02/04/2015

18 mars, ce jour-là, n'oubliez pas.



18 mars, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1190.

- Au lendemain de l'horrible massacre des juifs d'York, les croisés égorgent 57 juifs à St. Edmund (Angleterre), ce qu'ils considèrent comme un acte de piété. Il convient cependant de ne pas négliger une motivation supplémentaire, l'argent de certains membres des communautés juives, qui fournit aux croisés les moyens matériels de réaliser leur entreprise.

1349.

- Lors de l'épidémie de peste noire, les juifs de Baden (Suisse) sont accusés, d'empoisonner les puits. C'est pourquoi une partie de la communauté est massacrée, l'autre brûlée sur le bûcher.
Les premiers juifs s'étaient installés à Baden dès le XIIIe siècle.

- L'épidémie de peste noire entraîne le massacre des juifs dans pratiquement toute l'Europe. Quand la population de Rheinfelden (canton d'Argovie) commence à menacer les juifs, le duc d'Albrecht d'Autriche, suzerain de l'Argovie, tente de les protéger en les envoyant dans son château de Baden où les juifs de Baden se croyaient déjà à l'abri. Mais le 18 mars ils sont livrés à la foule en furie qui envahit le château et les massacre en même temps que les juifs de Baden.

1919

- Nouveau pogrome dirigé contre les juifs d’Ovrutch (Volhynie) : cette fois, les troupes de l’Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura stationnent trois jours dans la ville. 20 juifs sont massacrés et de nombreuses femmes juives violées.

1942.

- Les nazis commencent à liquider les malades de l'hôpital juif de Belgrade. Ils les emmènent par groupes de 85 et les enferment dans des camions où ils sont asphyxiés par les gaz. ela dure plusieurs jours. 800 juifs ont ainsi assassinés.

1945

- 1074 juifs hongrois arrivent au camp de concentration de Theresienstadt.

23/06/2014

23 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.

23 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1270



- 7 juifs de Wissembourg (Allemagne) sont arrêtés sans raison, torturés et exécutés.



1298 



- Les persécutions de Rindfleisch, du nom d'un chevalier allemand de la ville de Roettingen (Franconie), détruisent 146 communautés Juives en Allemagne centrale et méridionale.

- A Windsheim (Franconie), 55 juifs périssent sur le bûcher.

- 900 juifs de l'importante communauté de Würzburg sont massacrés, dont une centaine de réfugiés originaires d'autres localités.

- Dans la petite ville de Neustadt an der Aisch, 71 juifs sont brûlés vifs. 



1475 



- Un enfant chrétien, Simon de Trente (Italie), ayant été trouvé mort, Samuel, un juif riche, et plusieurs de ses coreligionnaires sont accusés du meurtre et soumis à la torture. L'enfant est considéré comme un martyr, tandis que les juifs sont emprisonnés et torturés en mars et en avril. Le 23 juin, Samuel est brûlé sur le bûcher, les autres sont brûlés ou rompus sur la roue. Simon de Trente a été vénéré comme martyr jusqu'à l'intervention de Vatican en 1965.



1919



- 45 juifs sont égorgés, de nombreux autres grièvement blessés et 35 femmes juives violées quand des révoltés par les alliés de l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura, se livrent à un pogrom à Skvira (Kiev).

- 5 juifs sont massacrés par le neuvième régiment Strelkovky lors d'un pogrom à Verkhova-Bibikovo . 



1941



- 8 juifs sont fusillés lors de l'entrée des Allemands à Sokal (Ukraine).



- Les troupes allemandes occupent la ville de Bereza(Biélorussie), qui compte 3 000 habitants juifs. Plusieurs maisons juives sont pillées.



1942 



- Les SS assassinent 850 juifs à Wielopole (Pologne). 



- Au camp d'extermination d'Auschwitz, la première sélection pour les chambres à gaz a lieu sur le quai de la gare lors de l'arrivée d'un train en provenance de Paris.



- 10 membres de la police juive du ghetto de Varsovie sont fusillés, accusés d'avoir servi d'intermédiaires entre des gendarmes allemands et des passeurs d'armes et de vivres. Ils faisaient partie d'un groupe de 110 prisonniers. Les Allemands emmènent les autres vers une destination inconnue.

- Directive de Leibbrand, chef des opérations de la Reichsbahn, concernant la déportation de 90.000 juifs de l'Europe Occidentale, dont 40.000 juifs de France, 40.000 de Hollande et 10.000 de Belgique. 
- A cette date, vingt camions spéciaux ont été livrés pour les opérations itinérantes d'extermination.

1943

- En Galicie, les ghettos sont dissouts : à l'exception des camps, tout le district est considéré comme « purgé des Juifs ». Le nombre des victimes est évalué à 430.329.

- Départ d’un convoi du camp de transit de Drancy pour le camp d’extermination d’auschwitz avec 1018 déportés, 518 seront drectement envoyés dans les chambrs à gaze 109 personnes survivront à la libération.

1943.

- Un train quitte Paris pour le camp d'extermination d'Auschwitz avec 1 000 déportés juifs, dont 100 enfants de moins de seize ans et 13 bébés. Tous sont tués dès leur arrivée.

- Tous les pensionnaires de la maison de retraite juive de Moravska-Ostrava (Tchécoslovaquie) sont déportés au camp d'extermination d'Auschwitz.

- Les SS déportent 1 800 juifs de Strzemieszyce (Pologne) au camp d'extermination d'Auschwitz.

- 1 018 juifs sont déportés du camp de regroupement de Drancy au camp d'extermination d'Auschwitz. 518 sont gazés dès leur arrivée. 72 hommes et 37 femmes survivront.

1944

- 23 juin au 14 juillet,  déportation de 9 000 Juifs du ghetto de Lodz.



24/03/2011

Ghetto Bedzin

Le ghetto de Bedzin

 

NAZIGHETBEDZ0001.jpgLe 9 septembre, les Allemands incendient la synagogue principale et cinquante maisons avoisinantes.

 

 

 

 

Bedzin ghetto de Bedzin se trouve en Pologne.

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Certains Juifs travaille obligatoirement dans la ville, d'autre sont envoyé en Allemagne pour y travailler.
En mai 1942 débutent les déportations vers Auschwitz et au mois d'août de la même année 5.000 Juifs sont envoyés dans les chambres à gaz de Birkenau

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Au printemps 1943, les Juifs sont confinés dans un ghetto installé à Kamionka, le ghetto de la ville voisine de Sosnowiec. Le 1 août 1943, les SS liquident le ghetto. Il y a quelques actes de résistance armée isolés, rapidement anihilés. La liquidation prend plus de deux semaines et plusieurs milliers de Juifs sont déportés à Auschwitz-Birkenau.
Quelques juifs de Bedzin sont revenu dans la ville après la guerre, mais la communauté n'a jamais été rétablie.

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03:33 Écrit par dorcas dans ghetto bedzin | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ghetto, synagogue, pologne, gaz, auschwitz, juifs |  Facebook |

10/03/2010

Découverte à Berlin de documents d'Auschwitz

Découverte à Berlin de documents d'Auschwitz

J.C. (lefigaro.fr) avec AFP
10/11/2008


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Ces documents originaux ont été retrouvés en vidant un appartement berlinois. Certains sont signés par le grand chef de la SS, Heinrich Himmler.

Ce sont «les documents de l'horreur», comme les appelle Bild. Selon le quotidien allemand, des plans de construction originaux du camp d'extermination nazi d'Auschwitz ont été retrouvés en vidant un appartement à Berlin.

Le journal publie samedi en pleine page des fac-similés de plusieurs de ces documents. Il s'agit au total de 28 plans à l'échelle 1/100e, datés entre 1941 et 1943 et estampillés «Direction de la construction des Waffen-SS et de la police».

Certains sont signés d'anciens hauts responsables SS, l'un comporte les initiales de leur maître absolu, Heinrich Himmler.

Bild ne donne en revanche aucune précision sur le lieu, l'auteur et la date des ces trouvailles.

Mais selon le directeur des archives fédérales allemandes à Berlin, Hans-Dieter Kreikamp, interrogé par le journal, l'importance de ces documents est «extraordinaire»: «C'est la preuve authentique du génocide systématiquement planifié des juifs d'Europe».

Certains documents reproduits évoquent la construction d'un «camp de prisonniers de guerre» à Auschwitz.

La «cave aux cadavres»

Pourtant l'un représente clairement une chambre à gaz, intitulée comme telle («Gaskammer»), de 11,66 m sur 11,20 m. Ce plan a été dessiné par le «détenu N. 127», le 8 novembre 1941. A cette date, des expérimentations du gaz Zyklon B avaient déjà commencé.

Autrement dit, bien avant la conférence de Wannsee, qui s'est tenue le 20 janvier 1942, pour organiser la «solution finale de la question juive», c'est-à-dire l'extermination les juifs.

Un autre fac-similé montre le plan du célèbre long bâtiment d'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau, où avaient lieu les exterminations dans des chambres à gaz et auquel la voie ferrée conduisait directement pour déverser ses chargements de victimes.

Un plan montre également le premier crématorium. Cinq carrés y désignent les futurs fours crématoires. Le document annoté évoque la «L.Keller» pour «Leichenkeller», soit la «cave à cadavres», dont la longueur initiale prévue était de «8 mètres» mais pouvait être étendue «selon les besoins».

Plus d'un million de déportés, essentiellement des Juifs, ont péri au «camp de la mort» d'Auschwitz, situé près de Cracovie, en Pologne.

Plus de 6 millions de juifs sont morts sous le nazisme, selon les estimations les plus restrictives.

La libération d'Auschwitz le 27 janvier 1945 par les troupes soviétiques a permis de révéler au monde l'ampleur monstrueuse des crimes nazis.

09/03/2010

Déportation de toute la famille d'Anne Frank

Déportation de toute la famille d'Anne Frank

La famille Frank sera déporté à Auschwitz, ils échapperont à la sélection vers les chambres à gaz, Ils sont sélectionnés pour le travail forcé.

Plus tard, Anne et Margot sont séparées de leur mère, Edith, et conduites au camp de concentration de Bergen-Belsen. Margot meurt la première, du typhus. Anne Frank y meurt à son tour, du typhus également, quelques semaines avant la libération du camp, en février ou mars 1945.
Seul son père, Otto Frank, survivra.

23:48 Écrit par dorcas dans La vie d'Anne Franck | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, gaz, liberation |  Facebook |

03/03/2010

Canada : baraquement de la récupération

Canada : Baraquements de la récupération

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Baraquement retrouvé après la libération dans un des camps de concentrations

Les déportés sélectionnés pour la chambre à gaz devaient se déshabiller et abandonner tous leurs bagages. Tous les objets pris à ceux qu'on vient d'exécuter sont amenés au "Canada", baraque de la récupération où ils sont triés par des déportés.

23:25 Écrit par dorcas dans Spoliation des Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberation, camps, gaz, deportes |  Facebook |

02/02/2010

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

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Le témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.

 “Le livre de Filip Mûller est un document unique. En prendre connaissance est un devoir, si nous voulons assurer la survie de notre civilisation. »

Professeur yehuda Bauer : Hebrew University à Jérusalem.

Traumatisé à vie, Filip Müller, après avoir surmonté les limites extrêmes du désespoir, a finalement décidé, trente ans après, de se souvenir. Afin que nul n’oublie.

Son récit vécu sur l’innommable réalité des camps de la mort n’est comparable à aucun autre. Müller est en effet l’un des uniques survivants des commandos spéciaux des fours crématoires, commandos où se trouvaient enrôlés de force de jeunes déportés suffisamment robustes pour exécuter, sous la menace d’une mort immédiate en cas de refus, les tâches les plus immondes et les plus éprouvantes jamais demandées à des hommes. A intervalles réguliers, l’effectif complet de ces commandos était à son tour radicalement éliminé, afin qu’aucun survivant ne puisse jamais parler.

Filip Müller, par un extraordinaire concours de circonstances, a miraculeusement survécu. Il a, pendant trois ans, tragiquement assisté au massacres de tout un peuple, partagé les derniers instants de tous ceux qui allaient mourir, procédé, avec ses propres mains, et dans d’indicibles conditions au transfert et à l’incinération de leurs cadavres.

Son histoire, véritablement dantesque, dépouillée de tout artifice littéraire ou artistique, ne s’embarrasse d’aucune considération d’ordre psychologique. C’est uniquement le constat détaillé et souvent insoutenable d’un hallucinant cauchemar, un document historique exceptionnel à l’état brut, au ton volontairement neutre, car il est des expériences qui coupent à jamais toute envie de philosopher.

Filip Müller : préface de Claude Lanzmann

un extrait ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7246610/les-nouvelles-fabriques-de-morts

Un autre extrait de ce livre ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7269867/les-amer...

 

Les Américains arrivent au camp d’Auschwitz

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Extrait du livre

La conviction de l’imminence de notre libération mobilisait mes dernières forces et stimulait ma volonté de vivre, mais en dépit de tous mes efforts, je ne pouvais empêcher la dégradation graduelle de mon physique et de mon moral. Le temps me semblait figé. Je demeurais toujours sur la charpente de mon toit et observais sans intérêt le grouillement des poux sur ma couverture. Je ne portais  guère plus d’attention aux lamentations et aux plaintes qui s’élevaient au-dessus de mon gîte. Je vivais dans un état de somnolence.

Réveillé en sursaut par le fracas des combats, j’entendis enfin le bruit tout proche des mitrailleuses et les détonations des grenades. Aussitôt après, quelques personnes se précipitèrent dans la baraque, les bras levés, criant avec exaltation : « Nous sommes libres, camarades ! Nous sommes libres ! ».

Cet instant, sur lequel s’étaient fixés toutes mes pensées et tous mes espoirs depuis trois interminables années, me semblait désormais vide de signification. Je ne ressentais aucune joie, aucune émotion. Je me laissais tomber au sol de »puis ma poutre et me glissais à quatre pattes jusqu'à la porte. Lorsque je fus dehors, le me traînais un peu plus loin et m’allongeais simplement sur la terre, où je m’endormis d’un profond sommeil.

Je fus réveillé par un bruit régulier de moteurs. Je me levai avec difficulté et me rendis lentement jusqu’à la route voisine où, à quelques mètres de distance, défilait avec un fracas assourdissant une longue colonne de blindés Soviétiques. Je suivis des yeux les colonnes d’acier et compris alors que tout était fini.

Je n’étais plus qu’une épave vivante, l’ombre de moi-même. Je n’étais même plus capable de ressentir une émotion. Pas une larme de joie sur mon visage, aucune explosion d’enthousiasme dans mon cœur. Fermé à tout sentiment, Je regardais au loin, dans le vide, incapable de réaliser que j’avais définitivement échappé au commando spécial d’Auschwitz.

(témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.) Filip Müller préface de Claude Lanzmann.

 

Les nouvelles fabriques de morts

attende pour leur exterminations

Extrait du livre

Les déportés avaient compris que l’ordre  de déshabillage signifiait leur condamnation. Ils semblaient résignés. Ils commencèrent à retirer lentement leurs vêtements, puis ils déshabillèrent leurs enfants. A chaque pièce de leurs vêtements qui tombait par terre, on avait l’impression qu’ils se dépouillaient d’une partie de leur tristes existences, car la plupart n’avaient connu que la misère et les privations. Certains retenaient leurs larmes pour ne pas augmenter l’angoisse de leurs enfants ou provoquer leurs questions. Ceux-ci regardaient tristement autour d’eux, cherchant à comprendre. Bientôt tout le monde fut dévêtu. Les hommes et les femmes s’embrassaient en caressant leurs enfants et en essayant de se donner mutuellement du courage. Abandonnés par un monde qui ne voulait plus les connaître et qui les rejetait, ils passaient les dernières minutes qui leur restaient à vivre à faire un retour sur leur passé, si désolé fût-il. Soudain, une voix s’éleva dans la foule. Un petit vieillard émacié avait commencé la prière du Viddoui. Il se penchait en avant, puis il se redressait en levant la tête et les bras vers le ciel martelait chacune de ses supplications passionnées au tout-puissant en se frappant la poitrine de son poing. Les paroles hébraïques résonnaient dans la cour : « aschamu »      ( nous avons pêché), « bagdanu » ( nous avons été infidèles), « gazalnu » ( nous avons fait du tort à notre prochain), «di bardi difi» ( nous avons calomnié), « hevejnu » ( nous avons menti), « vehischarnu », (nous avons enfreint la loi), « sadnu » ( nous avons fait le mal sciem), « chamasnu »  ( nous avons opprimé notre prochain). «  Mon D.ieu avant de naître, je ne représentais rien, et maintenant que je suis créé, je suis comme si je n’existais pas. Je suis poussière dans ma vie comme je serais poussière dans la mort. Je te glorifie, Seigneur, pour l’éternité, D.ieu éternel. Amen ! Amen ! »

Les deux milles prisonniers répétaient chacune de ces paroles, bien que certains n’en  comprissent pas le sens. Après cette émouvante prière, presque tous avaient les larmes aux yeux, des scènes déchirantes se déroulèrent devant nous. Mais les larmes n’étaient plus seulement celles du désespoir. Pénétrés presque tous d’un profond sentiment religieux, ils se remettaient dans la main de D.ieu.

Le recueillement des prisonniers avaient atteint son point extrême. La foule récitait maintenant à haute voix la prière des morts, le Kaddisch. Comme après leur fin, il n’y aurait plus personne pour la dire à leur intention, les victimes prononçaient elles-mêmes les paroles sacrées au seuil de leurs derniers instants.

Ils pénétrèrent ensuite dans la chambre à gaz. En quelques minutes les cristaux bleu-violet de cyclon B, achevèrent de produire leurs irrémédiables effets. Puis les derniers râles des agonisants s’estompèrent. Dehors, l’existence quotidienne reprenait son cours habituel.


 

01/02/2010

Comment, je me suis libéré de l'enfer d'Auschwitz.

Comment je me suis libéré de l'enfer d'Auschwitz, par Samuel Pisar

LEMONDE.FR | 29.01.10 | 21h22  •  Mis à jour le 29.01.10 | 22h08

 

Il y a soixante-cinq ans, jour pour jour, les soldats russes du maréchal Joukov libéraient Auschwitz, pendant que les armées alliées, sous le commandement du général Eisenhower, s'approchaient de Dachau. Pour un rescapé de ces deux enfers, d'être encore vivant et bien portant, avec une nouvelle et heureuse famille qui ressuscite pour moi celle que j'ai perdue, est franchement un peu surréaliste. Quand je suis entré, en 1943, à 13 ans, dans le sinistre abattoir d'Eichmann et de Mengele, je mesurais mon espérance de vie en termes de jours, de semaines tout au plus.

 

En plein hiver 1944, la tuerie à Auschwitz atteignait son paroxysme, engouffrant Juifs, bien sûr, mais aussi Tziganes, dissidents politiques, prisonniers de guerre, résistants ou homosexuels. Ailleurs, tout le monde sentait déjà que la seconde guerre mondiale touchait à sa fin. Mais nous, dans les camps, nous ne savions rien.

Nous nous demandions : qu'est-ce qui se passe dans le monde extérieur ? Où est Dieu ? Où est le pape ? Est-ce que quelqu'un là-bas sait ce qui nous arrive ici ? S'en préoccupent-ils ?

Pour nous, coupés du monde, la Russie était quasi défaite. L'Angleterre se battait, le dos au mur. Et l'Amérique ? Elle était si loin, si divisée. Comment pouvait-elle sauver notre civilisation face aux forces invincibles du mal absolu, avant qu'il ne soit trop tard?

La nouvelle du débarquement allié en Normandie mit longtemps à pénétrer jusqu'à nous, à Birkenau. Les rumeurs que l'Armée rouge avançait sur le front de l'Est semblaient aussi trop belles pour être vraies. Mais, alors que le sol se dérobait sous leurs pieds, la nervosité de nos geôliers devenait de plus en plus palpable. Les chambres à gaz vomissaient à présent feu et fumée, plus que jamais.

Un matin gris et glacial, nos gardes nous ordonnent de nous aligner, leurs chiens sauvages à l'appui, et nous chassent à travers le maudit portail du camp, avec son slogan tristement célèbre : "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre"). Ceux parmi nous qui étaient encore aptes aux travaux forcés seraient évacués vers le cœur de l'Allemagne. J'étais ivre d'anticipation. Le salut semblait si proche, et encore si loin. A la dernière minute, ils vont certainement nous tuer tous. La solution finale doit être achevée. Les derniers témoins vivants doivent être liquidés. Comment tenir un peu plus longtemps ? J'avais 15 ans, à présent, et je voulais vivre.

Nos marches de la mort, d'un camp vers l'autre, continuaient jusqu'à ce que nos tortionnaires et nous commencions à entendre des explosions distantes, qui ressemblent au feu de l'artillerie. Un après-midi, nous sommes rasés par une escadrille de chasseurs alliés, nous prenant pour des fantassins de la Wermacht. Pendant que les SS se jettent à terre, leur mitrailleuses tirant dans tous les sens, quelqu'un près de moi hurle : "Fuyez !" J'arrache mes sabots de bois et m'élance désespérément vers la forêt. Là, je me cache, avec quelques camarades, pendant des semaines, jusqu'à ma libération par une compagnie de GI américains. Oui, le miracle s'est produit. Je suis libre. Mon calvaire, mon duel acharné avec le destin est terminé. Mais pourtant ce n'est pas encore le happy end. Soudain, je me trouve face à un insupportable moment de vérité. Je prends conscience du fait que je suis irrévocablement seul. Que je suis l'unique survivant d'une grande famille. Que tous les garçons et filles de mon école – littéralement tous – ont également été exterminés, avec le million et demi d'enfants qui ont péri dans l'Holocauste. Tous ces enfants qui n'ont pas vécu, ces écrivains qui n'ont pas écrit, ces musiciens qui n'ont pas joué, ces savants qui n'ont pas inventé, et qui auraient tant enrichi notre monde.

Et moi, que vais-je devenir ? Où vais-je aller ? Ma ville natale, Bialystok, est une ruine, occupée par les Soviétiques. Y a-t-il un lieu sur cette terre où je pourrai me sentir chez moi ? Il n'y avait pas encore d'Israël à cette époque ; et le mandat britannique avait scellé les frontières de la Palestine aux émigrants Juifs. Je m'empare d'une puissante moto que j'ai piquée dans une caserne allemande. Je parcours jour après jour les autoroute de Bavière comme un fou, à une vitesse inouïe, souvent avec une fraulein à l'arrière. Je fais du marché noir, achetant des cigarettes aux soldats américains pour les troquer contre de la nourriture et de l'alcool. Bref, je dérape vers l'autodestruction.

C'est à ce moment-là que ma tante française, Barbara, la sœur de ma mère, et son mari, Léo Sauvage, journaliste et correspondant de guerre – eux-mêmes sauvés par les Justes de Chambon-sur-Lignon – me récupèrent des décombres de l'Allemagne. Ils m'amènent à Paris, où je goûte la vraie liberté pour la première fois. Six mois plus tard, je suis expédié aux antipodes, en Australie, pour oublier et me remettre de l'Europe sanguinaire et fratricide de mes cauchemars. Et là commence ma longue et difficile réhabilitation. Peu à peu, je me tourne vers l'avenir. Je comprends que survivre physiquement ne suffit pas. Qu'il me faut survivre moralement, spirituellement et intellectuellement aussi. Que la destruction pratiquée par le IIIe Reich sur moi et sur mon peuple doit s'arrêter.

C'est avec une détermination sans bornes que je recommence à pomper mon adrénaline. Cette fois, dans une toute autre dimension, mais avec la même énergie du désespoir, comme si ma vie en dépendait à nouveau. Je rattrape rapidement les six années de scolarité perdue. Et par la suite, les universités de Melbourne, de Harvard et de la Sorbonne font le reste. A 25 ans, à peine neuf ans après ma libération, je suis attaché aux Nations unies à New York, puis conseiller juridique au cabinet du directeur général de l'Unesco. C'est la rage de vivre, d'apprendre et de créer qui m'a porté des bas-fonds de la condition humaine vers quelques-uns de ses sommets. La journée internationale établie par les Nations unies pour commémorer la Shoah est un important relais pour la transmission de la mémoire vers l'humanité, qui en a tant besoin. Mais nous devons non seulement pleurer les morts, mais aussi avertir les vivants contre les nouvelles catastrophes qui nous guettent tous.

Aujourd'hui, nous, les derniers survivants de la plus grande catastrophe jamais perpétrée par l'homme contre l'homme, disparaissons les uns après les autres. Bientôt, l'Histoire va se mettre à parler, au mieux, avec la voix impersonnelle des chercheurs et des romanciers. Au pire, avec celle des négationnistes, des falsificateurs et des démagogues qui prétendent que la Shoah est un "mythe". Ce processus a déjà commencé. C'est pourquoi nous avons un devoir viscéral de partager avec nos prochains la mémoire de ce que nous avons vécu et appris dans la chair et dans l'âme. C'est pourquoi nous devons alerter nos enfants, Juifs et non-Juifs, que le fanatisme et la violence qui se répandent dans notre monde à nouveau enflammé, peuvent détruire leur univers comme ils ont jadis détruit le mien.

La fureur du tremblement de terre en Haïti, qui a emporté plus de cent cinquante mille vies, nous apprend combien la nature peut être cruelle avec l'homme. La Shoah, qui a décimé un peuple entier, nous a appris que la nature, même dans ses moments les plus cruels, est bénigne par rapport à l'homme quand il perd sa raison et ses repères moraux. Après les torrents de sang versé, un élan de compassion et de solidarité pour les victimes, toutes les victimes – soient-elles les victimes de catastrophes naturelles, de haine raciale, d'intolérance religieuse ou de violence terroriste – un fragile espoir surgit parfois ici ou là. Il est difficile de cerner le potentiel pour l'avenir de ces sentiments généreux. Entre-temps, divisés et confus, nous hésitons, nous vacillons, comme un somnambule au bord de l'abîme. Mais l'irrévocable ne s'est pas encore produit. Nos chances restent intactes. Prions que l'homme puisse s'en saisir et apprenne à vivre avec son prochain.

Malgré le cynisme pervers qui est propagé par les démons génocidaires, je me permets de dire : oui, il existe un travail qui rend libre. Il est enraciné dans l'éducation, dans la science, dans la culture et surtout dans la fraternité et la paix.

Samuel Pisar est avocat international, auteur de l'ouvrage Le Sang de l'espoir.


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18/01/2010

Le camp de Dachau

Le camp de Dachau

Le camp de Dachau fut mis en service le 31 mars 1933, quelques jours après le vote des pleins pouvoirs à Adolf Hitler par le Reichstaq.

Ce fut le premier camp de concentration important construit en Allemagne, l'un des rares construits avant la mort du président Hindenburq en 1934. Il fut tout d'abord le lieu d'internement des opposants politiques, mais il accueillit également par la suite des juifs de Bavière, des prisonniers de guerre soviétiques et des femmes ainsi que des homosexuels et Tsiganes. Chacun y connut la souffrance, la faim et y côtoya la mort. Dachau comptera plus de 100 kommandos qui, avec le camp central, regrouperont 75 000 détenus. Son existence était connue en dehors des frontières dès 1934. Il était considéré par les nazis comme représentant le prototype des camps au même titre que plus tard, le camp d'Auschwitz. Ce fut le commandant Théodore Eicke qui en développa les plans. Plus tard, Eicke devint d'ailleurs inspecteur en chef de l'ensemble des camps.

De l'extérieur, le camp semblait un banal poste militaire entouré d'un haut mur de briques. Des tours de garde bordaient l'ensemble. À l'entrée, sur le portail noir (cf. image ci-dessous), on peut aujourd'hui encore, lire l'inscription suivante : (de) Arbeit Macht Frei; le travail rend libre. Mais le but ultime de cette opération nazi était la mort. S'y trouvaient en garnison un corps de SS ainsi que des agents de la Gestapo. Les prisonniers étaient entassés dans des baraquements (il y avait 34 baraques), chacune devant contenir 208 prisonniers, mais, du fait du surentassement, au moment de l'arrivée des soldats américains, certains baraquements contenaient 1 600 détenus dont la plupart dans un état cadavérique, ne portant que la peau sur les os. Le camp reçut ainsi plus de 200 000 prisonniers venus de plus de 30 pays. Ils étaient confrontés à l'enfer : travaux forcés dans les pires conditions (froid, chaleur, etc.), sévices sur le corps, manques insaisissables de nourritures, manque d'hygiène, suicides forcés,...

En juin 1944, un premier convoi de plusieurs centaines de Français arriva à Dachau. Le 2 juillet 1944, un convoi partit de Compiègne avec plus de 2 000 détenus : à son arrivée, le 5 juillet, il y avait plusieurs centaines de morts.

Selon les enregistrements répertoriés, plus de 30 000 personnes périrent dans le camp même. En 1945, une épidémie de typhus se déclara, entraînant de nombreux décès, dont celui de René Carmille, le 25 juillet 1945. C'est à cette époque qu'une chambre à gaz fut adjointe, bien qu'il n'ait jamais été prouvé qu'elle fut utilisée. Les malades et les inutiles étaient plutôt transférés au sinistre château de Hartheim, où des milliers furent assassinés au gaz. À l'intérieur du camp, se trouvait une station expérimentale dirigée par le docteur Sigmund Rascher où des médicaments furent expérimentés sur les prisonniers, notamment pour tester leur résistance à la maladie. De plus, de nombreux prisonniers furent transférés vers d'autres camps afin d'éviter la trop forte densité, génératrice de l'extension de l'épidémie.


Camp de Dachau

Camp de Dachau

Les prisonniers vivaient dans des lits superposés et ils se battaient pour avoir les lits supérieurs afin de ne pas recevoir les excréments qui suintaient vers le bas. Ceux qui essayaient de s'échapper et qui étaient repris subissaient un traitement spécial de punition dans un cantonnement tenu par les SS et la gestapo avec pratique de la torture. Ces traitements aboutissaient souvent à la mort. Lors de l'épidémie de typhus, de nombreux corps furent jetés dans les fosses communes.

Les Allemands pénétraient peu dans les lieux et l'état-major restait cantonné à la Kommandatur. La discipline était faite par les kapos qui étaient choisis par les Allemands parmi les plus pervers des prisonniers.

23:47 Écrit par dorcas dans Camp Dachau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camp, ss, allemagne, dachau, gestapo, gaz, typhus |  Facebook |

15/01/2010

Dans la bouche le goût du gaz

Dans la bouche le goût du gaz.

 auschwitz chambres à gaz à gaz et crématorium

« Je ne sais pas vraiment pas comment m’exprimer, écrit Dounia Ourisson, pour décrire toute la terreur du block 25, dans les mois d’août à décembre 1942, à Birkenau…

C’est là qu’étaient rassemblées les détenues après les sélections, qu’étaient amenées les malades de l’hôpital  et les autres blocks, celles qui avaient commis quelques délit et celles qui avaient les jambes malades ou simplement enflées. Le block 25 était situé à l’entrée du camp, et en face de la  blockführerstube (La maison des chefs de blocks), afin que les gardiennes  S.S. puissent l’avoir constamment devant les yeux. La porte s’ouvrait que pour laisser passer les autos se dirigent vers le crématoire avec leur chargement de détenues.

Ce seul mot de blocks 25 nous donnait déjà l’avant goût de la  mort et , rien qu’en prononçant, nous avions dans la bouche le goût du gaz. Le blocks 25 était séparé des autres par un fil de fer. Le portail en bois bien lourd s’ouvrait rarement ; il était défendu aux détenues de l’approcher. « Les responsables de blocks, à l’appel, ne faisaient plus de rapport aux gardiennes S.S. sur ces effectifs ; les détenues qui s’y trouvaient n’étaient plus considérées comme des êtres vivants. »

Après chaque sélection, dans la soirée, certaines détenues approchent de ce blocks pour mettre un peu d’eau  dans les mains tendues à travers la fenêtre, barrée de fil de fer, pour transmettre ou recevoir un petit mot d’une mère à sa fille, d’une sœur à sa sœur.

Les femmes enfermées dans ce block ont déjà perdu tout espoir. Elles savent que le block 25 est leur dernière étape avant la chambre à gaz. Elles attendent les autos quarante-huit heures, sans manger ni boire. Des mortes-vivantes reléguées dans  le dernier cercle de l’enfer. Certaines se résignent, d’autres se révoltent, sautent du grabat, courent au portail, le frappant avec leurs poings et crient : « Laissez-moi sortir, je veux vivre ! ».

Mais à 11 heures, tous les deux jours, ou parfois  tous les jours, le camion arrive devant le block 25.

« L’aufseherin S.S. (surveillante) Dresker, vêtue de sa blouse blanche, la cravache à la main, accompagnée du Dr Mengele, tous deux fumant des cigarettes après un déjeuner copieux, ordonne d’ouvrir le portail. La gardienne du block fait déshabillé les condamnées ; Leurs haillons misérables sont nécessaires pour d’autres, les prochaines victimes de ce même block.

Deux S.S. jettent les détenues nues dans le camions, l’une sur l’autre, afin de le remplir le plus possible et d’en finir d’un seul coup. Deux cent cinquante femmes sont ainsi chargées sur ce camion. Quand il est rempli, les S.S. le ferment, et deux autres d’entre eux prennent place à côté du chauffeur. Le camion démarre.

Un extrait du livre « Les médecins de la mort de l’auteur Philippe Aziz

00:09 Écrit par dorcas dans Camp Birkenau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaz, birkenau |  Facebook |

14/01/2010

SS et Ukrainiens

SS et Ukrainiens

600.000 personnes sont mortes dans les chambres à gaz de Belzec, les cadavres par milliers furent brûlés et enterrés dans des fosses communes durant l'année 1943

camp de Belzec

ceci est une photo trouvée sur un SS fait prisonnier

Une femme peu avant son exécution à Belzec.

Le soldat sur la gauche est un SS, les soldats du fond sont des gardes Ukrainiens

23:56 Écrit par dorcas dans Camp Belzec | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ss, gaz |  Facebook |

12/01/2010

Le tri des déportés

Le tri des déportés

vont vers leurs condamnations

Les femmes et leurs enfants sont mit à part pour être envoyé dans les chambres à gaz pour mourir, certains seront mit de côté pour faire des espériences médicales, mais très peu survivront.

22:50 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaz |  Facebook |