SS et leurs aident les chargent sur des camions comme du linge sale. Arrivées près du vestibule, certaines se débattent encore, opposant une ultime résistance. Les SS frappent. Parmi les cris de douleurs, on entend des femmes lancer aux infirmières des adieux et des messages pour leurs parents et amis.

Le block se vide. Les dernières victimes qui gisent à terre, dans las passages entre les gravats et le poêle, sont traînées par les SS vers la porte. Mais le compte n’y est pas. Quatre numéros manquent. Les SS nous harcèlent : «Los, los, schneller ! » D’abord en menaçant que si nous ne les trouvons pas, ils en prendront quatre parmi nous. Ensuite par des promesses. C’est Tauber qui nous réunit pour nous annoncer que celle qui les trouvera aura du « zulage » ( une ration supplémentaire de pain et de saucisson). Mais, encore une fois, ils sont obligés de grimper eux-mêmes sur les grabats supérieurs où ils trouvent trois femmes enfouies dans la paille de leur paillasse. Ils les en sortent avec sauvagerie, en les rouant de coups. Elles tombent à peu près mortes. On les emporte sur le camion. Il en manque toujours une. Les SS s’impatientent. Ils en ont visiblement assez de ce « jeu ». Ils décident de faire partir le dernier camion. Auparavant, ils s’adressent à la secrétaire : « Si demain ton « schmuck-stück » n’est pas retrouvée, c’est toi qui iras à sa place. » La secrétaire est blême.

Les SS partis, nos nerfs lâchent. Une se trouve mal, une autre a un accès de spasmes. Quelques-unes parmi nous s’enfuient du block comme des folles. Nous  ne savons plus si ce que nous venons de vivre était  réel ou si nous avons rêvé un cauchemar d’enfer. Et brusquement, la malade introuvable, sortie, mais d’où ? Se trouve parmi nous.  La secrétaire et la blokowa l’assaillent. La secrétaire lui lance ce reproche : « Comment as-tu osé mettre ma vie en danger ? » La pauvre gosse, une vingtaine d’années, tremble de tous ses membres et sanglote. Elle tremble encore quand, enveloppée dans un tas de couvertures désormais inutilisées, nous la couchons sur un grabat. Le lendemain, nous l’avons trouvée sur sa couche, morte d’émotion et d’épuisement.

Extrait du livre : Les médecins de l'impossible de Chrisitian Bernadac page :376 ( Auschwitz : la solution finale)

22:38 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, ss |  Facebook |