07/03/2011

Objectif : Exterminatione

Objectif : Extermination

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Une nouvelle analyse historique de la Shoah : un livre événement

Auteur : G. Miedzianagora G G. Jofer

Hitler a-t-il donné l’ordre d’exterminer «la race Juive» d’Europe ?
Si non, qui alors ?
L’extermination a-t-elle été commandée, planifiée ?
Quand commença-t-elle ?
Cet ouvrage pose des questions essentielles. Et révèle que l’extermination était l’objectif d’un programme an-sémite de la fin du XIX siècle.

Encore un livre sur l’extermination des Juifs par l’Allemagne nazie...
Mais pas n’importe lequel.
Formidablement documentés les auteurs démontrent que la Shoah découle d’un système antisémite établi dès la fin du 19ème siècle et que c’est Hitler, adepte de cette doctrine, qui décida et planifia dès septembre 1939 l’extermination.
Un livre événement qui permet d’en savoir plus sur la réalité de la Shoah.


02/01/2011

exodus


1916-0.jpgExodus

En 1946, il reste encore à Chypre des milliers de Juifs derrière les barbelés. Des enfants qui n’ont connu que les ghetto, les camps de concentrations et les ruines. Des rescapés de la Shoah qui s’accrochent à un rêve foi : faire renaître en Palestine une nation morte depuis deux mille ans.
Entassés sur un vieux remorqueur  «l’Exodus», ils vont tenter de forcer le blocus britannique pour atteindre la Terre promise.
En combattant avec les seules armes qu’ils possèdent : leur courage et leur foi.
C’est cette formidable aventure que nous raconte «Exodus» : la lutte d’une poignée de survivants pour crées un Etat où le mot de «Juif»ne soit plus une insulte.

Auteur Léon Uris

23/11/2010

La vie quotidienne à Varsovie sous l’occupation nazie 1939-1945

La vie quotidienne à Varsovie sous l’occupation nazie 1939-1945

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Auteur Alexandre Wolowski

1939, Varsovie est une grande ville élégante, prospère et le centre d’une brillante activité culturelle. Les avions et les canons allemands, après quelques semaines de violents combats en septembre 1939, feront de la capitale de la Pologne une cité dévastée, soumise à un féroce régime d’oppression et de privations.
Cependant contre la tyrannie nazie, Varsovie affirme quotidiennement sont esprit de résistance. Une organisation secrète, minutieusement élaborée, met en place un véritable état clandestin. Grâce à une solidarité nationale farouche, la population réussit à survivre malgré la politique d’extermination poursuivie par les nazis. On vit comme on peut,parfois même décemment, en profitant de la vénalité des occupants. Cependant, à mesure que la guerre continue, la vie se fait chaque jour plus dangereuse et plus misérable. Afin d’échapper aux camps de la mort, les derniers Juifs parqués dans le Ghetto de Varsovie se révoltent en avril 1943, lutte désespérée qui aboutit à la liquidation total du ghetto. Le 1er août 1944, alors que les forces soviétiques approchent, éclate une insurrection générale que les allemands mettront 63 jours à écraser. Ayant chassé ou déporté les survivants, les allemands détruisent méthodiquement Varsovie, devenue un immense cimetière...

20/10/2010

Les moissons mortes.

Les moissons mortes.

 

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Ils étaient jeunes, talentueux, pleins d’espoir. Ils pensaient récolter les fruits de leur passion, mais ils n’ont recueilli que les moissons mortes de l’histoire...

 


A la fin du siècle dernier, quatre jeunes musiciensJuifs de Pologne ont débarqué à Vienne, rêvant d’un avenir prestigieux. Ils ont découvert une ville en pleine effervescence, la Vienne de la «Sécession», du premier congrès sioniste et de l’opéra, où le baron Von Lichtfeld, impresario et mécène, les a introduits. Ils ont connu les bals et l'enivrement des premières amours au son des mazurkas et des valses de Strauss.
Ils se voyaient déjà célèbres, tout en haut de l’affiche. Mais, avec la montée de l’antisémitisme, le sombre requiem de la première guerre et le crescendo du nazisme, la musique a changé, et les quatre amis ont été dispersés par les tempêtes de l’histoire, bien  loin du mirage viennois.
Les moissons mortes retrace leur histoire et celle de leurs enfants, leurs illusions, leurs espoirs et leur destin tragique. Une fresque authentique et bouleversante, portée par le talent romanesque et le sensibilité de Sarah Frydman, l’auteur de la Saga des Médicis, qui a su lui insuffler une émotion sans pareille.

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Extrait du livre les moissons mortes de Sarah Frydman, page 363 et 364

«Ils sont morts, n’est-ce pas ? dit-elle enfin. Je le savais...Je crois que je l’ai toujours su...»
Elle regardait le Rabbin, puis le prêtre, espérant encore, contre toute espérance, qu’ils protesteraient, qu’elle se trompait. La réponse qu’elle lut sur leur visage la plongea dans le désespoir.
- «Tous ?... Tous ?...»
Le Rabbin détourna les yeux et le prêtre inclina la tête, en signe d’assentiment.
- «J’ai vu...J’ai tout vu, dit-il.»
«vous avez vu ?»
«Oui. tout ce qui s’est passé. Comment cela s’est passé... J’étais à l’église qui est juste en face de votre maison, vous vous souvenez?»
Si elle se souvenait ! Oh, D.ieu... oubli-t-on la maison où l’on est née, où l’on a grandi, d’où l’on a rêvé de s’échapper pour conquérir le monde ?
« et alors ?» dit Hélène.
Le prêtre parlait comme pour lui même:
« c»était en 1942, il y a deux ans, mais je m’en souviens comme si c’était hier. C’était en février. En février 1942...»
Il s’interrompit. L’émotion enrouait sa voix et, un instant, Hélène crut que le prêtre allait fondre en larmes. Doucement, elle posa sa main sur celle du vieil homme et l’étreignit. Elle était comme anesthésiée, au-delà de la douleur. Dès que le prêtre aurait parlé, elle savait que toute une partie d’elle-même aurait cessé de vivre.
«Continuez,» dit-elle. «Continuez... s’il vous plaît...»
Oui, il fallait qu’il continue. Savoir. Savoir ce qui s’était passé...
« cinq heures du matin... Les cloches de l’église sonnaient, et la place du marché était vide, à l’exception d’un camion . Il neigeait cette nuit-là. Comme il neige quelquefois à Auschwitz. C’est le bruit qui m’avait attiré dehors. Un drôle de bruit... Je suis sorti. Les nazis vidaient votre maison, jetaient les meubles, les livres, le linge par les fenêtres, tout se cassait, se souillait en arrivant au sol... Il n’y avait pas de vent. Juste une brume épaisse et froide. Et la neige qui tombait, recouvrant le sol d’un épais linceul glacé.David et Rivka se serraient l’un contre l’autre. Déjà si âgés... Autour d’eux leurs filles, leurs gendres, leurs petits-enfants. tous pris dans la masse. Berta, Salomon, Ernest, Nathan...Adèle, Régina et Ida, une douzaines d’enfants de deux à treize ans qui grelottaient de froid et de terreur. Ombre chétives que le vent glacial faisait claquer des dents.
Les nazis firent entrer leurs victimes à coup de pied, de poing et de crosse de fusil dans le camion. Les polonais regardaient d’un air satisfait le «nettoyage des Juifs». ils allaient pouvoir s’emparer des maisons où vivaient les youpins, ils allaient pouvoir mettre leurs vêtements, vivre dans leurs meubles... qu’ils fussenty eux-mêmes l’objet de sévices nazis n’altérait en rien cette joie profonde qu’ilséprouvaient à voir ces Juifs, si fiers de leur culture, de leur réussite,de leur supériorités, ravalés à l’état de «moins-que-rien» Ce qu’ils éprouvaient était une intense sensation de supériorité raciale. Ils étaient polonais et catholiques, et de voir des Juifs réduits à l’horreur leur faisait oublier que demain, ce serait leur tour...
Le prêtre autrichien tenta de s’interposer.
«Au nom de D.ieu!» hurlait-il. «Vous n’avez pas le droit de faire cela ! Vous n’avez pas le droit!»
ce «vous n’avez pas le droit» fit rire les S.S. comme si ces Schweinehunde se souciaient du droit !

 

00:12 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/08/2010

Médecin à Auschwitz

 

Médecin à Auschwitz
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Au nombre des juifs polonais déportés qui arrivèrent en mai 1944 à Auschwitz, se trouvait le Dr Miklos Nyiszli, médecin légiste de Budapest.

Le Dr SS Mengele, médecin-chef du camp, un des plus grands criminels de l’histoire, avait alors besoin d’un anatomiste expérimenté pour procéder à la dissection des malheureux sur lesquels, il pratiquait ses monstrueuses expériences.
A u lieu de passer à la chambre à gaz, le Dr Nyiszli fut donc nommé médecin légiste des commandos spéciaux des crématoires. Ces commandos jouissaient d’un traitement de faveur, mais ils savaient qu’ils seraient «relevés» au bout de quatre mois, c’est-à-dire massacrés.
Or, le Dr Nyiszli échappa par miracle à l’extermination des détenus d’Auschwitz, extermination qui s’étendit même aux SS gardiens du camp. Il put ainsi apporter un témoignage dont la précision et l’objectivité atteignent, dans leur dépouillement, le sommet de l’horreur.

extrait du livre : page 72 et 73
Le quartier tchèque était composé d’environ quinze mille personnes déportées du ghetto de Thérésienstadt. Il avait un caractère familial pareil au camp des tziganes. Ils n’ont pas été sélectionnés à leur arrivée. Des vieillards, des adultes et des enfants ont pu garder leurs propres vêtements et vivre ensemble une existence très dure, mais cependant supportable. Ils ne travaillaient pas.Ils ont vécu ainsi pendant deux ans jusqu'à ce que l’heure de l’anéantissement sonne pour eux aussi, car le KZ d’Auschwitz est un camp d’anéantissement. Ce n’est qu’une question de chronologie, les uns meurent plus tôt, les autres plus tard, mais personne n’en réchappe.
Dans le camp tchèque, les vieillards, les jeunes affaiblis par un séjour de deux ans,ainsi que les enfants amaigris jusqu’aux os, ont dû abandonner leur place aux nouveaux arrivés capables de travailler.
Leur situation a empiré, il y a déjà plusieurs semaines. Leurs rations alimentaires ont dû être réduites après l’arrivée du premier transport hongrois. Puis quelques semaines après lorsque des masses immenses ont rempli tous les quartiers, l’alimentation a mis le commandement allemand devant un problème à peu près insoluble et les rations du camp tchèque ont été presque supprimées.
Ils déliraient de faim. Leur organisme déjà affaibli est tombé en loques au bout de quelques jours. La diarrhée, la dysenterie et le typhus exanthématique les ont décimés. Il y avait tous les jours cinquante à soixante morts. Ils ont subi des souffrances indescriptibles pour leurs derniers jours, jusqu’à ce que l’heure de l’anéantissement libérateur soit arrivée. La consigne des baraques a été ordonné dès le matin de bonne heure et pour toute l’étendue du KZ. Plusieurs centaines de soldats SS on encerclés le quartier tchèque et commandé le rassemblement des déportés. Les hurlements d’effroi qu’ils poussaient lorsqu’on les a chargés sur des camions étaient terrible, car ils savaient ce qui les attendait, ayant vécu deux ans dans le KZ.
Le nombre des habitants du quartier tchèque le jour de la liquidation était de douze milles.. o, a sélectionné encore parmi eux quinze cents hommes et femmes capables de travailler et huit médecins.Le reste a été envoyé dans les crématoriums n°2 et 3 .Le lendemain le camp tchèque habité depuis deux ans était vide et dépeuplé. dans les crématoriums n° 2 et 3, le silence est revenu aussi. J’ai vu un camion chargé de cendres sortir des crématoriums et prendre le chemin de la Vistule.

Encore un extrait du livre page 152 et 153

A la veille de son écroulement, le IIIè Reich ne s’occupe plus de l’opinion publique du monde  et il jette le masque. Il commence sans délai la liquidation des Juifs qu’il détient encore.
C’est ainsi qu’est arrivé le tour du ghetto modèle de Theresienstadt.

COMITÉ GOUVERNEMENTAL S.S. DU REICH
RECRUTEMENT ET PLACEMENT DES TRAVAILLEURS FORCÉS.

 convocation

Le Juifs X..., du protectorat du Reich, est avisé que sur ordre de l’autorité sus-mentionnée, il a été désigné pour le service du travail obligatoire. L’appelé doit présentet avant le départ aux délégués de cette autorité ses instruments, ses outils nécessaire à l’exercise de sa profession, ainsi que des vêtements d’hiver, literie et provisions pour une semaine. La date de départ sera annoncée par voie d’affiche.
theresienstadt, le ..............
                         (signature.)

C’est avec ces convocations que sont arrivés dans le crématorium d’Auschwitz les hommes valides du ghetto de Theresienstadt. C’ était un mensonge infâme que l’histoire du service du travail obligatoire. ce n’était qu’un prétexte pour mener à bien sans heurt la liquidation et récupérer des instruments précieux, des outils rares et les vêtements qui faisaient défaut à la population allemande. Vingt mille hommes capables de travailler et ne pleine force de l’âge sont morts dans les chambres à gaz et ont été incinérés dans les fours crématoires. Leur anéantissement a duré quarante-hui heures, puis le silence a régné pendant plusieurs jours sur le crématorium.
Quatorze jours plus tard, les trains de déportés arrivent les uns après les autres sur la rampe Juive. Des femmes et des enfants en descendent. Il n’y a pas de sélection, tout le monde est dirigé à gauche. Sur le sol de la salle de déshabillage se trouvent des centaines de billets ainsi conçus :

COMITÉ GOUVERNEMENTAL S.S. DU REICH
RECRUTEMENT ET PLACEMENT DES TRAVAILLEURS FORCÉS.
Avis

L’autorité sus-mentionné autorise la femme et les enfants du Juif X..., du protectorat du Reich, appelé en service du travail obligatoire a se rendre au lieu de travail de ce Juif et à vivre ensemble avec lui pendant la durée du travail. Un hébergement convenable est prévu. On doit emporter des vêtements d’hiver, literie et provisions pour une semaine.
Theresienstadt, le ....................
                          Signature

A la suite de cet avis rédigé avec une ruse diabolique, vingt mille femmes et enfants qui voulaient soulager le sort de leur mari, ou qui désiraient rejoindre leur père, les ont suivis dans les chambres à gaz et les fours crématoires.

 

27/05/2010

Livre : Les chambres à gaz, secret d'Etat.

Les chambres à gaz, secret d’Etat.

9782020409605

Jusqu’à la guerre nazie, les armées faisaient deus sortes de victimes : les soldats ennemis et les civils qui avaient la malchance de se trouver dans zone des combats. Pour la première fois, les SS recherchèrent délibérément  pour les tuer, des hommes, des femmes, des enfants qui ne s’opposaient à eux, ni en acte ni en parole. On ne massacra pas les Juifs et les Tsiganes pour ce qu’ils faisaient, mais pour ce qu’ils étaient.

Ce principe de choix commandait un procédé inédit de mise à mort : l’asphyxie à l’aide de gaz toxiques. Cette technique avait l’avantage de permettre de tuer en masse, à l’abri des regards dans des locaux fermés, et n’exigeait que le concours de participants peu nombreux qui s’engageaient à garder un silence absolu.

Ce livre ne retrace pas seulement un énorme épisode criminel de l’histoire. Il nous fait pénétrer au cœur d’un mystère qui, en plein XXe siècle et dans un pays considéré comme l’un des plus civilisés du monde, a pu demeurer presque entier jusqu'à la victoire des Alliés

Les auteurs : Eugen Kogon , Hermann  Langbein  et Adalbert Rückerl

Traduit de l’allemand par Henry Rollet

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Extrait du livre page 113

Les camions à gaz de Kulmhof

Conformément aux ordres, je me rendis sur le côté droit du château, où un camion à gaz attendait devant la rampe. C’était un camion carrossé avec une caisse fermée. A l’arrière, il y avait une double porte. La voiture stationnait, porte ouverte à l’extrémité de la rampe et j’ai vu alors les Juifs qui avaient été conduits dans la cave monter par la rampe dans le camion ouvert. Après que tous y eurent pénétré, le chauffeur ferma et verrouilla les portes. Puis, il mit le moteur en marche. Bientôt se firent entendre, venant de l’intérieur, des cris et des râles. On tapait aussi contre les parois. Je voyais bien que les gens qui se trouvaient dans le camion étaient asphyxiés par le gaz. Après environ dix minutes, ils se turent. Je compris qu’ils étaient morts. Le chauffeur laissa le moteur tourner quelques minutes de plus, puis il fit démarrer le camion.

Au cours des procédures qui ont eu lieu par la suite devant les tribunaux ou des juges d’instruction allemands, les prévenus n’ont pas contesté non plus la réalité des gazages effectués à Mauthausen.

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Autre extrait du livre page 156 et 157

Le rapport Gerstein

L’Untersturmführer SSKurt Gerstein, chef du service de la désinfection près « le médecin du  Reich » des SS et de la police, a visité en août 1942 les camps de l’opération Reinhard.

Il a écrit dans son rapport du 4 mai 1945

« Nous sommes partis aussitôt en voiture pour Lublin où le Gruppenführer SS Globocnik nous attendait. Le jour suivant, nous fîmes route vers Belzec. Une petite gare spéciale avait été installée à cet effet au nord de la grand-route Lublin-Lwow, dans la corne gauche de la ligne de démarcation. Au sud de la route, quelques maisons portaient l’inscription «  Sonderkommando Belzec des Waffen SS »

Le matin suivant, un peu avant 7 heures, on m’annonça : dans dix minutes arrive le premier convoi. De fait, le premier train de Lwow arriva quelques minutes plus tard : quarante-cinq wagons avec six mille sept cents personnes, dont mille quatre cents cinquante étaient déjà mortes à l’arrivée. Derrière les lucarnes grillagées, des enfants apeurés, au visage extraordinairement pâle, regardaient, les yeux pleins d’une angoisse mortelle, et plus loin des hommes et des femmes. Le train arrive. Deux cents Ukrainiens ouvrent les portes et font sortir les gens des wagons à coup de fouet. Un grand haut parleur ordonne de se déshabiller entièrement, y compris les prothèses, les lunettes, ETC… déposer les objets de valeur au guichet, sans reçu ni quittance. Lier soigneusement les souliers ensemble.  Puis les femmes et les filles chez le coiffeur qui, en deux ou trois coup de ciseaux, coupe toute la chevelure, qu’il fait disparaître dans des sacs à pommes de terre. «  Ces cheveux sont destinés à je ne sais quoi pour les sous-marins, pour le calfatage ou quelque chose de ce genre », me dit l’Unterscharführer SS de service. La file se met enfin en mouvement. En tête, une jeune fille ravissante. Ils suivent l’allée, tous nus, hommes, femmes et enfants. Je me tiens avec le capitaine Wirth en haut, sur la rampe, entre les chambres à gaz. Des mères avec leurs nourrissons au sein, elles montent, hésitent, entrent dans les chambre de mort ! Au coin se tient un grand SS qui, avec une voix de pasteur, dit aux malheureux : « Il ne va rien vous arriver. Une fois dans les chambres, vous devez respirer profondément, cela dilate les poumons ; cette inhalation est nécessaire en raison des maladies et des épidémies » Quand on le questionne sur le destin qui leur est réservé : «  Naturellement les hommes devront travailler, construire des maisons et des routes. Mais les femmes n’auront pas à travailler. Seulement, si elle le veulent, elle aideront au ménage et à la cuisine ». Pour certains de ces malheureux, c’est une lueur d’espoir qui suffit pour qu’ils fassent sans résistance les quelques pas qui les mènent aux chambres. Maos la plupart savent à quoi s’en tenir : l’odeur leur annonce quel sera leur sort. C’est ainsi qu’ils montent le petit escalier, et ils voient tout. Les mères avec les enfants au sein, de petits enfants nus, les adultes, hommes et femmes, tous nus – Ils hésitent, mais ils entrent dans les chambres de mort, poussés par ceux qui sont derrière eux ou par des fouets de cuir des SS. La plupart, sans dire un mot. Une juive d’environ quarante ans, aux yeux flamboyants, crie : « que le sang versé ici retombe sur la tête des assassins ! » Elle reçoit cinq à six coup de cravache dans la figure – c’est Wirth personnellement qui l’a frappé – et elle disparaît dans la chambre

 

 

 

22:41 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nazie, victimes, civils, juifs |  Facebook |

24/05/2010

Holocauste

Holocauste

Holocaust(1978) n

Voici le livre qui inspiré une série télévisée que l’on n’est pas prêt d’oublier à travers le monde entier. Holocauste, c’est l’histoire de la persécution des juifs par les nazis de 1933 à 1945, vue à travers deux familles de Berlin dont les destins s’entrecroisent.

Les Weiss, bonne bourgeoisie berlinoise. Le père est médecin ; dès 1933, il sent la montée des périls. Son fils aîné, Karl vient d’épouser un catholique. Le plus jeune, Rudi, comprend vite que, pour un Juif, toute l’Allemagne hitlérienne va bientôt devenir intolérable.

En 1938, il quitte Berlin, passe en Tchécoslovaquie. Plus tard, la guerre venue, il rejoindra les partisans russes pour combattre à leurs côtés. En 1933, l’année du mariage de Karl Weiss, Erik Dorf, poussé par sa femme, vient solliciter un poste auprès de Heydrich, alors chef de la gestapo. Il va travailler avec lui et devenir peu à peu un des rouages essentiels de la redoutable machine à exterminer que mettent au point des bureaucrates et des techniciens allemands. Le récit comprend, en alternance, l’évolution des souvenir de Rudi weiss et des extraits du journal d’Erik Dorf.

C’est le déroulement implacable des événements que l’on connaît : les parents weiss sont déportés en Pologne et finiront à Auschwitz. Leur fils Karl, bien que marié à une catholique est envoyé à Buchenwald, puis au camp « privilégié » de Theresienstadt. Il mourra à Auschwitz.

De la famille Weiss, Rudi sera le seul survivant et c’est d’un Kibboutz d’Israël, qu’il évoque tout cela. Dorf, lui, aura le destin qu’il mérite.

On ne peut pas résumer ce livre foisonnant qui, à travers l’histoire de ces personnages, recrée la terrible saga de tout un peuple que la machine de guerre allemande a tenté de broyer mais qui, une fois de plus a survécu.

Auteur : Gerald Green

 

 

05/05/2010

Les 186 marches,

Les 186 marches

Les 186 marches


Ce matin là, tout commença sur la place d’appel, la formation des commandos : en quelques minutes, trente morts… au hasard. Et l’interminable colonne se mit en marche. La «  chair à canon » était composée d’une majorité d’Espagnols, avec quelques Tchèques, Yougoslaves et Polonais. Derrière, les Juifs. Les kapos nous disaient à l’oreille : « Aujourd’hui, grosse offensive. Beaucoup de Juifs. Ne pas vous mélanger avec. Juden alle kaputt ! » Effectivement, l’offensive était d’envergure. A l’extérieur de l’enceinte, au-delà du portail, des S.S. très jeunes : entre 17 et 20 ans. Et des chiens-loups. Pour la première fois les chiens allaient entrer en action. Un vent de panique traversa tous les Juifs. Même la compagnie disciplinaire n’allait pas être épargnée. Au moment où nous franchissons la porte, les S.S. ont laissé un grand espace entre les centaines de Juifs et les nôtres. Les chiens aboyaient. Les S.S. criaient. Les hurlements des hommes étaient plus effrayants que ceux des bêtes. Les kapos nous poussaient pour accélérer l’allure. Il fallait à tout prix augmenter la distance qui nous séparait des Juifs. Le « Tzigane » criait : «  Aufpassen – tempo – tempo - schnell – rapido ! » L’orage allait éclater. Derrière nous, d’autres «  schnell », les aboiements des chiens et la musique des S.S. et des kapos qui jouaient crescendo. Le bruit des claquettes de bois sur la glace s’amplifiait. C’était comme si un troupeau de chevaux emballés s’approchait. Nous dégringolons les marches de l’escalier avec une agilité incroyable. Nous devions nous trouver à mi-descende alors que les Juifs atteignaient la première marche. Les kapos de notre groupe se sont déchaînés. Eux aussi avaient la peur au ventre, car les S.S., une fois entrés dans la danse, ne pouvaient plus choisir leurs victimes. Le sang les aveuglait ; pas plus de kapo que d’espagnol ou de Juif. Il fallait tuer. Tuer !

Au pied de l’escalier, une dizaines de S.S. et cinq ou six kapos de la carrière attendaient le passage des Juifs. Ils se sont fait la main sur nous : volée de coup de matraque. Histoire de s’échauffer. Un de nos kapos, malgré une pirouette, ne put esquiver une retombée de « Gummi ». Dans cette cacophonie folle, nous avons compris qu’il fallait aller ramasser des pierres de l’autre côté du ruisseau qui traversait la carrière. Quelques espagnols qui travaillaient là nous ont dit : « -faites attention camarades. Il y aura aujourd’hui  beaucoup de morts. Beaucoup ! Il y a trop de Juifs dans le camp pour les S.S. ». Nous avons ramassé nos pierres en courant, sans avoir trop le temps de choisir et , poussés par les kapos, nous nous sommes rassemblés face à l’escalier. On sentait la mort… Sous nos yeux, le massacre était général. Plus de trente S.S., avec toutes sortes d(outils, s’acharnaient sur les Juifs. Ils frappaient comme des fous. L’un d’eux ramassa une énorme pierre et l’écrasa sur la tête d’un homme. C’était incroyable. Nous étions blêmes, tremblants, atterrés. Les S.S. ont obligé les Juifs à prendre de gigantesques blocs de pierre. Des hommes épouvantés couraient dans tous les sens avec des visages ensanglantés. Dans notre groupe, les kapos et leurs seconds étaient livides. Le seul qui semblait avoir gardé encore un peu de sang-froid, un grand sec, nous fit comprendre qu’aveuglés par leur haine, les «  tueurs » n’iraient pas regarder si nous étions Juifs ou non, et que notre salut dépendait de notre capacité à grimper les marches le plus rapidement possible. Sur l’esplanade de la carrière, le massacre se poursuivait. Nous montâmes l’escalier avant les Juifs et nous butions sur les cadavres aux crânes fracassés ou aux gorges déchirés par les crocs des chiens. L’escalier était recouvert de neige rouge. Vers le milieu de l’escalier, un groupe important de S.S. était à l’affût. Adossés au rocher, un pistolet à la main droite, un manche de pioche à la gauche. Ils ont attendu que la compagnie disciplinaire atteigne la marche supérieur avant de se jeter sur nous. Les hommes épouvantés abandonnaient leur pierre qui roulait vers le bas,  écrasant pieds et tibias. Certaines, ayant pris de la vitesse, rebondissaient, semant la mort. Des hommes redescendaient, se plaquaient contre la paroi. Spectacle atroce, inoubliable. Certains se lançaient dans le vide et s’écrasaient au fond de la carrière.

Les S.S. essoufflés nous ont entourés. Patiemment, ils ont recherchés les Juifs qui avaient réussi à se faufiler parmi nous et que désignait l’étoile de David cousue sur leur poitrine. Une fois retrouvés, les Juifs ont été poussés vers le bord du précipice et lancés dans le vide, comme de vulgaire sacs. Les S.S., restés au bas de la carrière, ont ajusté ces corps et ouvert le feu. Tir au pigeon sur ceux que, depuis ce jour là, la garnison appela les «  parachutistes. »

Pendant plusieurs jours, jusqu'à l’extermination de nos camarades Juifs, nous avons subi ce traitement.

Beaucoup d’années ont passés depuis ce temps, mais ces images sont restées gravées au fond de moi-même. Comment les oublier ? Comment imaginer que l’on puisse traverser de telles «  offensives » en  ne recevant que quelques coups de matraques. ?

Quelques extraits des pages 11, 12 et 13

Les 186 marches de Christiane Bernadac :  édition France-Empire

23:55 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/04/2010

Le train de la mort

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Au lendemain du débarquement de juin 1944, les différents services de police et de sécurité du Reich, pour une fois d’accord estiment que la masse impressionnante des détenus des prisons de France ne doit en aucun cas grossir les effectifs des forces alliées d’invasion ou de la résistance, mais au contraire participer dans les camps de concentration à l’effort de guerre allemand. Rassemblés dans le centre de triage de Compiègne, ces prisonniers alimentent les derniers grands convois de la déportation.

Le 2 juillet 1944, ils sont plus de 2 000 entassés dans les wagons à bestiaux du train 7 909. Cent hommes par wagon. La température extérieure est de 34 degrés. Les gardiens, irrités par un sabotage de voie et un déraillement de locomotive, interdisent le ravitaillement en eau. Les déportés sombrent dans la folie…des bagarres éclatent … Le 5 juillet, sur le quai de débarquement de Dachau sont alignés plus de cinq cents cadavres de « voyageurs ».

Christian Bernadac a recherché et trouvé 340 survivants du train de la mort et 215 témoins extérieurs (cheminots, personnel de la Croix-Rouge, etc.) Cette enquête sans précédent et trois cents manuscrits inédits, rédigés spécialement pour ce livre ont permis à l’auteur de reconstituer minutieusement le voyage et l’histoire de chaque wagon.

Ce livre hallucinant est unique dans le domaine de l’enquête historique, un genre ou Christian Bernadac s’est déjà particulièrement illustré.

Edition : France-empire

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Extraits du livre:

Et la tragédie continua, les hommes perdant connaissance, s’affaissaient sur leurs voisins. Ceux-ci  tentaient de les soutenir ou de les rejeter, mais s’affalaient bientôt sous leur poids. Dès qu’un membre, bras ou jambe, se trouvait pris sous un corps, il était impossible de le dégager et, tôt ou tard, on se trouvait enseveli sous d’autres corps. Beaucoup périrent étouffés par le poids des corps dont ils n’avaient pu se dégager ; d’autres perdirent la raison, c’est ainsi que Barrois se figurait jouer une partie d’échecs avec moi. Son délire fut bref et il s’endormit sans souffrances. J’assistais impuissant à la mort.

Quelques-uns devinrent fous furieux. Ils se mirent à frapper leurs voisins ç coups de poings, de souliers, de gamelles…à sauter, à courir d’un bout à l’autre du wagon en écrasant les camarades. Ceux-ci, en se défendant, perdaient le peu de force et de souffle qui leur restait et succombaient à leur tour.

Page 181 –

Avant le départ de Compiègne, les Allemands découvrent la fouille, un couteau dans la paille du wagon : nous serons privés d’eau. Je crois que cette punition, tout en aggravant nos souffrances, va contribuer à ce que notre wagon n’ait pas de mort : nous avons moins chargé l’atmosphère de l’humidité saturée d’urée de la transpiration. Ce n’est pas le seul facteur favorable. Des camarades, dont je regrette infiniment de ne pas connaître l’identité vont établir une discipline raisonnable dans les postures des cent prisonniers et leur relève périodique. On bougera le moins possible. Des hommes se relaient pour faire circuler l’air confiné en balançant des couvertures. Quand à la situation, elle est celle de tout le train ; à peine une mince fente dans la clôture hermétique… J’estime, avec l’expérience des séjours (brefs) dans des étuves d’essais, que la température a atteint 70°C. La journée est atroce, d’autres le diront mieux que moi, chez lesquels la situation est plus grave encore, faute de discipline.

J’ai à peu près perdu connaissance lorsqu’un camarade me sauve sans doute la vie en me hissant au contact de la fente que j’ai signalée : c’est longtemps après que j’ai appris son nom, celui de l’accordéoniste André Verchuren, auquel je garde toute ma reconnaissance.

Page 215 et  216.

 

01/04/2010

La femme de l'officier nazi

La femme de l’officier nazi

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Chronique vraie de la vie quotidienne dans l’Autriche nazie, récit intime du combat d’une femme contre la mort programmée, méditation bouleversante sur les tragiques déchirements de l’identité, Voici un chapitre, aussi inédit qu’indispensable, de l’histoire de la Shoah.

1938. vienne ouvre les bras à Hitler et sombre très vite dans la terreur antisémite. Arrestation par la Gestapo, confinement dans le ghetto, étoile jaune sur le manteau, envoi dans un camp de travail : la jeune Edith Hahn devra traverser seule toutes ces épreuves. Alors que sa mère est déportée et que son fiancé l’a abandonnée, elle choisit de fuir et  de gagner Munich sous une fausse identité. Là, elle rencontrera Werner Vetter, un nazi qui amoureux d’elle, l’épousera malgré l’aveu de sa condition juive.

Du filet tentaculaire des S.S. à la réalité vécue de la clandestinité, de la délation ordinaire à l’aide des anonymes, de son impossible union à la naissance de sa fille dans un hôpital du Reich en 1944, Edith Hahn raconte, sans concession mais avec une extrême sensibilité, l’enfer de la guerre, la banalité du mal et le terrible dilemme de la survie.

Un livre de femme. Un témoignage hors du commun. Un appel à la conscience.

Née à Vienne en 1914, divorcée de Werner Vetter en 1947, edith Hahn  Beer vit aujourd’hui en Israël. C’est à la demande de sa fille, Angela, qu’elle a écrit son autobiographie en compagnie de l’écrivain Susan Dworkin.

Auteur Edith Hahn Beer avec Susan Dworkin édition : JC Lattès.

 

17/03/2010

Les mannequins nus : I Auschwitz

Les mannequins nus : 

I Auschwitz

 

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Poursuivant son hallucinante enquête sur les camps de la mort, CHRISTIAN BERNADAC aborde avec les MANNEQUINS NUS, le premier dossier d'une nouvelle série consacrée aux camps de femmes.


On ignore en général que l'enceinte d'Auschwitz abritait, à l'ombre des fours crématoires, un immense camp de femmes; un camp où chaque déportée, dépouillée de cette enveloppe qui la rattachait à son passé, est précipitée dans un monde qu'elle est incapable de comprendre ou d'imaginer. Nue, elle n'a que quelques jours pour se fondre dans la masse, pour réaliser l'amalgame, pour n'être plus que le numéro matricule d'une série, d'un block, d'un kommando. Elle devient un MANNEQUIN NU, un objet. Ces femmes d'Auschwitz ont connu la pire existence concentrationnaire, mais elles ont su comme les hommes, peut-être mieux qu'eux, s'organiser, s'entraider, résister. Beaucoup, malgré la hiérarchie saris cesse préoccupée de trancher les franges de la masse, sont sorties de ce « troupeau de choses » pour ébranler le Système.


Recherchant et retrouvant documents et témoignages inédits, CHRISTIAN BERNADAC retrace ces miracles quotidiens de la survie et de l'espoir. Peu à peu, de cet enchevêtrement de crânes tondus, émergent les visages paisibles du refus.. Mala la Belge, Danielle la Française, Régina la Russe, Bell, la Polonaise.

De Christian Bernadac éditio, France-Empire

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Extrait du livre : page 220 et 221

Du revier (sorte d’infirmerie) chaque jour je voyais fumer le crématoire de l’aube jusqu’au crépuscule, et arriver les trains : un, deux, trois, quatre, jusqu’à sept par jour en cette mi-juillet 1944.Quarante wagons par trains, deux cents déportés par wagon, soit trente à cinquante mille par jour à cette époque, dont quelques centaines à peine pénétraient dans le camp de plus en plus surpeuplé.

Un soir de juillet, une fumée plus âcre qu’à l’ordinaire parvint jusqu’à nous, l’ambiance était plus lourde encore que d’habitude. J’appris bientôt le drame : le gaz manquant, le S.S. avaient ordonné aux commandos du crématoire de creuser des tranchées, les enfants y furent jetés, recouverts de pétrole et brûlés vifs.

Du revier, chaque matin, je voyais défiler de l’autre côté de la strasse ces colonnes interminables de femmes qui partaient au travail, des femmes qui  n’en étaient plus, qui étaient transformées les unes en furies, les autres plus nombreuses en êtres qui paraissaient vidés d’âme, ralenties , au regard vide. A les voir défiler, je découvris avec consternation que mes camarades, dont je venais de me séparer, étaient aussi détériorées que les autres et je réalisais là seulement, à sa pleine mesure, ce qu’était Birkenau où nous étions en train de vivre et de mourir.

Quand vous me demandez : « Vous médecins, qu’avez-vous pu faire ? » Je ne peux répondre que : rien, rien du tout, sinon favoriser l’admission au revier de quelques camarades épuisées et les faire ressortir le plus vite possible ; être là près des agonisantes qui s’accrochaient à nous, qui nous imploraient, nous racontaient ce que fut leur vie, ce qu’elles voulaient retrouver, leur désir immense de revenir, et qui me semblait-il me suppliaient de rendre ce retour possible. Nous ne pouvions que bander ces plaies avec du papier, inciser  les abcès sans matériel stérile, sans anesthésie. On ne pouvait qu’être là, à côté et avec, à ce bercer des mêmes espoirs fous, à délirer avec elles et à faire des gestes qui nous rassurent.

Témoignage de Myriam david, née en 1917,  passa sa thèse en juillet 1942. Israélite, entre en novembre 1942 dans le mouvement de résistance, combat. Arrêtée en décembre 1943. Déportée à Auschwitz

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Extrait du livre page 114

Les crématoires.

Les corps encore chauds passent par les mains du coiffeur qui tond les cheveux et du dentiste qui arrache les dents en or. Récupération systématique par une bande d’assassins qui ne laisse rien au hasard. Et maintenant, un incroyable enfer commence. Les hommes- comme cet érudit avocat de Salonique ou comme cet ingénieur de Budapest-que je connaissais si bien, n’ont rien d’humain. Sous les coups de crosse et de cravache des S.S., ils courent comme des possédés cherchant à se débarrasser le plus vite possible de la charge attachée à leur poignet.-

-          Une fumée noire, épaisse, s’échappe des fosses.

-          Tout ceci se passe si vite, tout ceci est si invraisemblable que je crois rêver. L’enfer de Dante me paraît alors vieille et simple allégorie.

-          Une heure après, tout rentre en ordre. Les hommes enlèvent des fosses les cendres qui s’amassent.

-          Un convoi de plus venait de passer par crématoires 4.

-          Et ceci continua jour et nuit. On est arrivé pour l’ensemble des crématoires et des fosses au chiffre effarant de vingt-cinq mille corps brûlés par 24 heures.

-          Au moment des déportations massives de Juifs hongrois, en l’espace de deux mois et demi    (mai-juin) quatre cent mille y passèrent. Les nazis ont souvent affiché, tant dans leur propagande que dans les discours officiels, leur mépris de l’or. Ceci ne les a pas empêchés de récupérer sur leurs victimes – entre la mise en service des crématoires et le mois de novembre 44, date à laquelle, ils ont cessé de fonctionner – dix-sept tonnes du précieux métal jaune.

Témoignage du docteur Paul Bendel ( rapport pour le procès de Nuremberg)

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Infirmière à Auschwitz, témoignage

 

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Une déportées sur un lit du Revier, sorte d'infirmerie, qui est plutôt un endroit pour mourir. une photo qui a été prise au camp de Sachsenhausen à la libération du camps, on ignore si cette femme très affaiblie a survécu.

Il y avait cette femmes, arrivée avec nous, et que je ne reconnaissais pas, bien qu'elle me dit qui elle était.Squelettique, sa jambe gauche était énorme, tendue, violacée, l'autre réduite à l'état d'un bâton.

Notre chef l'amena hurlante, la bousculant parce qu'elle ne pouvait marcher.Etandue sur la table de soins, elle se mit à hurler d'une façon si intolérable que, avec le sang-froid qui la caractérisait, la docteresse l'étourdit d'un direct à la mâchoire et, profitant de cette anesthésie, elle fit une large incision du mollet d'oû sortirent des litres de pus noirâtre.

Quand elle revint à elle, elle ne fut plus capable que de délirer.Elle parlait beaucoup et tint des propos incohérents jusqu'à sa mort.

J'hésitais à refaire le pensement, mais le papier (les pensements étaient fait en papier) fut si vite imprégné qu'il fallait s'y résoudre.

Je découvrais alors un membre envahi d'asticots. Heureusement la malheureuse était dans une demi-inconscience, mais bien des jours passèrent avant qu'elle ne quittat ce monde d'horreur.

Ce témoignage est de Myriam David,un extrait du livre "Les mannequins nus" de Christian Bernadac

           

07/02/2010

Les médecins de l'impossible

Les médecins de l'impossible

De Christian Bernadac

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Le block 7 d'Auschwitz

Le docteur Désiré Haffner a bien connu le Block. 7 à Auschwitz

« Les descriptions qui nous restent des hospices du moyen Age auraient paru un rêve merveilleux à ces malheureux. Tout autour du block se dégageait une odeur lourde, de diarrhéique, de cadavre, de vermine.  Dans la cour, des centaines de cadavres et d’agonisant sur lesquels, il fallait marcher pour entrer dans le block. Là, plus de mille malades entassés dans des conditions indescriptibles, donnaient l’impression d’une véritable cour des miracles. L’atmosphère chargée de toute une série d’odeurs nauséabondes, était presque  irrespirable. Aucun classement par maladie : dans la même niche voisinaient un phlegmon et un typhus exanthématique, un œdème par carence et un pneumonique. Aucun médicament n’était distribué, et des coups jusqu’à la dernière minute. Les rations alimentaires étaient très réduites : le tiers ou le quart de la ration normal, car le vol prenant dans ce block des proportions scandaleuses. Une souffrance supplémentaire était encore imposée à ces hommes exténués et malades : la soif, le supplice atroce pour ces fiévreux à 40°. Une souffrance morale s’ajoutait à cette souffrance physique : l’attente des voitures qui devaient les conduire aux chambres à gaz. »

 Extrait du livre : page 389

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Cette fois, c’est notre tour.

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Cette fois, c’est notre tour. Cette fois, ils s’arrêtent devant la porte. Nos dents claquent, nos nerfs sont tendus à craquer. Les camions ont stoppé devant notre block. La porte s’ouvre toute grande. Une bande de SS se rue avec fracas à l’intérieur.

La Blokowa avait placé son personnel aux portes pour faire sortir les malades de leur lit. Une bataille commence. Il y en a qui sortent dociles, résignées, le regard absent, mais d’autres se couvrent la tête de leur couverture et ne bougent pas, ou bien s’enfoncent dans leur paillasse. D’autre encore courent comme des  bêtes traquées à la recherche d’un abri. Les SS nous poussent à la  besogne, mais sont obligés de mettre eux-mêmes la main à la pâte et de traîner les victimes devant la secrétaire du block qui, liste en main, contrôle minutieusement le matricule sur le bras, tout en les comptant. Le SS responsable se tient à ses côtés avec une copie de la même liste et compte également. Une porte du block étant condamnée pour la circonstance, les femmes sont poussées dans la direction de l’unique sortie qui aboutit dans un vestibule d’où les SS et leurs aident les chargent sur des camions comme du linge sale. Arrivées près du vestibule, certaines se débattent encore, opposant une ultime résistance. Les SS frappent. Parmi les cris de douleurs, on entend des femmes lancer aux infirmières des adieux et des messages pour leurs parents et amis.

Le block se vide. Les dernières victimes qui gisent à terre, dans les passages entre les gravats et le poêle, sont traînées par les SS vers la porte. Mais le compte n’y est pas. Quatre numéros manquent. Les SS nous harcèlent : «Los, los, schneller ! » D’abord en menaçant que si nous ne les trouvons pas, ils en prendront quatre parmi nous. Ensuite par des promesses. C’est Tauber qui nous réunit pour nous annoncer que celle qui les trouvera aura du « zulage » ( une ration supplémentaire de pain et de saucisson). Mais, encore une fois, ils sont obligés de grimper eux-mêmes sur les grabats supérieurs où ils trouvent trois femmes enfouies dans la paille de leur paillasse. Ils les en sortent avec sauvagerie, en les rouant de coups. Elles tombent à peu près mortes. On les emporte sur le camion. Il en manque toujours une. Les SS s’impatientent. Ils en ont visiblement assez de ce « jeu ». Ils décident de faire partir le dernier camion. Auparavant, ils s’adressent à la secrétaire : « Si demain ton « schmuck-stück » n’est pas retrouvée, c’est toi qui iras à sa place. » La secrétaire est blême.

Les SS partis, nos nerfs lâchent. Une se trouve mal, une autre a un accès de spasmes. Quelques-unes parmi nous s’enfuient du block comme des folles. Nous  ne savons plus si ce que nous venons de vivre était  réel ou si nous avons rêvé un cauchemar d’enfer. Et brusquement, la malade introuvable, sortie, mais d’où ? Se trouve parmi nous.  La secrétaire et la blokowa l’assaillent. La secrétaire lui lance ce reproche : « Comment as-tu osé mettre ma vie en danger ? » La pauvre gosse, une vingtaine d’années, tremble de tous ses membres et sanglote. Elle tremble encore quand, enveloppée dans un tas de couvertures désormais inutilisées, nous la couchons sur un grabat. Le lendemain, nous l’avons trouvée sur sa couche, morte d’émotion et d’épuisement.

Extrait du livre : page :376 ( Auschwitz : la solution finale)

00:07 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, ss |  Facebook |

06/02/2010

Les médecins maudits

Les médecins maudits

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A Dachau, dans une piscine où flottent des pains de glace, des déportés attendent que le froid les tue, sous le regard vigilant de scientifiques qui mesurent leur temps de survie. A Auschwitz, Mengele fait étudier in vivo les secrets de la gémellité, afin que les femmes du IIIème Reich donnent deux fois plus d'enfants à leur Führer. Ailleurs on brûle les détenus ou on leur tire dessus pour découvrir comment mieux soigner les soldats allemands victimes de bombes ou de balles. A Buchenwald, Mauthausen et Ravensbrück, des vaccins approximatifs sont testés, inoculant le typhus, le choléra ou la tuberculose plus souvent qu'ils n'en prémunissent. Dans tous les camps de concentration, des médecins, des professeurs d'université choisis par Himmler et encouragés par Hitler pratiquent sur le matériel humain voué à l'extermination des expériences atroces. Christian Bernadac a retrouvé certains des survivants de cette barbarie, marqués à jamais par l'épreuve et les souvenirs. Leur témoignage, et le dépouillement d'archives pour la plupart inédites, lui ont permis de retracer la monstrueuse histoire de ces essais thérapeutiques d'évoquer la souffrance et la mort des cobayes sacrifiés, et de nous remettre en mémoire l'un des chapitres les plus immondes de la Seconde Guerre mondiale.

La stérilisation sur les jeunes filles.

Extrait du livre

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Une des expériences les plus lamentables fut la stérilisation par les rayons X de toutes les jeunes filles de seize à dix-huit ans. Des frêles créatures délicates, dont les souffrances révoltaient… Les petites revenaient le soir dans un état effrayant. Elles  vomissaient sans cesse et se plaignaient de douleurs abdominales atroces. Nombreuses furent celles qui durent s’aliter durant des semaines et même des mois. Nombreuses furent celles atteintes de brûlures radiologiques dort étendues nécessitant des pansements de longue durée.

 Il faudrait aussi parler des petites bohémiennes de Ravensbrück, des fillettes dont on ne peut pas oublier la vue, par terre dans les corridors du revier, se tordant de douleur après la stérilisation. Car les « essais » des « savants » portaient aussi sur des enfants. Une déportée Gustawa Winkowska demanda au docteur Treinte, spécialiste de ces stérilisations : Pourquoi aussi sur eux ? Il fait les stériliser très jeunes car ils sont capables d’avoir des enfants à treize ans.


Kommandos de femmes

Kommandos de femmes

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Poursuivant son hallucinante enquête sur les camps de la mort, Christian Bernadac aborde avec "Les mannequins nus", le premier dossier d'une nouvelle série consacré aux camps de femmes.

On ignore en général que l'enceinte d'Auschwitz abritait, à l'ombre des fours crématoires, un immense camp de femme, un camp où chaque déportées, dépouillées de cette enveloppe qui la rattachait à son passé, est précipitée dans un monde qu'elle est incapable de comprendre ou d'imaginer.

Nue, elle n'a que quelques jours pour se fondre dans la masse, pour réaliser l'amalgame, pour n'être plus qu'un numéro matricule d'une série, d'un block, d'un commendo.

Elle devient un mannequin nu, un objet.

Ces femmes d'Auschwitz ont connu la pire existence concentrationnaire, mais elles ont comme les hommes, peut-être mieux, s'organiser, s'entraider, résister.

Beaucoup malgrè la hiérarchie sans cesse préoccupée de trancher les franges de la masse, sont sorties de ce "troupeau de choses" pour ébranler le système.

Recherchant et retrouvant documents et témoignages inédits, Christian Bernadac retrace ces miracles quotidiens de la survie et de l'espoir.

Peu à peu, de cet enchevêtrement de crânes tondus, émergent les visages paisibles du refus...

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extrait du livre

Ce matin ce fut le drame, un drame atroce.

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Un SS, lâche ces chiens sur un juif

Nos gardiens ont lâchés leurs chiens sous prétexte de nous faire sortir plus vite de la baraque.

J’aime les bêtes en particulier les chiens que je n’ais jamais craint ; à cet instant je connais la peur panique, une peur qui prend au ventre et qui paralyse. Une des bêtes fonçait sur moi. C’est une des bêtes puissante, solide sur pattes, au pelage fauve. Dans un éclair, je vis la gueule ouverte. Ses babines retroussées laissaient voir des crocs luisants, prêts à déchirer. Ses oreilles bien droites pointaient ; ses yeux semblables à deux billes en jais, lançaient des éclairs de fureurs ; sa langue pendait.

La bête respirait la force et les jarrets musclés, dans l’effort, entrainaient son corps par bond successifs. J’entendais son souffle rauque et saccadé. Un peu d’écume recouvrait ses flancs et son poitrail d’un beige clair. La peur, cette peur contre laquelle on ne peut vraiment rien, me clouait au sol ; c’est peut-être grâce à elle que je fus sauvée de l’inévitable. J’avais entendu dire que lorsque un chien furieux attaque, il faut éviter de bouger et encore moins fuir.

J’étais donc là, face au chien, immobile, le fixant dans les yeux ; la bête à un mètre, les pattes avant raides, l’arrière)train baissé, prête à bondir sur moi, était à l’arrêt. Un filet de bave allait se perdre dans ses poils. Intensément, nous nous fixions. Qui, de la bête ou de moi allait céder ? Je savais qu’il me fallait tenir, je le voulais de toutes mes forces, autrement elle se jetterait sur moi.

C’est le chien qui, un instant, fut distrait de sa garde vigilante. Une femme « paniquée » se sauva derrière moi en courant. Les sens toujours en alerte la bête ne fit qu’un bond, me frôla et retomba lourdement sur sa victime qui s’affala et retomba lourdement sur sa victime qui s’affala comme un sac de son. Les pattes puissantes aux griffes pointues lacérèrent la pauvre robe rayée, les crocs blancs cherchèrent la gorge.

La femme à terre, se protégeant le visage de ses bras, hurlait d’épouvante et de douleur ; le chien excité par l’odeur du sang était comme fou ; un bruit de chair déchiquetée, d’os brisé mit le comble à sa sauvagerie.

Impuissante devant ce drame atroce, j’assistais à l’agonie de cette malheureuse. Que cela cesse ! Que ce cauchemar finisse ! Qu’il rappelle sa bête.

Le chien tenant dans sa gueule un des bras de la femme la secouait de droite à gauche pareille à une poupée de chiffon.

Soudain un coup de sifflet strident stoppa net les élans du chien qui, à regret, un lambeau d’étoffe accroché à une dent, abandonna la femme toute sanglante et s’assit, en chien bien dressé, attendant les ordres de  son maître. Le soldat allemand partit enfin, la bête sur  ses talons. Un silence lourd d’horreur plana devant la baraque entrecoupé seulement des plaintes et des sanglots de la femme  blessée que nous n’avions pas le droit de secourir…

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Ce qui fut le pire:

la peur

Ce ne fut pas le froid, si cruel, dont la seule pensée faisait pâlir les plus courageuses, le matin avant l’appel.

Ce ne fut pas la faim, compagne inséparable de toutes les heures, inspiratrice de nos rêves et sujet de nos conversations.

Ce ne fut pas le travail, pic si lourd entre nos mains affaiblies ou longues heures de la nuit, debout, devant  une machine.

Ce ne fut pas la saleté, celle de la voisine et la sienne. On s’habitue à sentir courir sur son corps des centaines de poux, à l’odeur de la dysenterie, à la laideur, aux coups…

Mais le pire, ce fut de voir mourir ses camarades. L’une après l’autre, elles prenaient ce visage à la fois creusés et bouffi, qui vous faisait penser : « elle n’en a plus pour longtemps » Et un matin, dans la salle où nous couchions, huit cents entassées, sur la terre battue, nous trouvions près de nous un corps déjà froid. Si grande était notre faiblesse que la mort était douce, et facile le passage hors de cette humanité dont nous semblions déjà rayées.  Nous évoquions alors les journées  passées avec la morte, les beaux projets communs, les petits enfants dont elle parlait souvent, ou la vieille maman qui  attendait en France, si loin… Et nous frissonnions à cause de tous ces rêves vains, à cause de ces espoirs déçus, et aussi, un peu sans nous l’avouer, parce que nous avions peur d’être un jour ce pauvre cadavre dont le bras dépasserait sous le morceau de toile à sac, dans la charrette où l’emmènerait quelque part en forêt, une équipe de Polonaises bavardes et inconscientes. Nous nous sentions un peu plus seules, un peu plus abandonnées…

Ce qui fut pire c’est de pensée à Madeleine, mon amie, que je croyais brûlée vive au revier, ou à Valentine, notre petite sœur d’adoption qui s’en alla doucement, sans faire de bruit, modeste et effacée jusqu’au dernier moment.

Ce qui fut pire, ce fut d’épier sur le visage amaigrie de ma sœur les signe de la mort, de la voir tomber évanouie près de moi pendant les appels, d’imaginer le retour à la maison sans elle, le chagrin de maman.

Rechlin, tombeau de mes camarades…Je ne pourrai  jamais entendre ce nom sans frémir d’horreur.


23:46 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camps, auschwitz |  Facebook |

05/02/2010

Afin que sache la jeune génération

Afin que sache la jeune génération

Afin que sache la jeune génération

 

Ceci est  un livre assez large avec beaucoup d'illustrations et d'explication, il a 325 pages
Je vous le conseille, il est très instructif sur la Shoah pour que personne n'oublie les atrocités que les juifs, les gitans et d'autres encore ont subit par la barbarie nazis sous le commandement d'Hitler.
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Depuis plus de 50 ans, Yad Vashem est un lieu de préservation de la mémoire universelle, un pont entre le monde détruit et la vie renaissante. Le nouveau musée inauguré en Mars 2005 est un pas de plus dans l'édification de la mémoire, du rôle éducatif de Yad Vashem et de son vaste fonds de connaissance.

« Afin que sache la jeune génération » est édité grâce à la région Ile de France. Ce livre en français est avant tout un splendide et émouvant album de photos, de documents, de reproductions d'œuvres d'art et de dessins. Un ouvrage de très haute qualité que même, et surtout, les jeunes peuvent feuilleter pour commencer à aborder cette partie de l'histoire ô combien douloureuse. Cet album est un véritable vecteur pédagogique et en même temps un livre témoin pour ne pas oublier.

Préfacé par le directeur de Yad Vashem, Avner Shalev, le livre invite le lecteur à dérouler les événements historiques de la Shoah : la création de Yad Vashem, le nouveau musée, le monde juif avant la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne nazie et les Juifs de 1933 à 1939, le déclenchement de la guerre et des violences anti-juives, les ghettos, la Solution finale, la déportation et l'extermination dans les camps de la mort, la Résistance et le sauvetage, le monde des camps, la libération des camps, les personnes déplacées et la création de l'Etat d'Israël, les Justes, le souvenir de la Shoah à Yad Vashem.

Pour acquérir cet ouvrage :

Comité français pour Yad Vashem : 01 47 20 99 57

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Extrait du livre

Témoignage de l'unique survivant de Belzec

0502090203

"Des Juifs et uniquement des Juifs arrivaient à Belzec...ils devaient se déshabiller, laisser leurs affaires dans la cour...Un instant plus tard les petits étaient arrachés à leurs mères, les vieux et les malades étaient jetés sur des brancards, les hommes et les petites filles poussés avec des crosses de fusils, encore et encore vers le chemin bordé de murs qui menait directement vers les chambres...Je pourrais dire précisément à quel moment chacun comprenait ce qui l'attendait...Nous trainions les corps de ces gens qui étaient encore en vie un instant auparavant hors des chambres à gaz; Nous utilisions des lanières de cuir pour les tirer jusqu'au immenses fosses communes qui les attendaient, et l'orchestre jouait tout le temps.Il jouait du matin au soir..."

moignage de Rudolphe Reder, unique survivant de Belzec

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La famille Ovitz

 nains

Shimshon Eizik Ovitz et sa femme ainsi que leurs dix enfants furent déportés de Marmarossziget          (Transylvanie) vers  Auschwitz.

Parmi leurs dix enfants, sept étaient nains. Avant la guerre, la famille Ovitz, amateurs de musique, avait monté un groupe dénommé « Lilliput » qui se produisait en Europe de l’Est.

En 1944, ils furent déportés à Auschwitz et devinrent les objets d’expériences médicales du Dr Josef Mengele. Après leur libération, ils retournèrent dans leur ville natale afin d’y monter à nouveau un groupe musicale.

Ils retrouvèrent les instruments miniatures qu’ils avaient cachés avant leur déportation et fondèrent une nouvelle troupe.



La voix des survivants

La voix des survivants

la voix des survivants 2

Lyn SMITH
Traduit par Jean Charles PROVOST

Ils étaient juifs, polonais, Témoins de Jéhovah, homosexuels, tsiganes, communistes ou prisonniers de guerre russes. Tous ont en commun d'avoir connu l'enfer des camps nazis. Et d'y avoir survécu.

Présentation du livre
Ce sont les témoignages d'une centaine de ces "voix oubliées" qu'a enregistrés Lyn Smith, professeur de sciences politiques, pour le compte de l'Imperial War Museum de Londres, sur une période de vingt-cinq ans. Avec leurs propres mots, ces rescapés de l'inconcevable racontent comment la terreur nazie a peu à peu affecté leur vie quotidienne, jusqu'à l'horreur des ghettos, des camps de concentration ou d'extermination et des marches de la mort.

Quels qu'aient été à l'époque leur âge, leur nationalité, leur confession et leurs convictions politiques, tous s'expriment avec une retenue et une pudeur qui contrastent avec l'étendue des sévices moraux et physiques qu'ils ont subis. Et pourtant, à travers ces récits de cruautés banales ou d'atrocités inimaginables rayonnent comme par miracle des moments d'espoir et de grâce.

Emouvant témoignage du courage et de la volonté des hommes, La Voix des survivants est un livre important et nécessaire.
Une contribution essentielle au devoir de mémoire.

Ce qu’il reste de nous

Ce qu’il reste de nous

Ce qu'il reste de nous 2

écrit par Murielle Allouche et Jean-Yves Masson.

Il est des héritages qui n’épargnent pas, des pans de l’histoire que l’on ne peut oublier. Pour la première fois, trois générations sons rassemblées dans un même ouvrage et nous font par de leur expérience de la Shoah. Les uns ont échappé par miracle à une mort programmée par le régime nazi, les autres ont grandi et construit leur identité avec le lourd passé de leurs parents : jamais des déportés n’avaient témoigné aux côtés de leurs enfants et de leurs petits enfants. Personnages médiatisés ou témoins inconnus, tous se sont confiés à Murielle Allouche et Jean-Yves Masson qui nous transmettent ici leurs lettres inédites, accompagnées de dessins d’un implacable réalisme. Des récits poignants, des dessins extraordinaires, un bouleversant travail de mémoire.

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Les nazis considéraient les juifs comme des sous-hommes, des bêtes malfaisantes et les massacraient de sang-froid, indifférents. Leurs crimes devenaient ainsi légitimes à leurs yeux. Cela semble invraisemblable et, pourtant, ces nazis qui étaient de vulgaires assassins arrivaient à se comporter en bon pères de famille en rentrant chez eux.

Lorsque je vais dans les écoles pour témoigner devant des jeunes entre 11 et 17 ans, ils me demandent souvent si je ressens de la haine aujourd’hui. Je donne généralement en réponse ce que j’ai écrit dans mon livre, «  le Soleil voilé :

«  La haine résulte plus d’un trait de caractère que d’expérience, aussi dramatique soit-elle. Les gens haineux sont malheureux et le resteront même lorsque leur haine sera temporairement assouvie. Je les plains. La religion juive, tout comme la religion chrétienne, recommandent d’aimer son prochain. En guise d’interprétation, aimer l’autre, c’est déjà s’aimer soi-même et par conséquent, la haine ne peut fondamentalement naître que de la haine de soi. Si aujourd’hui j’éprouvais encore de la haine, j’aurais le sentiment de ressembler à mes bourreaux. » Rien ne peut se construire sur la haine !      

Par Paul Schaffer

Extrait du livre :  page 84 et 85

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Extrait du livre :

Résister encore face à l’insoutenable.

Un matin alors qu’il partait pour les travaux forcés, un des amis d’infortune, brûlant de fièvre, était incapable de se tenir debout. Albert le supplia de se lever. Il le fallait, à tout prix. Sinon, c’était la mort. A son retour des travaux forcés, son ami avait disparu. Albert le chercha partout et retrouva le corps de ce malheureux dans un bassin de chaux vive ! « Il bougeait encore, il bougeait encore… », disait mon oncle : Les détenus servait de cobayes, et mon oncle n’a pas échappé à la règle : piqûres pour de prétendus examens médicaux, dents arrachées à vif pour fabriquer des prothèses dentaires pour les soldats allemands…

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Encore un extrait du livre

un rapport à la déportation spécifiquement féminin

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Charlotte raconte un rapport à la déportation spécifiquement féminin, un rapport à la propreté et à l’hygiène que j’ai bien connu. Nous n’avions plus nos règles au camp mais n’empêche que nous avions besoin d’une toilette intime et l’on ne pouvait pas se laver. Les premiers temps, quand je suis arrivée à Birkenau, on se débarbouillait avec de la neige. Mais ensuite, la neige a fondu. Alors on a trouvé un autre moyen. Sortir du bloc pendant le couvre-feu était strictement interdit et très dangereux. Et pourtant, avec trois camarades, nous nous faufilions la nuit pour aller rejoindre les lavabos. Nous nous y rendions une ou deux fois par semaine. Car malgré la désinfection, on était infectées de poux et l’on avait remarqué que, par peur de la gale, les médecins sélectionnaient non seulement les plus faibles mais aussi les filles qui avaient des boutons. Il était donc vital que nous n’en attrapions pas. On se lavait juste avec de l’eau, comme ça. On essayait de se procurer de la poudre à récurer les machines et un petit bout de chiffon que l’on se passait sur le corps en guise de savon, pour décrasser. On avait très vite conclu que se laver, c’était la survie. Et on a eu une chance inouïe : jamais nous n’avons été interpellées. Et jamais nous n’avons attrapé de boutons !

 

La marche de la mort

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Nous sommes donc partis, dans l’après midi du 18 janvier 1945… Nous étions plus de dix milles à marcher dans la neige. On marchait… On marchait sans cesse, sur vingt centimètres de neige, par -25° c, à peine habillés, presque squelettiques, sans même nous arrêter pour dormir ou rarement, tandis que les SS nous surveillaient. Nous pesions entre trente-cinq et quarante-cinq kilos. Ceux qui ne pouvaient plus avancer ou qui essayaient de se cacher, les SS les achevaient d’une balle dans la nuque sur le bord de la route, dans la neige, cet épisode, c’est la « marche de la mort ».

Extrait du livre, page 103




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04/02/2010

De terre et de larmes

De de terre et de larmes.

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1940-1945.

L'histoire tragique vécue par une famille juive déchirée entre la Belgique, la france et l'Italie, à l'époque où le Nazisme et la gestapo sévissaient et où, au risque de leurs propres enfants, de braves gens cachaient, malgré tous les dangers, de jeunes enfants juifs.

( Il n'est pas d'aujourd'hui mais si vous pouvez vous le procurer, acheté le car il en vaut la peine. Je l'ai trouvé en deuxième main )

On peut faire plusieurs lectures de ce livre.
Les uns suivront, fascinés, l'histoire palpitante d'une famille.
d'autres retiendront surtout l'histoire de cette terrible seconde guerre mondial en occident.
d'autres encore s'intéresseront particulièrement aux aspects culturel et psychologique de l'antisémitisme et sa conséquence, la shoah, auquel les populations des divers pays réagissent différemment.
Avec l'auteur, nous pénétrons dans des réseaux de résistances et déterrons des révélations surprenantes.
et puis, il y a l'incroyable vision du tout petit enfant qui n'a rien oublié.
En fait, tous ces aspects de l'oeuvre s'intègrent parfaitement et nous donnent des images saisissantes d'une période les plus sombres de l'humanité.

Message de ferveur et d'espérance, cette histoire de gens simples est un cri d'alarme contre l'indifférence et l'égoïsme des nations qui affichent de grands sentiments mais s'en tiennent toujours à leurs petits principes.

De A.S.Scheinowitz,
Editions Foxmaster

21:02 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gestapo, shoah |  Facebook |

La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique

Mechelen- Auschwitz 1942-1944

La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique

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Mecheln-Auschwitz. 1942-1944 est une série trilingue (néerlandais, français, anglais) en quatre volumes portant sur la persécution et la déportation des juifs et des Tsiganes du SS-Samemmellager, situé dans la caserne Dossin à Malines, vers Auschwitz.

De 1942 à 1944, la caserne Dossin a servi de camp de rassemblement des juifs et des Tsiganes de Belgique et nord de la France en vue d’une déportation sans retour.

Le premier volume de cette série, synthèse historique des persécutions racistes et antisémites en Belgique et dans le nord de la France, présente une histoire complexe et mouvementée des actions, réactions et interactions entre occupant, l’occupé et les persécutés confrontés à la « solution finale ». L’histoire de chaque transport y est également relatée.

Les deux tomes suivants dévoilent, transport après transport et wagon par wagon, les portraits de 18 522 des 25 259 déportés, rendant un visage aux victimes du génocide. De courte biographies retracent le sort de quelques déportés.

Le quatrième volume consiste en une liste alphabétique, revue et corrigée, des noms des déportés, enrichie par de notes relatives à leurs destinées.

Du Musée Juifs de la déportation et de la résistance

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Visages des déportés : transports 1-13

 

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Ces deux tomes dévoilent, transport après transport et wagon par wagon, les portraits de 18.522 des 25.259  déportés, rendant un visage aux victimes du génocide. De courtes biographies retracent le sort de quelques déportés.

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Visages de déportés: transport 14 -26

 

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Les rafles d’Anvers-le dispositif

Caserne Dossin Malines

L'Aufnahme. Dessin par Irène Spicker-Awret.
(© Beit Lohamei Haghetaot)

Extrait du livre : Mechelen- Auschwitz 1942-1944, La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique.

Les rafles anversoises du mois d’aout livrent au camp de rassemblement 1.788 Juifs arrêtés dans un périmètre restreints, 845 pris dans la nuit du 15 au 16 août et une centaine de plus.

943 dans celle du 28 au 29 août. Cet effectif raflé est complété par 120 autres arrestations, toujours menées à Anvers dans le même laps de temps, mais éloignés des centres névralgiques de ces opérations massives. En deux coups, dans ces périmètres, 11% de la population Juive anversoise sont capturés. Toutes proportions gardées, ces deux nuits de rafle à Anvers ont l’ampleur des deux journées de la grande rafle parisienne, un mois plus tôt. Dans le Vel’d’hiver « belge », la police anversoise n’effectue seule tout le travail qu’à la deuxième nuit. Page 155

Autre extrait :

Dans la Leeuweristraat, une rue perpendiculaire, les allemands raflent 130 hommes, femmes et enfants, du numéro 3 au 62. Au 55, ils emmènent la famille du petit Maurice Pfefer, l’un des enfants isolés déportés par le transport 11 : son frère ainé, Marcel, son père, Wolf et sa mère, Ruchla Zalcberg, tous déportés par le 4 è transport. Dans la Lentestraat, une toute petite rue adjacente, 84 Juifs sont arrêtés à leur domicile. Au 8 de la rue, Ryfka Gliksman, seule avec ces deux fils, Simon, 5 ans et Oscar 16 mois, sont inscrit sur la liste de déportation du 5è transport, voués à la mort à leur arrivée à Birkenau.Au dernier numéro où frappe la rafle , le 39, toute la famille Wroclawski est arrêtée. Le père, Chil, la mère, Chana Bulwik et leur deux enfants, Betha, 4 ans et charlotte, 8 mois, sont également évacués sans retour par le 4è transport. Dans cette même maison, deux autres habitants sont pris, Menachem Schleier, 84 ans, et son épouse, Dwora stein, 68 ans. Ils sont eux aussi déportés à jamais.

A 500 mètres de la Lentestraat, la Marinisstraat constitue le second noyau de cette opération. Du numéro 3 au 25, 109 personnes sont arrêtées et, dans trois rues adjacentes, 181 autres sont ramassées, 93 dans la Van Der Meydenstraat, 71 dans la Kroonstraat et 17 dans la Bouwensstraat. Toute cette population a été saisie chez elle, un samedi soir à la fin du Shabbat. Pages 159 et 160

Autre extrait

Inscrits à Auschwitz, les déportés de Malines deviennent officiellement des Judenschutzhäftlinge, des « détenus Juifs de protection ». Ce jargon administratif, qui se donne l’apparence de la légalité, ne signifie pas leur mise en détention préventive pour des actes répréhensibles. Dans ce cas, ils relèveraient de la justice et seraient passibles de condamnation à accomplir dans les prisons du système judiciaire. Au contraire, c’est précisément parce qu’ils n’ont pas commis de crime qu’ils sont internés dans un camp de concentration relevant de l’organisation de Himmler. Les SS, leur assignant une identité criminelle au nom d’une hygiène socio raciale, les internent  pour des crimes qu’ils y sont amenés pour servir de main-d’œuvre servile et renouvelable : une extermination par le travail.

Extrait du livre : Mechelen- Auschwitz 1942-1944, La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique.

Page 177


03/02/2010

On se retrouvera

On se retrouvera

On se retrouvera

Trois mois de détention dans les geôles des Fresnes, trois jours de convoi de Drancy à Auschwitz dans le même wagon à bestiaux, trois secondes pour s’éteindre et se promettre : « On se retrouvera … » Jacques et Madeleine Goldstein n’ont pas

vingt-cinq ans, le 1er mai 1944, lorsqu’ils sont séparés sur la rampe de Birkenau. « Tu vois ces flammes ? T’as plus de mari », lance une prisonnière à Madeleine. Un tel accueil ne lui laisse guère d’espoir. Piégés par la Gestapo pour faits de résistance, les Goldstein sont coupables, aux yeux de l’Allemagne nazie, d’un délit plus inexpiable encore : celui d’êtres nés juifs. S’ils doivent un jour se retrouver, ce sera dans l’autre monde. Mais parce qu’ils s’aiment, et parce qu’une petite fille de quatre ans les attend à Lyon, cachée par une nourrice, Jacques et Madeleine vont tenir. Au nom de tous les autres, ils s’extrairont de la machine de mort et d’humiliation. Pour se retrouver, après douze mois en enfer. Broyés, mais vivants.

de Madeleine Goldstein avec serge Filippini

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Cinq années dans le ghetto de Varsovie

Cinq années dans le ghetto de Varsovie

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Bernard Goldstein, auteur de ce livre, traduit en plusieurs langues, n’est pas un écrivain professionnel. C’est un témoin qui veut sauver de l’oubli le souvenir des événements terribles vécus sous la terreur nazie et celui de la lutte farouche et inégale menée pendant le soulèvement du ghetto pour sauvegarder la dignité humaine et réhabiliter l’homme en général.

Bernard Goldstein est né en 1889 dans une petite ville de Pologne, dans une famille nombreuse et très pauvre. A l’âge de 13 ans, obligé de travailler, il adhéra à l’organisation des enfants Juifs, puis se mit au service  du parti socialiste Juifs, le « BUND » auquel il resta dévoué jusqu'à la fin de sa vie. Ce parti fut son école, sa famille, son milieu, sa vie.

D’une grande intelligence, énergique, audacieux, Bernard Goldstein jouit de la confiance entière des dirigeants du « BUND » qui lui confièrent des missions impliquant de lourdes responsabilités. C’est ainsi qu’il devint le chef de l’ »autodéfense » que le « BUND » avait crées pour  lutter contre les pogromes sous le tsarisme. Envoyé en Sibérie par les autorités tsaristes en raison de son activité révolutionnaire, il fut libéré par la révolution russe de 1917. Déçu par les bolchéviques, il rentra en 1918 en Pologne, où il continua son travail de militant tant sur le plan syndical et politique qu’en organisant les cadres de l’autodéfense contre l’antisémitisme qui devenait de plus en plus menaçant en Pologne, surtout après l’avènement d’Hitler en Allemagne.

Bernard Goldstein mourut à New York en 1959

Auteur : Bernard Goldsteinéditeur ( La renaissance du livre)

 

Extrait du livre :

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Ceci se passait avant que le Ghetto soit formé et fermé.

Ces Volksdeutschen, en réalité des Polonais qui avaient vécu dans le voisinage des Juifs et les connaissaient bien, devinrent les plus dangereux des indicateurs, ces traîtres qui empoisonnèrent la vie des Juifs et les dépouillèrent de tous leurs biens en les tenant sous la menace d’une dénonciation. Ils indiquaient aux Allemands les Juifs qui profitaient de leurs traits aryens et montaient dans les tramways qui leur étaient interdits ou ceux qui ne portaient pas l’étoile de David. Ils leur désignaient les demeures des Juifs riches et recevaient en échange de leurs renseignements une partie des biens pillés. Ils montraient autant d’insolence que les nazis eux-mêmes.

Le Juifs vivait continuellement dans la terreur d’être arrêté, torturé, dépouillé. Il tremblait devant sa propre ombre, son voisin, le moindre petit voyou…

Vivant dans une telle ambiance, nous ne fûmes pas étonnés outre mesure, lorsqu’un pogrom éclata la veille de » la Pâque Chrétienne, au début du mois d’avril 1940. Des bagarres entre ouvriers Juifs et Polonais s’étaient déjà produites. Peu de temps auparavant, un voyou s’en était pris, rue Zombkowska, à un hassid Juifs et lui avait tiré la barbe et les favoris. A ce moment passait un ouvrier aux abattoirs, le camarade Fridmann. Prenant le parti du Juif, il corrigea sévèrement le voyou. Un attroupement se forma aussitôt qui dégénéra en une bagarre général entre Juifs et voyous. Les Allemands arrêtèrent Fridmann et le fusillèrent le lendemain. Cette affaire sema l’épouvante parmi les Juifs de la ville.

 


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Une adolescence perdue dans la nuit des camps

Une adolescence perdue dans la nuit des camps

 

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 Les mots suffisent-ils pour appréhender l’indicible ?Pas vraiment sans doute ! Et pourtant, avec son histoire authentique  et bouleversante, Henri Kichka nous emmène aux confins d’une horreur à peine imaginable…tellement incroyable que certains tentent déjà d’en travestir ou d’en nier l’existence.

 Les nazis ont volés l’adolescence d’un être humain. Aujourd’hui, cet homme se dévoile enfin, au nom de tous les siens et des millions d’autres victimes de la barbarie.

On côtoie l’immonde. On en appelle à la vengeance… mais la vie est la plus forte, malgré tout. Et c’est l’espoir que l’on rencontre au fil d’un récit qui nous renvoie sans complaisance l’image de notre propre conscience.

Le message de ce survivant est à présent transmis. Il réveille en nous l’obligation de rester vigilant et l’urgence de résister à tous ces prédateurs de libertés qui imposent la haine et le mépris d’une idéologie aux contours définitivement inacceptables !

Extrait du livre.

Le train à peine arrêté, déjà retentissaient les aboiements des chiens et les hurlements gutturaux de la soldatesque nazie.

En plein bois au milieu de la nuit, ces beuglements nous déboussolèrent complètement et nous retournèrent les tripes.

Nous sentions que les instants qui allaient suivre, scelleraient notre destin, et annonceraient des catastrophes irrémédiables.

Mais que pouvions-nous y changer ?

Par les fenêtres nous vîmes avec terreur qu’un officier passait d’un wagon à l’autre, et ouvrait brutalement les portières en braillant comme les boches savaient le faire. « Alle Juden von sechzehn bis fünf und fünfzig jahren, raus aus dem Zug ! » (Tous les juifs de 16 à 55 ans sortez des Wagons). Les femmes, les vieux et les enfants devaient rester dans le train! A ces mots, ma pauvre et malheureuse maman m’ordonna de m’allonger sous la banquette et de me taire. Nicha, tante Esther et Maman me cachait de leurs jambes. Mon père était déjà parti. J’avais la tête du côté de la portière et je priais pour que l’on m’oublie. Soudain l’officier, qui était muni d’une puissante lampe torche, la dirigea sur mon visage. Le wagon était assez haut au –dessus de la voie. Furibond, il m’attrapa brutalement par l’encolure et, me tirant vers lui, me jeta hors du wagon. Je mesurais déjà un mètre soixante-quinze-, il me frappa plusieurs fois, très violemment, avec sa torche, en m’injuriant. « Du Schweinehund der du bist, also du bist ein Kind, schnell geh mit den Männern!“ (Chien de cochon que tu es, tu prétends être un enfant, va rejoindre les hommes, et en vitesse!)

Les femmes et les enfants hurlaient dans la nuit le nom des êtres chers qu’on leur arrachait. J’ai voulu me retourner pour apercevoir les miens, mais l’allemand me malmenait.

Parmi les cris affreux qui déjà s’éloignaient derrière moi, je crois avoir entendu ceux, déchirants, de maman qui hurlait : « Joseph, Henri, ne nous abandonnez pas, revenez ! » Je n’avais pas encore réalisé que cet allemand venait de me sauver la vie, sans le savoir, en m’arrachant dessous ma banquette. J’ai rejoint en courant le groupe où se trouvait mon père. Nous avancions en plein bois à la lueur des torches, au milieu des soldats formant une haie, mitraillettes braquées sur nous. A leurs pieds, les chiens aboyaient aussi fort que leurs maîtres.

C’était le cauchemar absolu, un scénario de film d’épouvante. A partir de cet instant, mon père et moi avons compris que nous étions tombés dans le piège diabolique que les nazis devaient avoir préparé de très longue date.  

Autre extrait

Au camp de Buchenwald :

La taille de l’immense place d’appel où nous étions parqués nous impressionna. Les maîtres du lieu ainsi que le nombres de kapos, s’affairaient à compter les morts et les survivants, ces miraculés rescapés. Hélas, au moment où allait nous diriger vers nos blocs, un kapo détacha du lot, ce qui restait de mon malheureux père, devinant le triste sort qui lui était réservé. Je pus le serrer sur mon cœur en lui donnant l’assurance que nous nous reverrions encore. Ce fut un vœu pieux. Mon père n’était plus que » l’ombre de lui-même. Je ne l’ai plus jamais revu. Finir ainsi après 37 mois de souffrances insoutenables.

Je n’avais même plus la force de verser des larmes, tout sentiment, toute émotion, toute capacité de réaction, tout cela était mort en moi.               

 

 

20:42 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wagon, camp, buchenwald |  Facebook |

02/02/2010

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

trois ans

Le témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.

 “Le livre de Filip Mûller est un document unique. En prendre connaissance est un devoir, si nous voulons assurer la survie de notre civilisation. »

Professeur yehuda Bauer : Hebrew University à Jérusalem.

Traumatisé à vie, Filip Müller, après avoir surmonté les limites extrêmes du désespoir, a finalement décidé, trente ans après, de se souvenir. Afin que nul n’oublie.

Son récit vécu sur l’innommable réalité des camps de la mort n’est comparable à aucun autre. Müller est en effet l’un des uniques survivants des commandos spéciaux des fours crématoires, commandos où se trouvaient enrôlés de force de jeunes déportés suffisamment robustes pour exécuter, sous la menace d’une mort immédiate en cas de refus, les tâches les plus immondes et les plus éprouvantes jamais demandées à des hommes. A intervalles réguliers, l’effectif complet de ces commandos était à son tour radicalement éliminé, afin qu’aucun survivant ne puisse jamais parler.

Filip Müller, par un extraordinaire concours de circonstances, a miraculeusement survécu. Il a, pendant trois ans, tragiquement assisté au massacres de tout un peuple, partagé les derniers instants de tous ceux qui allaient mourir, procédé, avec ses propres mains, et dans d’indicibles conditions au transfert et à l’incinération de leurs cadavres.

Son histoire, véritablement dantesque, dépouillée de tout artifice littéraire ou artistique, ne s’embarrasse d’aucune considération d’ordre psychologique. C’est uniquement le constat détaillé et souvent insoutenable d’un hallucinant cauchemar, un document historique exceptionnel à l’état brut, au ton volontairement neutre, car il est des expériences qui coupent à jamais toute envie de philosopher.

Filip Müller : préface de Claude Lanzmann

un extrait ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7246610/les-nouvelles-fabriques-de-morts

Un autre extrait de ce livre ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7269867/les-amer...

 

Les Américains arrivent au camp d’Auschwitz

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Extrait du livre

La conviction de l’imminence de notre libération mobilisait mes dernières forces et stimulait ma volonté de vivre, mais en dépit de tous mes efforts, je ne pouvais empêcher la dégradation graduelle de mon physique et de mon moral. Le temps me semblait figé. Je demeurais toujours sur la charpente de mon toit et observais sans intérêt le grouillement des poux sur ma couverture. Je ne portais  guère plus d’attention aux lamentations et aux plaintes qui s’élevaient au-dessus de mon gîte. Je vivais dans un état de somnolence.

Réveillé en sursaut par le fracas des combats, j’entendis enfin le bruit tout proche des mitrailleuses et les détonations des grenades. Aussitôt après, quelques personnes se précipitèrent dans la baraque, les bras levés, criant avec exaltation : « Nous sommes libres, camarades ! Nous sommes libres ! ».

Cet instant, sur lequel s’étaient fixés toutes mes pensées et tous mes espoirs depuis trois interminables années, me semblait désormais vide de signification. Je ne ressentais aucune joie, aucune émotion. Je me laissais tomber au sol de »puis ma poutre et me glissais à quatre pattes jusqu'à la porte. Lorsque je fus dehors, le me traînais un peu plus loin et m’allongeais simplement sur la terre, où je m’endormis d’un profond sommeil.

Je fus réveillé par un bruit régulier de moteurs. Je me levai avec difficulté et me rendis lentement jusqu’à la route voisine où, à quelques mètres de distance, défilait avec un fracas assourdissant une longue colonne de blindés Soviétiques. Je suivis des yeux les colonnes d’acier et compris alors que tout était fini.

Je n’étais plus qu’une épave vivante, l’ombre de moi-même. Je n’étais même plus capable de ressentir une émotion. Pas une larme de joie sur mon visage, aucune explosion d’enthousiasme dans mon cœur. Fermé à tout sentiment, Je regardais au loin, dans le vide, incapable de réaliser que j’avais définitivement échappé au commando spécial d’Auschwitz.

(témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.) Filip Müller préface de Claude Lanzmann.

 

Les nouvelles fabriques de morts

attende pour leur exterminations

Extrait du livre

Les déportés avaient compris que l’ordre  de déshabillage signifiait leur condamnation. Ils semblaient résignés. Ils commencèrent à retirer lentement leurs vêtements, puis ils déshabillèrent leurs enfants. A chaque pièce de leurs vêtements qui tombait par terre, on avait l’impression qu’ils se dépouillaient d’une partie de leur tristes existences, car la plupart n’avaient connu que la misère et les privations. Certains retenaient leurs larmes pour ne pas augmenter l’angoisse de leurs enfants ou provoquer leurs questions. Ceux-ci regardaient tristement autour d’eux, cherchant à comprendre. Bientôt tout le monde fut dévêtu. Les hommes et les femmes s’embrassaient en caressant leurs enfants et en essayant de se donner mutuellement du courage. Abandonnés par un monde qui ne voulait plus les connaître et qui les rejetait, ils passaient les dernières minutes qui leur restaient à vivre à faire un retour sur leur passé, si désolé fût-il. Soudain, une voix s’éleva dans la foule. Un petit vieillard émacié avait commencé la prière du Viddoui. Il se penchait en avant, puis il se redressait en levant la tête et les bras vers le ciel martelait chacune de ses supplications passionnées au tout-puissant en se frappant la poitrine de son poing. Les paroles hébraïques résonnaient dans la cour : « aschamu »      ( nous avons pêché), « bagdanu » ( nous avons été infidèles), « gazalnu » ( nous avons fait du tort à notre prochain), «di bardi difi» ( nous avons calomnié), « hevejnu » ( nous avons menti), « vehischarnu », (nous avons enfreint la loi), « sadnu » ( nous avons fait le mal sciem), « chamasnu »  ( nous avons opprimé notre prochain). «  Mon D.ieu avant de naître, je ne représentais rien, et maintenant que je suis créé, je suis comme si je n’existais pas. Je suis poussière dans ma vie comme je serais poussière dans la mort. Je te glorifie, Seigneur, pour l’éternité, D.ieu éternel. Amen ! Amen ! »

Les deux milles prisonniers répétaient chacune de ces paroles, bien que certains n’en  comprissent pas le sens. Après cette émouvante prière, presque tous avaient les larmes aux yeux, des scènes déchirantes se déroulèrent devant nous. Mais les larmes n’étaient plus seulement celles du désespoir. Pénétrés presque tous d’un profond sentiment religieux, ils se remettaient dans la main de D.ieu.

Le recueillement des prisonniers avaient atteint son point extrême. La foule récitait maintenant à haute voix la prière des morts, le Kaddisch. Comme après leur fin, il n’y aurait plus personne pour la dire à leur intention, les victimes prononçaient elles-mêmes les paroles sacrées au seuil de leurs derniers instants.

Ils pénétrèrent ensuite dans la chambre à gaz. En quelques minutes les cristaux bleu-violet de cyclon B, achevèrent de produire leurs irrémédiables effets. Puis les derniers râles des agonisants s’estompèrent. Dehors, l’existence quotidienne reprenait son cours habituel.


 

Le pianiste

Le pianiste 

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Septembre 1939. L'invasion de la Pologne, décrétée par Hitler, vient déclencher la Seconde Guerre mondiale. Varsovie est écrasée sous les bombes ; à la radio résonnent les derniers accords d'un nocturne de Chopin. Le pianiste Wladyslaw Szpilman est contraint de rejoindre le ghetto nazi recréé au cœur de la ville. Là, il va subir l'horreur au quotidien, avec la menace permanente de la déportation. Miraculeusement rescapé de l'enfer, grâce à un officier allemand mélomane, le pianiste témoigne au lendemain de la victoire

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La steppe infinie

La steppe infinie

 

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Esther Rudomin avait dix ans quand son monde bascula. Jusque là elle avait cru que sa vie heureuse dans la ville polonaise de Wilno durerait toujours. Elle chérissait tout, depuis les lilas du jardin de son grand-père jusqu'au pain beurré qu'elle mangeait tous les matins pour son petit déjeuner. Et lorsque les armées d'Hitler envahirent la Pologne, en 1939, et que les Russes occupèrent Wilno un an plus tard, le monde d'Esther resta intact: pour elle, les guerres et les bombes s'arrêtaient à la grille du jardin. Mais, un matin de juillet 1941, deux soldats russes, baïonette au canon, se présentèrent. Ce livre commence par une tragédie et la tragédie n'est jamais loin tout au long de l'histoire d'Esther, mais il est aussi un témoignage émouvant sur la résistance de l'esprit humain, par la façon dont les Rudomin gardèrent courage tout au long des cinq années que dura leur exil, malgré la faim et les privations. Voici la véritable histoire d'une enfance sibérienne: elle a été applaudie comme "un grand document qui vivra longtemps dans la mémoire de chaque lecteur.

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L'enfant du 20è convoi

L'enfant du 20è convoi

 

Présentation de l'éditeur
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L'histoire de Simon Gronowski aurait du être celle d'un enfant ordinaire dans une famille ordinaire. Mais il est juif. Le 17 mars 1943, Simon, sa mère et sa sœur sont arrêtés par la Gestapo. Le 19 avril, déporté dans le 20e convoi, il parvient - encouragé par sa mère - à sauter du train et s'échappe par miracle. Il a onze ans et demi. Sa mère et sa sœur disparaissent dans l'enfer d'Auschwitz. En juillet 1945, malade et brisé de chagrin, son père meurt à Bruxelles. Simon se retrouve seul au monde. Il n'a que 13 ans. Simon décide alors de tourner le dos au passé et de vivre pour le présent et l'avenir. En 2002, soixante ans après le drame de son enfance, il rompt
le silence en publiant son histoire. L'année 2005 voit naître cette édition revue et corrigée ainsi qu'un album illustré rendant le message d'espoir du petit Simon accessible aux enfants.

Par Simon Gronowski
Edition : Luc pire

 

23:23 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, gestapo, auschwitz |  Facebook |

Les cendres mélées

Les cendres mélées

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De Joseph Gourand 1997
Edition: Le cherche Midi

On a tous lu au moins une fois, ne serait-ce qu’à l’école, des écrits sur la seconde guerre mondiale, des témoignages, des récits, on a tous nos opinions sur tout ça…
« Les Cendres Mêlées », c’est un livre de plus mais raconté avec une telle intensité, qu’on a presque l’impression d’y être, de vivre ça, ces moments d’horreur… Non ! Je retire ça, je n’ai pas le droit de le dire, parce qu’il nous est absolument impossible d’imaginer vraiment, de le croire vraiment et comme le dit l’auteur lui-même, il ne nous livre ici que des moments de cette période, des moments de vie, le plus dur, il le garde pour lui, parce que c’est inexplicable, indélivrable.

Joseph Gourand voudrait-il oublier ce qu'il a vécu que le numéro gravé à l'encre indélébile sur son avant-bras gauche l'aurait rappelé au devoir de mémoire. Arrêté avec ses parents, ses frère et sœur, oncles et tantes, en juillet 1944, à Lyon, il sera de l'avant-dernier convoi qui partira pour Auschwitz et le seul survivant de sa famille.

Adolescent de dix-sept ans, « devenu ombre parmi les ombres, il brûle les étapes de la vie lors de sa descente aux enfers ». Il ne doit d’être encore en vie que grâce à son père, au sacrifice de ce dernier et à la promesse qu’il lui a fait de rester de ce monde, de survivre pour d’abord retrouver sa petite sœur restée en France et ensuite fonder une famille et perpétuer leur nom.

La chance ne le quittera jamais, tout au long de cette horreur, même lors de « la marche de la mort », lors de l’évacuation du camp, des conditions de « voyage » indescriptibles et des multiples arrêts dans des camps où les allemands en déroute ne peuvent se résoudre à admettre que la guerre est finie…

Joseph parviendra envers et contre tout à reprendre son destin en main, même avec toutes ces ombres sur les épaules, ces absents, il parviendra à revivre, à redevenir un peu libre dans sa tête, à revenir « d’au-delà de l’Humain », au-delà de l’inimaginable, au-delà de l’enfer...

Ce livre est émouvant… Non, poignant… Non ! Hallucinant pourrait paraître plus exact, rien n’est assez fort pour le décrire… Suffit juste de le lire, de comprendre, de se laisser porter par les mots et de laisser s’infiltrer dans notre esprit toute la réalité de plus d'un demi-siècle plus tôt… Réalité cauchemardesque, oppressante mais si vivace encore maintenant, de par les témoignagnes, les commémorations, les souvenirs… qui ne pourront jamais effacer ça. Jamais.

00:27 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, survivants, camps |  Facebook |

Nuit et brouillard

Nuit er Brouillard

Nuit et brouillard

Au cours de la seconde guerre mondiale, de trop nombreux hommes ont été arbitrairement internés dans le camp de concentration de Natzweiler-Struthof en application du décret «  nuit et brouillard ». Exception faite des juifs, aucun prisonniers n’a été traité de façon aussi brutale que ces prisonniers « nuit et brouillard ». Un travail inhumain était censé à les faire disparaître et personne ne devait connaître leur sort.

L’auteur, qui a lui-même été prisonnier NN, allie témoignages et documents, détails et approche d’ensemble pour décrire à la fois l’existence de tous les prisonniers et celle de chacun d’entre eux.

La même question se pose toujours : comment peut-on, revenir à une vie normale après toutes ces épreuves ? Ou encore, plus simplement : comment peut-on survivre à 12 ou 14 heures par jours de travail inhumain et absurde dans des carrières, exposé au manque de nourriture, aux mauvais traitements, aux humiliations, au froid, au sommeil insuffisant, à l’absence d’hygiène et à des transports sans fin dans des wagons à bestiaux, sans jamais savoir de quoi le lendemain sera fait?

Kristian Ottosen est né à Solund en 1921, dans l’ouest de la Norvège. De 1940 à 1942, il travaille pour le mouvement de résistance Theta, à Bergen. Arrêté par la gestapo en 1942, il devient prisonnier NN et, jusqu'à la fin de la guerre, est interné dans différents camps de concentrations d’Allemagne : Sachsenhausen, Natzweiler-Struthof, Dachau, Ottobrunn, Dautmergen, Vaihingen et Neuengamme.

Histoire des prisonniers du camp de Natzweiler-Struthof : Auteur Kristian Ottosen

Traduit du Norvégien par Elisabeth et Christine Eydoux