27/05/2015

13 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

13 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

1241 



- A Francfort-sur-le-Main (Allemagne) une querelle éclate entre juifs et chrétiens à la suite de la conversion d'un enfant juif, désapprouvée par ses parents. L'affaire s'envenime au point que 180 juifs sont tués.


1420

- 

Arrestations massives de juifs en Autriche, dont 800 sont expulsés. 1 000 juifs sont emprisonnés, Ils sont menacés de mort s'ils n'acceptent pas le baptême.

1728.

- Comme un juif baptisé, Jan Philipowicz, désire revenir à la religion juive, l'Église ordonne d'arrêter tous les juifs de Lwow (Pologne). La plupart parviennent à fuir mais les frères Haïm et Joshua Reizes ainsi qu'un rabbin sont emprisonnés. Ce dernier réussit à s'évader et Joshua Reizes se suicide. Haïm Reizes est torturé publiquement puis brûlé sur le bûcher à côté du cadavre de son frère.

1919.

- Des unités de rebelles, alliés de l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura, déclenchent un pogrom à Litine (province de Podolie). 8 juifs perdent la vie au cours de ce pogrome, qui dure jusqu'au 15 mai.

- Des troupes de l'Armée nationale ukrainienne se livrent à un pogrom dans la ville d'Ivantchik (province de Podolie). 2 juifs sont tués, un troisième blessé.

- 


6 juifs sont massacrés à NovoKonstantinov (province de Podolie) lors d'un pogrome que déclenchent des bandes dirigées par Hepel, un allié de l'Armée nationale ukrainienne. 



1938

- 120 personnes, dont 50 juifs, sont déportées de Vienne (Autriche) au camp de concentration de Dachau. Les juifs sont particulièrement maltraités par leurs gardiens au cours du voyage.

1942.

- 200 juifs sont arrêtés par les nazis et 5 abattus dans le village de Sinelnikov, près de Dniepropetrovsk (Ukraine).

1943.

- En dix jours, 3 500 juifs sont tués par les SS et la police ukrainienne à Przemyslany (Ukraine).

- 

A Jezierzany (Ukraine), 700 juifs sont assassinés par les SS et la police ukrainienne.

- Hans Frank envoie à Hitler une liste de biens juifs confisqués et volés : 94 000 montres d’hommes, 33 000 montres de femmes, 25 000 stylos, 14 000 ciseaux.

1944

- Liquidation du camp de Biala Podlaska (du côté de Lublin), où 300 artisants vivaient encore. Ces juifs sont déportés au camp de concentration de Maïdanek.



- Quand les trains bondés de juifs hongrois déportés s'arrêtent à la gare de Kysak (Slovaquie) en route vers les camps de concentration polonais, les Allemands qui les escortent détroussent et massacrent plusieurs juifs. 



- Les 2 700 juifs de Papa (Hongrie) sont rassemblés dans un camp de concentration installé dans une usine.

1944.

- Début de la déportation de 25 000 juifs d'Ujgorod (Ukraine ) et de sa région en direction du camp d'extermination d'Auschwitz. La déportation s'étend sur plusieurs jours.

10/05/2015

28 avril, ce jour-là, n'oubliez pas.

28 avril, ce jour-là, n'oubliez pas.



1919.

- Des unités de l'Armée nationale ukrainienne déclenchent un pogrome dans la ville de Dubovo (Pologne), pillant les maisons juives et massacrant 38 personnes.

1942.

- Pendant plusieurs jours, 2 000 hommes, femmes et enfants sont déportés du camp de concentration de Theresienstadt  (Pologne). Les hommes en état de travailler sont sélectionnés pour des travaux de bâtiment. Les vieillards, les femmes et les enfants sont internés dans le ghetto de Komarov (Pologne) avant d'être déportés au camp d'extermination de Chelmno, où ils seront assassinés. Seuls 24 de ces 2 000 déportés survivent encore en 1945.

1943

- A Auschwitz, un télégramme SS donne pour instruction que 120 femmes soient destinées à des expériences.

- Liquidation du ghetto d'Ozmiana (Biélorussie) : une partie des 2 500 internés est transférée au ghetto de Vilna, une autre dans des camps de travail des environs, tandis que beaucoup de ces juifs sont massacrés à Ponary.

- 300 juifs sont déportés d'Izbica (Pologne) au camp d'extermination de Sobibor.

1944. 

- Un transport quitte Vienne (Autriche) avec 79 juifs déportés au camp de concentration de Theresienstadt.

- Un transport de 1 000 juifs déportés de Budapest arrive au camp d'extermination d'Auschwitz.

- 11 830 juifs de la ville de Kosice (Tchécoslovaquie) sont rassemblés et installés dans un quartier comprenant onze rues. Par la suite, ce quartier se verra réduit à trois rues seulement. A la fin, les juifs devront vivre dans une briqueterie et dans les quatre prés qui la bordent.

- Un groupe de juifs est déporté du camp d'internement de Kistarcsa, à 15 kilomètres au nord-est de Budapest, où se trouvent internés les juifs arrêtés par les nazis.

- En ce jour un premier transport de 1 800 juifs quitte Kistarcsa pour le camp d'extermination d'Auschwitz.

1945.

- 150 juives du camp de concentration de Ravensbrück (Allemagne) sont sauvées à la suite d'un accord conclu entre la Croix-Rouge internationale et les SS : elles partent pour la Suède.

06/03/2015

6 février, ce jour-là, n'oubliez pas. 



 6 février, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1189

- Les émeutes de Lynn (Angleterre) se propagent jusqu'à la ville de Norwich. La foule s'en prend à la communauté juive. De nombreux juifs se réfugient dans le château de l'évêque. Ceux qui se trouvent encore dans leur maison sont tués et leurs biens pillés.

1194

- Cinq jours après le lynchage d'un déséquilibré juif qui avait tué une chrétienne dans un accès de folie à Neuss (Allemagne), la justice ordonne l'arrestation des siens. Ils sont cruellement torturés, mais, à l'exception de la petite sœur du jeune juif, ils n'acceptent pas le baptême. La mère est enterrée vivante et les oncles sont écartelés sur la roue.

1481

- Un autodafé a lieu dans la cité de Séville (Espagne). 6 hommes et femmes très honorablement connus dans la ville, et respectés, sont brûlés vifs pour avoir " judaïsé ", c'est-à-dire pratiqué le judaïsme en secret.

1484

- 

Un autodafé a lieu à Ciudad Real (Espagne) sur l'ordre du tribunal de l'Inquisition responsable de la province de Tolède. 4 enfants de juifs baptisé de force lors des persécutions de 1391, sont accusés de judaïser et brûlés sur le bûcher pour avoir refusé de se repentir.

1903

- Un des Premiers pogrom de Kishinev, déclenché à la suite du meurtre de Michael Ribalenko. La presse antisémite accuse les Juifs, les accusant notamment de meurtre rituel. Pendant trois jours, les pogromistes se déchaînent ; Le ministre de l’intérieur donne ordre à la police de ne pas intervenir. Ils tuent, massacrent, saccagent, violent. Le bilan : 47 morts, 92 blessés graves, 500 blessés et 799 maisons détruites.

1919

- 

Des unités de l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura se livrent à un pogrome dans la ville de Balta (Ukraine). 27 juifs sont massacrés, de nombreux autres blessés et des femmes juives violées.

- Des unités de l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura, commandées par Diatchenko, se livrent à un pogrome à Hachtchevaty (province de Podolie). En deux jours, 21 juifs sont égorgés, de nombreux autres grièvement blessés. Il s'agit du quatrième pogrome que connaît la ville. Il y en aura cinq en six mois.

1942

- Un transport de 997 juifs quitte Vienne (Autriche) à destination de Riga (Lettonie).

- Le " petit ghetto de Sierpe (Varsovie) est liquidé. Ses 3 500 juifs sont transférés au ghetto de Mlawa, d'où ils sont tous déportés au camp d'extermination d'Auschwitz. 20 seulement des juifs du village survivront à la guerre.

1943

- 

Les nazis liquident le camp de Peresieka (Biélorussie). ils fusillent tous les artisans. Un groupe de 50 juifs fuit dans la forêt, où il se constitue en unité de partisans.

- Directive allemande à l'encontre des Juifs de Salonique : marquage des personnes juives de nationalité grecque et des magasins juifs; mise en ghetto avant le 25 février.

 - Le deuxième convoi de déportés à destination du camp de concentration et d'extermination de Maïdanek (Pologne) quitte Drancy (France). 998 hommes et femmes entassés dans des wagons partent vers l'est. 950 d'entre eux sont gazés dès leur arrivée. 4 juifs seulement survivent lors de la libération du camp, en 1945.

1944

- 1 000 juifs du camp de concentration de Dora-Nordhausen (Allemagne) sont transférés au camp de concentration de Maïdanek (Pologne).

03/03/2015

3 mars, ce jour-là, n'oubliez pas.

3 mars, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1349

- La communauté juive de Constance (Allemagne) connaît à son tour les persécutions qui accompagnent l’épidémie de peste noire. Les juifs de la ville sont accusés d’empoisonner les puits. Ceux des juifs sont alors murés. 330 juifs sont brûlés dans une maison en bois construite à cet effet. Seuls quelques membres de la communauté survivent à la persécution.

1936

- En Allemagne : Les juifs sont exclus de l'armée allemande.

- Les médecins juifs sont interdits de pratique.

1941

- A Amsterdam, un des premiers juif à tomber victime des persécutions nazies, Ernst Cohn, qui avait fui l’Allemagne, est tué par balles.

1942

- Dans le ghetto de Zychlin (Pologne), les nazis rassemblent, la veille de Pourim, les juifs survivants. Les vieillards et les malades incapables de monter dans des camions sont abattus sur place. Le reste de la population juive de la ville, plus de 3 000 personnes, est déporté au camp d’extermination de Chelmno pour y être assassinée.

- L’armée allemande déclenche une première Action sur une grande échelle contre les juifs de Dolhinov (Biélorussie). 1 500 juifs sont arrêtés et conduits hors de la ville pour être fusillés. Leurs cadavres sont brûlés.

1943

- Les nazis arrêtent tous les juifs de Thrace orientale (Grèce), y compris ceux qui habitent l’île de Samorthrace. 

Un transport de 75 juifs quitte Vienne (Autriche) à destination du camp d’extermination d’Auschwitz.

- Au cours de la nuit des rafles ont lieu dans plusieurs villes de Macédoine : Cavalla (1 800 arrestations), Drama, Comotini, Alexandroupolis et Xanthi. Au total, 5 000 hommes, femmes et enfants sont regroupés à Drama par l’armée allemande, qui a procédé aux rafles, puis déportés au camp d’extermination de Treblinka (Pologne), où ils périssent.

1944

- 732 internés juifs du camp de regroupement de Westerbork sont déportés au camp d’extermination d’Auschwitz.

1945

- 182 juifs meurent au camp de concentration d’Ebensee (Autriche), lors du processus de désinfection. ils avaient été évacués du camp de concentration de Gross-Rosen (Silésie).

15/02/2015

15 février, ce jour-là, n'oublions pas 



15 février, ce jour-là, n'oublions pas

1919

- Des unités de l'Armée nationale ukrainienne commandées par Semosenko entrent dans Proskurov (Ukraine), où ils égorgent 1 500 juifs. Un prêtre qui leur demande d'arrêter la tuerie est abattu devant son église.

1940

- Des juifs de Stralsund (Allemagne du Nord) sont déportés vers l'est, dans le " protectorat " de Lublin, où la plupart d'entre eux périssent.

- Environ 1 000 juifs de la ville de Stettin (Allemagne du Nord) sont déportés vers le " protectorat " de Lublin, où la plupart d'entre eux périssent.

1941

- Un transport quitte Vienne (Autriche). 996 juifs sont déportés vers Opole et Pulawy (Pologne).

1943

- Dans le camp de concentration de Brazlav (Ukraine), la première ayant eu lieu en septembre 1942. 30 juifs sont fusillés par les Allemands et des gardes russes.

Au ghetto de Bialystok. 1000 Juifs sont exécutés, 10 000 sont emmenés vers Treblinka.

1944

- 773 internés juifs sont déportés du camp de regroupement de Westerbork (Pays-Bas) au camp de concentration de Bergen-Belsen (Allemagne).

1945

- 7 juifs sont déports de Vienne (Autriche) vers le ghetto et camp de concentration de Theresienstadt.

18/12/2014

18 décembre, ce jour-là, n'oubliez pas. 



18 décembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

1941

- 1 500 juifs de Yalta (U.R.S.S.) sont massacrés par les SS.

1943

- 2 503 juifs du ghetto et du camp de concentration de Theresienstadt sont déportés au camp d’extermination d ‘Auschwitz.

19/11/2014

19 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas. 



19 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.


1938

- Lois antisémites édictées par le pouvoir Italien : dénaturalisation des Juifs naturalisés depuis le 1 janvier 1919, exclusion des Juifs de l'armée, de la fonction publique, interdiction de mariages entre Juifs et Italiens...

1941

- 54 000 juifs sont entassés par les nazis dans le camp de concentration de Bogdanovka, sur la rivière Bug (Ukraine). 

Durant deux jours,

- 5 000 juifs allemands, autrichiens et tchécoslovaques sont déportés de Minsk (Biélorussie) à Tuchinka, où ils sont massacrés.

1942

- A Drohobycz (Galicie, R.S.S. d'Ukraine), plusieurs centaines de juifs sont tués dans les rues par les SS, dont le célèbre peintre et écrivain Bruno Schulz. Ce jour deviendra le " Jeudi noir ".

- 

La population juive de Wyszgorod (province de Varsovie) est rassemblée et transportée à Czerwinsk et à Nowy Dwor, d'où elle sera déportée au camp d'extermination de Treblinka. La ville se trouve ainsi " purifiée de ses juifs ". 
La communauté remonte au XVe siècle.

- Les nazis liquident le camp de travail forcé de Janovsk à Lwow (Ukraine). Presque tous les internés juifs sont fusillés.

1943

- A Janowska, les prisonniers se révoltent contre leur garde. 1 000 seront exécutés dans le cimetière juif.

24/06/2014

24 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.

24 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.



1096 



- Le 24 juin, les croisés entrent dans la ville de Neuss. Ils égorgent 200 juifs qui s’y trouvent cachés.  



1298



- 25 juifs appartenant à une dizaine de familles sont égorgés à Iphofen (Allemagne) lors des persécutions de Rindfleisch. 



1648

- 2 000 juifs, hommes, femmes et enfants, sont égorgés quand les hordes cosaques de Bogdan Chmielnicki occupent Homel (Ukraine). Ensuite, les hordes cosaques tuent 2 000 juifs et 600 Polonais catholiques dans la forteresse de Nesterov, près de la ville de Tulczyn.



1919 



- 15 juifs sont égorgés et de nombreux autres blessés quand des unités commandées par Zeleny, lié à l’Armée nationale ukrainienne, se livrent à un pogrom à Lukachevka, près de Kiev.

- A Kopai-Gorod (district de Podolie), 11 juifs sont tués et de nombreux autres blessés par les 7è et 9è régiments de la « division bleue » de l’Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura.




1940



- 250 jeunes juifs de Checiny (Pologne) meurent après leur déportation au camp de travail forcé de Ciezanow. Après l’occupation de Checiny par les Allemands, 3 000 juifs avaient été enfermés dans un ghetto. 



1941

- 

170 juifs sont conduits au village de Patryki et tués après que les troupes allemandes eurent occupé Kobryn (Biélorussie).

- Après l’occupation de Kobryn par les troupes soviétiques le 20 septembre 1939, de nombreux juifs provenant des provinces polonaises occupées par les Allemands s’y sont réfugiés. Lors de l’invasion allemande, 8 000 juifs y habitent.


- Les Allemands occupent Kaunas (Lituanie), peuplé de 30 000 juifs. Des nationalistes lituaniens tuent 1 000 d’entre eux, 10 000 autres sont arrêtés et internés au « fort n° 7 ».

1942.

- Adam Czerniakov, président du conseil juif de Varsovie, est arrêté pour avoir refusé de collaborer avec les Allemands à la déportation des juifs du ghetto.

1943.

- 151 juifs de Vienne (Autriche) sont déportés au camp de concentration de Theresienstadt.

20/06/2014

20 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.

20 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.


1230

- 

Massacre des juifs de Wiener Neustadt (Autriche). 



1391 



- Au cours du jeûne juif commémorant la chute de Jérusalem, les chrétiens de Tolède attaquent la communauté. De nombreux juifs sont massacrés, beaucoup d'autres se suicident. Les persécutions se propagent dans toute l'Espagne. 



1544



- A Tomar (Portugal), où un tribunal de l'Inquisition siège depuis 1540, se déroule un second autodafé, contre des  descendants de juifs contraints au baptême, qui pratiquent toujours le judaïsme en secret. 



1734

- 

20 000 juifs et Polonais sont massacrés en trois jours par les Haidamak (cosaques et paysans ukrainiens), à Uman près de Kiev.

- 3 000 juifs meurent dans la synagogue touchée par le feu de l'artillerie.



1768

- 

Des Haidamak égorgent des milliers de juifs à Gomel (Ukraine). 



1883

- 

500 familles juives se trouvent réduites à la misère quand leurs maisons et leurs magasins sont détruits à Iekaterinoslav (Russie) au cours d'un pogrom qui dure deux jours.



1919 



- 14 juifs sont massacrés et 10 autres grièvement blessés quand des unités commandées par Sokolovski se livrent à un pogrome à Tchernigov (Volhynie).

- 5 juifs sont tués et de nombreux autres blessés au cours d'un pogrom dans la ville de Volodarka (district de Kiev), déclenché par des unités commandées par Jelezniak, alliées à l'Armée nationale ukrainienne. 



1942 



- Les SS assassinent 600 juifs de Snow ( U.R.S.S.).



- Un ghetto est créé à l'intention des 2 500 juifs survivants de Nadvorna (Ukraine). Il est gardé par la Schutzpolizei allemande, dont les membres y pénètrent de temps en temps pour tuer des internés. 



- 996 juifs sont déportés de Vienne (Autriche) au camp de concentration de Theresienstadt.

- Toutes les écoles juives sont fermées.

- A Ravensbruk, le docteur SS Karl Gebhart teste les effets du traitement par la sulfanilamide sur environ 80 prisonniers. Les prisonniers sont volontairement blessés et infectés avec des virus, pour voir l’effet du traitement.

1943

- 5 500 Juifs sont déportés d’Amsterdam.

- Himmler envoie 100 Juifs au camp alsacien de Natzweiler-Struthof. Tués, leur squelette a été envoyé au musée anatomique de Strasbourg.

- 4 000 internés sont fusillés par les SS quand les Allemands liquident le ghetto de Tarnopol ('Ukraine). Quelques juifs seulement parviennent à fuir.

- 5 500 juifs sont arrêtés à Amsterdam, puis déportés au camp de regroupement de Westerbork.

 

08/04/2010

Le train de la mort

le-train-de-la-mort

Au lendemain du débarquement de juin 1944, les différents services de police et de sécurité du Reich, pour une fois d’accord estiment que la masse impressionnante des détenus des prisons de France ne doit en aucun cas grossir les effectifs des forces alliées d’invasion ou de la résistance, mais au contraire participer dans les camps de concentration à l’effort de guerre allemand. Rassemblés dans le centre de triage de Compiègne, ces prisonniers alimentent les derniers grands convois de la déportation.

Le 2 juillet 1944, ils sont plus de 2 000 entassés dans les wagons à bestiaux du train 7 909. Cent hommes par wagon. La température extérieure est de 34 degrés. Les gardiens, irrités par un sabotage de voie et un déraillement de locomotive, interdisent le ravitaillement en eau. Les déportés sombrent dans la folie…des bagarres éclatent … Le 5 juillet, sur le quai de débarquement de Dachau sont alignés plus de cinq cents cadavres de « voyageurs ».

Christian Bernadac a recherché et trouvé 340 survivants du train de la mort et 215 témoins extérieurs (cheminots, personnel de la Croix-Rouge, etc.) Cette enquête sans précédent et trois cents manuscrits inédits, rédigés spécialement pour ce livre ont permis à l’auteur de reconstituer minutieusement le voyage et l’histoire de chaque wagon.

Ce livre hallucinant est unique dans le domaine de l’enquête historique, un genre ou Christian Bernadac s’est déjà particulièrement illustré.

Edition : France-empire

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Extraits du livre:

Et la tragédie continua, les hommes perdant connaissance, s’affaissaient sur leurs voisins. Ceux-ci  tentaient de les soutenir ou de les rejeter, mais s’affalaient bientôt sous leur poids. Dès qu’un membre, bras ou jambe, se trouvait pris sous un corps, il était impossible de le dégager et, tôt ou tard, on se trouvait enseveli sous d’autres corps. Beaucoup périrent étouffés par le poids des corps dont ils n’avaient pu se dégager ; d’autres perdirent la raison, c’est ainsi que Barrois se figurait jouer une partie d’échecs avec moi. Son délire fut bref et il s’endormit sans souffrances. J’assistais impuissant à la mort.

Quelques-uns devinrent fous furieux. Ils se mirent à frapper leurs voisins ç coups de poings, de souliers, de gamelles…à sauter, à courir d’un bout à l’autre du wagon en écrasant les camarades. Ceux-ci, en se défendant, perdaient le peu de force et de souffle qui leur restait et succombaient à leur tour.

Page 181 –

Avant le départ de Compiègne, les Allemands découvrent la fouille, un couteau dans la paille du wagon : nous serons privés d’eau. Je crois que cette punition, tout en aggravant nos souffrances, va contribuer à ce que notre wagon n’ait pas de mort : nous avons moins chargé l’atmosphère de l’humidité saturée d’urée de la transpiration. Ce n’est pas le seul facteur favorable. Des camarades, dont je regrette infiniment de ne pas connaître l’identité vont établir une discipline raisonnable dans les postures des cent prisonniers et leur relève périodique. On bougera le moins possible. Des hommes se relaient pour faire circuler l’air confiné en balançant des couvertures. Quand à la situation, elle est celle de tout le train ; à peine une mince fente dans la clôture hermétique… J’estime, avec l’expérience des séjours (brefs) dans des étuves d’essais, que la température a atteint 70°C. La journée est atroce, d’autres le diront mieux que moi, chez lesquels la situation est plus grave encore, faute de discipline.

J’ai à peu près perdu connaissance lorsqu’un camarade me sauve sans doute la vie en me hissant au contact de la fente que j’ai signalée : c’est longtemps après que j’ai appris son nom, celui de l’accordéoniste André Verchuren, auquel je garde toute ma reconnaissance.

Page 215 et  216.

 

10/03/2010

Camp de Compiègne-Royallieu

Camp de Compiègne-Royallieu

Camp de compiègne-Royallieu



Le camp de Compiègne-Royallieu est, après Drancy, le deuxième camp d’internement de France sous l’Occupation. Il reçut près de 54 000 personnes : Résistants, Juifs, droit commun.

Le camp est un faubourg situé au sud de Compiègne.

A Royallieu, les détenus sont internés environ 1 mois dans le camp, ce n’est qu’une étape de leurs douloureux voyages.

On ne peut pas comparer les conditions d’internement du camp de Royallieu avec celles des camps d’exterminations ou de concentration mais la pénurie de nourriture, l’absence de soins, victime de traitement de leurs geôliers, le choc psychologique provoqué par l’internement, ont conduit des prisonniers à la maladie et à la mort.

Sur les 54 000 personnes détenues à Compiègne-Royallieu, environ 50 000 ont été déportées vers les camps nazis. Cinquante-quatre convois sont partis de Compiègne entre mars 1942 et août 1944. Les convois déportant en moyenne un millier de personnes à chaque fois.

Les prisonniers du camp de Compiègne-Royallieu sont transférés dans des camps de concentration allemands ou dans des camps d’extermination situés dans les territoires annexés d’Europe centrale (Pologne). La majorité des détenus de Compiègne sont partis pour les camps de Buchenwald et de Mauthausen (Allemagne). Mais il y avait d’autres destinations. Les femmes ont été déportées vers le camp de Ravensbrück (Allemagne). Les premiers convois de Juifs sont partis de Compiègne en 1941 vers Auschwitz-Birkenau (Pologne). 

03/03/2010

Le vol des affaires des déportés

le vol des affaires des déportés

Que devenaient les affaires prises aux déportés ?

 chaussures à Birkenau

Instructions données aux commandants des camps de Lublin et Auschwitz

a. L'argent liquide en billets de la Reichsbank doit être versé au compte courant du WVHA [Office central SS pour l'Economie et l'Administration] d'à la Reichsbank [Banque du Reich].
b. Les devises, métaux rares, bijoux, pierres précieuses et semi-précieuses, perles, or dentaire et débris d'or doivent être remis au WVHA qui les transmettra à la Reichsbank.
c. Les montres, pendulettes, stylos, stylomines, rasoirs, couteaux de poche, ciseaux, lampes de poche, portefeuilles et porte-monnaie doivent être envoyés aux ateliers de réparation du WVHA et de là expédiés à des centres postaux pour être vendus aux soldats.
d. Les sous-vêtements et les vêtements d'homme doivent être remis à la Volksdeutsche Mittelstelle (VOMI), l'organisation d'aide sociale pour les Allemands de souche.
e. Les sous-vêtements et les vêtements de femme doivent être vendus à la VOMI, sauf les sous-vêtements (d'homme ou de femme) en pure soie, qu'on envoyait directement au ministère de l'Économie.
f. Les édredons, couvertures matelassées, couvertures, parapluies, voitures d'enfant, sacs à main, ceintures en cuir, sacs à provisions, pipes, lunettes de soleil, miroirs, valises et tissus doivent être remis à la VOMI, la question du paiement étant réglée plus tard.
g. Le linge (draps, oreillers, serviettes, nappes, etc.) doit être vendu à la VOMI.
h. Les lunettes et les lorgnons doivent être remis au Referat médical (D-III).
i. Les fourrures de prix doivent être envoyées au WVHA ; les fourrures ordinaires sont mentionnées au Referat B-II et remises à l'usine de vêtements SS de Ravensbriick.
k. Les articles de peu de valeur et inutilisables doivent être remis au ministère de l'Économie qui les vendra au poids.

Directives envoyées par August Frank, Brigadeführer, chef du WVHA-A,
au chef de la Standortverwaltung de Lublin et au chef de l'administration d'Auschwitz,
26 septembre 1942

Et les cheveux humains

(Document cité au Procès de Nuremberg)

     
    Office central SS pour l'Economie et l'Administration
    Groupe de Service D
    Camps de concentration
    Oranienburg, le 6 août 1942
    Secret
    Objet : Utilisation des cheveux
     
         Le chef de l'Office central SS pour l'Economie et l'Administration, le SS-Gruppenfuhrer Pohl, a ordonné pour qu'à titre expérimental les cheveux des détenus hommes ne soient coupés que lorsqu'ils ont atteint, après coupe, une longueur de 20 mm. Afin de prévenir les facilités d'évasion offertes par une chevelure plus longue, les détenus doivent être marqués, lorsque le
    commandant l'estime nécessaire, à l'aide d'une piste de cheveux (« Haarbahn »), découpée dans la chevelure à l'aide d'une tondeuse étroite.

         On a l'intention d'utiliser les cheveux rassemblés dans tous les camps de concentration dans une entreprise installée dans l'un des camps. Des instructions plus détaillées sur la livraison des cheveux rassemblés vont suivre.

       La quantité de cheveux rassemblés mensuellement (cheveux de femmes et cheveux d'hommes séparément) doit m'être communiquée avant le 5 septembre 1942.

    signé : Glücks
    SS-Brigadefuhrer et General-major de la Waffen-SS

 

lunettes auschwitz

Lunettes des victimes

15/02/2010

Un survivant des sonderkommandos témoigne

Un survivant des Sonderkommandos témoigne

Dow Paisikovic


Je m'appelle Dow Paisikovic, né le 1er avril 1924 à Rakowec (C.S.R.: Tchécoslovaquie) actuellement domicilié à Hedera, Israël. En mai 1944, je fus amené de Munkacs (ghetto) au camp de concentration d'Auschwitz et j'y reçus le numéro de détenu A-3.076, qui me fut tatoué sur l'avant-bras gauche.

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Le tri se faisait directement à l'arrivée.

Notre convoi fut soumis à une sélection. Environ 60 % d'entre nous furent sélectionnés pour les chambres à gaz, les autres furent dirigés sur le camp. Ma mère et mes cinq frères et soeurs furent aussitôt envoyés aux chambres à gaz. Au moment de la sélection nous ignorions à quoi servait cette répartition. Mon père et moi furent affectés au camp C de Birkenau avec les aptes au travail, où nous devions, sans raison, porter des pierres.

Le troisième jour arriva en civil dans notre partie du camp le SS-Hauptscharführer Moll, accompagné d'autres SS. Nous dûmes tous nous présenter à l'appel et Moll choisit les plus forts d'entre nous, exactement 250 au total. On nous amena sur la route qui traversait le camp: nous devions y prendre des pelles et d'autres outils. On nous amena à proximité des crématoires III et IV, où nous fûmes accueillis par des SS armés. Nous dûmes nous mettre en rang et cent d'entre nous furent détachés et amenés au crématoire III. Les autres durent continuer la marche en direction du bunker V (une maison de paysans où il était également procédé à des gazages); c'est là que le SS-Hauptscharführer Moll, arrivé à motocyclette, nous reçut dans son uniforme blanc. Il nous accueillit avec ces mots: « Ici vous aurez à bouffer, mais il vous faudra travailler. » On nous mena de l'autre côté du bunker V; la façade de ce bunker ne nous révélait rien de particulier, mais l'arrière nous fit voir à quoi il servait.

Chambre à gaze  d'auschwitz

Le batiment des chambres à gaz

Il y était entassé un amas de cadavres nus: ces cadavres étaient tout gonflés et on nous commanda de les porter jusque dans une fosse de six mètres de largeur et de trente mètres de longueur environ, où se trouvaient déjà des cadavres en train de brûler. Nous fîmes tous nos efforts pour amener ces cadavres au heu indiqué. Mais les SS nous trouvaient trop lents. On nous battit terriblement et un SS nous ordonna: « Un seul homme par cadavre. » Ne sachant comment exécuter cet ordre, nous fûmes encore battus et un SS alors nous montra qu'il fallait que nous prenions le cadavre par le cou avec la partie recourbée de la canne et l'amener ainsi de l'autre côté. Nous devions nous livrer à ce travail jusqu'à 18 heures. A midi, nous avions une demi-heure d'interruption. On nous apporta à manger, mais aucun de nous n'avait faim. Puis nous dûmes reprendre le travail. On nous amena au bloc 13 de la section D du camp de Birkenau, un bloc isolé. Ce soir-là, on nous tatoua (sur le bras) nos numéros de détenus.

Le lendemain, il nous fallut de nouveau marcher en colonnes, le groupe de cent au crématoire III, et nous autres, cent cinquante, au bunker V. Notre travail était le même. Il en fut ainsi pendant huit jours. Quelques-uns d'entre nous se sont jetés eux-mêmes dans le feu, parce qu'ils n'en pouvaient plus. Si j'avais à évaluer leur nombre aujourd'hui, je l'évaluerais à 8-9. Parmi eux se trouvait un rabbin.

bruler les gens à Birbenau

Lieu ou les cadavres étaient brûlés lorsque les fours crématoires n'allaient pas vite assez

Chaque jour arrivait une sentinelle SS avec 5-6 détenus SS, qui avaient à faire le même travail aux crématoires I et II, afin de prendre à la section D du camp la nourriture pour le Sonderkommando. Le huitième soir, le kapo du Sonderkommando du bloc 13 m'a désigné pour accompagner le groupe de détenus au crématoire II avec la nourriture: en effet, un détenu de ce groupe de travail n'était pas là et le nombre des sortants devait être le même que celui des arrivés. C est ainsi que j'arrivai par hasard au Sonderkommando du crématoire I. Il y avait là un kommando de cent détenus, et au crématoire II il y en avait un de quatre-vingt-trois. Le kapo en chef des deux kommandos (crématoires I et II) était un Polonais du nom de Mietek. Au crématoire I, deux Russes non-juifs faisaient partie du Sonderkommando; il y en avait dix au Sonderkommando du crématoire II. Tous les autres membres des deux kommandos étaient juifs, originaires surtout de Pologne, de Tchécoslovaquie et de Hongrie, ainsi qu'un Juif hollandais. Les Sonderkommandos dormaient dans les crématoires mêmes, un étage au-dessus des fours.

Notre kommando, tout comme le kommando II, fut réparti en une équipe de jour et une équipe de nuit de nombre égal. Le matin, nous nous présentions à l'appel dans la cour; on nous amenait sur le lieu du travail tandis que l'équipe de nuit était amenée dans la cour, comptée et pouvait alors se coucher.

Mon premier travail dans ce kommando fut le suivant: le kapo Kaminski, Juif de Pologne, m'avait chargé de creuser une fosse d'environ deux mètres de longueur, d'un mètre de largeur et d'un mètre de profondeur dans la cour du crématoire I. C'est dans ce trou que furent alors jetés les os sortant des fours crématoires. Une fois ce travail achevé, je fus affecté au transport des cadavres. Le gazage durait en principe trois à quatre minutes environ. Après quoi, pendant à peu près un quart d'heure, le système de ventilation était mis en marche. Puis, le contremaître ouvrait la porte de la chambre à gaz -- toujours sous la surveillance d'un SS -- et nous devions traîner les cadavres vers le monte-charge électrique. On pouvait monter quinze cadavres environ en une fois avec ce monte-charge. Nous devions porter les cadavres nous-mêmes, six hommes étaient affectés à ce travail. La plupart du temps, quelques-uns de ceux qui étaient à même le sol immédiatement auprès de la porte étaient encore en vie. Le SS les fusillait alors. La position des cadavres dénotait visiblement qu'en général la lutte contre la mort avait été terrible. Les corps étaient souvent déchiquetés; il est arrivé plus d'une fois que des femmes avaient accouché dans les chambres à gaz. En principe, 3 000 victimes se trouvaient dans la chambre à gaz. L'entassement était tel que les gazés ne pouvaient pas choir à terre. L'évacuation de 3 000 cadavres prenait environ six heures. Comme les quinze fours de ce crématoire mettaient environ douze heures pour brûler ces cadavres, ceux-ci étaient entassés dans la pièce devant les fours. Un autre groupe de notre Sonderkommando s'en chargeait. Lorsque nous avions vidé le bas de la chambre à gaz (en bas), notre groupe devait nettoyer la chambre à gaz à l'aide de deux tuyaux pour faire de la place pour le prochain gazage. Ensuite, nous devions aller aux fours crématoires et aider à transporter les cadavres vers les fours. Auprès des fours mêmes devaient travailler deux groupes de détenus, l'un de quatre et l'autre de six hommes. L'un devait s'occuper de sept fours, l'autre de huit. Ces groupes devaient enfourner les cadavres et veiller à une combustion convenable en se servant d'un long crochet. Comme la chaleur auprès des fours était très grande, ces groupes-là ne se voyaient pas attribuer d'autre travail; pendant les interruptions de travail, ils pouvaient se rafraîchir. En dehors de cela ils n'étaient chargés que de l'évacuation de la cendre et des os tombés à travers le gril. La cendre était acheminée à la Vistule par les détenus escortés de SS. Le transport avait lieu par camions.

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Les fours crématoires

Les cadavres mettaient environ quatre minutes à se consumer. Pendant que les cadavres étaient dans le feu d'autres détenus devaient tondre les cheveux aux cadavres préparés pour l'incinération (seulement pour les cadavres de femmes) et deux détenus dentistes devaient récupérer les dents et les bagues en or. Ils le faisaient à l'aide de tenailles. Dans le mur de la pièce devant les fours étaient aménagée une grande fenêtre. Deux à trois SS qui étaient dans la chambre de l'autre côté de la fenêtre pouvaient constamment contrôler de là notre travail.

Lorsque les fours n'étaient pas en mesure de brûler tous les cadavres, les convois destinés au gazage étaient amenés au bunker V où le gazage pouvait se faire pratiquement sans interruption parce que les cadavres y étaient jetés directement dans les fosses.

Quelques jours après mon arrivée au crématoire I, Mietek devint kapo en chef du Sonderkommando des crématoires I et II, Kaminski devint kapo du kommando I et Lemke (dont je ne connais pas le prénom) devint kapo du kommando du crématoire II. Kaminski et Lemke étaient des Juifs de Bialystok; leur numéro de détenus était de la série des 83 000. Lemke me prit avec lui au crématoire II où était également mon père. Je restai dans ce kommando jusqu'à son évacuation (18.1.1945).

Le Sonderkommando entier (dépendant des crématoires I-IV et du bunker V) comprenait 912 détenus au total à l'époque où notre groupe lui fut adjoint à titre complémentaire. Les autres détenus du Sonderkommando, qui étaient déjà en place quand notre groupe y fut affecté, avaient des numéros entre 80 000 et 83 000, un groupe composé de Juifs de Cracovie avait des numéros dans les 123 000. Je ne sais pas de façon sûre si les autres avaient été sélectionnés pour le Sonderkommando immédiatement après leur arrivée au KZ (camp de concentration) ou s'ils étaient passés auparavant par d'autres kommandos. Quelques détenus restaient au Sonderkommando un temps assez long: par exemple le kapo en chef Mietek qui avait un numéro dans les 5000 et qui avait été affecté au Sonderkommando par la compagnie disciplinaire; et deux orfèvres -- l'un du nom de Feldmann, était originaire de Tchécoslovaquie, l'autre, je ne me souviens plus de son nom -- qui avaient pour tâche de fondre l'or récupéré. (Cela se passait dans une pièce spéciale du crématoire II où était centralisé tout l'or de tous les crématoires, pour être fondu en de grands cubes sous la surveillance des SS.) Tous les vendredis un officier supérieur SS venait chercher l'or. De plus, le Juif tchèque Filipp Müller était au Sonderkommando depuis aussi longtemps que Mietek. Il était venu par un convoi de Theresienstadt et put survivre aux sélections du Sonderkommando parce qu'il était protégé par un SS originaire des Sudètes. Müller aurait pu devenir kapo au Sonderkommando. Mais il n'a pas voulu. De plus, un Juif de Paris, dénommé « Oler », était depuis longtemps au Sonderkommando. Il était artiste peintre et, pendant tout le temps que je connus le kommando, il avait l'unique tâche de peindre des tableaux pour les SS, il était dispensé de tout autre travail pour le Sonderkommando.

Nous savions qu'à part les exceptions mentionnées les détenus de l'ancien Sonderkommando étaient gazés. Ces gazages s'effectuaient par groupes, tout comme se faisaient par groupes les affectations au Sonderkommando. Un groupe du kommando spécial provenait du camp de Majdanek près de Lublin. Là déjà les détenus faisaient partie d'un kommando spécial affecté au même travail.

Comme il incombait à notre kommando de fouiller les vêtements des détenus suspendus dans les salles de déshabillage, nous avions la possibilité de nous approprier beaucoup de ravitaillement, d'alcool, d'or et de devises. La SS tolérait que nous mangions et même buvions de ces provisions. Ainsi, nous conservions nos forces. Nous n'en cherchions pas moins tous les jours la soupe (du camp) et les rations du secteur du camp pour ne pas perdre le contact avec le camp de Birkenau. J'étais en général avec le groupe qui cherchait le manger à la cuisine du camp de ce secteur. En général, nous étions escortés sur ce chemin par un vieil SS dur d'oreille; lui seul ne nous a jamais battus et regardait toujours de l'autre côté lorsqu'il se passait quelque chose qu'il ne devait pas remarquer. C'est ainsi que nous pouvions jeter le pain ramassé, et dont nous n'avions pas besoin, à des détenus d'autres secteurs du camp qui l'attendaient déjà. Nous buvions surtout beaucoup d'alcool. A cette condition-là, nous pouvions effectuer notre travail.

Au Sonderkommando de chaque crématoire, il y avait un groupe qui tâchait de se préparer à une résistance. Ces groupes étaient en contact entre eux et avec des groupes de résistants à Birkenau et même au camp principal d'Auschwitz. J'appartenais à ce mouvement. Nous passions de l'or et des devises en fraude à nos camarades dans le camp; ils employaient ces objets de valeur afin de pouvoir mieux organiser la résistance. Je me souviens de trois frères de Bialystok qui déployaient une activité toute spéciale dans ce sens. Même les Russes de notre kommando -- il s'agissait d'officiers supérieurs -- étaient très actifs. De tous les détenus de notre convoi en provenance de Hongrie, seuls mon père et moi étions au courant de cette organisation de résistance. Quelque temps après, mon père se vit attribuer la tâche de concierge du crématoire II.

Notre convoi était le troisième de la longue série de convois de Juifs en provenance de Hongrie. (L'Ukraine subcarpathique, d'où je suis originaire, avait été à l'époque attribuée à la Hongrie.)

Tous les jours, des convois arrivaient de Hongrie à cette époque, et entre temps des convois d'autres pays et des « musulmans » au camp. Il ne se passait guère de jour sans qu'il y eût de gazage. Chaque fois, nous avions à nettoyer le crématoire tout entier. Comme les SS nous donnaient des ordres pour préparer les fours (en les faisant chauffer, etc.), nous savions quand un convoi était attendu. Après les grands convois de Hongrie, l'action suivante fut celle du ghetto de Lodz. Tous les jours -- je crois que c'était en août 1944 -- deux de ces convois arrivaient de Lodz.

Une fois achevée ce qu'on nommait l'action de Hongrie, les Juifs hongrois qui avaient été affectés à l'époque au Sonderkommando furent liquidés. Mon père et moi-même n'avions échappé à cette action d'extermination que parce que nous avions été affectés au Sonderkommando du crématoire II; les autres détenus de notre convoi étaient au bunker V et aux crématoires III et IV. Ces détenus furent conduits au camp principal d'Auschwitz et y furent gazés. Les cadavres furent amenés de nuit au crématoire II et brûlés par les SS eux-mêmes, cependant que tout notre kommando était consigné à la chambre. Nous avons été au courant parce qu'on nous fit emporter les vêtements des détenus. Nous reconnaissions les vêtements et les numéros des détenus. Après l'action d'extermination de Lodz, d'autres détenus du Sonderkommando furent encore liquidés; la plupart d'entre eux étaient affectés au bunker V, un petit groupe faisait partie du Sonderkommando des crématoires III et IV. La procédure de liquidation était identique. Il s'agissait d'environ deux cents détenus au total. Pendant tout le temps que je passai au Sonderkommando (de mai 1944 jusqu'à l'évacuation, en janvier 1945) aucun détenu nouveau n'y fut affecté.

Les crématoires étaient si solidement construits que pendant tout ce temps je n'eus connaissance d'aucune défaillance de fours ni de crématoires tout entiers. A plusieurs reprises, le monte-charge des cadavres tomba en panne parce qu'il était trop plein. Souvent, des officiers SS de la direction des constructions venaient inspecter les crématoires.

Un médecin détenu, hongrois, devait procéder à des dissections dans une salle spéciale. Il opérait sous la surveillance d'un médecin SS dont je ne me rappelle plus le nom. Dans cette salle, il y avait une table de dissection. On faisait surtout des dissections d'êtres anormalement constitués (par exemple des bossus) et de jumeaux. Je me souviens avec précision que le Dr Schumann était lui aussi présent à ces dissections et en supervisait certaines. Les détenus désignés pour opérer ces dissections furent exécutés, non dans les chambres à gaz, mais par des injections. On récupérait également le sang et divers organes de ces détenus pour en approvisionner des hôpitaux militaires.

Depuis un certain temps déjà nous projetions une révolte. Le noyau de cette organisation se trouvait dans notre crématoire II. Les Russes étaient les meneurs, de même que les kapos Kaminski et Lemke. Lorsqu'en automne 1944 les actions d'extermination furent complètement arrêtées, sur ordre de Berlin, et qu'on nous donna pour tâche d'effacer les traces de l'action d'extermination, nous comprîmes que le moment de notre propre liquidation approchait. Notre révolte devait la prévenir. Voici quel était le plan: un jour où il n'y aurait pas de convoi et par conséquent pas de renfort de SS près des crématoires, notre groupe qui emportait régulièrement la nourriture de ce secteur du camp pour la porter aux divers crématoires, viendrait avec des bidons d'essence là où chaque crématoire se ravitaillait. Seul, au crématoire I, on n'apporterait pas d'essence, parce que ce n'était pas utile. Au bunker V, il n'y avait à cette époque plus de Sonderkommando, l'extermination y ayant déjà été complètement arrêtée. L'essence avait été préparée par l'organisation de résistance à la section D du camp. Un dimanche du début d'octobre -- je crois que ce devait être le 6 ou le 7 octobre -- la révolte devait être déclenchée. Les détenus désignés pour apporter la nourriture furent choisis ce jour-là de telle sorte que seuls y allaient les initiés au plan. Tous venaient du crématoire II. J'étais du nombre. Nous amenâmes les bidons d'essence camouflés en soupe aux crématoires IV et III, mais lorsque nous arrivâmes à notre crématoire II, nous entendîmes déjà des coups de feu partis des crématoires III et IV, et vîmes un début d'incendie. Le plan avait été de commencer la révolte par un feu allumé à notre crématoire II. Son déclenchement prématuré le fit échouer. Les SS donnèrent aussitôt l'alarme et tous les détenus du crématoire II durent se rendre à l'appel. Le SS-Oberscharführer Steinberg, chef du crématoire II, nous compta; lorsqu'il se rendit compte que personne ne manquait, on nous enferma tous dans la salle de dissection. Le crématoire III était en feu et les détenus du Sonderkommando des crématoires III et IV coupèrent les fils et s'évadèrent; certains furent abattus sur-le-champ. Au crématoire I, les détenus du Sonderkommando coupèrent également la clôture électrique avec des ciseaux isolés et s'enfuirent. Il était prévu que les barbelés du camp des femmes seraient également coupés afin de leur permettre une fuite en masse. Cependant, en raison du déclenchement prématuré de la révolte ce ne fut plus possible. Les SS réussirent à rattraper tous les fugitifs. Le soir même, un groupe d'officiers SS arriva devant notre crématoire et nous enjoignit de faire sortir vingt des nôtres pour reprendre le travail. Or, nous étions persuadés qu'en dépit de toutes les dénégations, on nous répartirait en groupes pour mieux nous liquider; nous refusâmes donc de sortir de la salle de dissection. Les SS amenèrent alors du renfort et forcèrent vingt détenus à travailler. Bientôt de la fumée s'éleva du crématoire I. Nous en concluâmes que les vingt camarades avaient bien été amenés au travail. Leur tâche consistait à brûler les cadavres de ceux qui avaient été tués pendant leur évasion. C'est ainsi que tous les détenus du kommando spécial des crématoires I, III et IV furent massacrés. De notre kommando, un seul détenu fut tué; c'était celui qui avait coupé les pneus de la bicyclette d'un SS pour l'empêcher de s'en servir: le SS -- surnommé le « Rouge » -- a battu ce détenu jusqu'à ce que mort s'en suive.

De ce jour, les crématoires I, III et IV furent fermés. Les crématoires III et IV étaient détruits par la révolte et inutilisables, le crématoire I restait intact. Il n'y eut plus de gazage dans aucun crématoire. On nous fit brûler les cadavres qui arrivaient du camp; de petits groupes de détenus et de civils furent fusillés dans notre crématoire à partir de ce moment-là. Ces exécutions avaient lieu à l'étage au-dessus. Elles étaient l'œuvre d'un certain SS-Unterscharführer Holländer, qui, en principe tirait un coup de fusil dans la nuque; l'arme était munie d'un dispositif qui étouffait le son. Holländer nous était déjà connu pour sa cruauté particulière. Il a battu les détenus destinés au gazage, jeté des enfants contre le mur, etc. A notre égard, détenus du Sonderkommando, Holländer était toujours aimable. Holländer était de taille moyenne, maigre; il avait le visage allongé, des cheveux châtains et pourrait être originaire d'une région voisine de la Yougoslavie. Il avait environ trente-deux ans.

Quatre-vingt-deux détenus du Sonderkommando -- c'étaient nous, ceux du crématoire II -- ont survécu jusqu'à l'évacuation d'Auschwitz. Lors de cette évacuation, le 18.1.1945, la troupe de SS était déjà en pleine désorganisation. Nous en profitâmes pour marcher vers le camp D. Dans la course, un bon nombre d'entre nous furent tués d'une balle; je ne saurais dire combien, pressé que j'étais d'arriver au camp. Tous les détenus du camp D furent amenés au camp principal d'Auschwitz, c'est là que les SS recherchaient, de nuit, ceux qui avaient été affectés aux crématoires et qu'ils pouvaient reconnaître pour avoir fait partie du Sonderkommando. Personne évidemment ne s'est présenté à l'appel. Quiconque était découvert était fusillé sur-le-champ. Mon père et moi, nous nous cachâmes sous un lit. Je ne peux rien dire de plus, sinon que Filip Müller et Bernhard Sakal (qui vit actuellement en Israël et est originaire de Bialystok) ont pu également sauver leur peau.

Il y eut aussi au Sonderkommando II un certain Léon, le cuisinier, Juif polonais qui avait vécu à Paris; il était déchargé du travail général du Sonderkommando, étant affecté à la cuisine des SS. Il ne devait travailler au service des cadavres comme nous tous que s'il y avait vraiment beaucoup de travail. Nous étions très liés et j'ai appris ainsi que Léon avait pris des notes dès le moment où il fut affecté au Sonderkommando. Il a tenu une sorte de journal et noté les crimes des SS, ainsi que les noms de certains criminels SS. De plus, il a ramassé des documents, des passeports, etc., trouvés près des vêtements des assassinés et qui lui semblaient importants. Aucun d'entre nous n'a lu ces notes, mais je savais qu'elles existaient. Le mercredi qui précéda la révolte, j'ai enfoui tous ces documents en un lieu que j'ai soigneusement conservé dans ma mémoire. Les papiers se trouvaient dans un grand récipient en verre (contenance environ cinq litres), qui avait été graissé et hermétiquement fermé. Puis nous plaçâmes ce récipient en verre dans une caisse en béton que nous avions coulée. Cette caisse en béton fut enduite de graisse à l'intérieur, puis fermée au béton. Nous y enfermâmes également des cheveux de cadavres' des dents, etc., mais par principe aucun objet de valeur, afin que ceux qui trouveraient un jour cette boîte ne soient tentés de la piller pour s'emparer de tels objets de valeur. Le rabbin de Makow et Zalmen Rosenthal prirent des notes qui furent enfouies ailleurs -- je ne sais où.

douches à Auschwitz

La chambre à gaz

Pour finir, je voudrais encore décrire comment se passait une action de gazage. Nous avons vu de quelle façon on procédait aux sélections à l'arrivée des convois à la rampe. Ceux qui étaient sélectionnés pour le travail étaient conduits aux sections C et D du camp, ceux qui étaient destinés au gazage étaient conduits au FKL (camp de concentration pour femmes). Ceux qui étaient capables de marcher étaient amenés au crématoire à pied; les autres étaient chargés sur des camions Au crématoire on faisait basculer le camion et on jetait les malades à terre. Une voiture d'ambulance avec la Croix-Rouge amenait les boîtes de gaz. Tous étaient conduits à la salle de déshabillage, les SS leur ordonnaient d'enlever leurs vêtements. On leur disait qu'ils devaient se laver. Auprès de chaque crochet il y avait un numéro et on leur recommandait de bien retenir ce numéro. Tous ceux qui avaient encore des paquets devaient les déposer devant la salle de déshabillage. Des voitures amenaient ensuite ces effets au « Canada ». On commençait toujours par les femmes et les enfants. Lorsque ceux-ci étaient nus, les SS les conduisaient à la chambre à gaz. On leur disait qu'ils devaient attendre que l'eau arrive. Ensuite, les hommes devaient se déshabiller et se rendre également dans la chambre à gaz. Chacun devait nouer ses chaussures et les emporter. Avant de pénétrer dans la chambre à gaz, il devait remettre ses chaussures en passant à deux détenus. La plupart d'entre eux n'ont pas su ce qui leur arrivait. Parfois, ils savaient quand même quel sort les attendait. Alors ils priaient souvent. Il nous était détendu de parler avec les [détenus des] convois. Dès que les femmes étaient déshabillées et dans la chambre à gaz, un kommando de chez nous devait enlever les vêtements et les emmener au Canada; les hommes se trouvaient de nouveau en présence d'une salle de déshabillage vide et propre. Ceux qui étaient incapables de se déshabiller eux-mêmes devaient être aidés par des détenus de notre kommando. Deux détenus étaient régulièrement accompagnés d'un SS. Seuls, les détenus qui semblaient aux SS particulièrement dignes de confiance étaient affectés à ce travail. A chaque action de gazage, plusieurs officiers SS étaient, en plus, présents. Le gaz était jeté, dans notre crématoire, soit par le Hollandais, soit par le « Rouge », qui se relayaient par équipes. Ils mettaient des masques à gaz à cet effet. Souvent, le gaz n'arrivait pas en temps voulu. Les victimes devaient alors attendre assez longtemps dans la chambre à gaz. On entendait les cris de très loin. Souvent, les SS se livraient aussi à des excès particulièrement sadiques. C'est ainsi que des enfants furent fusillés dans les bras de leurs mères juste devant la chambre à gaz, ou jetés contre le mur. Quand l'un des arrivants disait un seul mot contre les SS, il était fusillé sur place. La plupart du temps de tels excès n'avaient lieu que lorsque des officiers supérieurs étaient présents. Lorsque la chambre à gaz était trop remplie, on jetait souvent des enfants qui ne pouvaient plus y entrer par-dessus la tête de ceux qui s'y trouvaient déjà. Du fait de la compression, d'autres victimes étaient tuées par piétinement. Les SS nous répétaient souvent qu'ils ne laisseraient pas survivre un seul témoin.

Cette description correspond en tout point à la vérité et a été faite en mon âme et conscience.

Dietrich Bonhoeffer, la foi contre le nazisme

Dietrich Bonhoeffer, la foi contre le nazisme

Le 4 février 1906, Dietrich Bonhoeffer naissait à Breslau. Son père était psychiatre. Il était le sixième d’une famille de huit enfants.

Son enfance a été heureuse. Très doué, il passe son baccalauréat à 16 ans, puis part étudier la théologie à Tübingen, puis à Berlin. Son but est de devenir pasteur luthérien. Sa famille n’est pas très heureuse de son choix mais le respecte.

Très jeune, Bonhoffer écrit de brillantes thèses universitaires, et devient enseignant.

Ce qui l’intéresse, parallèlement à son enseignement, c’est le mouvement oecuménique. Au contact des églises étrangères, son esprit s’ouvre, des Etats-Unis à l’Espagne, il rencontre des gens de toutes les couches sociales. Il s’engage auprès d’enfants défavorisés dans une banlieue de Berlin. En 1933, il a 25 ans. Il est ordonné pasteur.

Il aurait pu avoir une vie tranquille comme pasteur et professeur d’université. Sa cohérence intérieure l’en a empêché car il n’était pas un homme à se taire. Pour lui, être chrétien, c’est agir, c’est lutter contre l’injustice, contre l’inhumanité et contre la haine. Pour lui, un croyant doit résister à toute forme de totalitarisme, il ne peut pas être un spectateur de ce qui se passe dans la société. Il doit devenir un acteur.

Dietrich Bonhoeffer fut l’un des fondateurs de l’Eglise confessante, cette partie de l’église allemande qui s’opposait soit à alliance avec le nazisme, soit à une neutralité à son égard. En 1939, il part pour les Etats-Unis pour donner une série de conférences. Il aurait pu rester là-bas et aurait eu la vie sauve, mais il réalise que c’est en Allemagne qu’on a besoin de lui et il rentre, pour «entrer en résistance», alors que la guerre commence.

Durant quatre ans, il parle et écrit avec autorité contre le nazisme, il aide les groupes de résistance, tout en approfondissant sa foi et sa théologie. Entre autres, il crée et anime un séminaire dans la semi-clandestinité, en complète opposition avec les dirigeants de l’Eglise luthérienne d’Allemagne de l’époque, qui soutenait en grande partie le régime hitlérien, Bonhoeffer ne voulait pas seulement prêcher l’Evangile, il voulait le vivre, même au péril de sa vie, en s’opposant à Hitler et en aidant les juifs dans leur fuite.

Il écrivait: «L’Eglise n’est réellement Eglise que quand elle existe pour ceux qui n’en font pas partie» et, plus loin, «le devoir inconditionnel de l’Eglise est de s’occuper des victimes de tous les systèmes sociaux, même s’ils n’appartiennent pas à la communauté des chrétiens

Le 5 avril 1943, Bonhoeffer est interné à la prison de Berlin-Tegel ou il passera 18 mois. Il y est relativement bien traité car on manque de preuves contre lui. Il peut lire, prier, étudier et écrire à son entourage. Mais suite à l’attentat contre Hitler le 20 juillet 1944, Bonhoeffer est mis au secret puis emprisonné au camp de concentration de Buchenwald. puis de Flossenbürg. Le 9 avril 1945, il est condamné à mort et pendu avec d’autres membres de la résistance à l’âge de trente-neuf ans, peu avant l’armistice.

Bonhoeffer a certainement dû souffrir beaucoup, lui qui s’était fiancé trois mois, avant son arrestation. Il vit une première période d’engourdissement, comme il le dit lui-même, puis il se reprend à espérer et il devient très créatif et s’exprime avec une audace nouvelle. Mais, en automne 1944, lorsqu’il est transféré en camp de concentration, il laisse un dernier message à l’intention d’un ami: «Dites-lui que pour moi c’est la fin, mais aussi le conmencement. Avec lui, je crois au principe de la fraternité chrétienne universelle qui est au-dessus de toutes les haines nationales et que notre victoire est certaine!»

Sa vie, ses écrits, ont eu un grand impact dans de nombreux pays!

Le message de Bonhoeffer, c’est tout d’abord un message de grandeur de l’être humain. Il nous rappelle que certains hommes et certaines femmes sont prêts à payer de leur vie leurs convictions, qu’ils sont prêts à mourir, non pas dans un attentat suicide pour en faire mourir d’autres, mais au contraire pour sauver des vies.

C’est bienfaisant de penser à cela alors que les tueurs font la une des journaux! Il nous rappelle aussi la force que peut apporter à un être humain une échelle de valeur claire qui l’amène à être cohérent. à s’insurger contre le totalitarisme qui ronge la société. Jamais il ne s’est tu. Les compromis, ce n’était pas pour lui! Etre chrétien dans la théologie qui était la sienne, c’était être responsable! Pour lui, la foi n’avait de sens que lorsqu’elle invitait l’être humain à des actions responsables et libres.

Que l’on soit croyant ou non, le simple fait d’être un être humain nous sollicite quotidiennement à prendre position: à oser s’affirmer, à oser parler, à oser agir. Comme l’écrivait Pretruska Clarkson, une auteure britannique: «Il n'y a pas de témoin innocent!» Ce qui se passe autour de nous, cela nous concerne.

Un autre résistant, le pateur Mafflu Niemöller a écrit cette phrase télèbre: «D’abord ils sont venus pour les juifs et je n’ai rien dit je n’étais pas juif. Puis ils sont venus pour les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Puis. ils sont venus pour les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas membre d’un syndicat. Puis ils sont venus pour moi... et il ne restait plus personne pour parler en mon nom

Dietrich Bonhoeffer, Henri Mottu, Ed. du Cerf, 2002

Le prix de la grâce, Dietrich Bonhoeffer, Ed. du Cerf, Genève, Labor et fides, 1985  Source: Rosette Poletti, Le Matin Dimanche - dimanche 10 août 2008

23:36 Écrit par dorcas dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : buchenwald, concentration, camp, juifs |  Facebook |

02/02/2010

Nuit et brouillard

Nuit er Brouillard

Nuit et brouillard

Au cours de la seconde guerre mondiale, de trop nombreux hommes ont été arbitrairement internés dans le camp de concentration de Natzweiler-Struthof en application du décret «  nuit et brouillard ». Exception faite des juifs, aucun prisonniers n’a été traité de façon aussi brutale que ces prisonniers « nuit et brouillard ». Un travail inhumain était censé à les faire disparaître et personne ne devait connaître leur sort.

L’auteur, qui a lui-même été prisonnier NN, allie témoignages et documents, détails et approche d’ensemble pour décrire à la fois l’existence de tous les prisonniers et celle de chacun d’entre eux.

La même question se pose toujours : comment peut-on, revenir à une vie normale après toutes ces épreuves ? Ou encore, plus simplement : comment peut-on survivre à 12 ou 14 heures par jours de travail inhumain et absurde dans des carrières, exposé au manque de nourriture, aux mauvais traitements, aux humiliations, au froid, au sommeil insuffisant, à l’absence d’hygiène et à des transports sans fin dans des wagons à bestiaux, sans jamais savoir de quoi le lendemain sera fait?

Kristian Ottosen est né à Solund en 1921, dans l’ouest de la Norvège. De 1940 à 1942, il travaille pour le mouvement de résistance Theta, à Bergen. Arrêté par la gestapo en 1942, il devient prisonnier NN et, jusqu'à la fin de la guerre, est interné dans différents camps de concentrations d’Allemagne : Sachsenhausen, Natzweiler-Struthof, Dachau, Ottobrunn, Dautmergen, Vaihingen et Neuengamme.

Histoire des prisonniers du camp de Natzweiler-Struthof : Auteur Kristian Ottosen

Traduit du Norvégien par Elisabeth et Christine Eydoux

18/01/2010

Des restes humains retrouvé dans un four.

Des restes humains retrouvé dans un four.

0315

Des restes humains que l'on na retrouvé dans un four crématoire du camp de concentration de Dachau, après la libération, le 19 avril 1945

23:55 Écrit par dorcas dans Camp Dachau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dachau, camp, concentration |  Facebook |

17/01/2010

Les différents prisonniers

Les différents prisonniers

Les prisonniers politiques et religieux

L'éventail des prisonniers politiques, qui portent un insigne rouge sur leur uniforme, est très large: sociaux-démocrates, communistes, syndicalistes, libéraux, démocrates, pacifistes, religieux catholiques et protestants, mais aussi des revendicateurs, des objecteurs de conscience, voire des membres du NSDAP. La durée de leur détention varie de quelques mois à plusieurs années pour ceux qui voient leur détention préventive prolongée en emprisonnement pour haute trahison ou pour les parlementaires (18 députés internés jusqu'en 1942).

Le 1er juillet 1937 les politiques représentent 21 % des effectifs (1621 sur 7723 prisonniers). Les membres du parti communiste forment à cette date la majorité des prisonniers politiques.

De 1938 à 1939? la majorité des internements est liée aux préparatifs de guerre. Ce sont alors des objecteurs de conscience qui sont internés, mais aussi d'anciens membres du KPD, du SPD, des syndicats et de partis du centre.

Les Témoins de Jéhovah, qui par conviction religieuse, refusent d’accomplir le service militaire et de prêter serment de fidélité au régime sont aussi internés ; ils portent un insigne violet. Ils sont 477 en décembre 1938, entre 250 et 300 à partir de 1940.

Les criminels professionnels (BV)

Ce sont des personnes antérieurement condamnées à plusieurs reprises pour des actes criminels et détenues par prévention. Ils portent un insigne vert. A Buchenwald se trouvent parmi eux des criminels violents et dangereux qui marquent l'atmosphère du camp, particulièrement en 1937-1938 (Herbert Richter, par exemple). Ils perdent leur influence en 1941, les détenus politiques prenant le dessus.

Les "réfractaires au travail" (ASR)

Ce sont des hommes aptes au travail qui ont refusé à deux reprises une proposition d’emplois sans raisons valables ou qui ont accepté un emploi mais après une courte période ont démissionné sans motifs valables : mendiants, sans-abri, alcooliques, vagabonds. Les premiers internés de ce type entrent au camp de Buchenwald dans la dernière semaine de 1938 ; l'effectif s'accroît alors de 4000 nouveaux travailleurs forcés pour la construction du camp.

Les Juifs

Parmi les 2378 hommes qui entrent à Buchenwald entre le 14 et le 19 juin 1938, 1256 sont juifs. L’Action-juin est la première arrestation massive de juifs en Allemagne et en Autriche, en liaison directe avec la politique d’émigration forcée des juifs de 1938.

Les homosexuels

Pour les nazis qui affirment que la reproduction est le seul but de la sexualité, l’homosexualité ne constitue pas seulement une atteinte à la normalité, mais surtout une menace biologique pour la Communauté du Peuple. En faible nombre (30 en 1938, 189 en 1944), ils restent isolés et bannis au sein de la communauté des prisonniers.

Les Roms

Des centaines d’entre eux sont amenés à Buchenwald à la suite des arrestations massives de juin 1938 et sont classés par les SS dans la catégorie ASR. Beaucoup meurent des violences quotidiennes et du travail forcé. Dès leur arrivée en juin 1938, ils sont publiquement fouettés ou maltraités. Un tiers d’entre eux meurt pendant l’hiver 1939-40. A partir de 1940, les SS les envoient au camp de Mauthausen pour les faire mourir dans la carrière.

Les Autrichiens

Les premiers prisonniers étrangers, quoique déportés en tant que ReichsdeutscheDachau en septembre 1938. Début octobre 1938, les prisonniers arrivent de la prison de Vienne, avec parmi eux des hauts fonctionnaires. ("Allemands du Reich"), sont des Autrichiens amenés à

Prisonniers des pays occupés

Le nombre des prisonniers de Buchenwald est multiplié par dix d’avril 1942 (environ 8400 prisonniers) à la fin septembre 1944. A partir de 1943? le camp est habité par deux grandes catégories de prisonniers: les travailleurs contraints d’Union Soviétique et de Pologne, et les prisonniers politiques de l’Europe occupée. Plus de la moitié des prisonniers de Buchenwald ont en décembre 1944 moins de vingt ans.

Les prisonniers du Protectorat de Bohême-Moravie (1939)

Fin septembre 1939, arrivent de Dachau 700 prisonniers provenant de Tchécoslovaquie occupée (la partie ouest, rebaptisée "Protectorat de Bohême-Moravie", la Slovaquie devenant indépendante). Les mesures répressives instaurées en 1942 après l’attentat réussi contre Reinhard Heydrich font passer le nombre de Tchèques de 600 à la mi-1943 à 5000 en octobre 1944. 773 des 7800 Tchèques internés mourront à Buchenwald.

Les Polonais (1939)

Plus de la moitié des 4514 Polonais internés à Buchenwald jusqu’à la fin 1941 sont arrêtés dès le début de l’occupation en septembre 1939. Beaucoup d’entre eux meurent lors des premiers mois, d’autres partent début mars 1940 pour Mauthausen. Considérés comme race inférieure ils sont tolérés tant qu’ils peuvent travailler. En avril 1944, ils sont 22120 (?).

Les prisonniers de guerre (1940)

Une place spéciale parmi les prisonniers étrangers est tenue par les prisonniers de guerre livrés par la Wehrmacht en vue d'exécution. Le 18 avril 1940, la Gestapo de Kassel livre 56 prêtres officiers polonais.

Les Hollandais (1940), les Belges et les Luxembourgeois

A la déportation de 232 otages hollandais, dont 14 femmes conduites au camp de Ravensbrück les 21 et 22 juillet 1940, s'en ajoutent 124 autres jusqu’en octobre 1940 . Ils bénéficient de conditions de détention spéciales : ils sont isolés, peuvent recevoir des colis et ne travaillent pas.

Suite à la mort d'un policier allemand, 400 hommes juifs de 25 à 30 ans de Rotterdam et Amsterdam sont déportés. 389 entrent à Buchenwald le 28 février 1941. Les conditions des juifs hollandais sont insupportables.

Les premiers Luxembourgeois de Buchenwald sont 26 membres de la police volontaire qui en août (?) se sont refusés à combattre les partisans.

L’augmentation du nombre d'internements de Belges et de Hollandais en 1944 tient avant tout à l’intensification des mesures de représailles de la police pour combattre la résistance. Le 15 novembre 1944 2354 Belges, 595 Hollandais et 82 Luxembourgeois se trouvent dans le camp.

Les Yougoslaves et les Croates (été 1941)

Dans les statistiques du camp, les SS font une différence entre les Yougoslaves et les Croates. Les premiers Yougoslaves arrivent durant l’été 1941. Ils restent isolés. Un transport de Flossenburg en octobre 1943 fait passer leur effectif à 759. A la mi-juin 1944, 575 Yougoslaves et 327 croates se trouvent à Buchenwald.

Les prisonniers civils d’Union soviétique (1942)

De la mi-1942 au début 1943, la Gestapo de Thuringe, Hesse, Saxe et Rhénanie interne 400 travailleurs forcés soviétiques. Ils sont particulièrement mal traités par les SS et subissent des privations de nourriture. Ils sont quasiment tous affectés au commando X, le commando chargé de la construction des usines d’armement du camp ou à la carrière. La mortalité est telle que les SS renoncent à enregistrer officiellement leur décès. Ils seront plus de 17 000 au total.

Les Français (1943)

Parmi les prisonniers de près de 30 pays, les Français constituent, au début de 1944, le groupe le plus important. Dès le 10 avril 1942, l’état-major militaire en France décide, sur un ordre d’Hitler, que „ pour chaque attentat, en plus de l’exécution de certaines personnes, 500 communistes et juifs seront à remettre au Reichsführer et chef de la police du Reich pour être déportés“. Internés à Compiègne, environ 50 000 personnes partent pour Auschwitz et à partir de 1943 pour d’autres camps, dont Buchenwald : Tous ne sont pas communistes. De juin 1943 à août 1944 arrivent 10 convois transportant plus de 13000 prisonniers. Au total le nombre des Français déportés à Buchenwald est estimé à 25000. De plus, environ 1000 Français se trouvent dans des commandos extérieurs. Ils jouent un rôle significatif dans la résistance des prisonniers étrangers.

Les Italiens (septembre 1943)

Les premiers Italiens de Buchenwald arrivent de la prison de Sulmona près de Rome après le cessez-le-feu signé entre les Italiens et les alliés en septembre 1943. En 1944, ont lieu des transports de prisonniers politiques venant en particulier de la prison La Risiera à San Sabba près de Trieste. De juin à novembre 1944, les SS internent 1290 Italiens à Buchenwald. D’autres Italiens notamment ceux ayant participé à la guerre d’Espagne dans les Brigades internationales arrivent dans les transports de Compiègne. Environ un tiers des 3500 italiens déportés meurent à Buchenwald .

Les étudiants norvégiens (novembre 1943)

Le 30 novembre 1943, environ 1250 étudiants de l’université d’Oslo sont arrêtés et internés dans un camp en Norvège. Comme ils ont protesté contre la nazification de l’université, ils doivent servir d’exemple pour le programme de rééducation. 348 sont conduits à Buchenwald. En juillet 1944. le premier étudiant quitte Buchenwald, le dernier part en octobre. 17 d’entre eux sont morts.

Les militaires alliés (août 1944)

En août 1944, le commandement de la police de sécurité en France, ordonne de vider les prisons parisiennes et le camp de Compiègne des prisonniers alliés s’y trouvant. La majorité des prisonniers sont déportés le 20 août 1944 à Buchenwald. Parmi eux 167 pilotes abattus en France dont 82 américains, 48 Britanniques, 26 Canadiens, 9 australiens, 2 Néo-zélandais et 1 jamaïcain. Parmi les prisonniers qui arrivent le 17 août 1944 se trouvent aussi 37 membres des services secrets, arrêtés en France. Le Bureau central de la Sécurité du Reich ordonne pour eux „ un traitement spécial“. De début septembre à la mi octobre, 34 d’entre eux sont pendus dans la cave du crématorium. Seuls trois pourront être sauvés.

Les policiers danois (septembre 1944)

Les militaires allemands commencent à craindre la police danoise vers la fin de l’été 1944. Le 19 septembre 1944 à 11 heures les Allemands pénétrent avec violence dans les préfectures de police de tout le pays. Les policiers arrêtés sont envoyés à Neuengamme en octobre 1943 puis à Buchenwald (block 57 du petit camp). 60 meurent à Buchenwald.

Prisonniers de haut rang

A Buchenwald, hors de l'enceinte du camp des déportés, se trouvaient des villas où une cinquantaine de personnalités, dont les Français Léon Blum et Georges Mandel, ont été internés dans des conditions très différentes de celles des déportés du camp de concentration.