02/02/2011

Il y a 70 ans, partait le premier convoi pour Auschwitz

Il y a 70 ans, partait le premier convoi pour Auschwitz

Le 14 juin 1940, un train  s'acheminait lentement vers une ancienne caserne du sud de la Pologne occupée. A son bord, 728 prisonniers politiques polonais entassées par une chaleur étouffante dans des wagons aux fenêtres fermées. Venant de la prison de Tarnow, les prisonniers les plus âgés reconnaîtront une pancarte, sur le chemin, portant en lettres gothiques le nom allemand de la ville d'Oswiecim : Auschwitz.

Leur convoi fut le premier d'une longue série de trains pour Auschwitz où furent exterminées 1,1 million de personnes, dont un million de juifs. Soixante-dix ans après, lundi 14 juin, à l'initiative de l'Association des familles d'Auschwitz, un train a symboliquement parcouru ces quelque 140 kilomètres.

Avant le départ, un petit monument portant les 728 noms et un triangle rouge – couleur des prisonniers politiques –, marqué de la lettre P pour Polonais, a été dévoilé sur le quai de la gare de Tarnow. Un hommage doit être rendu à "toutes les victimes des camps allemands nazis", à l'arrivée dans le camp d'Auschwitz, initialement créé pour détruire la résistance polonaise et les élites du pays, étendu ensuite par l'Allemagne nazie en camp de la mort pour les juifs d'Europe et devenu symbole de l'Holocauste.

 

L'entrée du camp de concentration d'Auschwitz.

L'entrée du camp de concentration d'Auschwitz.AFP/-

"AUCUN DE NOUS NE SAVAIT CE QU'ÉTAIT UN CAMP DE CONCENTRATION"

Kazimierz Zajac, 86 ans, a refait le voyage. "On nous a dit qu'on nous emmenait dans un camp de concentration mais aucun de nous ne savait encore ce qu'était un camp de concentration", a-t-il raconté dans le train. Sur son bras est resté tatoué le numéro 261, et il a précieusement gardé le triangle rouge cousu à l'époque sur son uniforme de prisonnier.

Les numéros d'immatriculation de ces Polonais allaient de 31 à 758, car 30 détenus de droit commun allemand étaient déjà enfermés à Auschwitz. Ils deviendront les "kapos" – surveillants – du camp. A leur arrivée, les prisonniers, dont un petit nombre étaient juifs, furent battus et placés en rangs. "'Les juifs ne vivront pas plus d'un mois, les prêtres trois mois et pour les autres, la seule sortie possible sera la cheminée du four crématoire', nous a dit le SS Friesch", a raconté M. Zajac, resté dans le camp jusqu'au 19 décembre 1944.

 

Photo de déportés derrière les barbelés prise en 1945, au moment de la libération du camp de concentration d'Auschwitz.

Photo de déportés derrière les barbelés prise en 1945, au moment de la libération du camp de concentration d'Auschwitz.AFP/-

Comme en 1940, le convoi a marqué l'arrêt en gare de Cracovie. Là, les prisonniers, dont beaucoup avaient tenté de rejoindre l'armée polonaise en France via la Slovaquie et la Hongrie, avaient appris l'entrée ce même jour des troupes allemandes dans Paris. "C'est comme si le sol s'était dérobé sous nos pieds. Nous avions eu pour but la France, l'armée polonaise, et voilà que Paris était occupé et que la France se rendait", a raconté Kazimierz Albin, qui avait 17 ans à l'époque.

"TOUTE DÉSOBÉISSANCE SERA PUNIE DE LA PEINE DE MORT"

A leur arrivée au camp, a raconté M. Albin, on leur a dit qu'ils étaient "dans un camp allemand de concentration en tant qu'ennemis du peuple allemand. Toute désobéissance et tentative d'évasion est punie de la peine de mort". Dès le lendemain et pendant une période de quarantaine, ils seront frappés, torturés, soumis à des exercices physiques insoutenables, et seront ensuite employés à l'extension du camp.

 

Dès leur arrivée dans le camp, les prisonniers ont été battus et torturés.

Dès leur arrivée dans le camp, les prisonniers ont été battus et torturés.AFP/-

Au moins 227 d'entre eux sont morts à Auschwitz et 300 ont survécu à la guerre. D'autres convois ont suivi et, jusqu'au printemps 1942, Auschwitz fut occupé en majorité par des prisonniers polonais non juifs. Kazimierz Albin, qui a réussi à s'évader en février 1943, sera témoin en 1942 de l'arrivée massive de juifs de toute l'Europe et de la création d'Auschwitz-II, ou Birkenau, lieu d'extermination des juifs : hommes, femmes, enfants, vieillards.

En septembre 1940 arrivera un prisonnier particulier, le résistant polonais Witold Pilecki, qui s'est fait interner volontairement afin de constituer un réseau de résistants à l'intérieur du camp, et a informé le monde de ce qui s'y passait pendant deux ans et demi.

DES CONVOIS DE "FAMILLES SUR TROIS GÉNÉRATIONS"

 

Des femmes et des enfants juifs à leur arrivée par train au camp d'extermination d'Auschwitz.

Des femmes et des enfants juifs à leur arrivée par train au camp d'extermination d'Auschwitz.AFP/STF

 M. Albin se souvient encore de ces convois de "familles sur trois générations" et des détails de l'extermination dans les chambres à gaz entendus dans les conversations des kapos avinés. Un million de juifs ont trouvé la mort à Auschwitz-Birkenau, ainsi qu'entre 70 000 et 75 000 Polonais non juifs, 21 000 Tziganes, 15 000 prisonniers de guerre soviétiques et 10 000 à 15 000 autres prisonniers, dont des résistants, selon les données du musée du camp.

Le Monde.fr, avec AFP

http://www.juif.org/go-news-145054.php

21/04/2010

Pas de surviants

Combien d’histoire ne seront jamais racontées parce qu’il n’y a pas eu de survivants. L'horreur absolue.

transmis par desintox-be@yahoogroups.com au nom de Daniel Hochner 

Combien d’histoire ne seront jamais racontées parce qu’il n’y a pas eu de survivants.

Comment les tueurs ont-ils tué ?

Aujourd’hui, toi le dernier survivant, tu te souviens de cette journée où tu fus conduit avec d’autres camarades à la rampe de Birkenau.

Votre travail consistait, dès l’arrivée d’un convoi, dès l’ouverture des portes d’y extraire rapidement les cadavres de ceux qui n’avaient pas eu la force de supporter l’effroyable voyage.

 

Pour toi, une journée comme les autres.

D’Europe les convois se succèdent toutes les 20 minutes, ce jour là, ce qui retient particulièrement ton attention c’est le nombre important de SS qui attendent un convoi

Les SS connaissent l’origine de l’un de ces convois, et comme il faut bien s’amuser un peu, cela mérite un peu d’attente…

11 jours au paravent, les nazis font irruption dans un hôtel de Salonique en pleine célébration d’un mariage juif.

En 10 minutes, les nazis embarquent toute la noce dans leurs camions.

A l’arrivée à Birkenau, quand enfin les portes s’ouvrent, ils sont tous là.

La mariée en blanc, le marié en noir, chapeau haut de forme, les parents, les grands parents, même le grand père dans sa chaise roulante, le rabbin, les témoins, les invités, tous les invités, les petites demoiselles d’honneur, les serveurs, les cuisiniers, le verre pas encore brisé.

Les nazis gentiment, poliment ordonnent aux noceurs de former un cortège, aux musiciens de jouer des airs gais, aux autres de chanter, de danser, de taper dans leurs mains, au rabbin de prier. Les nazis connaissent les traditions, on hisse la mariée et le marié sur de petites chaises soulevées à bout de bras, c’est eux qui auront le privilège de découvrir cette haute cheminée d’où sort une acre fumée, gluante, collante, polluée par des milliers de grosses mouches.

Le cortège toujours chantant, dansant, traverse une partie du camp.

Baraques à perte de vue, miradors encerclés de fils de fer barbelés, électrifiés

Ombres d’hommes en costumes zébrés pas encore morts mais plus du tout vivants

Odeur terrible de caoutchouc brulé, de chair carbonisée qui vous pénètre par la bouche, par le nez, par tous les pores de la peau.

Arrivés au milieu de nulle part, les SS décident qu’ils ont assez rigolé, ils sortent les fouets, les slags, on tue le rabbin à coups de gourdin, on arrache les bébés des bras des Mamans, on les précipite encore vivants dans la fosse en feu, vite, plus vite, shnell, tout le monde doit se déshabiller, rentrer dans la chambre, plus vite, encore plus vite tout le monde doit s’engouffrer, on les pousse, on se pousse, on se bouscule, il y a de la place pour tout le monde crient les SS. On pousse encore et encore, mais la chambre est vraiment trop petite et les invités sont trop nombreux, les petites demoiselles d’honneur ne peuvent rentrer faute de place, on les jette par-dessus la tête de ceux qui sont déjà à l’intérieur, on referme la porte avec peine, on éteint la lumière.

De l’intérieur s’échappent des pleurs, des cris, des hurlements, des prières. On appelle Papa, Maman.

Un allemand, fier, heureux, satisfait introduit le zyklon B.

20 minutes plus tard, on ouvre la porte, la position des cadavres imbriqués les uns contre les autres déchiquetés, gonflés, crevés, laisse deviner leurs derniers instants. Une femme a accouché, plusieurs enfants sont morts piétinés. Au sol, vomissures, sangs, excréments

Tous ne sont pas complètement asphyxiés, certains bougent un doigt, un œil, on entend quelques gémissements…Cela n’a pas d’importance, il faut faire vite, d’autres convois attendent leur tour. On coupe les cheveux des femmes, à l’aide de tenailles on arrache les dents en or, pour récupérer plus vite les boucles d’oreilles on arrache l’oreille, on récupère les alliances, on cherche le moindre bijou, on brûle, on carbonise, on récupère les cendres, à part les juifs rien ne doit se perdre.

Le spectacle est fini, les nazis sont repartis

Ces pères de famille, professeurs, ingénieurs, ces allemands ordinaires vont rejoindre leurs maisons construites en bordure du camp, ils vont lire Goethe, Schiller, écouter Wagner, Liszt, Chopin, chantonner une berceuse, raconter un conte de fée, il faut bien endormir leurs têtes blondes.


00:27 Écrit par dorcas dans Camp Birkenau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : survivants, birkenau, ss, juifs |  Facebook |

15/01/2010

Dans la bouche le goût du gaz

Dans la bouche le goût du gaz.

 auschwitz chambres à gaz à gaz et crématorium

« Je ne sais pas vraiment pas comment m’exprimer, écrit Dounia Ourisson, pour décrire toute la terreur du block 25, dans les mois d’août à décembre 1942, à Birkenau…

C’est là qu’étaient rassemblées les détenues après les sélections, qu’étaient amenées les malades de l’hôpital  et les autres blocks, celles qui avaient commis quelques délit et celles qui avaient les jambes malades ou simplement enflées. Le block 25 était situé à l’entrée du camp, et en face de la  blockführerstube (La maison des chefs de blocks), afin que les gardiennes  S.S. puissent l’avoir constamment devant les yeux. La porte s’ouvrait que pour laisser passer les autos se dirigent vers le crématoire avec leur chargement de détenues.

Ce seul mot de blocks 25 nous donnait déjà l’avant goût de la  mort et , rien qu’en prononçant, nous avions dans la bouche le goût du gaz. Le blocks 25 était séparé des autres par un fil de fer. Le portail en bois bien lourd s’ouvrait rarement ; il était défendu aux détenues de l’approcher. « Les responsables de blocks, à l’appel, ne faisaient plus de rapport aux gardiennes S.S. sur ces effectifs ; les détenues qui s’y trouvaient n’étaient plus considérées comme des êtres vivants. »

Après chaque sélection, dans la soirée, certaines détenues approchent de ce blocks pour mettre un peu d’eau  dans les mains tendues à travers la fenêtre, barrée de fil de fer, pour transmettre ou recevoir un petit mot d’une mère à sa fille, d’une sœur à sa sœur.

Les femmes enfermées dans ce block ont déjà perdu tout espoir. Elles savent que le block 25 est leur dernière étape avant la chambre à gaz. Elles attendent les autos quarante-huit heures, sans manger ni boire. Des mortes-vivantes reléguées dans  le dernier cercle de l’enfer. Certaines se résignent, d’autres se révoltent, sautent du grabat, courent au portail, le frappant avec leurs poings et crient : « Laissez-moi sortir, je veux vivre ! ».

Mais à 11 heures, tous les deux jours, ou parfois  tous les jours, le camion arrive devant le block 25.

« L’aufseherin S.S. (surveillante) Dresker, vêtue de sa blouse blanche, la cravache à la main, accompagnée du Dr Mengele, tous deux fumant des cigarettes après un déjeuner copieux, ordonne d’ouvrir le portail. La gardienne du block fait déshabillé les condamnées ; Leurs haillons misérables sont nécessaires pour d’autres, les prochaines victimes de ce même block.

Deux S.S. jettent les détenues nues dans le camions, l’une sur l’autre, afin de le remplir le plus possible et d’en finir d’un seul coup. Deux cent cinquante femmes sont ainsi chargées sur ce camion. Quand il est rempli, les S.S. le ferment, et deux autres d’entre eux prennent place à côté du chauffeur. Le camion démarre.

Un extrait du livre « Les médecins de la mort de l’auteur Philippe Aziz

00:09 Écrit par dorcas dans Camp Birkenau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaz, birkenau |  Facebook |

Le sommeil ou la mort

Le sommeil ou la mort

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Dans les conditions de la vie atroces des camps, il y a peu de distance entre les portes du sommeil et celles de la mort.

00:01 Écrit par dorcas dans Camp Birkenau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : birkenau, camp |  Facebook |