27/05/2010

Livre : Les chambres à gaz, secret d'Etat.

Les chambres à gaz, secret d’Etat.

9782020409605

Jusqu’à la guerre nazie, les armées faisaient deus sortes de victimes : les soldats ennemis et les civils qui avaient la malchance de se trouver dans zone des combats. Pour la première fois, les SS recherchèrent délibérément  pour les tuer, des hommes, des femmes, des enfants qui ne s’opposaient à eux, ni en acte ni en parole. On ne massacra pas les Juifs et les Tsiganes pour ce qu’ils faisaient, mais pour ce qu’ils étaient.

Ce principe de choix commandait un procédé inédit de mise à mort : l’asphyxie à l’aide de gaz toxiques. Cette technique avait l’avantage de permettre de tuer en masse, à l’abri des regards dans des locaux fermés, et n’exigeait que le concours de participants peu nombreux qui s’engageaient à garder un silence absolu.

Ce livre ne retrace pas seulement un énorme épisode criminel de l’histoire. Il nous fait pénétrer au cœur d’un mystère qui, en plein XXe siècle et dans un pays considéré comme l’un des plus civilisés du monde, a pu demeurer presque entier jusqu'à la victoire des Alliés

Les auteurs : Eugen Kogon , Hermann  Langbein  et Adalbert Rückerl

Traduit de l’allemand par Henry Rollet

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Extrait du livre page 113

Les camions à gaz de Kulmhof

Conformément aux ordres, je me rendis sur le côté droit du château, où un camion à gaz attendait devant la rampe. C’était un camion carrossé avec une caisse fermée. A l’arrière, il y avait une double porte. La voiture stationnait, porte ouverte à l’extrémité de la rampe et j’ai vu alors les Juifs qui avaient été conduits dans la cave monter par la rampe dans le camion ouvert. Après que tous y eurent pénétré, le chauffeur ferma et verrouilla les portes. Puis, il mit le moteur en marche. Bientôt se firent entendre, venant de l’intérieur, des cris et des râles. On tapait aussi contre les parois. Je voyais bien que les gens qui se trouvaient dans le camion étaient asphyxiés par le gaz. Après environ dix minutes, ils se turent. Je compris qu’ils étaient morts. Le chauffeur laissa le moteur tourner quelques minutes de plus, puis il fit démarrer le camion.

Au cours des procédures qui ont eu lieu par la suite devant les tribunaux ou des juges d’instruction allemands, les prévenus n’ont pas contesté non plus la réalité des gazages effectués à Mauthausen.

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Autre extrait du livre page 156 et 157

Le rapport Gerstein

L’Untersturmführer SSKurt Gerstein, chef du service de la désinfection près « le médecin du  Reich » des SS et de la police, a visité en août 1942 les camps de l’opération Reinhard.

Il a écrit dans son rapport du 4 mai 1945

« Nous sommes partis aussitôt en voiture pour Lublin où le Gruppenführer SS Globocnik nous attendait. Le jour suivant, nous fîmes route vers Belzec. Une petite gare spéciale avait été installée à cet effet au nord de la grand-route Lublin-Lwow, dans la corne gauche de la ligne de démarcation. Au sud de la route, quelques maisons portaient l’inscription «  Sonderkommando Belzec des Waffen SS »

Le matin suivant, un peu avant 7 heures, on m’annonça : dans dix minutes arrive le premier convoi. De fait, le premier train de Lwow arriva quelques minutes plus tard : quarante-cinq wagons avec six mille sept cents personnes, dont mille quatre cents cinquante étaient déjà mortes à l’arrivée. Derrière les lucarnes grillagées, des enfants apeurés, au visage extraordinairement pâle, regardaient, les yeux pleins d’une angoisse mortelle, et plus loin des hommes et des femmes. Le train arrive. Deux cents Ukrainiens ouvrent les portes et font sortir les gens des wagons à coup de fouet. Un grand haut parleur ordonne de se déshabiller entièrement, y compris les prothèses, les lunettes, ETC… déposer les objets de valeur au guichet, sans reçu ni quittance. Lier soigneusement les souliers ensemble.  Puis les femmes et les filles chez le coiffeur qui, en deux ou trois coup de ciseaux, coupe toute la chevelure, qu’il fait disparaître dans des sacs à pommes de terre. «  Ces cheveux sont destinés à je ne sais quoi pour les sous-marins, pour le calfatage ou quelque chose de ce genre », me dit l’Unterscharführer SS de service. La file se met enfin en mouvement. En tête, une jeune fille ravissante. Ils suivent l’allée, tous nus, hommes, femmes et enfants. Je me tiens avec le capitaine Wirth en haut, sur la rampe, entre les chambres à gaz. Des mères avec leurs nourrissons au sein, elles montent, hésitent, entrent dans les chambre de mort ! Au coin se tient un grand SS qui, avec une voix de pasteur, dit aux malheureux : « Il ne va rien vous arriver. Une fois dans les chambres, vous devez respirer profondément, cela dilate les poumons ; cette inhalation est nécessaire en raison des maladies et des épidémies » Quand on le questionne sur le destin qui leur est réservé : «  Naturellement les hommes devront travailler, construire des maisons et des routes. Mais les femmes n’auront pas à travailler. Seulement, si elle le veulent, elle aideront au ménage et à la cuisine ». Pour certains de ces malheureux, c’est une lueur d’espoir qui suffit pour qu’ils fassent sans résistance les quelques pas qui les mènent aux chambres. Maos la plupart savent à quoi s’en tenir : l’odeur leur annonce quel sera leur sort. C’est ainsi qu’ils montent le petit escalier, et ils voient tout. Les mères avec les enfants au sein, de petits enfants nus, les adultes, hommes et femmes, tous nus – Ils hésitent, mais ils entrent dans les chambres de mort, poussés par ceux qui sont derrière eux ou par des fouets de cuir des SS. La plupart, sans dire un mot. Une juive d’environ quarante ans, aux yeux flamboyants, crie : « que le sang versé ici retombe sur la tête des assassins ! » Elle reçoit cinq à six coup de cravache dans la figure – c’est Wirth personnellement qui l’a frappé – et elle disparaît dans la chambre

 

 

 

22:41 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nazie, victimes, civils, juifs |  Facebook |