10/05/2015

19 avril,ce jour-là, n'oubliez pas.

19 avril,ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1283. 

- Un enfant chrétien est trouvé mort près de Mayence, sur le Rhin (Allemagne) pendant les fêtes de Pâques. Un parent appelle la foule à se rassembler, accusant les juifs d'avoir tué l'enfant. La foule marche sur Mayence, où elle attaque et pille les maisons juives. 10 juifs sont tués.

1343.

- La communauté de Wachenheim (Allemagne) est victime d'une accusation de meurtre. Tous les juifs de la région sont brûlés sur le bûcher.

1506. 

- Émeutes antijuives à Lisbonne. Une foule de 10 000 Portugais, renforcée par des marins allemands, hollandais et français venus du port, pénètre dans le quartier des juifs convertis au catholicisme, où elle massacre hommes, femmes et enfants. Des bûchers sont édifiés dans plusieurs quartiers de la ville pour y brûler les morts et même les vivants. Le massacre se poursuit jusqu'au 23 avril. Environ 3 000 Juifs sont tués.

1919.

- A Vilna, des polonais se livrent à un pogrome qui dure quatre jours. Ils pillent les maisons juives, incendiant le quartier et tuent plusieurs centaines de juifs. Des centaines d'autres sont arrêtés et torturés.

- 11 juifs sont tués lors du deuxième pogrome auquel se livre l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura à Romanov (province de Volhynie).

1942.

- 1 500 juifs de Ciechocinek (Varsovie) sont déportés au camp d'extermination de Chelmno.

19/04/1943 au 16/05/1943

- Révolte du ghetto de Varsovie. Armés de 17 pistolets et de quelques centaines de grenades, les insurgés ouvrent le feu, contraignant les Allemands à la retraite. Le lendemain, le ghetto est bombardé avec des mortiers. Les Allemands tuent tous les malades de l’hôpital de Czyste. La révolte continue jour après jour, avec de moins en moins d’armes. Les insurgés, abandonnés de tous, sont dirigés par Mordéhaï Anielewicz, de l’Hashomer Hatsaïr. Il avait défini la lutte des insurgés comme un combat « non pas pour la vie, mais pour le prix de la vie ». Les Allemands avancent patiemment, passant chaque rue du ghetto par les flammes. Arrivés à bout de forces et de munitions, quand le combat semble sans issue, des insurgés essaient de s’enfuir en utilisant les égouts. Le 3 mai, 21 femmes qui tentaient de s’échapper sont reprises et exécutées. Le 7 mai, Pawel Burskin emmène un groupe de combattants dans le secteur aryen de la ville. Ils sont repris et tués. Le 8 mai, les Allemands ont vidé presque tout le ghetto et la résistance se concentre au quartier général des insurgés, au 18 de la rue Mila. 120 combattants sont bombardés et gazés dans le bunker, parmi eux Mordéhaï Anielewicz et Berl Broyde, les dirigeants de la révolte. En tout 7 000 Juifs sont morts en combattant, 600 ont été tués dans les bunkers, 30 000 ont été déportés. Jusqu’au 12 mai, des petits groupes essayeront de s’échapper du ghetto. Des 400 000 Juifs que comptait le Ghetto de Varsovie à ses débuts, seuls 500 environ ont survécu à la guerre.

1943.

- Un vingtième transport quitte le camp de regroupement de Malines (Mechelen, Belgique) avec 1631 juifs, dont 262 enfants, déportés au camp d'extermination d'Auschwitz. 150 déportés seulement survivront jusqu'à la libération du camp en 1945.

1944.

- Les juifs de Nagykanizsa (Hongrie), au nombre d'environ 2 700, sont regroupés dans un ghetto.
Les juifs habitaient la ville depuis le début du XVIIIe siècle. La communauté était connue pour ses activités religieuses, culturelles et économiques florissantes.

1945.

- 15 juifs déportés de Hongrie sont fusillés et brûlés à Scheibbs (Autriche).

18 avril, ce jour-là, n'oubliez pas.

18 avril, ce jour-là, n'oubliez pas.

1266. 

- Près de Rouen, procès d'un juif converti au christianisme : on ignore s'il s'était converti de son plein gré mais, revenu au judaïsme, il reste fidèle à sa religion. il est brûlé vif en ce jour.

1389.

- Début du massacre des juifs de Prague. Hurlant : « Le baptême ou la mort ! » la foule attaque les maisons juives. Comme les juifs refusent de se faire baptiser, plusieurs milliers d'entre eux sont massacrés et leurs cadavres brûlés avec des cadavres d'animaux.

1905.

- Début d'un pogrome au cours de la Pâque à Bialystok (Russie). Deux jours durant, les cosaques attaquent les juifs dans la rue puis dans les synagogues.

1939.

- La Slovaquie décide d'appliquer sur son territoire les lois antijuives des Allemands.

1942.

- 909 juifs de Ceské Budejovici (Tchécoslovaquie) sont déportés au camp d'extermination de Belzec (Pologne), où ils périssent.

- Un transport de 1 000 hommes, femmes et  enfants quitte le camp de concentration de Theresienstadt. Une partie d'entre eux sera internée dans un camp près du village de Sawit (province de Lublin), où la plupart meurent d'une épidémie de typhus. Les survivants son déportés au camp d'extermination de Sobibor. Seules 3 femmes de ce transport survivent lors de la libération du camp par l'armée soviétique.

- Dispersion du ghetto de Lublin vers Sobibor, Belzec, Maïdaneck.

1943.

- Une révolte éclate dans le ghetto de Javorov (Ukraine). Les nazis en profitent pour massacrer 3 489 juifs. Quelques juifs seulement, cachés dans des abris, parviennent à survivre.

1944.

- 13 000 juifs de Munkacs (Ukraine) doivent quitter leurs maisons pour se rassembler et attendre leur déportation. Nombre d'entre eux doivent rester en plein air, victimes des intempéries.

13/03/2015

13 mars, ce jour-là, noubliez pas. 



13 mars, ce jour-là, noubliez pas.

 

1605

- Lors d'un autodafé à Lima (Pérou), 19 personnes sont accusées de judaïser. 6 sont brûlées en effigie, 3 sont brûlées sur le bûcher et 16 affirment se repentir. Ils doivent dans ce cas faire pénitence publiquement avant d'être privés de tous leurs droits civiques.

1919

- 

Des unités de l'armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura se livrent à un pogrome à Samgorodok (Kiev). 4 juifs sont massacrés.

1938

- La tragédie des 200 000 juifs autrichiens commence en ce jour, avec l'arrestation de notables de la capitale et des provinces, dont le président de la communauté Desider Friedmann, le vice-président Robert Stricker et le directeur Josef Loewenherz.

1942

- 650 juifs du camp de Hulievka (Ukraine) sont rassemblés par les SS pour être fusillés.

- Dans la ville de Belhatow (Pologne), la police pend 10 juifs sur la place de Narutowicza.

- Les allemands ont déjà tué 240 000 Juifs dans la seul Ukraine jusqu’à présent

1943

- Pendant deux jour le ghetto de Cracovie (Pologne) est liquidé. 2 000 juifs sont déports au camp d'extermination d'Auschwitz, 700 sont fusillés sur place.

- Mise en service d'un four crématoire supplémentaire au camp d'extermination d'Auschwitz.

- Un transport de 113 juifs quitte Munich pour le camp d'extermination d'Auschwitz.

- 100 notables juifs de Salonique (Grèce) sont pris comme otages afin de garantir l'obéissance des juifs aux ordres des Allemands.

- Liquidation du ghetto de Cracovie, Lemberg, Czestochowa, Bialystok, Minsk et Wilno.

- Du 13 au 14 A Cracovie, 2 000 Juifs sont sélectionnés pour les déportations. Avant le départ du train, des centaines d’enfants, de vieillards et de malades sont exécutés. Les enfants de moins de 3 ans sont brûlés vivants. L’un d'eux, Shashne Hiller est sauvé par un couple qui souhaite le baptiser. Ils l’emmène chez un prêtre du nom de Carol Wollidja, qui refuse de le baptiser, affirmant que ce n’est pas là la volonté des parents. Carol Wollidja deviendra Jean Paul II.

12/03/2015

12 mars, ce jour-là, n'oubliez pas. 



12 mars, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1421

- Début de la persécution des juifs dans les territoires relevant d'Albert V, archiduc d'Autriche, empereur germanique et roi de Bohême (1411-1439). On les accuse de profaner les hosties. Ceux qui n'acceptent pas le baptême sont condamnés à mort. Point culminant de ces persécutions, 120 hommes et 92 femmes sont brûlés sur le bûcher à Vienne. Une communauté de 1 400 membres a cessé d'exister. Par la suite, l'événement est connu dans la tradition juive sous le nom de Guezera de Vienne.

1938.

- Annexion de l'Autriche. 183 000 Juifs tombent sous le contrôle des nazis, 500 se suicident

1940

- 

Près de 160 juifs de la ville de Schneidemühl, à l'est de Stettin, sont déportés vers l'est, en direction de la région de Lublin, où ils périssent presque tous.

1941

- Un transport de 995 hommes, femmes et enfants juifs quitte Vienne (Autriche) à destination de la région de Lagov et d'Opatov (Pologne).

1944

- Le programme de l'extermination de 760 000 juifs hongrois est arrêté a l'Office central de la sécurité du Reich à Berlin. Une semaine plus tard, les nazis envahissent la Hongrie.

1945

- Anne Frank, jeune juive allemande de quinze ans, meurt au camp de Bergen-Belsen.

11/03/2015

11 mars, ce jour-là, n'oubliez pas.



11 mars, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1919

- L'Armée nationale ukrainienne se livre à un pogrome dans la ville d'Uchomir (province de Podolie). Un second pogrome a lieu trois semaines plus tard. Trois juifs sont égorgés sauvagement et dix autres grièvement blessés.

- Des rebelles commandés par l'ataman Sokolovski se livrent à un nouveau pogrome à Radomysl (Kiev), où ils ont déjà massacré des juifs le mois précédent. Le pogrome dure trois jours, 33 juifs sont tués et de nombreux autres blessés ou mutilés à coups de sabre.

1940.

Ordre d'apposer un cachet "J" sur les cartes de rationnement des Juifs

1941

- 2 000 juifs de Plock (Varsovie) sont transférés au ghetto de Tomaszov Rauski (Pologne), ce qui porte à 15 000 le nombre de juifs enfermés dans ce ghetto. Plusieurs dizaines d'entre eux meurent quotidiennement, conséquence des mauvais traitements infligés par les nazis.

- Les 430 juifs d'Amsterdam sont déportés dans le camp de Mauthausen. Ils se suicideront collectivement dans la carrière du camp.

1942 

- 1 001 hommes, femmes et enfants sont déportés du camp de concentration de Theresienstadt à Izbica (Pologne). Ils restent plusieurs semaines dans ce camp de transit avant d'être envoyés plus loin, vers les camps d'extermination de Chelmno, Belzec et Sobibor, où ils périssent. De ce transport, 7 juifs seulement survivent jusqu'à la libération, en 1945.

- 

850 juifs de Radochkovitz (Biélorussie) sont fusillés par les Allemands. Les 350 juifs encore en vie sont parqués dans un ghetto créé à cet effet.

1943

- Les Allemands arrêtent tous les juifs de Skopje (Macédoine yougoslave). Il sont enfermés dans une usine désaffectée avec les autres juifs de la province. 215 personnes environ y restent sans nourriture et sans installations sanitaires.

1944

- 300 femmes et enfants juifs originaires du nord de la Dalmatie, internés à Gospic (Yougoslavie), sont déportés au camp de concentration de Jasenovac (Croatie). Aucun d'eux ne survivra.

28/02/2015

28 février, ce jour-là, n'oubliez pas. 



28 février, ce jour-là, n'oubliez pas.

1670

- Les juifs de Vienne (Autriche) sont chassés de la ville par un édit de l’empereur Léopold 1er.

1942

- Début de la liquidation des femmes et des enfants juifs du camp de Sajmiste (Serbie, Yougoslavie). Par groupes de cent, les victimes sont enfermées dans de grands camions bâchés où elles sont asphyxiées par les gaz d’échappement.

- 1 000 juifs sont assassinés par les nazis dans le village de Lepel (Biélorussie).

- Des SS massacrent 36 juifs dans la ville de Feodossiya (Ukraine).

25/11/2014

25 novembre 
, ce jour-là, n'oubliez pas.

25 novembre 
, ce jour-là, n'oubliez pas.

1696

- 14 hommes et femmes sont brûlés vifs et 4 en effigie au cours d'un autodafé tenu à Coimbra (Portugal). Ils étaient accusés de " judaïser ", c'est-à-dire de pratiquer le judaïsme en secret.

1940

- Le Patria, un navire transportant 1 771 passagers sans visa, des juifs d'Europe qui tentent d'échapper à la persécution nazie en immigrant (illégalement) en Palestine, n'est pas autorisé par les fonctionnaires britanniques à accoster à Haïfa. Une explosion détruit le navire. 257 personnes sont tuées, les survivants sont sauvés par les habitants massés sur le rivage.

1941

- 

Les nazis massacrent 3 000 juifs à Rechitza (Biélorussie). Cette communauté était l'une des plus anciennes de la région.

- Ordonnance permettant la confiscation des créances détenues par les Juifs envers les débiteurs aryens. 
L'Einsatzkommando III tue en 4 jours les 5.000 juifs venant du Reich et installés dans le ghetto de Kaunas.

- 2934 Juifs allemands sont fusillés à Kowno

1942

- 531 femmes et enfants juifs sont conduits par mer de Bergen (Norvège) à Stettin, d'où ils seront déportés vers des camps d'extermination en Pologne.

- 400 juifs du ghetto de Sasov (Ukraine) sont déportés au ghetto de Zloczow, où ils périront plus tard, en même temps que les juifs de cette ville.

- Liquidation du ghetto de Siedlce (Pologne), après qu'il eut été réduit en superficie à la suite des déportations : 2 000 juifs qui s'y trouvent encore sont déportés au camp d'extermination de Treblinka, où ils périssent.

- Un camp de travail forcé pour 500 internés subsiste à Siedlce.

1943

- 40 juifs sont assassinés lors de la liquidation du camp de concentration de Gomel (Biélorussie).

1944

- 

4 juifs sont pendus par la police allemande à Ciechanov (Pologne).

16/11/2010

Le Chant du peuple juif assassiné.

Le Chant du peuple juif assassiné
Poème d'Isaac Katznelson

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La peur, l’angoisse, la terreur horrible m’enserrent étroitement.
Les wagons sont là, de nouveau !
Partis hier soir, et de retour aujourd’hui, ils sont là, de nouveau là,
sur le quai.
Tu vois leur gueule ouverte ?
La gueule ouverte dans l’horreur !
Ils en veulent encore !
Encore, de nouveau. Rien ne les rassasie.
Ils sont là, ils attendent les Juifs.
Quand les apporte-t-on ?
Affamés comme s’ils n’avaient encore jamais englouti leur Juif...
Jamais... Mais oui ! ils en veulent encore, toujours plus.

Ils en veulent encore.
Ils sont là, attendant qu’on leur prépare la table,
Qu’on serve le repas, qu’on serve des Juifs autant qu’il en pourra entrer.
Des Juifs !
Vieux peuple aux enfants tout jeunes, jeunes et frais,
Grappes jeunes sur un vieux cep ;
et des vieillards comme le vin fort est vieux.

Ils étaient pleins pourtant, gavés, étouffés de Juifs !
Les morts debout, serrés, coincés entre les vivants,
Les morts debout sans toucher le sol à force d’être serrés,
Sans que l’on puisse voir dans la masse lequel est mort et lequel est vivant.

La tête du mort, comme une tête vivante, se balançait de-ci de-là,
Et sur le vivant coulait déjà la sueur de la mort.
L’enfant réclame à boire à sa mère, morte, une goutte d’eau,
Il lui frappe la tête de ses petites mains, pleurant parce qu’il a chaud.

Wagons vides ! Vous étiez pleins et vous voici vides à nouveau,
Où vous êtes-vous débarrassés de vos Juifs ?
Que leur est-il arrivé ?
Ils étaient dix mille, comptés, enregistrés – et vous voilà revenus ?
Ô dites-moi, wagons, wagons vides, où avez-vous été ?

Vous venez de l’autre monde, je sais, il ne doit pas être loin :
hier à peine vous êtes partis, tout chargés, et
aujourd’hui vous êtes déjà là !
Pourquoi tant de hâte, wagons ?
Avez-vous donc si peu de temps ?
Vous serez bientôt, comme moi, des vieillards,
bientôt brisés et gris.

Voir tout cela, regarder et entendre... Malheur !
Comment pouvez-vous le supporter, même faits de fer et de bois ?
Ô fer, tu étais enfoui dans la terre, profond, ô fer froid.
Et toi, bois, tu poussais, arbre sur la terre, haut et fier !
Et maintenant ? Des wagons, des wagons de marchandises
et vous regardez, témoins muets de cette charge,

Muets, fermés, vous avez vu.

Dites-moi, ô wagons, où menez-vous ce peuple,
ces Juifs emmenés à la mort ?

Ce n’est pas votre faute.
On vous charge,
on vous dit : va !

On vous envoie chargés, on vous ramène vides.
Wagons qui revenez de l’autre monde, parlez, dites un mot,
Faites parlez vos roues, que moi, que moi je pleure...


Isaac Katznelson,
octobre 1943,

23:18 Écrit par dorcas dans Poèmes-Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wagons, juifs, enfants |  Facebook |

11/09/2010

La déportation des enfants Juifs

La déportation des enfants Juifs

 

Voici un témoignage d’un jeune déporté, qui, interné à Drancy, y vit arriver ses petits frères et sa petite soeur:

 

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Photos d'enfants au camp de transit de  Drancy

 


Les autobus arrivèrent dans un bruit de ferraille soulevant des nuages de poussière,; ils étaient des dizaines et nous n’étions pas habitués à voir arriver des prisonniers en si grand nombre à la fois; d’habitude c’était une camionnette ou un car seul qui amenait les prisonniers. des autobus de la RATP, qui en ce jour d’été 1942 franchirent l’enceinte du camp de Drancy et s’arrêtèrent devant la tour de béton inachevée et sinistre qui nous servait d’abri. Ils descendirent par dizaines. C’était des enfants, rien que des enfants, agglutinés par affinités, hagards, hébétés,mécaniques, silencieux comme des brebis de la Bible, pris au sacrifice à un Dieu de guerre, de ténèbres, d’enfer. Mais aucun Dieu des enfants n’est venu s’interposer dans leur destin d’anges. En les regardant de plus près, je vis des visages familiers et, parmi eux, mon petit frère Louis, Henri, et ma petite soeur Jeannette ( 13, 10 et 5 ans). Quel coup au coeur. Tous les autres étaient les enfants de mon quartier, les Gutman, les Luftman, tous ceux ramassés avec leurs parents à la rafle dite du vélodrome d’hiver.
De cet endroit, on les conduit vers Compiègne; puis, me raconte petit Louis, on détache mon père, qui part en déportation vers l’Allemagne; puis ma mère qu’on sépare des enfants. Quel déchirement dans cette séparation. Je ne veux pas y penser tellement le drame est grand.
Pendant plusieurs jours, je réconforte les enfants comme je peux.Quelques jours passent et j’apprends qu’un convoi est prévu pour les enfants vers l’Allemagne, soi-disant pour rejoindre leurs parents. Bien entendu, je ne crois pas cela, car pourquoi les avoir séparés pour les revoir ensuite. J’appréhende un sort bien plus tragique et je me demande ce que je dois faire ? Dois-je partir avec eux pour les protéger, ou rester à attendre mon sort. ce profond dilemme, je n’arrive pas à le résoudre. Je ne ferme pas les yeux de la nuit.

Le matin, je prends la décision d’en parler avec petit Louis ouvertement et je lui dis : «Voilà! vous devez partir en déportation rejoindre les parents; crois-tu être en mesure de t’occuper seul de Jeannette et d’Henri, ou bien veux-tu que je parte avec vous; mais, dans ce cas, je n’aurais plus aucune chance de sauver ce qu’il y a encore à sauver ?» il me répond: « Jusqu’à présent, je me suis bien occupé d’eux tout seul, alors si tu as une chance de te sauver, reste.»
Les quelques jours qui précédèrent leur départ, je me suis mis à organiser pour eux du ravitaillement, des couvertures, tout ce qui était en mon pouvoir dans cette situation de réunir, je l’ai fait. Ils sont partis, chacun avec son ballot. Je les ai accompagné jusqu’au wagon, les ai installés, mais je pressens bien que je ne les reverrais plus jamais.
Trois semaines plus tard, c’est à mon tour de faire partie d’un convoi. Je suis revenu 3 ans plus tard... vous, qui me lisez, vous comprendrez aisément pourquoi, tous les enfants du monde sont devenus mes petits frères et soeurs.

Il reste à imaginer la progression à travers toute l'Europe de ces lamentables convois remplis de petits enfants, d’imaginer l’arrivée à Auschwitz des survivants, leur descende des trains au milieu des SS, armés, vociférants et accompagnés d’énormes chiens policiers aboyant, leur cortège vers les chambres à gaz et leur affreux sacrifice destiné à alimenter une haine toujours inextinguible.

source : carnet du Musée de la résistance, de la déportation et de la libération du Lot (France)

06/07/2010

Camp d'internement de Drancy et déportations desenfants

 

 

Camp d’internement de Drancy et déportations des enfants

 

Un témoignage d’Odette Daltroff-Baticle qui interné à Drancy, eut à s’occuper des enfants. Libérée en 1943, elle écrivit aussitôt ces notes:

drancy

Nous assistons aux première déportations; crises de nerfs, des femmes se jetant par les fenêtres du 4è étage. Il fait terriblement chaud. On nous annonce l’arrivée de 3000 enfant sans parents, reste de la rafle du 15 juillet, du Vel d’hiv. On les avait mis à Pithiviers. De là on déporte les hommes, les femmes et les enfants.  Un gendarme me raconte que ce spectacle était affreux, déchirant : Ils séparent  femmes et enfants à coup de crosses; les femmes partent croyant que la Croix-Rouge pourra s’occuper de leurs enfants.


En hâte, elles cousent sur leurs vêtements leurs noms et adresses. On recrute parmi nous des femmes de bonne volonté pour s’occuper de ces enfants. Nous sommes munies de brassards et de laissez-passer signés par la gendarmerie, qui nous donnent droit de circuler dans le camp.

Des autobus arrivent nous en sortons des petits êtres dans un état inimaginable. Une nuée d’insectes les environnent ainsi qu’une odeur terrible. Ils ont de 15 mois à 13 ans, leur état de saleté est indescriptible, les 3/4 sont remplis de plaies suppurantes: Impétigo. Il y aurait tant à faire pour eux, mais nous ne disposons de rien, malgré le dévouement incomparable de notre chef de camp, le commandant Kohn. Pour 1000 enfants nous disposons de 4 serviettes et encore avec difficultés. Par groupe nous menons ces enfants aux douches, une fois nus, ils sont encore plus effrayants, ils sont tous d’une maigreur terrible et vraiment presque tous ont des plaies. Il va falloir essuyer les sains avec une serviette et les autres toujours avec la même toute souillée. Notre cœur se serre.

 

Autre drame: ils ont presque tous la dysenterie. Leur linge est souillé d’une manière incroyable et leur petit baluchon ne vaut guère mieux. Les mamans les avaient quittée avec leurs affaires bien en ordre, mais il y a de cela quelques semaines et depuis ils sont livrés à eux mêmes. Des femmes de bonne volontés se mettent a laver leurs effets, presque sans savon, et à l’eau froide. a cette époque il fait très chaud et cela sèche vite, mais ils sont plus de 1000.Dès que nous remettons à ces petits effets un peu propres, une heure après, ils sont sales. Les médecins les examinent à tour de bras. On leur administre du charbon de bois, on les barbouille tous de mercurochrome. On voudrait les mettre à l’infirmerie mais c’est impossible, ils doivent repartir vers une destination inconnue. Lâchement, nous leurs avons dit qu’ils allaient retrouver leurs parents; et pour cela ils supporteraient tout. Jamais nous n’oublierons les visages de ces enfants, sans cesse, ils défilent devant mes yeux, Ils sont graves, profonds et, ceci est extraordinaire, dans ces petites figures, l’horreur des jours qu’ils traversent est stigmatisée en eux. Ils ont tout compris, comme des grands. Certains ont des petits frères ou sœurs et s’en occupent admirablement, ils ont comprit  leurs responsabilités. 

Ils nous montrent ce qu’ils ont de plus précieux : la photo de leurs pères et de leur maman que celle-ci leur a donnée au moment de la séparation. A la hâte, les mères ont écrit une tendre dédicace. Nous avons toutes les larmes aux yeux; nous imaginons cet instant tragique, l’immense douleur des mères.

Ces enfants savent que comme les adultes, ils seront impitoyablement fouillés par les gens de la police aux questions juives. Entre eux ils se demandent, s’ils auront la chance de conserver un petit bracelet, une petite médaille, souvenir des temps heureux. Ils savent que ces bijoux n’ont pas grande valeur, mais ils connaissent la cupidité de leurs bourreaux. Une petite fille de 5 ans me dit «n’est-ce pas, madame, ils ne me la prendront pas ma médaille, ce n’est pas de l’or»


Dans leurs petits vêtements, les mères ont cousu 1 ou 2 billet de 1000 frs et ce petit garçon de 6 ans nous demande : « fais le gendarme pour voir si tu découvres mon argent».

Il y a des contagieux, on en met à l’infirmerie en vitesse. Avec les moyens di bord, on fabrique de petits lits; mais ils sont des quantités à partir avec la scarlatine, la diphtérie ETC..........


Nous essayons de faire la liste de leurs noms, nous sommes surpris par une chose tragique, les petits ne savent pas leurs noms. Les prénoms et les adresses que les mamans avaient écrits sur leurs vêtements avaient complètement disparu à la pluie et d’autres par jeu ou par inadvertance, ont échangé leurs vêtements.

La question est aussi un désastre : que donner à ces petits déjà malades? Cette soupe d’eau et de carottes, pas assez de récipients ni de cuillères.

Il fallait les coucher à 3 ou 4 sur des paillasses infectes et qui le devenaient d’heure en heure de plus en plus, par cette dysenterie qui torturait tous les corps.

Beaucoup n’avait plus de chaussure, nos cordonniers on pu fabriquer pour certains enfants des sortes de chaussures avec des morceaux de bois et des ficelles, d’autres sont partis nus pieds.


Avant le départ pour le grand voyage, ils rasaient les hommes, les femmes, les enfants des deux sexes. Cette mesure est vexatoire et agit beaucoup sur le moral des individus, particulièrement chez les enfants. Un petit garçon pleurait à chaudes larmes. Ils avaient environ 5 ans. Il répétait qu’il ne voulait pas qu’on lui coupe les cheveux, sa maman en était si fière et puisqu’on lui promettait qu’il allait la retrouver, il fallait qu’elle la retrouve intacte.

Après le départ de 3000 à 4000 enfants sans parents, il en restait 80, vraiment trop malade pour partir avec les autres, il nous était permis de les garder un peu plus longtemps. Ils ont entre 2 à 12 ans. Comme les adultes ils sont mit de côté pour le prochain départ. Les 1000 personnes choisies pour le prochain départ sont isolées du reste du camp pendant 2 ou 3 jours, hommes, femmes et enfants  sont sur de la paille    

Rapidement souillée et mouillée. A partir de 3 heures du matin nous devions nous occuper des 80 enfants, les préparer au départ, les habiller... En rentrant, il y avait de quoi se trouver mal tellement que l’odeur était forte. Je trouvais mes enfants endormis et sans lumière, je commençais à les préparer, je ne savais pas par quel bout commencer. Vers 5 heures du matin il fallait les descendre dans la cour pour qu’ils soient prêt à monter dans les autobus de la STCRP qui menaient les déportés  à la gare du Bourget. 


Impossible de les faire descendre; ils se mirent à hurler, une vraie révolte, ils ne voulaient pas bouger, l’instinct de conservation. On ne les mènerait pas à l’abattoir si facilement. Cette scène était épouvantable, je savais qu’il n’y avait rien a faire, coûte que coûte, on les ferait partir.

En bas on s’énervait, les enfants ne descendaient pas, j’essayais de les prendre un par un pour les faire descendre mais ils se débattaient, et hurlaient. Les petits étaient incapables de porter leur petit paquet. Les gendarmes sont montés et ont bien su les faire descendre, pourtant ce spectacle en ébranla tout de même quelques un. Au moment du départ, on pointait chaque déporté. Sur les 80 gosses, environ 20 ne savaient pas leurs noms. Tout doucement, nous, nous avons essayé de leur faire dire leurs noms mais sans résultat. a ce moment surgit devant moi, le maître de toutes ces destinées, le sous-officier allemand Heinrichsohn, 22 ans, très élégant en culotte de cheval, ils venait à chaque départ assister à ce spectacle, qui, visiblement, lui procurait une immense joie. 

Je ne puis oublier la voix de ce petit garçon de 4 ans, qui répétait sans arrêt sur le même ton, avec une voix grave, une voix de basse incroyable dans ce petit corps : - «Maman, je vais avoir peur, maman je vais avoir peur»

 

Extrait du carnet du musée de la résistance de la déportation et de la libération du Lot

Extrait du carnet de la Persécution, raciste et antisémite.

22:45 Écrit par dorcas dans Camp de Drancy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rafle, enfants, camp |  Facebook |

15/02/2010

A la mémoire des petits enfants déportés.

A la mémoire des petits enfants déportés.

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Voici la plaque commémorative placée sur la façade de l'ecole Maternelle, située Rue François MIRON, dans le MARAIS.

Honte au régime de VICHY,

Et honte à la police parisienne et à son Directeur.

La rafle du vélodrome d'hivers de Paris

La rafle du vélodrome d'hivers de Paris

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Les bus attendent les juifs pour les transporter dans des camps

Il y a soixante 68 ans les 16 et 17 juillet 1942, 13.152 juifs parisiens, dont 4.115 enfants, étaient arrêtés par la police française au cours d'une opération baptisée cyniquement "vent printanier". La plupart d'entre eux mourront à Auschwitz.

Passée dans l'histoire sous le nom de "rafle du Vélodrome d'hiver", du nom du lieu où une partie d'entre eux ont été conduits avant leur transfert vers les camps d'internement de Drancy, Beaune-la-Rolande ou Pithiviers, cette vague d'arrestations ne fut ni la première, ni la dernière. Mais elle a été la plus massive.

Les premières rafles ont eu lieu le 14 mai 1941, les dernières au printemps 1944. En tout, 76.000 juifs de France ont été déportés vers les camps nazis, dont bien peu sont revenus.

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Ils attendent dans des conditions affreuses, sans nourriture, ni boisson, et sans moyen confortable pour se reposer.

4.500 policiers, selon les chiffres généralement retenus, 7.000 selon l'écrivain Maurice Rajsfus (dans "La rafle du Vel d'hiv", Que sais-je) ont pris part à l'opération des 16 et 17 juillet organisée à la demande des autorités d'occupation, mais sans leur participation. En outre une cinquantaine d'autobus de la compagnie du métropolitain ont été réquisitionnés avec leurs conducteurs.

La rafle devait en principe concerner les seuls juifs étrangers (la déportation des juifs de nationalité française viendrait plus tard) dont une liste avait été dressée mais les autorités françaises ont pris l'initiative d'y adjoindre les enfants, et devant l'insuffisance de la "prise" (la police tablait sur 22.000 arrestations) on s'est parfois montré peu regardant sur la nationalité.

La rumeur circulait depuis quelque temps d'une telle opération parmi la population juive, mais certains pensaient qu'elle ne concernerait que les hommes comme les précédentes, d'autres ne pouvaient pas y croire, la plupart de toutes façons n'avaient pas où aller.

La circulaire du directeur de la police municipale Emile Hennequin précisait que les opérations devaient être effectuées "avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire". Les enfants ne devaient pas être confiés aux voisins mais emmenés en même temps que les parents.

Les célibataires et les couples sans enfants ont été conduits directement au camp de Drancy, ouvert en août 1941, en vue d'une déportation rapide vers Auschwitz, tandis que les familles étaient dans un premier temps emmenés au vélodrome d'hiver.

Elles y resteront plusieurs jours dans des conditions épouvantables, car rien n'avait été prévu pour elles, ni sanitaires, ni eau, ni nourriture, ni matelas. Les gens, qui n'avaient eu le droit d'emporter que deux bagages dont un de vivres, s'entassaient sur les gradins parmi les pleurs des enfants et les odeurs d'excréments.

La collaboration de la police française à la chasse aux juifs décidée par les nazis dans la zone d'occupation avait été facilitée par la politique résolument antisémite adoptée par le régime de Vichy dès son installation: il instituait un "statut des juifs" le 3 octobre 1940, interdisait toute une série de professions (avocat, médecin, magistrat etc.) aux juifs, créait le 29 mars 1941 un "commissariat aux questions juives"...

En zone occupée le port de l'étoile jaune avait été imposée aux juifs le 7 juin 1942. Dès lors, pour ceux qui n'avaient pas eu les moyens de fuir, ou qui n'avaient pas pu éviter de se faire recenser en octobre 1940, il n'y avait plus d'échappatoire.

source : http://images.google.be/imgres?imgurl=http://pagesperso-o...

devant de Birkenau

La plupart finirons ici, à Auschwitz

31/01/2010

Musé juif de la déportation et de la résistance à Malines en Belgique

Musée juif de la déportation et de la résistance à Malines en Belgique.

Le Musée Juif de la Déportation et de la Résistance se situe à Malines,  (Mechelen) dans une aile de l’ancienne Caserne Dossin.

Ce lieu d’histoire est également un lieu de mémoire.
C’est là que les Nazis installent le SS-Sammellager-Mecheln, centre de rassemblement pour la déportation des Juifs de Belgique. 

Le Sammellager Mecheln est le point de départ d’une déportation sans retour. Entre 1942 et 1944, 24.916 Juifs et 351 Tsiganes sont déportés à Auschwitz. Les deux tiers seront gazés à leur arrivée. A la libération des camps nazis, seuls 1.221 personnes sont encore en vie.

La Caserne Dossin fut “l’Antichambre de la Mort” au sens propre du mot.  Le Musée Juif de la Déportation présente cette sombre histoire.
Le musée Juif de la déportation et de la résistance présente l’histoire de la « solution finale » en Belgique et en europe.

L’exposition développe exposition, plusieurs thèmes : les aides et relais dont bénéficièrent les SS, pourtant peu nombreux, dans la société et les institution belges, la collaboration des mouvements d’extrêmes droite, l’extermination de près de la moitié de la population juive belge, l’insoumission et la résistance de ce qui échappèrent à la déportation, l’aide d’une large frange de la  population belge, en particulier à l’égard des enfants.

Faite une visite virtuelle du musé : http://www.cicb.be/fr/virtuelle.htm

source : http://www.cicb.be/fr/home_fr.htm

Enfants dans le ghetto

Enfants dans le ghetto

les enfants dans le ghetto

La peur, la faim, l'isolement se lit sur leurs visages, des enfants sans avenir.

00:20 Écrit par dorcas dans Ghetto Varsovie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfants |  Facebook |

30/01/2010

Les oeuvres sociales dans le ghetto de Varsovie

Les œuvres sociales dans le ghetto de Varsovie

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L’un des problèmes les plus poignants fut celui de l’enfance malheureuse; le nombre d’enfants abandonnés ne cessait d’augmenter, malgré une mortalité considérable.

Que le père ou la mère mourut, que le père fût envoyé au travail obligatoire, et l’enfant, sans protection, devenait la proie de la faim et de la maladie. Isolés, ou par groupes, ils erraient, loqueteux, couverts de gale et de poux, les pieds nus, de cour en cour, de carrefour en carrefour, chantant pour mendier, clamant leur détresse et leur faim. Ils encombraient les rues, poursuivaient les passants la main tendue en murmurant une prière au milieu d’un sanglot. D’autres n’avaient même plus la force de marcher : effondrés sur le sol, ils vivaient dans la boue et les détritus.

Extrait du livre : "Cinq années dans le Ghetto de Varsovie" par Bernard Goldstein

23:12 Écrit par dorcas dans Ghetto Varsovie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfants, varsovie, ghetto |  Facebook |