27/05/2015

13 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

13 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

1241 



- A Francfort-sur-le-Main (Allemagne) une querelle éclate entre juifs et chrétiens à la suite de la conversion d'un enfant juif, désapprouvée par ses parents. L'affaire s'envenime au point que 180 juifs sont tués.


1420

- 

Arrestations massives de juifs en Autriche, dont 800 sont expulsés. 1 000 juifs sont emprisonnés, Ils sont menacés de mort s'ils n'acceptent pas le baptême.

1728.

- Comme un juif baptisé, Jan Philipowicz, désire revenir à la religion juive, l'Église ordonne d'arrêter tous les juifs de Lwow (Pologne). La plupart parviennent à fuir mais les frères Haïm et Joshua Reizes ainsi qu'un rabbin sont emprisonnés. Ce dernier réussit à s'évader et Joshua Reizes se suicide. Haïm Reizes est torturé publiquement puis brûlé sur le bûcher à côté du cadavre de son frère.

1919.

- Des unités de rebelles, alliés de l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura, déclenchent un pogrom à Litine (province de Podolie). 8 juifs perdent la vie au cours de ce pogrome, qui dure jusqu'au 15 mai.

- Des troupes de l'Armée nationale ukrainienne se livrent à un pogrom dans la ville d'Ivantchik (province de Podolie). 2 juifs sont tués, un troisième blessé.

- 


6 juifs sont massacrés à NovoKonstantinov (province de Podolie) lors d'un pogrome que déclenchent des bandes dirigées par Hepel, un allié de l'Armée nationale ukrainienne. 



1938

- 120 personnes, dont 50 juifs, sont déportées de Vienne (Autriche) au camp de concentration de Dachau. Les juifs sont particulièrement maltraités par leurs gardiens au cours du voyage.

1942.

- 200 juifs sont arrêtés par les nazis et 5 abattus dans le village de Sinelnikov, près de Dniepropetrovsk (Ukraine).

1943.

- En dix jours, 3 500 juifs sont tués par les SS et la police ukrainienne à Przemyslany (Ukraine).

- 

A Jezierzany (Ukraine), 700 juifs sont assassinés par les SS et la police ukrainienne.

- Hans Frank envoie à Hitler une liste de biens juifs confisqués et volés : 94 000 montres d’hommes, 33 000 montres de femmes, 25 000 stylos, 14 000 ciseaux.

1944

- Liquidation du camp de Biala Podlaska (du côté de Lublin), où 300 artisants vivaient encore. Ces juifs sont déportés au camp de concentration de Maïdanek.



- Quand les trains bondés de juifs hongrois déportés s'arrêtent à la gare de Kysak (Slovaquie) en route vers les camps de concentration polonais, les Allemands qui les escortent détroussent et massacrent plusieurs juifs. 



- Les 2 700 juifs de Papa (Hongrie) sont rassemblés dans un camp de concentration installé dans une usine.

1944.

- Début de la déportation de 25 000 juifs d'Ujgorod (Ukraine ) et de sa région en direction du camp d'extermination d'Auschwitz. La déportation s'étend sur plusieurs jours.

12/05/2015

12 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

12 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

1020.

- Le vendredi saint, un tremblement de terre suivi d'un ouragan ravage Rome. Le pape Benoît VIII fait arrêter un certain nombre de juifs accusés de profanation d'hosties. Ils « avouent tout » sous la torture et sont brûlés sur le bûcher.

1919.

- 170 juifs sont massacrés, de nombreux autres blessés et plusieurs femmes juives violées quand des alliés de l'Armée nationale ukrainienne, déclenchent à Uman (Kiev) un pogrome qui dure cinq jours.

- 314 juifs sont massacrés et deux femmes juives violées au cours d'un pogrome commis sur une grande échelle à Gaissin (province de Podolie) par des unités liées à l'Armée nationale ukrainienne.

1942

- 2 750 juifs de Turobin et 1 000 juifs du village de Zolkievka (Pologne) sont déportés au camp d'extermination de Sobibor.

- 1 500 juifs de Sosnoviec (Pologne) sont déportés au camp d'extermination d'Auschwitz.

- 1 001 juifs sont déportés de Vienne (Autriche) à Izbica (Pologne).

- Les SS déportent 2 500 juifs de Krasnostav (U.R.S.S.) au camp d'extermination de Treblinka (Pologne).

- 2 500 juifs des provinces de Saxe et de Thuringe (Allemagne) arrivent au ghetto de Belzyce (province de Lublin), où le nombre d'internés atteint 4 500 âmes.

- Les quelque 2 000 juifs qui restent encore dans le ghetto de Gabin (Varsovie) sont déportés au camp d'extermination de Chelmno.

1943.

- Szmul Zygielbojm, membre du Conseil national polonais en exil à Londres, se suicide pour protester contre l'indifférence des Alliés devant le sort tragique des juifs de Pologne, qui ont lutté contre les nazis dans le ghetto de Varsovie.

1944.

- Environ 1 200 juifs de la ville de Bonyhad (Hongrie), où ils habitent depuis le milieu du XVIIe siècle, sont enfermés dans un ghetto.

1945

- A Birkenau, 1.500 Juifs sont gazés. C.est le premier gazage en masse daté.

1947

- la Légion Arabe lançait une offensive contre les village juifs du Goush Etzion, au sud de Yeroushalaïm. Les kibboutzim qui se trouvaient dans cette petite région luttaient déjà depuis quatre ans pour leur survie.

Déjà après les terribles événements de 1929 et la Révolte arabe de 1936, des Juifs avaient tenté en vain de créer quelques villages agricoles dans le Goush Etzion, et c’est en 1943 que le premier kibboutz, Kfar Etzion était créé. A sa suite, furent fondés Massouot Itsh’ak, Ein Tzourim et Revadim. Les trois premiers appartenaient au mouvement des kibboutzim religieux et le quatrième à l’ « Hashomer Hatzaïr ».

Dès avant la proclamation de l’Etat d’Israël, les Arabes s’en prenaient aux villages juifs du Yishouv, et imposèrent établirent notamment le siège du Goush Etzion, empêchant l’approvisionnement de ses habitants en nourriture, eau et matériel. Malgré l’héroïsme des habitants, et malgré plusieurs tentatives de l’extérieur de venir en aide aux assiégés (notamment la triste épopée des « Lamed-Hé ») Kfar Etzion tomba aux mains des Arabes le 13 mai 1948, à la veille de la Déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël. La plupart des femmes et des enfants ayant été évacués du Kibboutz, presque tous les hommes qui étaient restés furent tués par les Arabes. Ceux qui se rendirent furent tués ensuite également, et seuls quatre parvinrent à s’enfuir. Les habitants des trois autres kibboutzim furent emmenés en Jordanie et furent libérés dans le cadre d’échanges de prisonniers.

10/05/2015

3 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

3 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.



1096.

- Des participants à la première croisade encerclent la synagogue de Spire, où se trouve l'une des plus anciennes communautés d'Allemagne, espérant tuer les juifs à la sortie. Mais ceux-ci ont été prévenus. 11 juifs, découverts hors de leur maison, sont massacrés.

1679.

- Lors du quatrième autodafé qui a lieu à Palma de Majorque, 46 personnes sont accusées d'être des judaïsantes, soit de descendre de juifs convertis par force et de pratiquer toujours la religion juive. Elles sont condamnées à la prison perpétuelle et tous leurs biens sont confisqués au profit de l'Église et de la Couronne.

1880

- Du 3 au 5 mai a lieu des pogroms à Odessa

1919.

- 13 juifs sont noyés au cours d'un pogrome déclenché à Gornostaipol (Ukraine) par les troupes de l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura et quelques groupes cosaques.

1920.

- 14 juifs sont massacrés et de nombreuses femmes juives violées lors d'un pogrom auquel se livrent des unités de l'Armée nationale ukrainienne dans la ville de Miastkovka (Ukraine).

1939.

- En Hongrie, la deuxième loi sur les juifs est promulguée. Elle leur interdit d'être ou de devenir juge, avocat, enseignant ou député.

1942.

- Les membres du Conseil juif de Bilgoraj (du côté de Lublin) sont fusillés pour avoir refusé de coopérer avec la Gestapo.

1944.

-10 000 juifs supplémentaires viennent s'ajouter aux 12 000 déjà enfermés dans une briqueterie à Kolozsvar (Roumanie). Tous seront déportés au camp d'extermination d'Auschwitz.

 - 35 000 juifs sont déportés du ghetto surpeuplé de Nadyvarad (Grosswardein, Hongrie) au camp d'extermination d'Auschwitz.

1945.

- Les bateaux prisons Cap Arcona et Thielbach sont coulés devant Neustadt (Holstein, Allemagne). De nombreux juifs figurent parmi les victimes.

- 233 juifs hongrois de Debrecen sont fusillés dans le village de Persenbeug (Autriche) et leurs cadavres brûlés.

- A Lubeck, 500 Juifs sont tués en essayant d’atteindre un bateau contenant 7 000 Juifs qui doivent être évacués.

14/04/2015

10 avril, ce jour-là, n'oubliez pas.

10 avril, ce jour-là, n'oubliez pas.

1882.

- Un pogrome éclate à Balta (ussie). Toutes les maisons juives sont pillées, 40 juifs sont massacrés, 170 blessés et 20 femmes violées. Au total, 1 250 habitations et magasins juifs sont détruits, 15 000 juifs, dont de nombreux enfants, réduits à la misère et à la mendicité.

1919

- Des unités de l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura se livrent à un pogrome à Emiltchine (province de Volhynie). 6 juifs sont tués.

1941

- La Croatie se sépare de la Yougoslavie et prend son indépendance. Des mesures antijuives sont prises, des Juifs sont rançonnés. Une division SS musulmane est mise en place, avec comme objectif avoué la destruction du judaïsme de croatie. Synagogues et cimetières sont détruits. Le grand Mufti de Jérusalem, Haj Ami Al Husseini, viendra lui-même diriger cette division, avec le grade de général SS.

- Les Allemands occupent Zagreb (Yougoslavie). Ils commencent aussitôt à arrêter les juifs.
La vie culturelle de la communauté était active dans cette ville depuis le XIIIe siècle. Des artistes, des médecins, des savants et des intellectuels de renom y sont nés.

1942.

- 800 juifs sont déportés de Radziev Kusawski (Varsovie) au camp d'extermination de Chelmno (Kulmhof).

- Les nazis déportent 1 750 juifs de Leczyca (province de Lodz) au camp d'extermination de Chelmno.

- Les nazis déclenchent une Action contre les juifs de Kuty (kraine), causant 950 victimes.

- 1 650 juifs sont déportés du village d'Uchanie (Ukraine) au camp d'extermination de Sobibor, où ils périssent tous.

1943.

- Heinrich Himmler, chef des SS, de la police allemande et de la Gestapo, interdit l'usage du terme codé Sonderbehandlung, « traitement spécial », pour désigner la liquidation des juifs. Il recommande d'utiliser à sa place le terme de Durchschleusung, « filtrage ».

- Les nazis arrêtent 45 juifs à Utrecht. Ils les conduisent à Amsterdam avant de les envoyer au camp de regroupement de Westerbork.

2 avril,ce jour-là, n'oubliez pas.

2 avril,ce jour-là, n'oubliez pas.

1265.

- Un pogrome éclate à Coblence, sur le Rhin (Allemagne). 20 juifs, dont des enfants, sont massacrés.

1279.

- Les juifs de Rothampton (Angleterre) sont accusés d'avoir crucifié un enfant chrétien, ce qui provoque la mort cruelle de nombreux juifs à Londres, où leurs cadavres restent pendus dans les rues.

1642.

- Au cours d'un autodafé à Lisbonne, 86 personnes sont accusées de faire partie des judaïsants, soit de descendre de juifs baptisés de force plusieurs siècles auparavant et qui pratiqueraient toujours la religion juive en secret. 2 d'entre eux sont brûlés vifs, 4 sont garrottés avant d'être brûlés, 80 autres sont condamnés aux galères.

1940. 

- Jusqu'au 4 avril, 179 juifs sont massacrées par la Gestapo dans une forêt près de Rosseszyca (Pologne).

1942.

- 64 juifs sont assassinés par les SS dans la ville de Feodossiya (Ukraine).

- 1 000 juifs du ghetto de Kolomyya (Ukraine) sont déportés au camp d'extermination de Belzec (Pologne).

1943.

- Liquidation du ghetto de Zloczov (Ukraine). Tous les internés sont fusillés à Jelechowice ou déportés au camp d'extermination de Belzec.

1944.u

- 1 500 juifs d'Athènes sont déportés du camp de Haidon au camp d'extermination d'Auschwitz.

- Les wagons renfermant des juifs espagnols, italiens et portugais sont détachés du convoi pour être déviés vers le camp de concentration de Bergen-Belsen (Allemagne). Les juifs qui survivent au voyage, soit 155 personnes, sont finalement envoyés à Magdeburg où ils seront sauvés par l'armée américaine au moment où les SS s'apprêtaient à les fusiller.

12/12/2014

12 décembre, ce jour-là, n'oubliez pas. 



12 décembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

1505

- A Budweis (Tchécoslovaquie), 10 juifs sont accusés de meurtre rituel : un berger affirme qu’ils ont tué une jeune fille chrétienne. Les juifs sont emprisonnés et torturés du 20 novembre au 12 décembre, jour où ils sont brûlés sur le bûcher. Quelques années plus tard, le berger se confesse sur son lit de mort :il avait menti, les juifs étaient innocents.

1939

- Les nazis ordonnent que tous les juifs entre quatorze et soixante ans fassent deux ans de travail obligatoire. Des camps sont créés dans le Gouvernement général de Pologne et le district de la Wartha, où la plupart des internés périront d’épuisement et de mauvais traitements.

- Après l’annexion de Lodz (Pologne) au Reich allemand, 8 000 juifs environ sont déportés en trois jours vers le Gouvernement général.

1941

- 200 patients juifs de l’hôpital psychiatrique de Novinki (Biélorussie) sont tués par les SS : une partie est gazée, l’autre fusillée.

- Les SS assassinent 26 juifs tirés de la prison de Nevel (Biélorussie) dans le village de Pyatino.

- A Paris, les forces d’occupation allemandes se livrent à une rafle visant des intellectuels et des notables juifs. 1000 juifs sont arrêtés.

- a police municipale arrête et exécute plusieurs centaines de juifs qui voulaient apporter de la nourriture aux internés affamés du ghetto de Chmielnik (Pologne).

- 743 personnalités Juives ressortissants français sont arrêtées et internés à Royallieu. En février 1942, une centaine sera morte. Les autres seront expédiés à Auschwitz.

1942

- 757 internés juifs du camp de regroupement de Westerbork sont déportés au camp d’extermination d’Auschwitz.

- Les 500 artisans restés à Lutsk (Ukraine) sont assassinés par les SS, mais des juifs en petit nombre parviennent à fuir dans la forêt. 150 juifs seulement survivront dans leurs cachettes jusqu’à la fin de la guerre.

- 2 000 juifs du ghetto du village de Novy Dvor Mazoviechi et 2 000 juifs du ghetto de Czerwinsk (Varsovie) sont déportés par les SS au camp d’extermination d’Auschwitz.

02/12/2014

2 décembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

2 décembre, ce jour-là, n'oubliez pas

 

1264

- Un converti qui porte désormais le nom d'Abraham arrive dans la petite ville de Sinzing (Allemagne) où il prêche le judaïsme. Il est aussitôt arrêté et emprisonné. Comme il refuse de revenir au christianisme avant son exécution, il est cruellement torturé et brûlé vif sur le bûcher.

1940.

- Début de l'utilisation des camions à gaz

1941

- Début de la déportation des juifs de Brno (Moravie, Tchécoslovaquie). Des juifs ont vécu dans cette ville depuis le XIIIe siècle. Au début de la guerre, la communauté comptait 11 000 âmes.

En deux jours, les SS exécutent 420 familles juives à Slaviansk, près de Donetzk ('Ukraine).

1942

- Environ, 800 juifs de Krosno (Pologne) ont échappé aux déportations massives en se cachant. Les SS les découvrent les uns après les autres et les entassent dans un ghetto liquidé ce jour-là : tous les internés sont déportés au camp d'extermination de Belzec.

- 2 500 juifs de Krasne (district de Lvov, R.S.S. d'Ukraine) sont déportés au ghetto de Rzeszow.

26/11/2014

26 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

26 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1938

- Dans une lettre adressée à Speer, Göring écrit : en vertu des règlements, portant sur l’expulsion des Juifs des logements, magasins et entrepôts, il est prévu que l’inspecteur général du bâtiment (Speer) bénéficiera d’un droit de préemption sur les logements ainsi libérés.

1942

- 250 juifs de Brody (kraine) sont déportés par les nazis au camp d'extermination de Belzec. 20 juifs sont fusillés sur place.

- A Sarnova (Pologne), 2 juifs qui s'étaient enfuis du camp sont pendus par les SS.

- Les juifs du camp de regroupement de Berg, près de Tonsberg (Norvège), particulièrement surveillé par la police, sont transportés par mer à Swinnemünde, d'où ils sont déportés au camp d'extermination d'Auschwitz, en même temps que des femmes et des enfants déportés de Hongrie.

1944

- Les juifs assignés au travail forcé à Budapest sont, en dépit de la protection du Portugal, déportés à Sopron où ils doivent édifier le " mur de l'Est ", destiné à défendre Vienne. Beaucoup mourront d'épuisement, de faim et de mauvais traitements.

- 

Heinrich Himmler, chef des SS, ordonne la destruction des fours crématoires du camp d'extermination d'Auschwitz.



19/11/2014

19 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas. 



19 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.


1938

- Lois antisémites édictées par le pouvoir Italien : dénaturalisation des Juifs naturalisés depuis le 1 janvier 1919, exclusion des Juifs de l'armée, de la fonction publique, interdiction de mariages entre Juifs et Italiens...

1941

- 54 000 juifs sont entassés par les nazis dans le camp de concentration de Bogdanovka, sur la rivière Bug (Ukraine). 

Durant deux jours,

- 5 000 juifs allemands, autrichiens et tchécoslovaques sont déportés de Minsk (Biélorussie) à Tuchinka, où ils sont massacrés.

1942

- A Drohobycz (Galicie, R.S.S. d'Ukraine), plusieurs centaines de juifs sont tués dans les rues par les SS, dont le célèbre peintre et écrivain Bruno Schulz. Ce jour deviendra le " Jeudi noir ".

- 

La population juive de Wyszgorod (province de Varsovie) est rassemblée et transportée à Czerwinsk et à Nowy Dwor, d'où elle sera déportée au camp d'extermination de Treblinka. La ville se trouve ainsi " purifiée de ses juifs ". 
La communauté remonte au XVe siècle.

- Les nazis liquident le camp de travail forcé de Janovsk à Lwow (Ukraine). Presque tous les internés juifs sont fusillés.

1943

- A Janowska, les prisonniers se révoltent contre leur garde. 1 000 seront exécutés dans le cimetière juif.

18/11/2014

18 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

18 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1939

- Les Juifs de Cracovie sont obligés de porter l’étoile jaune. Le 23, tous les Juifs de Pologne occupée devront se soumettre à cette obligation.

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- 1940 

Les Allemands créent un ghetto à Lask (province de Lodz, Pologne). Au début de la guerre, la ville comptait 4 000 juifs environ. Des juifs y vivaient depuis le début du XVIIIe siècle.

1941

- Construction du camp de concentration de Salaspils, près de Riga, destiné à recevoir des juifs du Reich.

- Création par le Lieutenant colonel Modest Isopescu des camps de concentration de Bogdanovca, Acmecetca (Akmechet) et Dumanovka (Domanevka) devant recevoir 70.000 Juifs de Golta sur le Bug et de Crimée.

En ce jour, Alfred Rosenberg au cours d’une conférence de presse déclarait que la «question juive» serait maintenant résolue par «l’élimination biologique de tous les Juifs en Europe»

1942

- 

4 000 juifs de Makov Mazoviecki sont déportés au ghetto de Varsovie.

- En trois jours, environ 5 000 juifs du ghetto de Lwow (Ukraine) sont déportés soit au camp d'extermination de Belzec, soit au camp de travail forcé de Janovska, où ils périssent tous. Il s'agit du dernier transport de Lwow vers un camp d'extermination. Désormais, les juifs restants seront fusillés.

- 4 000 juifs du ghetto de Przemysl (province de Rzeszow, Pologne) sont déportés au camp d'extermination de Belzec.

- nzo Hayim Sereni est assassiné dans le camp de concentration de Dachau. D'origine italienne, pionnier en Palestine, il avait été envoyé par la Haganah dans la partie occupée de l'Italie. Fait prisonnier par les Allemands peu après avoir été parachuté, il fut envoyé dans divers camps avant d'être fusillé à Dachau.

09/11/2014

9 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

9 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1938

- Dans la nuit du 9 au 10 novembre, la célèbre " Nuit de cristal ",synagogues, des oratoires dans les cimetières, 7 500 magasins juifs sont détruits et incendiés en Allemagne et dans l'Autriche annexée. Il s'agit de représailles consécutives à l'attentat contre le secrétaire de l'ambassade allemande à Paris, E.von Rath, commis par Herschel Grynszpan.
C'est un pogrom antijuif. Goebbels donne des instructions pour que des « manifestations spontanées » soient organisées. Heydrich, de même ordonne à la Gestapo de ne pas réprimer ces manifestations, d'arrêter le plus possible de Juifs (surtout les riches) et de les déporter dans des camps.  les nazis de la SA arrêtent 25.000 Juifs (internés à Buchenwald, Sachsenhausen et Dachau ; environ 2.000 mourront). Près de 267 synagogues sont pillées et incendiées.

1942

- Un convoi de 1.000 déportés part du camp de transit de Drancy pour le camp d’extermination d’Auschwitz, 900 seront assassinés dans les chambres à gazes, et 5 seront encore vivant à la libération.

26/04/2011

Camp Bergen-Belsen

Camp de Bergen-Belsen



Le camp de Bergen-Belsen fut créé en 1940 en Allemagne. Jusqu'en 1943, Bergen-Belsen fut un camp de prisonniers de guerre pour des détenus français et belges et en 1941 des soviétiques sont venu les rejoindre, ils mouraient de malnutrition et de maladie.

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Plan du camp.


Ce n’est qu’en avril 1943 que les autorités allemandes créèrent ce qu'ils appelèrent le "camp de résidence" de Bergen-Belsen. Plusieurs milliers de prisonniers juifs furent internés et devaient être échangés contre des citoyens allemands détenus par les Alliés occidentaux. Très peu de détenus juifs furent en fait échangés.

 

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En décembre 1944, les Allemands transformèrent Bergen-Belsen en camp de concentration.
Le camp s'agrandit par huit sections : un "camp de prisonniers", deux camps de femmes, un camp spécial, un camp neutre, un "camp étoile", un camp hongrois, et un camp de tentes.
Le "camp de prisonniers" recevait des Juifs transférés des camps de concentration du Struthof-Natzwiller et de Buchenwald pour construire le camp. 
Le camp spécial reçut 2 400 Juifs de Pologne qui possédaient des papiers délivrés par des pays étrangers. Les SS et la police allemande en déportèrent 1 700 à Auschwitz, où ils furent tous assassinés.
Le camp neutre fut réservé à 350 Juifs citoyens de pays neutres tels que l'Espagne, le Portugal, l'Argentine et la Turquie.
Le "camp étoile" comptait quelque 4 000 prisonniers juifs, venant pour la plupart des Pays-Bas, qui étaient officiellement destinés à être échangés contre des citoyens allemands internés par les Alliés. Ils devaient avoir l'étoile jaune cousue sur leur vêtement (d'où le nom du camp).
Le camp hongrois fut construit en juillet 1944 pour plus de 1 600 Juifs hongrois, que Heinrich Himmler (chef de la Gestapo et des Waffen SS) prévoyait d'échanger contre de l'argent et des marchandises.

 

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Fosses commune découverte à la libération du camp


Bergen-Belsen servit aussi de camp de regroupement pour les prisonniers malades et blessés transportés à partir d'autres camps de concentration. Ils étaient logés dans une section distincte, baptisée camp hôpital. De nombreux prisonniers gravement malades furent exterminés par des injections mortelles administrées dans l'infirmerie du camp.
Anne Frank est morte dans ce camps mais on ne sait pas la date et on suppose que le Typhus la emporté ainsi que sa soeur Margot.

 

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A mesure que les alliés avançaient en Allemagne, fin 1944 et début 1945, ce camp servait pour un regroupement des détenus Juifs des camps les plus proches du front.

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09:35 Écrit par dorcas dans Camp Bergen-Belsen | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : allemagne, juifs, camps |  Facebook |

18/11/2010

L’Europe lance un moteur de recherche consacré à la Shoah.

L’Europe lance un moteur de recherche consacré à la Shoah.

 

mardi 16 novembre 2010, par Europe, par Shoah

Un nouveau moteur de recherche consacré à la Shoah, financé par l’Union européenne, a été lancé mardi à Bruxelles pour permettre de "préserver la mémoire" de cette tragédie alors que disparaissent les derniers survivants des camps d’extermination nazis. Baptisé Ehri (European Holocaust Research Infrastructure), le site qui sera pleinement opérationnel d’ici à septembre 2014, a l’ambition de regrouper les bases de données d’une vingtaine d’institutions, de musées ou de bibliothèques, dont le Mémorial de la Shoah en France et Yad Vashem en Israël, dispersés dans douze pays européens et Israël.

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L’UE a débloqué sept millions d’euros pour financer ce projet. Les chercheurs, enseignants et étudiants auront accès en ligne à cette source unique de documents sur la shoah mais le site devrait également permettre aux familles de retrouver la trace de leurs parents assassinés dans les camps nazis ou au public de rechercher des informations sur cette période noire de l’histoire.

"Soixante-cinq ans après la libération d’Auschwitz, il y a encore malheureusement des gens qui, sous couvert de promotion de la recherche et du droit au débat, remettent en question l’ampleur de la Shoah sinon son existence", a déploré la commissaire européenne chargée de la Recherche, Maire Geoghegan-Quinn, au cours de la cérémonie de lancement du site au Musée royal d’Art et d’Histoire de Bruxelles.

"L’Ehri a la grande responsabilité de préserver la preuve de l’Holocauste pour les gens en Europe et dans le monde, pour nous tous aujourd’hui et pour les générations futures", a-t-elle ajouté. Haïm Gertner, directeur des archives de Yad Vashem, a souligné l’importance d’un site unique en expliquant le cas du camp de Theresienstadt, situé en République tchèque. Ses archives sont dispersées entre Yad Vashem, le Mémorial de Terezin et le musée juif de Prague. "Afin de raconter toute l’histoire, nous devons rassembler les documents éparpillés. Avec le nouveau site nous pourrons établir une connexion virtuelle entre ces documents", a-t-il dit. Yad Vashem, le Mémorial de Terezin et le musée juif de Prague font partie du projet Ehri.

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Une rescapée de la Shoah montre le nom du Juste qui l’a sauvée, Yad Vashem, Jérusalem.

 "Les nazis ont essayé de détruire non seulement les Juifs, mais la mémoire des Juifs", a dit de son côté le ministre israélien de l’Education, Gideon Saar, qui a estimé que le nouveau site permettrait de redonner "un visage aux victimes".

NDLR : Le nom Yad Vashem vient du verset Ésaïe 56:5

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Seul le peuple juif a été capable de redonner une identité à ceux que la barbarie nazie a voulu effacer, jusqu’à leur souvenir. C’était sans compter que cette volonté monstrueuse avait déjà été prise en compte et que les prophètes d’Israël avaient dévoilé la réplique Divine, aujourd’hui réalisée comme nombre d’autres prophéties.

23:09 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, israël, camps, auschwitz, juifs, peuple |  Facebook |

15/05/2010

Camp de Sachsenhausen

Camp de Sachsenhausen en Allemagne

 Créé en: 12 juillet 1938

Libération: 22 avril 1945, par une unité de l’armée Soviétique.

30 - 35.000 victimes

Mémorial de Sachsenhausen

Pendant l'été 1936 on abattit des arbres et on érigea une baraque en bois au milieu de la forêt d'Oranienbourg, sur le territoire de Sachsenhausen. Le 12 juillet 1938, les 50 premiers prisonniers en provenance d'Esterwegen arrivèrent et furent immédiatement mis au travail pour la construction de ce qui allait devenir le camp de concentration de Sachsenhausen (K.Z. Sachsenhausen). Dès août et septembre 1938, 900 autres prisonniers furent transférés d'Esterwegen à Sachsenhausen pour travailler à la construction du camp. Très peu d'entre eux survécurent au rythme de travail infernal imposé par les SS. Fin septembre, les premiers prisonniers politiques arrivèrent au camp.

sachsenhausen un survivant

Un survivant du camp

Outre les baraques destinées aux prisonniers, le camp comprenait des bâtiments en pierre destinés aux SS ainsi qu'une véritable complexe industriel destinée à employer la main-d'oeuvre gratuite fournie par le camp. Avant la guerre, la plupart des prisonniers étaient des allemands communistes ou juifs. C'est ainsi qu'après la "Nuit de Cristal", plus de 1800 juifs furent enfermés à Sachsenhausen et massacrés peu après.

crématorium de Sachsenhausen
Les fours crématoires

En septembre 1939, des milliers de communistes, sociaux-démocrates et dirigeants ouvriers furent arrêtés. Près de 500 d'entre eux furent envoyés à Sachsenhausen, de même que 900 juifs. Fin septembre 1939, il y avait 8.384 prisonniers dans le camp. Dès novembre, ce nombre passa à 11.311 prisonniers. C'est à cette époque qu'une première épidémie de typhus se déclara. Suite au refus des SS de donner le moindre soins aux malades, les prisonniers commencèrent à mourir en masse. Jusqu'en avril 1940, date à laquelle le premier crématoire du camp fut construit, les morts étaient transférés au crématoire de Berlin situé à 35 km du camp.

 

17/04/2010

Les kapos

Les Kapos

kapo_Rudolph-Haess

Un kapo frappe un déporté, au camp de Natzweiler-Struthof.
Dessin de Rudolph Haess.

 « Qu'est-ce qu'un kapo ? Qui sont les kapos ?

Dans les camps de concentration nazis, c'était un détenu, généralement de droit commun (un criminel ou un bandit) qui était chargé de commander énergiquement les déportés, résistants ou raciaux, pour les services du camp ou pour les travaux extérieurs.

Ces kapos sont évidemment privilégiés : ils échappent aux travaux forcés et peuvent se procurer plus facilement de la nourriture. Ils logent dans une chambre particulière,à l'une des extrémités de la baraque.

  Les "Kapos", sont des  chefs de baraque qui faisaient régner l'ordre dans les baraques des camps et aussi des chefs d'équipe  dirigeant un commando de travailleurs.

Qui étaient ces kapos ?

Les S.S. ne pouvaient être partout et pour faire "régner l'ordre" dans le camp, ils choisissaient des déportés, le plus souvent parmi  les criminels, les voleurs... et leur donnaient une matraque et le pouvoir de frapper les déportés.

Comment se comportaient-ils ?

Témoignages

 

Karl, kapo de Neuengamme,

« Karl, le chef du block 13, n'a pas son pareil pour abattre d'un coup de poing un retardataire. Il adore discourir et s'enivre d'alcool de pomme de terre qu'il se procure dans des conditions restées inconnues. Il a des yeux de fou et nous réveille la nuit pour prononcer de longs discours dans une attitude théâtrale, debout sur une table. Il ordonne à des interprètes de traduire d'abord en russe, car il apprend cette langue ; ensuite, il va se coucher, mais exige que nous restions pour écouter la traduction dans les autres langues, qui doit être faite à mi-voix pour ne pas troubler son sommeil. Il estime que le français est une langue dégénérée et souvent ne fait pas traduire dans la langue de Descartes ses leçons de morale et de propreté. Il semble ainsi nous punir.
     Karl a un sens très personnel de l'humour. Une nuit, après une alerte, il nous annonce qu'il a pris la décision de ne plus se servir de sa cravache pour nous battre. Devant nous alignés, il la jette dans le feu et se fait apporter par les Stubendiest souriants, une énorme matraque. Se précipitant alors dans les rangs affolés, il assomme une demi-douzaine de malheureux, dont un vieux colonel français qui s'était assis derrière nous pour dormir. »

Louis Maury,
Quand la haine élève ses temples,
Louviers, SNEP, 1950

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Le kapo du Kabelkommando

« Ce capo était certainement le plus terrible de Monowitz et il avait quelques morts sur la conscience.

Il était néerlandais et s'appelait JUP. Il mesurait près de 2 m. et c'était un rouquin. Toujours le sourire aux lèvres, mais un drôle de sourire, vicieux ou sadique pourrait-on dire. Donc le sourire aux lèvres et la matraque à la main avec laquelle il aimait tant frapper les déportés. Il était déjà depuis un long moment à Monowitz, lorsque je suis arrivé. Il était le Capo du "Kabelcommando" le commando du câble. Le commando le plus craint. Les déportés devaient installer ces câbles  sous terre. Des câbles très lourds, et il y avait trois hommes sur une distance où il en aurait fallu le double. Aussi la matraque allait bon train. J'ai toujours eu très peur d'être désigné pour aller dans ce commando. Bien sûr, ça pouvait arriver. Bref ce capo était un vrai tueur, et s'il y a encore des survivants de Monowitz, ils se souviendront facilement de ce capo. Petit Paul s'en souvient bien.
     Après la libération il a été rapidement exécuté par des déportés qui avaient été ses victimes. Il y avait près de 200 déportés dans son commando. Voilà tout ce que je peux te dire, mais je pensepense

c'est suffisant pour situer  le personnage, que les SS aimaient bien, et pour cause. » Serge Smulevic,
par e-mail, août 1995

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Procès d'un kapo, en 1947 :

 

L'ancien kapo Paul Sakowki pendant le procès du camp de Sachsenhausen.
 Berlin, octobre-novembre 1947
(Photo USHMM)

Paul Sakowski est né à Breslau en 1920. En 1939, il était emprisonné dans le camp de Sachsenhausen. Il offrit ses services à l'administration du camp. De novembre 1939 jusqu'à mars 1941, il fut kapo et durant cette période, maltraita les prisonniers, les fouettant, leur enlevant la nourriture à laquelle ils avaient droit, jetant sur eux de l'eau froide, dehors, en plein hiver. Il prit même part à des exécutions. En décembre 1940, il devint le bourreau officieux du camp et supervisa l'exécution de 42 Soviétiques et Polonais. En septembre 1941, il travailla au crématoire et participa au massacre de 17.500 prisonniers de guerre soviétiques, supervisant le transport des corps vers la morgue et leur transfert vers les fours. Le 15 mai 1942, il prit part à l'exécution de 250 Juifs. De Septembre 1943 jusqu'à avril 1945, il fut surveillant dans l'usine Heinkel, près de rostock, et il continua là ses mauvais traitements sur des déportés. Jugé par un tribunal militaire soviétique, il fut condamné à la prison à vie et aux travaux forcés, le 1er novembre 1947 après un rapide procès.

 

 

00:04 Écrit par dorcas dans Les kapos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ss, camps, nazis |  Facebook |

17/03/2010

Les mannequins nus : I Auschwitz

Les mannequins nus : 

I Auschwitz

 

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Poursuivant son hallucinante enquête sur les camps de la mort, CHRISTIAN BERNADAC aborde avec les MANNEQUINS NUS, le premier dossier d'une nouvelle série consacrée aux camps de femmes.


On ignore en général que l'enceinte d'Auschwitz abritait, à l'ombre des fours crématoires, un immense camp de femmes; un camp où chaque déportée, dépouillée de cette enveloppe qui la rattachait à son passé, est précipitée dans un monde qu'elle est incapable de comprendre ou d'imaginer. Nue, elle n'a que quelques jours pour se fondre dans la masse, pour réaliser l'amalgame, pour n'être plus que le numéro matricule d'une série, d'un block, d'un kommando. Elle devient un MANNEQUIN NU, un objet. Ces femmes d'Auschwitz ont connu la pire existence concentrationnaire, mais elles ont su comme les hommes, peut-être mieux qu'eux, s'organiser, s'entraider, résister. Beaucoup, malgré la hiérarchie saris cesse préoccupée de trancher les franges de la masse, sont sorties de ce « troupeau de choses » pour ébranler le Système.


Recherchant et retrouvant documents et témoignages inédits, CHRISTIAN BERNADAC retrace ces miracles quotidiens de la survie et de l'espoir. Peu à peu, de cet enchevêtrement de crânes tondus, émergent les visages paisibles du refus.. Mala la Belge, Danielle la Française, Régina la Russe, Bell, la Polonaise.

De Christian Bernadac éditio, France-Empire

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Extrait du livre : page 220 et 221

Du revier (sorte d’infirmerie) chaque jour je voyais fumer le crématoire de l’aube jusqu’au crépuscule, et arriver les trains : un, deux, trois, quatre, jusqu’à sept par jour en cette mi-juillet 1944.Quarante wagons par trains, deux cents déportés par wagon, soit trente à cinquante mille par jour à cette époque, dont quelques centaines à peine pénétraient dans le camp de plus en plus surpeuplé.

Un soir de juillet, une fumée plus âcre qu’à l’ordinaire parvint jusqu’à nous, l’ambiance était plus lourde encore que d’habitude. J’appris bientôt le drame : le gaz manquant, le S.S. avaient ordonné aux commandos du crématoire de creuser des tranchées, les enfants y furent jetés, recouverts de pétrole et brûlés vifs.

Du revier, chaque matin, je voyais défiler de l’autre côté de la strasse ces colonnes interminables de femmes qui partaient au travail, des femmes qui  n’en étaient plus, qui étaient transformées les unes en furies, les autres plus nombreuses en êtres qui paraissaient vidés d’âme, ralenties , au regard vide. A les voir défiler, je découvris avec consternation que mes camarades, dont je venais de me séparer, étaient aussi détériorées que les autres et je réalisais là seulement, à sa pleine mesure, ce qu’était Birkenau où nous étions en train de vivre et de mourir.

Quand vous me demandez : « Vous médecins, qu’avez-vous pu faire ? » Je ne peux répondre que : rien, rien du tout, sinon favoriser l’admission au revier de quelques camarades épuisées et les faire ressortir le plus vite possible ; être là près des agonisantes qui s’accrochaient à nous, qui nous imploraient, nous racontaient ce que fut leur vie, ce qu’elles voulaient retrouver, leur désir immense de revenir, et qui me semblait-il me suppliaient de rendre ce retour possible. Nous ne pouvions que bander ces plaies avec du papier, inciser  les abcès sans matériel stérile, sans anesthésie. On ne pouvait qu’être là, à côté et avec, à ce bercer des mêmes espoirs fous, à délirer avec elles et à faire des gestes qui nous rassurent.

Témoignage de Myriam david, née en 1917,  passa sa thèse en juillet 1942. Israélite, entre en novembre 1942 dans le mouvement de résistance, combat. Arrêtée en décembre 1943. Déportée à Auschwitz

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Extrait du livre page 114

Les crématoires.

Les corps encore chauds passent par les mains du coiffeur qui tond les cheveux et du dentiste qui arrache les dents en or. Récupération systématique par une bande d’assassins qui ne laisse rien au hasard. Et maintenant, un incroyable enfer commence. Les hommes- comme cet érudit avocat de Salonique ou comme cet ingénieur de Budapest-que je connaissais si bien, n’ont rien d’humain. Sous les coups de crosse et de cravache des S.S., ils courent comme des possédés cherchant à se débarrasser le plus vite possible de la charge attachée à leur poignet.-

-          Une fumée noire, épaisse, s’échappe des fosses.

-          Tout ceci se passe si vite, tout ceci est si invraisemblable que je crois rêver. L’enfer de Dante me paraît alors vieille et simple allégorie.

-          Une heure après, tout rentre en ordre. Les hommes enlèvent des fosses les cendres qui s’amassent.

-          Un convoi de plus venait de passer par crématoires 4.

-          Et ceci continua jour et nuit. On est arrivé pour l’ensemble des crématoires et des fosses au chiffre effarant de vingt-cinq mille corps brûlés par 24 heures.

-          Au moment des déportations massives de Juifs hongrois, en l’espace de deux mois et demi    (mai-juin) quatre cent mille y passèrent. Les nazis ont souvent affiché, tant dans leur propagande que dans les discours officiels, leur mépris de l’or. Ceci ne les a pas empêchés de récupérer sur leurs victimes – entre la mise en service des crématoires et le mois de novembre 44, date à laquelle, ils ont cessé de fonctionner – dix-sept tonnes du précieux métal jaune.

Témoignage du docteur Paul Bendel ( rapport pour le procès de Nuremberg)

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Infirmière à Auschwitz, témoignage

 

revier

Une déportées sur un lit du Revier, sorte d'infirmerie, qui est plutôt un endroit pour mourir. une photo qui a été prise au camp de Sachsenhausen à la libération du camps, on ignore si cette femme très affaiblie a survécu.

Il y avait cette femmes, arrivée avec nous, et que je ne reconnaissais pas, bien qu'elle me dit qui elle était.Squelettique, sa jambe gauche était énorme, tendue, violacée, l'autre réduite à l'état d'un bâton.

Notre chef l'amena hurlante, la bousculant parce qu'elle ne pouvait marcher.Etandue sur la table de soins, elle se mit à hurler d'une façon si intolérable que, avec le sang-froid qui la caractérisait, la docteresse l'étourdit d'un direct à la mâchoire et, profitant de cette anesthésie, elle fit une large incision du mollet d'oû sortirent des litres de pus noirâtre.

Quand elle revint à elle, elle ne fut plus capable que de délirer.Elle parlait beaucoup et tint des propos incohérents jusqu'à sa mort.

J'hésitais à refaire le pensement, mais le papier (les pensements étaient fait en papier) fut si vite imprégné qu'il fallait s'y résoudre.

Je découvrais alors un membre envahi d'asticots. Heureusement la malheureuse était dans une demi-inconscience, mais bien des jours passèrent avant qu'elle ne quittat ce monde d'horreur.

Ce témoignage est de Myriam David,un extrait du livre "Les mannequins nus" de Christian Bernadac

           

12/03/2010

Combat pour la liberté


 ANDREE GEULEN-HERSCOVICI                                                 

Témoignage d’Andrée Geulen-Herscovici dans LA BOITE A IMAGES asbl (www.laboiteaimages.be) : « 1940-1945 : Un combat pour la liberté »

Je suis née le 6 septembre 1921 à Bruxelles.
En juillet 1942, j’ai commencé à faire des intérims dans l’enseignement, où j’ai été confrontée pour la première fois au problème des enfants juifs. Je voyais arriver dans ma classe des enfants avec une étoile jaune, et puis ils ne venaient plus à l’école parce qu’ils avaient été arrêtés dans la nuit avec leurs parents.

C’est à ce moment là que j’ai rencontré le réseau de résistance qui s’occupait de cacher ces enfants, et j’en ai fait partie jusqu’à la libération. Il s’agissait du « Comité de Défense des Juifs », section enfance. Je cachais des enfants dans des abris « sûrs ».
La révolte devant l’impensable m’a poussé à agir. Qui peut rester insensible à ça. On me communiquait des adresses de personnes juives, où je me rendais pour prévenir la famille que j’emmènerais l’enfant 48 heures plus tard. A la campagne, dans un couvent, dans des familles privées ou dans des institutions nées de la guerre (le Secours d’Hiver, l’Aide Paysanne aux Enfants, etc.).
La période était difficile. Nous avions faim et froid.
Mais sauver des enfants est une belle cause.

Un jour je suis allée chercher un bébé de 20 mois environ. Au moment où je suis sortie avec le bébé, la Gestapo est arrivée. Les rafles étaient effectuées dans les quartiers juifs. Ils barraient toutes les rues transversales avec des camions pour empêcher les gens de s’échapper.
Je suis arrivée dans une de ces rues avec la poussette, et pendant ce temps, ils faisaient descendre toutes les familles.
D’autres fois, nous allions aussi chercher des bébés qui avaient 6, 7 jours à la maternité. Des médecins « amis » nous signalaient les enfants à cacher tandis qu’ils s’occupaient des mères désemparées.

Nous avons appris l’existence des chambres à gaz suite au voyage de Victor Martin, un jeune universitaire, chargé par le « Front de l’Indépendance » de faire une enquête en Allemagne pour voir ce que devenaient les prisonniers que l’on envoyait là-bas. Le responsable du « Comité de Défense des Juifs » lui a demandé de voir ce que les déportés devenaient.
Martin est rentré d’Allemagne en disant : « on brûle les gens. » Il avait pris contact avec des gens autour du camp, des ouvriers qui lui ont parlé des cheminées.

Après la guerre j’ai continué à avoir énormément de contacts avec ces enfants, d’autant plus quand les parents avaient survécu. Parce que les parents avaient le souvenir de ce que j’avais fait, ils n’ont jamais oublié.
C’est un grand privilège pour moi d’avoir pu continuer à les aider en les guidant dans leurs études par exemple.

Un beau jour, quelqu’un m’a écrit de San Francisco pour me demander où il avait été caché pendant la guerre. Je lui ai répondu, et il est venu quelques jours après en Belgique. Nous sommes allés ensemble jusqu’au couvent où il était caché, à Louvain. Pour lui c’était terrible, il en pleurait car il se souvenait des caves où il se cachait pendant les alertes, du petit coin où il cultivait des légumes, de la chapelle.
Par la suite je suis allée le voir à San Francisco. Ces deux fils étaient présents. Nous avons fait un film ensemble. Il pleurait à chaudes larmes. Ses fils m’ont dit qu’il n’avait jamais rien raconté avant.

J’ai gardé de cette période la haine de tous les racismes, pas seulement de l’antisémitisme, qui peuvent mener jusqu’à l’extermination.
Je suis pessimiste au vu de l’actualité de ces dernières années. J’ai l’impression que l’homme n’a pas appris grand-chose. Il suffit de quelques incidents dans la rue pour que naissent des nouveaux sentiments de rejet. Mais il faut pouvoir résonner tout ça.
A mon sens, tant qu’il y aura dans ce monde des gens qui « crèvent de faim » et de l’autre qui « crèvent de trop de richesses », il y aura un appel de ces pays pauvres vers ces pays riches.
Si on établit un meilleur équilibre des richesses, on évitera d’abord les déplacements de population. Il faut faire un effort pour se mettre à la place des gens.
Nous vivons ici dans un pays de cocagne. J’admire les jeunes qui se battent pour une meilleure répartition des richesses. C’est ce combat-là qu’il faut mener aujourd’hui.

source: http://www.maisondesjustes.com/histoire_b.html

Libérations des camps.

Libérations des camps.

21:51 Écrit par dorcas dans Libération des Camps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberations, camps |  Facebook |

10/03/2010

Message de prisonniers d'Auschwitz dans une bouteille

Message de prisonniers d'Auschwitz dans une bouteille: surprise du déporté français

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Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 27/04/2009 à 20:50

MARSEILLE - Albert Veissid, déporté français au camp nazi d'Auschwitz dont le nom figure dans un message caché dans une bouteille récemment retrouvée par des ouvriers polonais, a affirmé lundi à l'AFP "ne pas se rappeler de cette bouteille" même s'il n'a oublié aucun détail du camp.

AFP/Atchives/Wojtek Radwanski

Vue générale de l'ex-camp nazi Auschwitz-Birkenau, le 17 mars 2009

"Je ne me rappelle pas de cette bouteille. Et pourtant c'est bien mon nom qui est marqué sur ce message et mon numéro de matricule: 12063. Je ne peux pas l'oublier ce numéro puisqu'il est sur mon bras", a déclaré par téléphone M. Veissid à l'AFP.

Agé de 84 ans, cet ancien employé du secteur de la confection originaire de Lyon a été déporté le 30 mai 1944 à Auschwitz. Il venait d'avoir 20 ans. Il vit aujourd'hui dans un village près de Marseille.

Son nom ainsi que celui de six prisonniers polonais a été retrouvé sur un message écrit à la main en septembre 1944 et découvert récemment par des ouvriers qui abattaient une cloison à l'Ecole supérieure d'Oswiecim (Auschwitz en polonais, sud), un bâtiment qui pendant la guerre avait servi d'entrepôt aux gardes allemands du camp de concentration.

"Les Polonais ont appelé ma petite-fille aujourd'hui pour lui parler de ce message. Je ne me rappelle pas de cette bouteille pourtant je n'ai rien oublié de la déportation. Je me souviens que des Polonais chrétiens travaillaient en haut, à l'étage, pour le ravitaillement du camp. J'ai fraternisé avec eux. Parfois, ils volaient des seaux de marmelade et je leur cachais. Ils me donnaient plus de soupe. Peut-être que l'un d'eux a marqué mon nom et mon numéro de matricule?", se demande-t-il.

M. Veissid s'était inscrit comme maçon à Auschwitz et a travaillé à la construction d'un "abri-refuge" pour les Allemands, ce qui lui a permis, selon lui, d'échapper à l'extermination subie par les juifs du camp.

21:37 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, extermination, juifs, camps |  Facebook |

09/03/2010

Les arrestations

Les arrestations

 

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Voici la carte des démolitions et incendies de synagogues, chaque point représente un acte de violence.

 La Nuit de Cristal est aussi la première vague d'arrestations. 20.000 à 30.000 Juifs sont arrêtés et déportés dans les camps de concentration existants (Dachau, Sachsenhausen...). 91 personnes trouvent la mort au cours de la nuit de violences.
En Autriche, la Nuit de Cristal est particulièrement violente. 6500 Juifs sont arrêtés par la Gestapo et 3000 déportés à Dachau.

23:30 Écrit par dorcas dans Nuit de christal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : synagogue, juifs, camps, dachau, gestapo |  Facebook |

Voyage au bout de la Nuit

Voyage au bout de la Nuit

Par Danielle Attelan pour Guysen International News


70 ans après, la Nuit de Cristal reste dans les esprits comme le prélude aux camps de la mort et à l’extermination systématique des Juifs par les nazis. C’était un 9 novembre 1938. L'Allemagne nazie organisait un de ses plus vastes pogrom : une centaine d'assassinats sont perpétrés, 30.000 juifs sont arrêtés, des milliers de magasins pillés, 267 synagogues sont incendiées ou saccagées en Allemagne et en Autriche. Un violent tournant dans l’Histoire allemande sur lequel le centre culturel de Jérusalem a choisi de revenir par le biais d’une série d’évènements.

Egalement connu sous le nom de « la Nuit des éclats de verre », la Nuit de Cristal fait référence aux innombrables fenêtres et vitrines des synagogues, commerces et maisons des Juifs qui volèrent en éclat le 9 novembre 1938.

Des éclats de verres que les artistes du groupe « Zik » ont utilisés pour reproduire une synagogue détruite durant cette nuit de terreur. L’installation sera illuminée chaque soir de dimanche 9 au jeudi 13 novembre sur le toit du centre culturel Mishkenot Sha'ananim de Jérusalem.

Son inauguration marquera le lancement d’une série de cérémonies de commémoration et de conférences qui se tiendront la semaine prochaine au centre culturel en association avec le ministère des Affaires sociales.

Seront présents à la cérémonie d’ouverture, le ministre des Affaires Sociales Itzhak Herzog, également engagé dans la lutte contre l’antisémitisme, ainsi que les ambassadeurs allemands et autrichiens.

Mercredi 12 novembre, une conférence internationale réunira les participants autour du thème : « La nuit de Cristal : 70 ans plus tard ».
De nombreuses questions animeront les discussions, notamment les efforts de restauration des synagogues détruites durant la Nuit de Cristal, les politiques entreprises pour entretenir la mémoire des victimes ou encore la représentation artistique du Mal.

Une exposition à la galerie Dwek du centre, placée sous le thème de « la mémoire sélective », réunira à partir du 12 Novembre des artistes appartenant pour la plupart à la deuxième génération de survivants de la Shoah.

Le souvenir de la Nuit de Cristal se mettra en scène au théâtre Khan à Jérusalem le 13 novembre avec la pièce « A murderous affair », jouée par la troupe de Ruth Kaner.
Adaptée du roman de Manfred Franke, la représentation invite le public à revenir sur les événements de la nuit du 9 novembre à travers les yeux d’un adolescent de 13 ans.

A noter également, la cérémonie au musée de Yad Vashem dimanche 9 Novembre, avec la présence de survivants de l’Holocauste, des ambassadeurs allemands et autrichiens et du Prof. Yehuda Bauer qui animera une conférence sur le thème : « L’holocauste et l’Etat d’Israël ». Le débat sera suivi d’une cérémonie de recueillement dans la Salle des Noms.

Si l’Etat d’Israël a choisi de mettre ainsi en exergue l’anniversaire de la Nuit de cristal, c’est que les questions qu’elle suscite sont plus que jamais d’actualité.

Pour le président de la ligue anti-diffamation, Abraham H. Foxman, l’événement est essentiel pour comprendre que la lutte contre l’antisémitisme doit commencer dès les premiers signes de la haine.

Se souvenir de la Nuit de Cristal, c’est comprendre que le génocide est l’aboutissement d’un processus : la Shoahantisémitisme n’a pas surgi soudainement, mais a été préparé et annoncé par le franchissement progressif de plusieurs étapes.

Et dans cette route macabre menant vers l’ultime « solution finale », la Nuit de Cristal constitue un véritable tournant.

03/03/2010

Canada : baraquement de la récupération

Canada : Baraquements de la récupération

CanadaBirkenau

Baraquement retrouvé après la libération dans un des camps de concentrations

Les déportés sélectionnés pour la chambre à gaz devaient se déshabiller et abandonner tous leurs bagages. Tous les objets pris à ceux qu'on vient d'exécuter sont amenés au "Canada", baraque de la récupération où ils sont triés par des déportés.

23:25 Écrit par dorcas dans Spoliation des Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberation, camps, gaz, deportes |  Facebook |

Après 70 ans de lutte, la descendante d’un industriel juif obtient réparation pour spoliation

Après 70 ans de lutte, la descendante d’un industriel juif obtient réparation pour spoliation
Par Sarah Drai pour Guysen International News
Mercredi 16 septembre 2009

L’immonde nazi Hermann Goëring déclarait cyniquement, alors qu’il ordonnait l’acheminement des Juifs vers les camps de la mort : « Puisqu'on brûle les Juifs, ils ne pourront plus profiter de leurs tableaux. Autant les avoir chez moi »… La spoliation des tableaux des Juifs pendant la guerre était un phénomène répandu, même en France. Le rapport Mattéoli, une mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France évalue à 1,35 milliard d’euros (plus de 5,2 milliards de francs à l'époque) le montant des confiscations dont ils ont été victimes, en dehors des pillages des appartements et des œuvres d'art par les Allemands.
Ces derniers jours, la famille de Friderich Unger, un industriel juif, vient d'obtenir réparation et sera indemnisée à hauteur de 1,37 million d'euros : ce dernier avait fait don en 1939 de trois tableaux de maîtres à la France pour essayer d’obtenir, en vain, la nationalité française.
Il aura fallu attendre 70 ans pour que la famille soit indemnisée.
 
C’est dès 1938 que Friederich Unger tente d’être naturalisé français. Autrichien, déchu de sa nationalité parce que juif, il arrive alors en France, ce pays qu’il admire, avec sa famille et son associé Otto Anninger. Il souhaite s’y installer, mais ses biens, dont sa collection de tableaux, restent bloqués à la douane.
 
Déterminé à obtenir la nationalité française, il entame des démarches. Des fonctionnaires lui indiquent qu’un « geste » serait le bienvenu.
Réfugié en France depuis six mois, il écrit d’Aurillac une lettre au directeur des Beaux-Arts : « Je serais très heureux de pouvoir, en qualité de Français, faire cadeau, au Musée que vous voudrez bien désigner, les peintures suivantes... ».
 
La lettre est courte et l’on y relève des fautes d’orthographe, mais peu importe, on y devine la détresse de cet homme qui considère que la France est son dernier espoir.
 
Deux mois seulement s’écoulent et le 1er février 1939, le directeur général des Beaux-Arts, du ministère de l'Education nationale, lui répond et l'informe que sa proposition sera « immédiatement étudiée par la direction de musées nationaux ». Le don est accepté très rapidement et « avec reconnaissance » le 4 avril 1939, confirmé par décret présidentiel le 24 mai 1939.
 
Les trois tableaux quittent le conteneur immobilisé pour être accueillis au Louvre : une "Nature morte aux instruments de musique", de Pieter Claesz (XVIe), une "Nature morte aux fleurs" de Jan de Heem II (XVIIe) et "La famille de Darius aux pieds d'Alexandre" de Francesco Trevisani (XVIIIe).
 
Une fois les tableaux remis, la naturalisation de M.Unger n’est soudain plus si évidente. La guerre éclate, et toujours pas de nouvelles. Le 7 septembre 1939, tandis qu’il est en voyage d’affaires à New York, il reçoit une réponse: « Cette demande, après examen, ne m'a point paru susceptible d'être accueillie, en raison de son irrecevabilité, le postulant n'ayant pas les trois années de résidence en France. ».
 
Friedrich Unger, déçu par les fourberies de l’administration, comprend que ce n’est pas en France qu’il peut espérer trouver refuge. Il décide de ne pas rentrer, fait venir sa famille aux Etats-Unis et s’y installe.
 
En toute légitimité, il cherche dès 1939 à récupérer ses tableaux. Il reformule cette requête après la Libération et continue d’insister jusqu’à sa mort en 1954, mais en vain.
 
Pour la France, M.Unger n’entre pas dans la catégorie des « Juifs spoliés ». Tout d’abord, parce qu’il n’a pas été victime d’un vol, ni d’une vente forcée mais a fait un don. Les autorités administratives poursuivent: cette transaction n’a pas eu lieu pendant la guerre. En d’autres termes, accuser la République fait tache.
Le 28 février 1946, le comité des conservateurs du Louvre l’informe d’un « refus unanime (…) : une telle décision risquerait de créer un précédent fâcheux ».
 
Mais la famille de M.Unger compte bien obtenir réparation de la France. Les héritiers réclament un réexamen de la situation et essuient un troisième échec. En mars 20004, Jacques Foucart, conservateur général au département des peintures, interrogé alors par Le Monde, jugeait de nouveau le dossier limpide et arguait que toute remise en cause du don serait un « abus d'interprétation ».
 
En décembre 2008, l’espoir renaît. Le ministère de la Culture, dès décembre 2008, estime la requête de la famille Unger, qualifiée de "juridiquement fragile mais moralement indiscutable". La fille de M. Unger, Grete Heinz, a eu le temps d’assouplir sa demande, réclamant désormais une indemnisation et non la restitution des œuvres.
 
Mardi 15 septembre 2009, on apprenait par l’avocate de la famille, que les descendants de M.Unger venaient d’obtenir réparation et allaient être indemnisés à hauteur de 1,37 million d'euros. La direction des musées de France précise qu’un "montage" a bien été trouvé mais "l'arbitrage n'est pas encore finalisé".
 
Grete Heinz pourrait être arrivée au terme de 70 ans de lutte contre la justice française et le Louvre. Me Hershkovitch, son avocate, déclare : "Mme Heinz a 83 ans. Elle se battait pour la mémoire de son père. Aujourd'hui, elle est heureuse. J'aimerais qu'elle le reste."
 
D’après la direction des musées de France il s’agirait de l’ultime réclamation portant sur une œuvre spoliée conservée dans les collections nationales. Pourtant, en novembre 2008, quand il avait rendu aux héritiers du collectionneur Harry Fuld Jr Le Mur rose, le ministère prétendait déjà avoir clos le dossier relatif aux spoliations des biens juifs.
 
Retenons que le don de M. Unger à la France avait été fait avant la mise en place de Vichy. La République est d'une façon ou d'une autre héritière des engagements même verbaux pris par ses représentants. Au-delà des aspects juridiques, clore ce genre d'affaire est avant tout une question morale pour laquelle il n'y a pas de prescription pour ceux qui sont de bonne foi.

23:18 Écrit par dorcas dans Spoliation des Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, camps |  Facebook |

15/02/2010

Le dernier survivant du ghetto de Varsovie se souvient

Le dernier survivant du ghetto de Varsovie se souvient

On savait parfaitement qu'on ne pouvait en aucun cas gagner. Face à 220 garçons et filles mal armés, il y avait une armée puissante de milliers d'hommes", se souvient, 65 ans après, Marek Edelman, dernier survivant des commandants de l'Insurrection du ghetto de Varsovie.

"On ne comptait pas sur une aide. C'était juste un symbole de lutte
pour la liberté. Le symbole de l'opposition contre le nazisme, contre la
soumission", raconte Marek Edelman, qui avait alors un peu plus de
20 ans.

19 avril 1943
Le 19 avril 1943, les nazis décidèrent de liquider le ghetto, où il ne restait plus que quelque 60.000 juifs sur les quelque 450.000 enfermés au début de la guerre. Les autres étaient déjà morts, de faim, de froid, de maladie, ou gazés au camp de Treblinka. "En fait, ce sont les Allemands qui ont fixé la date de notre insurrection", dit Edelman.

"Au premier jour, nous avons attaqué les colonnes des Allemands qui
entraient au ghetto pour le liquider. Ils ont dû se retirer. C'était le jour de notre victoire totale", se souvient Edelman."Les Allemands ont changé de commandant, Hitler nomma Jürgen Stroop à la tête de l'opération", ajoute-il. Ce général SS a été arrêté après la guerre, jugé et condamné à mort. La peine a été exécutée en 1952, en Pologne.

"Bien sûr, personne ne pouvait espérer gagner, nous n'étions pas idiots. Nous savions parfaitement quelle était notre situation, le front
de l'Est formé par l'Armée rouge était encore très loin de Varsovie, quelque part sur l'Oural". "L'autre front (des alliés occidentaux) n'était pas encore formé". "Mais notre espoir n'était pas de gagner, on voulait défendre la population du ghetto, retarder au maximum l'envoi des gens dans les camps d'extermination".

Bataille perdue
"Le deuxième jour eut lieu une bataille sur le terrain de l'usine de
camouflages. On l'a perdue, c'est là qu'ont commencé les combats dans les rues, une guérilla, nous avions de notre côté toute la population, on connaissait les passages secrets, des endroits où se cacher. L'insurrection a duré presque 3 semaines".

 varsovia_gueto


Quartier brûlé
Les forces allemandes, qui comptaient 3.000 soldats pour écraser le
mouvement, ont brûlé tout le quartier au lance-flammes, maison par maison, chassant ainsi des cachettes les derniers habitants et insurgés. Quand il n'y eut plus d'espoir, le 8 mai, le chef de l'insurrection Mordechaj Anielewicz décida de se suicider en faisant exploser son bunker de la rue Mila avec 80 combattants.

 destruction du ghetto de varsovie


Les derniers 40 combattants en vie, dont Marek Edelman, sont sortis du ghetto par des égouts. "Nous avons rejoint le maquis, des unités de la résistance qui opéraient dans des forêts", se souvient Edelman. Un an plus tard, il participa à l'insurrection de Varsovie d'août 1944 qui a coûté la vie à 200.000 habitants de la capitale.

Pour marquer sa "victoire sur les juifs", Stroop fit exploser le 16 mai 1943 la plus grande synagogue de Varsovie. Cette date est considérée comme la fin de l'insurrection du ghetto. Quelque 7.000 juifs ont péri dans l'insurrection, brûlés vifs en majorité, 50.000 ont été déportés dans des camps de la mort.

"Les Allemands étaient trop impatients, s'ils avaient laissé les gens
mourir de faim, en cinq ans le ghetto aurait été liquidé. Mais ils étaient
impatients, ils étaient pressés, car ils sentaient déjà qu'ils allaient
perdre la guerre", dit-il. Comme à son habitude, Marek Edelman ne participera pas aux cérémonies officielles, programmées cette année mardi en présence du président israélien Shimon Peres.

Comme tous les ans, il déposera seul le 19 avril une gerbe devant le
monument des Héros de l'insurrection du ghetto de Varsovie, situé dans ledernier carré de résistance aux nazis. (belga/7sur7)

Matsada – infos
 Source :  7sur7   13/04/2008

06/02/2010

Kommandos de femmes

Kommandos de femmes

kommandos-de-femmes

 

Poursuivant son hallucinante enquête sur les camps de la mort, Christian Bernadac aborde avec "Les mannequins nus", le premier dossier d'une nouvelle série consacré aux camps de femmes.

On ignore en général que l'enceinte d'Auschwitz abritait, à l'ombre des fours crématoires, un immense camp de femme, un camp où chaque déportées, dépouillées de cette enveloppe qui la rattachait à son passé, est précipitée dans un monde qu'elle est incapable de comprendre ou d'imaginer.

Nue, elle n'a que quelques jours pour se fondre dans la masse, pour réaliser l'amalgame, pour n'être plus qu'un numéro matricule d'une série, d'un block, d'un commendo.

Elle devient un mannequin nu, un objet.

Ces femmes d'Auschwitz ont connu la pire existence concentrationnaire, mais elles ont comme les hommes, peut-être mieux, s'organiser, s'entraider, résister.

Beaucoup malgrè la hiérarchie sans cesse préoccupée de trancher les franges de la masse, sont sorties de ce "troupeau de choses" pour ébranler le système.

Recherchant et retrouvant documents et témoignages inédits, Christian Bernadac retrace ces miracles quotidiens de la survie et de l'espoir.

Peu à peu, de cet enchevêtrement de crânes tondus, émergent les visages paisibles du refus...

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extrait du livre

Ce matin ce fut le drame, un drame atroce.

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Un SS, lâche ces chiens sur un juif

Nos gardiens ont lâchés leurs chiens sous prétexte de nous faire sortir plus vite de la baraque.

J’aime les bêtes en particulier les chiens que je n’ais jamais craint ; à cet instant je connais la peur panique, une peur qui prend au ventre et qui paralyse. Une des bêtes fonçait sur moi. C’est une des bêtes puissante, solide sur pattes, au pelage fauve. Dans un éclair, je vis la gueule ouverte. Ses babines retroussées laissaient voir des crocs luisants, prêts à déchirer. Ses oreilles bien droites pointaient ; ses yeux semblables à deux billes en jais, lançaient des éclairs de fureurs ; sa langue pendait.

La bête respirait la force et les jarrets musclés, dans l’effort, entrainaient son corps par bond successifs. J’entendais son souffle rauque et saccadé. Un peu d’écume recouvrait ses flancs et son poitrail d’un beige clair. La peur, cette peur contre laquelle on ne peut vraiment rien, me clouait au sol ; c’est peut-être grâce à elle que je fus sauvée de l’inévitable. J’avais entendu dire que lorsque un chien furieux attaque, il faut éviter de bouger et encore moins fuir.

J’étais donc là, face au chien, immobile, le fixant dans les yeux ; la bête à un mètre, les pattes avant raides, l’arrière)train baissé, prête à bondir sur moi, était à l’arrêt. Un filet de bave allait se perdre dans ses poils. Intensément, nous nous fixions. Qui, de la bête ou de moi allait céder ? Je savais qu’il me fallait tenir, je le voulais de toutes mes forces, autrement elle se jetterait sur moi.

C’est le chien qui, un instant, fut distrait de sa garde vigilante. Une femme « paniquée » se sauva derrière moi en courant. Les sens toujours en alerte la bête ne fit qu’un bond, me frôla et retomba lourdement sur sa victime qui s’affala et retomba lourdement sur sa victime qui s’affala comme un sac de son. Les pattes puissantes aux griffes pointues lacérèrent la pauvre robe rayée, les crocs blancs cherchèrent la gorge.

La femme à terre, se protégeant le visage de ses bras, hurlait d’épouvante et de douleur ; le chien excité par l’odeur du sang était comme fou ; un bruit de chair déchiquetée, d’os brisé mit le comble à sa sauvagerie.

Impuissante devant ce drame atroce, j’assistais à l’agonie de cette malheureuse. Que cela cesse ! Que ce cauchemar finisse ! Qu’il rappelle sa bête.

Le chien tenant dans sa gueule un des bras de la femme la secouait de droite à gauche pareille à une poupée de chiffon.

Soudain un coup de sifflet strident stoppa net les élans du chien qui, à regret, un lambeau d’étoffe accroché à une dent, abandonna la femme toute sanglante et s’assit, en chien bien dressé, attendant les ordres de  son maître. Le soldat allemand partit enfin, la bête sur  ses talons. Un silence lourd d’horreur plana devant la baraque entrecoupé seulement des plaintes et des sanglots de la femme  blessée que nous n’avions pas le droit de secourir…

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Ce qui fut le pire:

la peur

Ce ne fut pas le froid, si cruel, dont la seule pensée faisait pâlir les plus courageuses, le matin avant l’appel.

Ce ne fut pas la faim, compagne inséparable de toutes les heures, inspiratrice de nos rêves et sujet de nos conversations.

Ce ne fut pas le travail, pic si lourd entre nos mains affaiblies ou longues heures de la nuit, debout, devant  une machine.

Ce ne fut pas la saleté, celle de la voisine et la sienne. On s’habitue à sentir courir sur son corps des centaines de poux, à l’odeur de la dysenterie, à la laideur, aux coups…

Mais le pire, ce fut de voir mourir ses camarades. L’une après l’autre, elles prenaient ce visage à la fois creusés et bouffi, qui vous faisait penser : « elle n’en a plus pour longtemps » Et un matin, dans la salle où nous couchions, huit cents entassées, sur la terre battue, nous trouvions près de nous un corps déjà froid. Si grande était notre faiblesse que la mort était douce, et facile le passage hors de cette humanité dont nous semblions déjà rayées.  Nous évoquions alors les journées  passées avec la morte, les beaux projets communs, les petits enfants dont elle parlait souvent, ou la vieille maman qui  attendait en France, si loin… Et nous frissonnions à cause de tous ces rêves vains, à cause de ces espoirs déçus, et aussi, un peu sans nous l’avouer, parce que nous avions peur d’être un jour ce pauvre cadavre dont le bras dépasserait sous le morceau de toile à sac, dans la charrette où l’emmènerait quelque part en forêt, une équipe de Polonaises bavardes et inconscientes. Nous nous sentions un peu plus seules, un peu plus abandonnées…

Ce qui fut pire c’est de pensée à Madeleine, mon amie, que je croyais brûlée vive au revier, ou à Valentine, notre petite sœur d’adoption qui s’en alla doucement, sans faire de bruit, modeste et effacée jusqu’au dernier moment.

Ce qui fut pire, ce fut d’épier sur le visage amaigrie de ma sœur les signe de la mort, de la voir tomber évanouie près de moi pendant les appels, d’imaginer le retour à la maison sans elle, le chagrin de maman.

Rechlin, tombeau de mes camarades…Je ne pourrai  jamais entendre ce nom sans frémir d’horreur.


23:46 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camps, auschwitz |  Facebook |

05/02/2010

La voix des survivants

La voix des survivants

la voix des survivants 2

Lyn SMITH
Traduit par Jean Charles PROVOST

Ils étaient juifs, polonais, Témoins de Jéhovah, homosexuels, tsiganes, communistes ou prisonniers de guerre russes. Tous ont en commun d'avoir connu l'enfer des camps nazis. Et d'y avoir survécu.

Présentation du livre
Ce sont les témoignages d'une centaine de ces "voix oubliées" qu'a enregistrés Lyn Smith, professeur de sciences politiques, pour le compte de l'Imperial War Museum de Londres, sur une période de vingt-cinq ans. Avec leurs propres mots, ces rescapés de l'inconcevable racontent comment la terreur nazie a peu à peu affecté leur vie quotidienne, jusqu'à l'horreur des ghettos, des camps de concentration ou d'extermination et des marches de la mort.

Quels qu'aient été à l'époque leur âge, leur nationalité, leur confession et leurs convictions politiques, tous s'expriment avec une retenue et une pudeur qui contrastent avec l'étendue des sévices moraux et physiques qu'ils ont subis. Et pourtant, à travers ces récits de cruautés banales ou d'atrocités inimaginables rayonnent comme par miracle des moments d'espoir et de grâce.

Emouvant témoignage du courage et de la volonté des hommes, La Voix des survivants est un livre important et nécessaire.
Une contribution essentielle au devoir de mémoire.

02/02/2010

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

trois ans

Le témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.

 “Le livre de Filip Mûller est un document unique. En prendre connaissance est un devoir, si nous voulons assurer la survie de notre civilisation. »

Professeur yehuda Bauer : Hebrew University à Jérusalem.

Traumatisé à vie, Filip Müller, après avoir surmonté les limites extrêmes du désespoir, a finalement décidé, trente ans après, de se souvenir. Afin que nul n’oublie.

Son récit vécu sur l’innommable réalité des camps de la mort n’est comparable à aucun autre. Müller est en effet l’un des uniques survivants des commandos spéciaux des fours crématoires, commandos où se trouvaient enrôlés de force de jeunes déportés suffisamment robustes pour exécuter, sous la menace d’une mort immédiate en cas de refus, les tâches les plus immondes et les plus éprouvantes jamais demandées à des hommes. A intervalles réguliers, l’effectif complet de ces commandos était à son tour radicalement éliminé, afin qu’aucun survivant ne puisse jamais parler.

Filip Müller, par un extraordinaire concours de circonstances, a miraculeusement survécu. Il a, pendant trois ans, tragiquement assisté au massacres de tout un peuple, partagé les derniers instants de tous ceux qui allaient mourir, procédé, avec ses propres mains, et dans d’indicibles conditions au transfert et à l’incinération de leurs cadavres.

Son histoire, véritablement dantesque, dépouillée de tout artifice littéraire ou artistique, ne s’embarrasse d’aucune considération d’ordre psychologique. C’est uniquement le constat détaillé et souvent insoutenable d’un hallucinant cauchemar, un document historique exceptionnel à l’état brut, au ton volontairement neutre, car il est des expériences qui coupent à jamais toute envie de philosopher.

Filip Müller : préface de Claude Lanzmann

un extrait ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7246610/les-nouvelles-fabriques-de-morts

Un autre extrait de ce livre ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7269867/les-amer...

 

Les Américains arrivent au camp d’Auschwitz

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Extrait du livre

La conviction de l’imminence de notre libération mobilisait mes dernières forces et stimulait ma volonté de vivre, mais en dépit de tous mes efforts, je ne pouvais empêcher la dégradation graduelle de mon physique et de mon moral. Le temps me semblait figé. Je demeurais toujours sur la charpente de mon toit et observais sans intérêt le grouillement des poux sur ma couverture. Je ne portais  guère plus d’attention aux lamentations et aux plaintes qui s’élevaient au-dessus de mon gîte. Je vivais dans un état de somnolence.

Réveillé en sursaut par le fracas des combats, j’entendis enfin le bruit tout proche des mitrailleuses et les détonations des grenades. Aussitôt après, quelques personnes se précipitèrent dans la baraque, les bras levés, criant avec exaltation : « Nous sommes libres, camarades ! Nous sommes libres ! ».

Cet instant, sur lequel s’étaient fixés toutes mes pensées et tous mes espoirs depuis trois interminables années, me semblait désormais vide de signification. Je ne ressentais aucune joie, aucune émotion. Je me laissais tomber au sol de »puis ma poutre et me glissais à quatre pattes jusqu'à la porte. Lorsque je fus dehors, le me traînais un peu plus loin et m’allongeais simplement sur la terre, où je m’endormis d’un profond sommeil.

Je fus réveillé par un bruit régulier de moteurs. Je me levai avec difficulté et me rendis lentement jusqu’à la route voisine où, à quelques mètres de distance, défilait avec un fracas assourdissant une longue colonne de blindés Soviétiques. Je suivis des yeux les colonnes d’acier et compris alors que tout était fini.

Je n’étais plus qu’une épave vivante, l’ombre de moi-même. Je n’étais même plus capable de ressentir une émotion. Pas une larme de joie sur mon visage, aucune explosion d’enthousiasme dans mon cœur. Fermé à tout sentiment, Je regardais au loin, dans le vide, incapable de réaliser que j’avais définitivement échappé au commando spécial d’Auschwitz.

(témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.) Filip Müller préface de Claude Lanzmann.

 

Les nouvelles fabriques de morts

attende pour leur exterminations

Extrait du livre

Les déportés avaient compris que l’ordre  de déshabillage signifiait leur condamnation. Ils semblaient résignés. Ils commencèrent à retirer lentement leurs vêtements, puis ils déshabillèrent leurs enfants. A chaque pièce de leurs vêtements qui tombait par terre, on avait l’impression qu’ils se dépouillaient d’une partie de leur tristes existences, car la plupart n’avaient connu que la misère et les privations. Certains retenaient leurs larmes pour ne pas augmenter l’angoisse de leurs enfants ou provoquer leurs questions. Ceux-ci regardaient tristement autour d’eux, cherchant à comprendre. Bientôt tout le monde fut dévêtu. Les hommes et les femmes s’embrassaient en caressant leurs enfants et en essayant de se donner mutuellement du courage. Abandonnés par un monde qui ne voulait plus les connaître et qui les rejetait, ils passaient les dernières minutes qui leur restaient à vivre à faire un retour sur leur passé, si désolé fût-il. Soudain, une voix s’éleva dans la foule. Un petit vieillard émacié avait commencé la prière du Viddoui. Il se penchait en avant, puis il se redressait en levant la tête et les bras vers le ciel martelait chacune de ses supplications passionnées au tout-puissant en se frappant la poitrine de son poing. Les paroles hébraïques résonnaient dans la cour : « aschamu »      ( nous avons pêché), « bagdanu » ( nous avons été infidèles), « gazalnu » ( nous avons fait du tort à notre prochain), «di bardi difi» ( nous avons calomnié), « hevejnu » ( nous avons menti), « vehischarnu », (nous avons enfreint la loi), « sadnu » ( nous avons fait le mal sciem), « chamasnu »  ( nous avons opprimé notre prochain). «  Mon D.ieu avant de naître, je ne représentais rien, et maintenant que je suis créé, je suis comme si je n’existais pas. Je suis poussière dans ma vie comme je serais poussière dans la mort. Je te glorifie, Seigneur, pour l’éternité, D.ieu éternel. Amen ! Amen ! »

Les deux milles prisonniers répétaient chacune de ces paroles, bien que certains n’en  comprissent pas le sens. Après cette émouvante prière, presque tous avaient les larmes aux yeux, des scènes déchirantes se déroulèrent devant nous. Mais les larmes n’étaient plus seulement celles du désespoir. Pénétrés presque tous d’un profond sentiment religieux, ils se remettaient dans la main de D.ieu.

Le recueillement des prisonniers avaient atteint son point extrême. La foule récitait maintenant à haute voix la prière des morts, le Kaddisch. Comme après leur fin, il n’y aurait plus personne pour la dire à leur intention, les victimes prononçaient elles-mêmes les paroles sacrées au seuil de leurs derniers instants.

Ils pénétrèrent ensuite dans la chambre à gaz. En quelques minutes les cristaux bleu-violet de cyclon B, achevèrent de produire leurs irrémédiables effets. Puis les derniers râles des agonisants s’estompèrent. Dehors, l’existence quotidienne reprenait son cours habituel.


 

Les cendres mélées

Les cendres mélées

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De Joseph Gourand 1997
Edition: Le cherche Midi

On a tous lu au moins une fois, ne serait-ce qu’à l’école, des écrits sur la seconde guerre mondiale, des témoignages, des récits, on a tous nos opinions sur tout ça…
« Les Cendres Mêlées », c’est un livre de plus mais raconté avec une telle intensité, qu’on a presque l’impression d’y être, de vivre ça, ces moments d’horreur… Non ! Je retire ça, je n’ai pas le droit de le dire, parce qu’il nous est absolument impossible d’imaginer vraiment, de le croire vraiment et comme le dit l’auteur lui-même, il ne nous livre ici que des moments de cette période, des moments de vie, le plus dur, il le garde pour lui, parce que c’est inexplicable, indélivrable.

Joseph Gourand voudrait-il oublier ce qu'il a vécu que le numéro gravé à l'encre indélébile sur son avant-bras gauche l'aurait rappelé au devoir de mémoire. Arrêté avec ses parents, ses frère et sœur, oncles et tantes, en juillet 1944, à Lyon, il sera de l'avant-dernier convoi qui partira pour Auschwitz et le seul survivant de sa famille.

Adolescent de dix-sept ans, « devenu ombre parmi les ombres, il brûle les étapes de la vie lors de sa descente aux enfers ». Il ne doit d’être encore en vie que grâce à son père, au sacrifice de ce dernier et à la promesse qu’il lui a fait de rester de ce monde, de survivre pour d’abord retrouver sa petite sœur restée en France et ensuite fonder une famille et perpétuer leur nom.

La chance ne le quittera jamais, tout au long de cette horreur, même lors de « la marche de la mort », lors de l’évacuation du camp, des conditions de « voyage » indescriptibles et des multiples arrêts dans des camps où les allemands en déroute ne peuvent se résoudre à admettre que la guerre est finie…

Joseph parviendra envers et contre tout à reprendre son destin en main, même avec toutes ces ombres sur les épaules, ces absents, il parviendra à revivre, à redevenir un peu libre dans sa tête, à revenir « d’au-delà de l’Humain », au-delà de l’inimaginable, au-delà de l’enfer...

Ce livre est émouvant… Non, poignant… Non ! Hallucinant pourrait paraître plus exact, rien n’est assez fort pour le décrire… Suffit juste de le lire, de comprendre, de se laisser porter par les mots et de laisser s’infiltrer dans notre esprit toute la réalité de plus d'un demi-siècle plus tôt… Réalité cauchemardesque, oppressante mais si vivace encore maintenant, de par les témoignagnes, les commémorations, les souvenirs… qui ne pourront jamais effacer ça. Jamais.

00:27 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, survivants, camps |  Facebook |

31/01/2010

Crypte sanctuaire à Yad Vashem

Crypte sanctuaire à Yad Vashem

 

L’OHEL YIZKOR constitue la crypte sanctuaire : sous un toit de basalte, très bas, un dallage où sont simplement inscrit les noms de 21 principaux camps de concentration.

Au cours d’une brève cérémonie, un flambeau est allumé chaque matin à onze heures.

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00:44 Écrit par dorcas dans Mémorial | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : concentrations, camps |  Facebook |

Musé juif de la déportation et de la résistance à Malines en Belgique

Musée juif de la déportation et de la résistance à Malines en Belgique.

Le Musée Juif de la Déportation et de la Résistance se situe à Malines,  (Mechelen) dans une aile de l’ancienne Caserne Dossin.

Ce lieu d’histoire est également un lieu de mémoire.
C’est là que les Nazis installent le SS-Sammellager-Mecheln, centre de rassemblement pour la déportation des Juifs de Belgique. 

Le Sammellager Mecheln est le point de départ d’une déportation sans retour. Entre 1942 et 1944, 24.916 Juifs et 351 Tsiganes sont déportés à Auschwitz. Les deux tiers seront gazés à leur arrivée. A la libération des camps nazis, seuls 1.221 personnes sont encore en vie.

La Caserne Dossin fut “l’Antichambre de la Mort” au sens propre du mot.  Le Musée Juif de la Déportation présente cette sombre histoire.
Le musée Juif de la déportation et de la résistance présente l’histoire de la « solution finale » en Belgique et en europe.

L’exposition développe exposition, plusieurs thèmes : les aides et relais dont bénéficièrent les SS, pourtant peu nombreux, dans la société et les institution belges, la collaboration des mouvements d’extrêmes droite, l’extermination de près de la moitié de la population juive belge, l’insoumission et la résistance de ce qui échappèrent à la déportation, l’aide d’une large frange de la  population belge, en particulier à l’égard des enfants.

Faite une visite virtuelle du musé : http://www.cicb.be/fr/virtuelle.htm

source : http://www.cicb.be/fr/home_fr.htm