03/03/2010

Le vol des affaires des déportés

le vol des affaires des déportés

Que devenaient les affaires prises aux déportés ?

 chaussures à Birkenau

Instructions données aux commandants des camps de Lublin et Auschwitz

a. L'argent liquide en billets de la Reichsbank doit être versé au compte courant du WVHA [Office central SS pour l'Economie et l'Administration] d'à la Reichsbank [Banque du Reich].
b. Les devises, métaux rares, bijoux, pierres précieuses et semi-précieuses, perles, or dentaire et débris d'or doivent être remis au WVHA qui les transmettra à la Reichsbank.
c. Les montres, pendulettes, stylos, stylomines, rasoirs, couteaux de poche, ciseaux, lampes de poche, portefeuilles et porte-monnaie doivent être envoyés aux ateliers de réparation du WVHA et de là expédiés à des centres postaux pour être vendus aux soldats.
d. Les sous-vêtements et les vêtements d'homme doivent être remis à la Volksdeutsche Mittelstelle (VOMI), l'organisation d'aide sociale pour les Allemands de souche.
e. Les sous-vêtements et les vêtements de femme doivent être vendus à la VOMI, sauf les sous-vêtements (d'homme ou de femme) en pure soie, qu'on envoyait directement au ministère de l'Économie.
f. Les édredons, couvertures matelassées, couvertures, parapluies, voitures d'enfant, sacs à main, ceintures en cuir, sacs à provisions, pipes, lunettes de soleil, miroirs, valises et tissus doivent être remis à la VOMI, la question du paiement étant réglée plus tard.
g. Le linge (draps, oreillers, serviettes, nappes, etc.) doit être vendu à la VOMI.
h. Les lunettes et les lorgnons doivent être remis au Referat médical (D-III).
i. Les fourrures de prix doivent être envoyées au WVHA ; les fourrures ordinaires sont mentionnées au Referat B-II et remises à l'usine de vêtements SS de Ravensbriick.
k. Les articles de peu de valeur et inutilisables doivent être remis au ministère de l'Économie qui les vendra au poids.

Directives envoyées par August Frank, Brigadeführer, chef du WVHA-A,
au chef de la Standortverwaltung de Lublin et au chef de l'administration d'Auschwitz,
26 septembre 1942

Et les cheveux humains

(Document cité au Procès de Nuremberg)

     
    Office central SS pour l'Economie et l'Administration
    Groupe de Service D
    Camps de concentration
    Oranienburg, le 6 août 1942
    Secret
    Objet : Utilisation des cheveux
     
         Le chef de l'Office central SS pour l'Economie et l'Administration, le SS-Gruppenfuhrer Pohl, a ordonné pour qu'à titre expérimental les cheveux des détenus hommes ne soient coupés que lorsqu'ils ont atteint, après coupe, une longueur de 20 mm. Afin de prévenir les facilités d'évasion offertes par une chevelure plus longue, les détenus doivent être marqués, lorsque le
    commandant l'estime nécessaire, à l'aide d'une piste de cheveux (« Haarbahn »), découpée dans la chevelure à l'aide d'une tondeuse étroite.

         On a l'intention d'utiliser les cheveux rassemblés dans tous les camps de concentration dans une entreprise installée dans l'un des camps. Des instructions plus détaillées sur la livraison des cheveux rassemblés vont suivre.

       La quantité de cheveux rassemblés mensuellement (cheveux de femmes et cheveux d'hommes séparément) doit m'être communiquée avant le 5 septembre 1942.

    signé : Glücks
    SS-Brigadefuhrer et General-major de la Waffen-SS

 

lunettes auschwitz

Lunettes des victimes

Canada : baraquement de la récupération

Canada : Baraquements de la récupération

CanadaBirkenau

Baraquement retrouvé après la libération dans un des camps de concentrations

Les déportés sélectionnés pour la chambre à gaz devaient se déshabiller et abandonner tous leurs bagages. Tous les objets pris à ceux qu'on vient d'exécuter sont amenés au "Canada", baraque de la récupération où ils sont triés par des déportés.

23:25 Écrit par dorcas dans Spoliation des Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberation, camps, gaz, deportes |  Facebook |

L'or des victimes

L'or des victimes

Les dents en or de ceux qui ont été gazés étaient arrachés par des prisonniers ainsi que les alliances

buchenwald 6

Voici une partie des anneaux arrachés au victimes.

La spoliation des Juifs faisaient partie intégrante de la politique nazie.

Tout ce qui appartenaient aux Juifs Était systématiquement pillé.

Dès que les nazis prirent le pouvoir, ils bannirent les juifs de la vie économique et en 1938, ils promulguèrent une loi dépossédant les juifs de tous Biens. Dès le début de la guerre, les nazis appliquèrent leur politique de dépossession et de vol dans tous les territoires occupés.

Ils confisquèrent des biens de toutes sortes; des maisons privées, des propriétés, des usines ou des commerces, comme des trésors artistiques et culturels.

En Europe de l'Est, le pillage continua dans les ghettos.

Lorsque les Juifs étaient déportés vers les camps de la mort, les populations locales prenaient le contrôle de leurs maisons et de leurs biens.

Des trains chargés de valeurs personnelles des victimes quittaient régulièrement les camps de la mort pour l'Allemagne.

23:22 Écrit par dorcas dans Spoliation des Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : victimes |  Facebook |

Après 70 ans de lutte, la descendante d’un industriel juif obtient réparation pour spoliation

Après 70 ans de lutte, la descendante d’un industriel juif obtient réparation pour spoliation
Par Sarah Drai pour Guysen International News
Mercredi 16 septembre 2009

L’immonde nazi Hermann Goëring déclarait cyniquement, alors qu’il ordonnait l’acheminement des Juifs vers les camps de la mort : « Puisqu'on brûle les Juifs, ils ne pourront plus profiter de leurs tableaux. Autant les avoir chez moi »… La spoliation des tableaux des Juifs pendant la guerre était un phénomène répandu, même en France. Le rapport Mattéoli, une mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France évalue à 1,35 milliard d’euros (plus de 5,2 milliards de francs à l'époque) le montant des confiscations dont ils ont été victimes, en dehors des pillages des appartements et des œuvres d'art par les Allemands.
Ces derniers jours, la famille de Friderich Unger, un industriel juif, vient d'obtenir réparation et sera indemnisée à hauteur de 1,37 million d'euros : ce dernier avait fait don en 1939 de trois tableaux de maîtres à la France pour essayer d’obtenir, en vain, la nationalité française.
Il aura fallu attendre 70 ans pour que la famille soit indemnisée.
 
C’est dès 1938 que Friederich Unger tente d’être naturalisé français. Autrichien, déchu de sa nationalité parce que juif, il arrive alors en France, ce pays qu’il admire, avec sa famille et son associé Otto Anninger. Il souhaite s’y installer, mais ses biens, dont sa collection de tableaux, restent bloqués à la douane.
 
Déterminé à obtenir la nationalité française, il entame des démarches. Des fonctionnaires lui indiquent qu’un « geste » serait le bienvenu.
Réfugié en France depuis six mois, il écrit d’Aurillac une lettre au directeur des Beaux-Arts : « Je serais très heureux de pouvoir, en qualité de Français, faire cadeau, au Musée que vous voudrez bien désigner, les peintures suivantes... ».
 
La lettre est courte et l’on y relève des fautes d’orthographe, mais peu importe, on y devine la détresse de cet homme qui considère que la France est son dernier espoir.
 
Deux mois seulement s’écoulent et le 1er février 1939, le directeur général des Beaux-Arts, du ministère de l'Education nationale, lui répond et l'informe que sa proposition sera « immédiatement étudiée par la direction de musées nationaux ». Le don est accepté très rapidement et « avec reconnaissance » le 4 avril 1939, confirmé par décret présidentiel le 24 mai 1939.
 
Les trois tableaux quittent le conteneur immobilisé pour être accueillis au Louvre : une "Nature morte aux instruments de musique", de Pieter Claesz (XVIe), une "Nature morte aux fleurs" de Jan de Heem II (XVIIe) et "La famille de Darius aux pieds d'Alexandre" de Francesco Trevisani (XVIIIe).
 
Une fois les tableaux remis, la naturalisation de M.Unger n’est soudain plus si évidente. La guerre éclate, et toujours pas de nouvelles. Le 7 septembre 1939, tandis qu’il est en voyage d’affaires à New York, il reçoit une réponse: « Cette demande, après examen, ne m'a point paru susceptible d'être accueillie, en raison de son irrecevabilité, le postulant n'ayant pas les trois années de résidence en France. ».
 
Friedrich Unger, déçu par les fourberies de l’administration, comprend que ce n’est pas en France qu’il peut espérer trouver refuge. Il décide de ne pas rentrer, fait venir sa famille aux Etats-Unis et s’y installe.
 
En toute légitimité, il cherche dès 1939 à récupérer ses tableaux. Il reformule cette requête après la Libération et continue d’insister jusqu’à sa mort en 1954, mais en vain.
 
Pour la France, M.Unger n’entre pas dans la catégorie des « Juifs spoliés ». Tout d’abord, parce qu’il n’a pas été victime d’un vol, ni d’une vente forcée mais a fait un don. Les autorités administratives poursuivent: cette transaction n’a pas eu lieu pendant la guerre. En d’autres termes, accuser la République fait tache.
Le 28 février 1946, le comité des conservateurs du Louvre l’informe d’un « refus unanime (…) : une telle décision risquerait de créer un précédent fâcheux ».
 
Mais la famille de M.Unger compte bien obtenir réparation de la France. Les héritiers réclament un réexamen de la situation et essuient un troisième échec. En mars 20004, Jacques Foucart, conservateur général au département des peintures, interrogé alors par Le Monde, jugeait de nouveau le dossier limpide et arguait que toute remise en cause du don serait un « abus d'interprétation ».
 
En décembre 2008, l’espoir renaît. Le ministère de la Culture, dès décembre 2008, estime la requête de la famille Unger, qualifiée de "juridiquement fragile mais moralement indiscutable". La fille de M. Unger, Grete Heinz, a eu le temps d’assouplir sa demande, réclamant désormais une indemnisation et non la restitution des œuvres.
 
Mardi 15 septembre 2009, on apprenait par l’avocate de la famille, que les descendants de M.Unger venaient d’obtenir réparation et allaient être indemnisés à hauteur de 1,37 million d'euros. La direction des musées de France précise qu’un "montage" a bien été trouvé mais "l'arbitrage n'est pas encore finalisé".
 
Grete Heinz pourrait être arrivée au terme de 70 ans de lutte contre la justice française et le Louvre. Me Hershkovitch, son avocate, déclare : "Mme Heinz a 83 ans. Elle se battait pour la mémoire de son père. Aujourd'hui, elle est heureuse. J'aimerais qu'elle le reste."
 
D’après la direction des musées de France il s’agirait de l’ultime réclamation portant sur une œuvre spoliée conservée dans les collections nationales. Pourtant, en novembre 2008, quand il avait rendu aux héritiers du collectionneur Harry Fuld Jr Le Mur rose, le ministère prétendait déjà avoir clos le dossier relatif aux spoliations des biens juifs.
 
Retenons que le don de M. Unger à la France avait été fait avant la mise en place de Vichy. La République est d'une façon ou d'une autre héritière des engagements même verbaux pris par ses représentants. Au-delà des aspects juridiques, clore ce genre d'affaire est avant tout une question morale pour laquelle il n'y a pas de prescription pour ceux qui sont de bonne foi.

23:18 Écrit par dorcas dans Spoliation des Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, camps |  Facebook |