17/04/2010

Les kapos

Les Kapos

kapo_Rudolph-Haess

Un kapo frappe un déporté, au camp de Natzweiler-Struthof.
Dessin de Rudolph Haess.

 « Qu'est-ce qu'un kapo ? Qui sont les kapos ?

Dans les camps de concentration nazis, c'était un détenu, généralement de droit commun (un criminel ou un bandit) qui était chargé de commander énergiquement les déportés, résistants ou raciaux, pour les services du camp ou pour les travaux extérieurs.

Ces kapos sont évidemment privilégiés : ils échappent aux travaux forcés et peuvent se procurer plus facilement de la nourriture. Ils logent dans une chambre particulière,à l'une des extrémités de la baraque.

  Les "Kapos", sont des  chefs de baraque qui faisaient régner l'ordre dans les baraques des camps et aussi des chefs d'équipe  dirigeant un commando de travailleurs.

Qui étaient ces kapos ?

Les S.S. ne pouvaient être partout et pour faire "régner l'ordre" dans le camp, ils choisissaient des déportés, le plus souvent parmi  les criminels, les voleurs... et leur donnaient une matraque et le pouvoir de frapper les déportés.

Comment se comportaient-ils ?

Témoignages

 

Karl, kapo de Neuengamme,

« Karl, le chef du block 13, n'a pas son pareil pour abattre d'un coup de poing un retardataire. Il adore discourir et s'enivre d'alcool de pomme de terre qu'il se procure dans des conditions restées inconnues. Il a des yeux de fou et nous réveille la nuit pour prononcer de longs discours dans une attitude théâtrale, debout sur une table. Il ordonne à des interprètes de traduire d'abord en russe, car il apprend cette langue ; ensuite, il va se coucher, mais exige que nous restions pour écouter la traduction dans les autres langues, qui doit être faite à mi-voix pour ne pas troubler son sommeil. Il estime que le français est une langue dégénérée et souvent ne fait pas traduire dans la langue de Descartes ses leçons de morale et de propreté. Il semble ainsi nous punir.
     Karl a un sens très personnel de l'humour. Une nuit, après une alerte, il nous annonce qu'il a pris la décision de ne plus se servir de sa cravache pour nous battre. Devant nous alignés, il la jette dans le feu et se fait apporter par les Stubendiest souriants, une énorme matraque. Se précipitant alors dans les rangs affolés, il assomme une demi-douzaine de malheureux, dont un vieux colonel français qui s'était assis derrière nous pour dormir. »

Louis Maury,
Quand la haine élève ses temples,
Louviers, SNEP, 1950

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Le kapo du Kabelkommando

« Ce capo était certainement le plus terrible de Monowitz et il avait quelques morts sur la conscience.

Il était néerlandais et s'appelait JUP. Il mesurait près de 2 m. et c'était un rouquin. Toujours le sourire aux lèvres, mais un drôle de sourire, vicieux ou sadique pourrait-on dire. Donc le sourire aux lèvres et la matraque à la main avec laquelle il aimait tant frapper les déportés. Il était déjà depuis un long moment à Monowitz, lorsque je suis arrivé. Il était le Capo du "Kabelcommando" le commando du câble. Le commando le plus craint. Les déportés devaient installer ces câbles  sous terre. Des câbles très lourds, et il y avait trois hommes sur une distance où il en aurait fallu le double. Aussi la matraque allait bon train. J'ai toujours eu très peur d'être désigné pour aller dans ce commando. Bien sûr, ça pouvait arriver. Bref ce capo était un vrai tueur, et s'il y a encore des survivants de Monowitz, ils se souviendront facilement de ce capo. Petit Paul s'en souvient bien.
     Après la libération il a été rapidement exécuté par des déportés qui avaient été ses victimes. Il y avait près de 200 déportés dans son commando. Voilà tout ce que je peux te dire, mais je pensepense

c'est suffisant pour situer  le personnage, que les SS aimaient bien, et pour cause. » Serge Smulevic,
par e-mail, août 1995

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Procès d'un kapo, en 1947 :

 

L'ancien kapo Paul Sakowki pendant le procès du camp de Sachsenhausen.
 Berlin, octobre-novembre 1947
(Photo USHMM)

Paul Sakowski est né à Breslau en 1920. En 1939, il était emprisonné dans le camp de Sachsenhausen. Il offrit ses services à l'administration du camp. De novembre 1939 jusqu'à mars 1941, il fut kapo et durant cette période, maltraita les prisonniers, les fouettant, leur enlevant la nourriture à laquelle ils avaient droit, jetant sur eux de l'eau froide, dehors, en plein hiver. Il prit même part à des exécutions. En décembre 1940, il devint le bourreau officieux du camp et supervisa l'exécution de 42 Soviétiques et Polonais. En septembre 1941, il travailla au crématoire et participa au massacre de 17.500 prisonniers de guerre soviétiques, supervisant le transport des corps vers la morgue et leur transfert vers les fours. Le 15 mai 1942, il prit part à l'exécution de 250 Juifs. De Septembre 1943 jusqu'à avril 1945, il fut surveillant dans l'usine Heinkel, près de rostock, et il continua là ses mauvais traitements sur des déportés. Jugé par un tribunal militaire soviétique, il fut condamné à la prison à vie et aux travaux forcés, le 1er novembre 1947 après un rapide procès.

 

 

00:04 Écrit par dorcas dans Les kapos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ss, camps, nazis |  Facebook |