04/02/2010

La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique

Mechelen- Auschwitz 1942-1944

La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique

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Mecheln-Auschwitz. 1942-1944 est une série trilingue (néerlandais, français, anglais) en quatre volumes portant sur la persécution et la déportation des juifs et des Tsiganes du SS-Samemmellager, situé dans la caserne Dossin à Malines, vers Auschwitz.

De 1942 à 1944, la caserne Dossin a servi de camp de rassemblement des juifs et des Tsiganes de Belgique et nord de la France en vue d’une déportation sans retour.

Le premier volume de cette série, synthèse historique des persécutions racistes et antisémites en Belgique et dans le nord de la France, présente une histoire complexe et mouvementée des actions, réactions et interactions entre occupant, l’occupé et les persécutés confrontés à la « solution finale ». L’histoire de chaque transport y est également relatée.

Les deux tomes suivants dévoilent, transport après transport et wagon par wagon, les portraits de 18 522 des 25 259 déportés, rendant un visage aux victimes du génocide. De courte biographies retracent le sort de quelques déportés.

Le quatrième volume consiste en une liste alphabétique, revue et corrigée, des noms des déportés, enrichie par de notes relatives à leurs destinées.

Du Musée Juifs de la déportation et de la résistance

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Visages des déportés : transports 1-13

 

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Ces deux tomes dévoilent, transport après transport et wagon par wagon, les portraits de 18.522 des 25.259  déportés, rendant un visage aux victimes du génocide. De courtes biographies retracent le sort de quelques déportés.

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Visages de déportés: transport 14 -26

 

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Les rafles d’Anvers-le dispositif

Caserne Dossin Malines

L'Aufnahme. Dessin par Irène Spicker-Awret.
(© Beit Lohamei Haghetaot)

Extrait du livre : Mechelen- Auschwitz 1942-1944, La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique.

Les rafles anversoises du mois d’aout livrent au camp de rassemblement 1.788 Juifs arrêtés dans un périmètre restreints, 845 pris dans la nuit du 15 au 16 août et une centaine de plus.

943 dans celle du 28 au 29 août. Cet effectif raflé est complété par 120 autres arrestations, toujours menées à Anvers dans le même laps de temps, mais éloignés des centres névralgiques de ces opérations massives. En deux coups, dans ces périmètres, 11% de la population Juive anversoise sont capturés. Toutes proportions gardées, ces deux nuits de rafle à Anvers ont l’ampleur des deux journées de la grande rafle parisienne, un mois plus tôt. Dans le Vel’d’hiver « belge », la police anversoise n’effectue seule tout le travail qu’à la deuxième nuit. Page 155

Autre extrait :

Dans la Leeuweristraat, une rue perpendiculaire, les allemands raflent 130 hommes, femmes et enfants, du numéro 3 au 62. Au 55, ils emmènent la famille du petit Maurice Pfefer, l’un des enfants isolés déportés par le transport 11 : son frère ainé, Marcel, son père, Wolf et sa mère, Ruchla Zalcberg, tous déportés par le 4 è transport. Dans la Lentestraat, une toute petite rue adjacente, 84 Juifs sont arrêtés à leur domicile. Au 8 de la rue, Ryfka Gliksman, seule avec ces deux fils, Simon, 5 ans et Oscar 16 mois, sont inscrit sur la liste de déportation du 5è transport, voués à la mort à leur arrivée à Birkenau.Au dernier numéro où frappe la rafle , le 39, toute la famille Wroclawski est arrêtée. Le père, Chil, la mère, Chana Bulwik et leur deux enfants, Betha, 4 ans et charlotte, 8 mois, sont également évacués sans retour par le 4è transport. Dans cette même maison, deux autres habitants sont pris, Menachem Schleier, 84 ans, et son épouse, Dwora stein, 68 ans. Ils sont eux aussi déportés à jamais.

A 500 mètres de la Lentestraat, la Marinisstraat constitue le second noyau de cette opération. Du numéro 3 au 25, 109 personnes sont arrêtées et, dans trois rues adjacentes, 181 autres sont ramassées, 93 dans la Van Der Meydenstraat, 71 dans la Kroonstraat et 17 dans la Bouwensstraat. Toute cette population a été saisie chez elle, un samedi soir à la fin du Shabbat. Pages 159 et 160

Autre extrait

Inscrits à Auschwitz, les déportés de Malines deviennent officiellement des Judenschutzhäftlinge, des « détenus Juifs de protection ». Ce jargon administratif, qui se donne l’apparence de la légalité, ne signifie pas leur mise en détention préventive pour des actes répréhensibles. Dans ce cas, ils relèveraient de la justice et seraient passibles de condamnation à accomplir dans les prisons du système judiciaire. Au contraire, c’est précisément parce qu’ils n’ont pas commis de crime qu’ils sont internés dans un camp de concentration relevant de l’organisation de Himmler. Les SS, leur assignant une identité criminelle au nom d’une hygiène socio raciale, les internent  pour des crimes qu’ils y sont amenés pour servir de main-d’œuvre servile et renouvelable : une extermination par le travail.

Extrait du livre : Mechelen- Auschwitz 1942-1944, La destruction des Juifs et des Tsiganes de Belgique.

Page 177