14/04/2015

10 avril, ce jour-là, n'oubliez pas.

10 avril, ce jour-là, n'oubliez pas.

1882.

- Un pogrome éclate à Balta (ussie). Toutes les maisons juives sont pillées, 40 juifs sont massacrés, 170 blessés et 20 femmes violées. Au total, 1 250 habitations et magasins juifs sont détruits, 15 000 juifs, dont de nombreux enfants, réduits à la misère et à la mendicité.

1919

- Des unités de l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura se livrent à un pogrome à Emiltchine (province de Volhynie). 6 juifs sont tués.

1941

- La Croatie se sépare de la Yougoslavie et prend son indépendance. Des mesures antijuives sont prises, des Juifs sont rançonnés. Une division SS musulmane est mise en place, avec comme objectif avoué la destruction du judaïsme de croatie. Synagogues et cimetières sont détruits. Le grand Mufti de Jérusalem, Haj Ami Al Husseini, viendra lui-même diriger cette division, avec le grade de général SS.

- Les Allemands occupent Zagreb (Yougoslavie). Ils commencent aussitôt à arrêter les juifs.
La vie culturelle de la communauté était active dans cette ville depuis le XIIIe siècle. Des artistes, des médecins, des savants et des intellectuels de renom y sont nés.

1942.

- 800 juifs sont déportés de Radziev Kusawski (Varsovie) au camp d'extermination de Chelmno (Kulmhof).

- Les nazis déportent 1 750 juifs de Leczyca (province de Lodz) au camp d'extermination de Chelmno.

- Les nazis déclenchent une Action contre les juifs de Kuty (kraine), causant 950 victimes.

- 1 650 juifs sont déportés du village d'Uchanie (Ukraine) au camp d'extermination de Sobibor, où ils périssent tous.

1943.

- Heinrich Himmler, chef des SS, de la police allemande et de la Gestapo, interdit l'usage du terme codé Sonderbehandlung, « traitement spécial », pour désigner la liquidation des juifs. Il recommande d'utiliser à sa place le terme de Durchschleusung, « filtrage ».

- Les nazis arrêtent 45 juifs à Utrecht. Ils les conduisent à Amsterdam avant de les envoyer au camp de regroupement de Westerbork.

27/11/2014

27 novembre, ce jour-là, n'oubliez.

27 novembre, ce jour-là, n'oubliez.

 

1095

- Au concile de Clermont-Ferrand (France), le pape Urbain II prêche la première croisade. Cette date est importante non seulement pour les chrétiens mais aussi pour les juifs : les croisades vont dégénérer en pèlerinages armés marqués par de sanglants massacres de juifs d'Europe et d'Orient sur la roue conduisant à Jérusalem.

1938

- Dans une lettre adressée à Speer, Göring écrit : « en vertu des règlements (…) portant sur l’expulsion des Juifs des logements, magasins et entrepôts, il est prévu que l’inspecteur général du bâtiment (Speer) bénéficiera d’un droit de préemption » sur les logements ainsi libérés.

1941

- A La Haye, les nazis ordonnent la création de quartiers juifs dans les grandes villes des Pays-Bas, où les juifs des petites villes de province doivent s'installer.

1942

- 2 500 juifs du ghetto de Buczacz (Ukraine) sont déportés au camp d'extermination de Belzec. 250 juifs sont fusillés dans le ghetto même.

- 2 000 juifs du ghetto de Tlumacz (Pologne) sont déportés au camp d'extermination de Belzec.

20/06/2014

20 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.

20 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.


1230

- 

Massacre des juifs de Wiener Neustadt (Autriche). 



1391 



- Au cours du jeûne juif commémorant la chute de Jérusalem, les chrétiens de Tolède attaquent la communauté. De nombreux juifs sont massacrés, beaucoup d'autres se suicident. Les persécutions se propagent dans toute l'Espagne. 



1544



- A Tomar (Portugal), où un tribunal de l'Inquisition siège depuis 1540, se déroule un second autodafé, contre des  descendants de juifs contraints au baptême, qui pratiquent toujours le judaïsme en secret. 



1734

- 

20 000 juifs et Polonais sont massacrés en trois jours par les Haidamak (cosaques et paysans ukrainiens), à Uman près de Kiev.

- 3 000 juifs meurent dans la synagogue touchée par le feu de l'artillerie.



1768

- 

Des Haidamak égorgent des milliers de juifs à Gomel (Ukraine). 



1883

- 

500 familles juives se trouvent réduites à la misère quand leurs maisons et leurs magasins sont détruits à Iekaterinoslav (Russie) au cours d'un pogrom qui dure deux jours.



1919 



- 14 juifs sont massacrés et 10 autres grièvement blessés quand des unités commandées par Sokolovski se livrent à un pogrome à Tchernigov (Volhynie).

- 5 juifs sont tués et de nombreux autres blessés au cours d'un pogrom dans la ville de Volodarka (district de Kiev), déclenché par des unités commandées par Jelezniak, alliées à l'Armée nationale ukrainienne. 



1942 



- Les SS assassinent 600 juifs de Snow ( U.R.S.S.).



- Un ghetto est créé à l'intention des 2 500 juifs survivants de Nadvorna (Ukraine). Il est gardé par la Schutzpolizei allemande, dont les membres y pénètrent de temps en temps pour tuer des internés. 



- 996 juifs sont déportés de Vienne (Autriche) au camp de concentration de Theresienstadt.

- Toutes les écoles juives sont fermées.

- A Ravensbruk, le docteur SS Karl Gebhart teste les effets du traitement par la sulfanilamide sur environ 80 prisonniers. Les prisonniers sont volontairement blessés et infectés avec des virus, pour voir l’effet du traitement.

1943

- 5 500 Juifs sont déportés d’Amsterdam.

- Himmler envoie 100 Juifs au camp alsacien de Natzweiler-Struthof. Tués, leur squelette a été envoyé au musée anatomique de Strasbourg.

- 4 000 internés sont fusillés par les SS quand les Allemands liquident le ghetto de Tarnopol ('Ukraine). Quelques juifs seulement parviennent à fuir.

- 5 500 juifs sont arrêtés à Amsterdam, puis déportés au camp de regroupement de Westerbork.

 

12/03/2010

Israël: l'officier allemand du "Pianiste" honoré par Yad Vashem

Israël: l'officier allemand du "Pianiste" honoré par Yad Vashem

[ 16/02/09  - 14H18 - AFP  ]

© AFP/Archives - Marco Longari

L'officier de la Wehrmacht Wilm Hosenfeld, rendu célèbre par le film de Roman Polanski "Le pianiste" (2002), a été reconnu "Juste parmi les Nations" à titre posthume, selon un communiqué publié lundi par Yad Vashem, le Mémorial pour la Shoah de Jérusalem.

L'officier Wilm Hosenfeld, basé à Varsovie dès juillet 1940, s'est vu décerner le titre de "Juste parmi les Nations" pour avoir "sauvé des juifs de la Shoah" durant la Seconde guerre mondiale.

Hosenfeld a été rendu célèbre par le film de Roman Polanski, "Le pianiste", tiré de l'histoire vraie d'un musicien juif polonais, Wladyslaw Szpilman, qui a remporté nombre de prix au Festival de Cannes, aux Oscars et aux Césars.

Wladyslaw Szpilman a écrit au Mémorial de Yad Vashem pour raconter comment, en novembre 1944, l'officier allemand lui avait fourni une cachette, de la nourriture, des couvertures et un soutien moral. Un autre rescapé, Leon Wurm, a certifié qu'Hosenfeld, qui travaillait au Centre de Sports de l'armée, l'avait employé après son évasion d'un train qui le menait vers le camp d'extermination de Treblinka.

La Commission pour la désignation des "Justes parmi les Nations" avait déjà étudié le cas de l'officier allemand sans lui décerner le titre, aucune preuve ne permettant, selon elle, d'affirmer qu'il n'avait pas participé à des crimes de guerre durant la prise du ghetto de Varsovie.

Récemment, de nouveaux documents ayant appartenu à l'officier et étudiés par le Mémorial de la Shoah, tels des carnets intimes ou des lettres écrites à sa femme, ont montré sa profonde désapprobation de la politique menée par les nazis à l'égard des juifs.

"Dans ses écrits, Hosenfeld dévoile son dégoût grandissant pour l'oppression du peuple polonais, les persécutions du clergé polonais, les abus à l'égard des juifs, les débuts de la Solution finale et son horreur de l'extermination du peuple juif," souligne le communiqué.

Après la guerre, Wilm Hosenfeld a été arrêté, jugé et condamné à la prison à vie par les soviétiques. Il est mort en prison en 1952.

Son fils et ses deux filles vont recevoir la médaille et le certificat de "Juste parmi les Nations" au nom de leur père.

Qui sont les "justes parmi les Nations"?

Qui sont les "Justes parmi les Nations" ?

L'Israël,guerre,Europe,Jérusalem,occupation,Juifs,État d'Israël a créé, en 1953, le titre de "Justes des Nations".

Les "Justes" sont des personnes, non juives, qui, pendant la guerre dans l'Europe occupée, ont risqué leur vie pour sauver un Juif. Une commission, présidée par un juge de la Cour suprême, désigne les Justes. Une médaille leur est remise personnellement ou à leurs ayants droits s'ils sont décédés. Un arbre est aussi planté dans le mémorial Yad Vashem à Jérusalem. Une plaque gravée y rappelle le nom de la personne honorée pour sa conduite durant l'Occupation.

« Le concept de « Juste des Nations » est emprunté à la littérature talmudique. Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs. Le Mémorial Yad Vashem décerne ce titre de Juste des Nations aux non-Juifs qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, ont aidé des Juifs en péril, dans des circonstances telles qu’elles impliquaient des risques pouvant aller jusqu’au danger de mort, sans recherche d’avantages d’ordre matériel ou autre.
« Le nouveau porteur du titre de Juste des Nations est convié à une cérémonie où lui sont remis une médaille et un diplôme d’honneur. La cérémonie se déroule soit à Yad Vashem, soit, par les soins de la mission diplomatique d’Israël, dans le pays où réside le Juste. Les Justes, ou leurs représentants, ont planté des arbres dans l’allée des Justes sur le site du Mémorial Yad Vashem. Aujourd’hui, faute de place, le nom des Justes est gravé sur le Mur d’honneur édifié à cette fin dans le périmètre du Mémorial.
« Les sauveurs se comptent par milliers, même si l’on y inclut ceux qui restent inconnus, alors que des millions de Juifs auraient eu besoin d’aide sous l’occupation allemande. Jusqu’à la fin de l’année 1999, Yad Vashem a décerné le titre de Juste des Nations à plus de 17 000 personnes. Ce qui démontre de manière incontestable que, malgré la tragédie implacable qui a frappé le peuple juif, il s’est trouvé des hommes et des femmes qui ne sont pas restés passifs et ont pris des risques pour accomplir le précepte : « Aime ton prochain comme toi-même. » Les Justes des Nations ont sauvé non seulement la vie des Juifs, mais aussi la dignité humaine et l’honneur de leurs compatriotes. »

La guerre 40-45 a fait apparaître dans le langage courant un mot qui rendait et déclarait humainement juste une personne qui a pris position, a sacrifié partiellement ou totalement sa vie pour la cause juive ou, plus simplement s'est sacrifié pour la vie des juifs ou pour la vie en général.

L'époque de tension internationale que nous connaissons actuellement révèle des personnalités qui osent se mouiller pour la cause du peuple juif. Certains risquent leur position politique si pas tout simplement leur vie.

Le critère d'élargissement est signifié par les Ecritures Saintes en Matthieu 25:40  Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de  mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.

Pour être un Juste, il faut :

  • Avoir apporté une aide dans des situations où les juifs étaient impuissants et menacés de mort ou de déportation vers les camps de concentration.
  • Le sauveteur était conscient du fait qu'en apportant cette aide, il risquait sa vie, sa sécurité et sa liberté personnelle (les nazis considéraient l'assistance aux juifs comme un délit majeur).
  • Le sauveteur n'a exigé aucune récompense ou compensation matérielle en contrepartie de l'aide apportée.
  • Le sauvetage ou l'aide est confirmé par les personnes sauvées ou attesté par des témoins directs et, lorsque c'est possible, par des documents d'archives authentiques.

L'aide apportée aux juifs par des non-juifs a revêtu des formes très diverses ; elles peuvent être regroupées comme suit :

  • Héberger un juif chez soi, ou dans des institutions laïques ou religieuses, à l'abri du monde extérieur et de façon invisible pour le public.
  • Aider un juif à se faire passer pour un non-juif en lui procurant des faux papiers d'identité ou des certificats de baptême (délivrés par le clergé afin d'obtenir des papiers authentiques).
  • Aider les juifs à gagner un lieu sûr ou à traverser une frontière vers un pays plus en sécurité, notamment accompagner des adultes et des enfants dans des périples clandestins dans des territoires occupés et aménager le passage des frontières.
  • Adoption temporaire d'enfants juifs (pour la durée de la guerre).

22:00 Écrit par dorcas dans Juste des Nations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, jerusalem, guerre, europe, juifs |  Facebook |

02/03/2010

La menace nazie sur le Moyen-Orient


La menace nazie sur le Moyen-Orient

Hajj Amin al-Hussayni, grand Mufti de Jérusalem exprima son soutien au régime nazi dès 1933.

En octobre 1939, il partit pour l'Irak, où il joua un rôle central dans l'organisation de l'insurrection pro-nazie d'avril 1941.

Après l'échec de l'insurrection, il s'exila en Allemagne et soutint les forces de l'axe dans leur guerre contre les alliés.

Hussayni diffusa des tracts de propagande andijuive particulièrement haineux et essaya de persuader et puissances de l'axe d'étendre le plan d'extermination au Moyen-Orient et à l'Afrique du Nord.

Au printemps 1943, il recruta et forma des unités de musulmans Bosniaques en Croatie pour combattre sous les ordres des SS en Bosnie et en Hongrie.

23:44 Écrit par dorcas dans Les amis d'Hitler | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jerusalem, ss |  Facebook |

31/01/2010

Yad Vashem inaugure un nouveau centre de recherche

Yad Vashem inaugure un nouveau centre de recherche
 
Par Sarah Smadja pour Guysen International News


Le 10-12-2008

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 Yad Vashem, le mémorial de la Shoah de Jérusalem, inaugure cette semaine un nouveau centre de recherche sur les conséquences de la Shoah en se basant sur les expériences post-guerre des survivants. L’objectif est de préserver au mieux la mémoire de la Shoah à une époque où se répandent des idées révisionnistes et où le nombre de survivants diminue.

 
« Jusqu’à présent, la priorité de Yad Vashem était de se concentrer sur la Shoah en lui-même, mais aujourd’hui préserver la mémoire de la Shoah est d’une importance cruciale » explique le Dr. Ze’ev Mankowitz, directeur du centre.

Promouvoir la recherche et les activités éducatives relatives aux expériences post guerre des survivants, se concentrer sur des sujets tels que le choc de la libération pour les survivants, la Shoah vue par les jeunes d’aujourd’hui, ou encore la Shoah dépeinte dans la littérature moderne et les films, feront notamment partie des priorités de ce nouveau département de Yad Vashem.

Des questions essentielles concernant la vie des rescapés de la Shoah seront traitées.
Comment s’est passé leur retour à la vie ? Comment ont-ils été reçus par leurs concitoyens ? Comment est-ce que les nouveaux pays d’accueil les ont traités et considérés ?

Des questions essentielles pour une compréhension plus profonde des effets à long terme de la Shoah, explique le survivant Eli Zborowski, directeur de la société américaine pour Yad Vashem et donateur du nouveau centre.

Dans un premier temps, le centre - qui fonctionnera avec un personnel de 6 personnes, mais qui travaillera avec des chercheurs du monde entier - se concentrera principalement sur les conséquences de la Shoah pour les juifs du monde entier dans le premier quart de siècle après la Shoah, principalement entre les années 1944 et 1961.

Le travail du centre inclura des débats et réflexions notamment autour des thèmes : ‘ fallait-il accepter ou non l’argent de l’Allemagne les premiers jours de la création de l’Etat d’Israël’, ‘les procès des criminels de guerre nazis comme le procès Eichmann en 1961’, ‘la lutte pour la réappropriation des biens spoliés’, et ‘l’entretien de la mémoire des victimes de la Shoah’.

« Notre priorité est de donner aux survivants un microphone, et l’occasion de faire ainsi entendre leurs voix » explique le Dr Mankowitz. 

Par Sarah Smadja:  Guysen International News

00:52 Écrit par dorcas dans Mémorial | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, jerusalem, survivants |  Facebook |

10/01/2010

Un survivant de Chelmno

 

Un survivant de Chelmno

Cet homme, c'est Shimon Srebnik. Vous l'avez peut-être aperçu dans le film Shoah de Claude Lanzmann. c'était un survivant de Chelmno!

Son histoire a été raconté sur le site de Jérusalem post

Il dit :« Lorsque nous arrivâmes à Chelmno, les vieux commentaient, «Quel endroit merveilleux! », « Nous serons heureux ici !» « Comme c’est vert, les oiseaux chantent! », « Un vrai centre de cure ! »

« Je suis resté dans le « kommando des maisons ». « J’étais dans un baraquement avec Walter Bonmeister. Nous nous occupions de trier l’or et les biens des gens, les choses qu’ils avaient abandonnés, les valises. Il y avait une grande tente où les Juifs triaient les objets."

«Comment ai-je su que ma mère était arrivée à Chelmno ? Il y avait beaucoup de sacs à main, une montagne de sacs à main. Un jour j’ai trouvé dans un sac, des photos de ma mère et tout ses papiers. J’ai dit à Bonmeister : "Regarde, c’est le sac de ma mère."

"Oui, elle est au ciel", répondit-il."

"C’est celui de ma mère" dis-je. J’étais naïf!

"Je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire par « ciel ».

Extrait du témoignage de Shimon Srebnik, dans les archives de Yad Vashem.

Dans une verte forêt du centre de la Pologne, dans la ville de Chelmno, à 77 km à l’ouest de Lodz, les Allemands construisirent le premier camp d’extermination en masse par le gaz. Entre Décembre 1941 et Janvier 1945, plus de 300 000 Juifs et 5 000 Gitans de Lodz et ses environs furent assassinés à Chelmno. Seuls trois survécurent.

Shimon Srebnik, habitait en Israël à Ness Ziona, il vient de s’éteindre à l’âge de 76 ans après un long combat contre le cancer. Srebnik qui avait perdu ses deux parents dans l’Holocauste, n’avait que 13 ans lorsqu‘il fût déporté à Chelmno depuis le ghetto de Lodz et astreint à enterrer les cadavres des victimes.

Dès son arrivée, Srebnik fût envoyé rejoindre un petit groupe de travailleurs esclaves de Chelmno, camp dont le cadre rupestre procurait de faux espoirs à ceux qui arrivaient des ghettos crasseux et infestés de maladies.

Comme le reste des prisonniers, Srebnik eut ses jambes immédiatement entravées - la longueur de ses chaînes était d’a peu près 40 centimètres - afin de prévenir toute tentative de fuite hors du camp qui était contrôlé par des Allemands en armes.

Les prisonniers étaient forcés de garder les chaînes 24 heures sur 24. Au cours des deux ou trois premiers mois, Srebnik monta des tentes et prépara les installations où sa propre mère devait être gazée jusqu’à ce que mort s’ensuive. Lorsque les convois de Juifs destinés à être exterminés vinrent à arriver régulièrement, Srebnik fût affecté à l’extraction des dents en or des cadavres.

Il fût aussi amené à faire diverses opérations de triage, avant d’être assigné aux enterrements.

C’est alors qu’il triait les biens personnels de certaines victimes, qu’il découvrit des photos ayant appartenu à sa mère et comprit qu’elle aussi avait été assassinée à Chelmno.

Lorsque les victimes arrivaient à Chelmno, elles étaient rassemblées sur la place du camp et averti que devant être envoyées dans un camp de travail, elles devaient commencer par se laver.

Des hommes attendent de monter dans les camions à gaz

Marchant au-devant de leur mort, les victimes étaient régulièrement rassurées par la vue de signaux indiquant des directions telles que «douche» ou «docteur», alors même qu’elles descendaient une rampe vers un camion à gaz.

Lorsque le camion était complètement rempli, le chauffeur refermait les portes et allumait le moteur du camion. Environ 10 minutes plus tard, les gaz avaient suffoqué tous les passagers.

Il y avait trois camions à gaz. Les gaz d’échappements entraient dans le camion par un grillage sur le plancher. Chaque camion embarquait 80 personnes. L’un était de plus grande capacité et pouvait en contenir 100. La distance de Chelmno à la forêt était de quatre kilomètres. Durant le trajet, le gaz entrait dans le camion

Un des camions à gaz

Lorsque l’on ouvrait les portes en arrivant, on pouvait voir que tous les morts s’étaient blessés. Tous, voulant vivre, s’efforçant de survivre s’étaient écorchés les uns les autres. C’était terrible.

Quand le camion atteignait les fours crématoires, deux personnes entraient. Les fours étaient déjà allumés.

Et quel feu ! Il y avait un grill dans le four. Ils mettaient une couche de bois par-dessus et allumaient, puis ajoutaient une « couche » d’êtres humains, puis une nouvelle couche de bois. Cela se passait ainsi tous les deux jours. Il fallait retirer les dents en or avec la chair autour. Moi, assis, je devais séparer l’or des chairs.

Ainsi qu’il est écrit sur le site web de Yad Vashem, en Janvier 1945, alors qu’approchait la fin de la guerre et que se rapprochaient les troupes Soviétiques, les Nazis évacuèrent Chelmno, qu’ils avaient commencer à démanteler quatre mois auparavant.

Les Allemands décidèrent de « liquider » le camp et ouvrirent le feu sur 48 derniers prisonniers Juifs, les tuant d’une balle dans la nuque.

Srebnik fut gravement blessé, mais, avec deux autres prisonniers, ils réussirent à s’échapper au cours d’une ultime insurrection des derniers prisonniers.

Srebnik parvint à trouver refuge chez un fermier Polonais, qui coupa ses chaines et prit soin de lui. Le jour suivant les Allemands offrirent une importante prime à qui leur livrerait Srebnik.

Mais les Polonais, qui craignaient désormais plus l’arrivée des Russes que les Allemands, ne le trahirent pas, et Srebnik put rejoindre les forces Russes. Après la guerre, il prit immédiatement la direction d’Israël. Dans une gare italienne sur son itinéraire, il faisait la connaissance de sa future femme.

Trente trois ans plus tard, en 1978, Srebnik reçut du fermier Polonais qui lui avait sauvé la vie, les chaines et entraves qu’il avait brisé trois décennies plus tôt, lors d’un voyage sur le site de Chelmno pour le tournage de Shoah, avec Claude Lanzmann.

Après quelques hésitations, il en fit don à Yad Vashem.

Les Chaines brisées de Shimon Srebnik


« Cela ne lui fut pas aisé de se séparer de ses entraves, » précisa Yehudit Inbar, le directeur des musées à Yad Vashem, qui recueillit le témoignage de Srebnik.

Celui-ci avait quelques années auparavant témoigné au procès d’Eichmann, et il avait aussi assisté l’archéologue Polonais qui travailla sur le site de Chelmno aucours des vingt dernières années.

Inbar ajoutait : « C’était un homme très particulier, avec une histoire spéciale. »

Srebnik laisse sa femme, deux filles, cinq petits enfants et un arrière petit fils.

00:07 Écrit par dorcas dans Camp Chelmno | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, survivant, chelmno, jerusalem |  Facebook |