18/11/2010

L’Europe lance un moteur de recherche consacré à la Shoah.

L’Europe lance un moteur de recherche consacré à la Shoah.

 

mardi 16 novembre 2010, par Europe, par Shoah

Un nouveau moteur de recherche consacré à la Shoah, financé par l’Union européenne, a été lancé mardi à Bruxelles pour permettre de "préserver la mémoire" de cette tragédie alors que disparaissent les derniers survivants des camps d’extermination nazis. Baptisé Ehri (European Holocaust Research Infrastructure), le site qui sera pleinement opérationnel d’ici à septembre 2014, a l’ambition de regrouper les bases de données d’une vingtaine d’institutions, de musées ou de bibliothèques, dont le Mémorial de la Shoah en France et Yad Vashem en Israël, dispersés dans douze pays européens et Israël.

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L’UE a débloqué sept millions d’euros pour financer ce projet. Les chercheurs, enseignants et étudiants auront accès en ligne à cette source unique de documents sur la shoah mais le site devrait également permettre aux familles de retrouver la trace de leurs parents assassinés dans les camps nazis ou au public de rechercher des informations sur cette période noire de l’histoire.

"Soixante-cinq ans après la libération d’Auschwitz, il y a encore malheureusement des gens qui, sous couvert de promotion de la recherche et du droit au débat, remettent en question l’ampleur de la Shoah sinon son existence", a déploré la commissaire européenne chargée de la Recherche, Maire Geoghegan-Quinn, au cours de la cérémonie de lancement du site au Musée royal d’Art et d’Histoire de Bruxelles.

"L’Ehri a la grande responsabilité de préserver la preuve de l’Holocauste pour les gens en Europe et dans le monde, pour nous tous aujourd’hui et pour les générations futures", a-t-elle ajouté. Haïm Gertner, directeur des archives de Yad Vashem, a souligné l’importance d’un site unique en expliquant le cas du camp de Theresienstadt, situé en République tchèque. Ses archives sont dispersées entre Yad Vashem, le Mémorial de Terezin et le musée juif de Prague. "Afin de raconter toute l’histoire, nous devons rassembler les documents éparpillés. Avec le nouveau site nous pourrons établir une connexion virtuelle entre ces documents", a-t-il dit. Yad Vashem, le Mémorial de Terezin et le musée juif de Prague font partie du projet Ehri.

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Une rescapée de la Shoah montre le nom du Juste qui l’a sauvée, Yad Vashem, Jérusalem.

 "Les nazis ont essayé de détruire non seulement les Juifs, mais la mémoire des Juifs", a dit de son côté le ministre israélien de l’Education, Gideon Saar, qui a estimé que le nouveau site permettrait de redonner "un visage aux victimes".

NDLR : Le nom Yad Vashem vient du verset Ésaïe 56:5

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Seul le peuple juif a été capable de redonner une identité à ceux que la barbarie nazie a voulu effacer, jusqu’à leur souvenir. C’était sans compter que cette volonté monstrueuse avait déjà été prise en compte et que les prophètes d’Israël avaient dévoilé la réplique Divine, aujourd’hui réalisée comme nombre d’autres prophéties.

23:09 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, israël, camps, auschwitz, juifs, peuple |  Facebook |

11/02/2010

Les Juifs et leurs terre.

Les Juifs et leurs terre

« Les Juifs n’ont d’autre issue que de retourner à leur peuple et ils ne pourront trouver leur salut qu’en s’établissant sur leur propre terre. »

Théodore Herzl

23:50 Écrit par dorcas dans Poèmes-Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, peuple |  Facebook |

02/02/2010

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

trois ans

Le témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.

 “Le livre de Filip Mûller est un document unique. En prendre connaissance est un devoir, si nous voulons assurer la survie de notre civilisation. »

Professeur yehuda Bauer : Hebrew University à Jérusalem.

Traumatisé à vie, Filip Müller, après avoir surmonté les limites extrêmes du désespoir, a finalement décidé, trente ans après, de se souvenir. Afin que nul n’oublie.

Son récit vécu sur l’innommable réalité des camps de la mort n’est comparable à aucun autre. Müller est en effet l’un des uniques survivants des commandos spéciaux des fours crématoires, commandos où se trouvaient enrôlés de force de jeunes déportés suffisamment robustes pour exécuter, sous la menace d’une mort immédiate en cas de refus, les tâches les plus immondes et les plus éprouvantes jamais demandées à des hommes. A intervalles réguliers, l’effectif complet de ces commandos était à son tour radicalement éliminé, afin qu’aucun survivant ne puisse jamais parler.

Filip Müller, par un extraordinaire concours de circonstances, a miraculeusement survécu. Il a, pendant trois ans, tragiquement assisté au massacres de tout un peuple, partagé les derniers instants de tous ceux qui allaient mourir, procédé, avec ses propres mains, et dans d’indicibles conditions au transfert et à l’incinération de leurs cadavres.

Son histoire, véritablement dantesque, dépouillée de tout artifice littéraire ou artistique, ne s’embarrasse d’aucune considération d’ordre psychologique. C’est uniquement le constat détaillé et souvent insoutenable d’un hallucinant cauchemar, un document historique exceptionnel à l’état brut, au ton volontairement neutre, car il est des expériences qui coupent à jamais toute envie de philosopher.

Filip Müller : préface de Claude Lanzmann

un extrait ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7246610/les-nouvelles-fabriques-de-morts

Un autre extrait de ce livre ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7269867/les-amer...

 

Les Américains arrivent au camp d’Auschwitz

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Extrait du livre

La conviction de l’imminence de notre libération mobilisait mes dernières forces et stimulait ma volonté de vivre, mais en dépit de tous mes efforts, je ne pouvais empêcher la dégradation graduelle de mon physique et de mon moral. Le temps me semblait figé. Je demeurais toujours sur la charpente de mon toit et observais sans intérêt le grouillement des poux sur ma couverture. Je ne portais  guère plus d’attention aux lamentations et aux plaintes qui s’élevaient au-dessus de mon gîte. Je vivais dans un état de somnolence.

Réveillé en sursaut par le fracas des combats, j’entendis enfin le bruit tout proche des mitrailleuses et les détonations des grenades. Aussitôt après, quelques personnes se précipitèrent dans la baraque, les bras levés, criant avec exaltation : « Nous sommes libres, camarades ! Nous sommes libres ! ».

Cet instant, sur lequel s’étaient fixés toutes mes pensées et tous mes espoirs depuis trois interminables années, me semblait désormais vide de signification. Je ne ressentais aucune joie, aucune émotion. Je me laissais tomber au sol de »puis ma poutre et me glissais à quatre pattes jusqu'à la porte. Lorsque je fus dehors, le me traînais un peu plus loin et m’allongeais simplement sur la terre, où je m’endormis d’un profond sommeil.

Je fus réveillé par un bruit régulier de moteurs. Je me levai avec difficulté et me rendis lentement jusqu’à la route voisine où, à quelques mètres de distance, défilait avec un fracas assourdissant une longue colonne de blindés Soviétiques. Je suivis des yeux les colonnes d’acier et compris alors que tout était fini.

Je n’étais plus qu’une épave vivante, l’ombre de moi-même. Je n’étais même plus capable de ressentir une émotion. Pas une larme de joie sur mon visage, aucune explosion d’enthousiasme dans mon cœur. Fermé à tout sentiment, Je regardais au loin, dans le vide, incapable de réaliser que j’avais définitivement échappé au commando spécial d’Auschwitz.

(témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.) Filip Müller préface de Claude Lanzmann.

 

Les nouvelles fabriques de morts

attende pour leur exterminations

Extrait du livre

Les déportés avaient compris que l’ordre  de déshabillage signifiait leur condamnation. Ils semblaient résignés. Ils commencèrent à retirer lentement leurs vêtements, puis ils déshabillèrent leurs enfants. A chaque pièce de leurs vêtements qui tombait par terre, on avait l’impression qu’ils se dépouillaient d’une partie de leur tristes existences, car la plupart n’avaient connu que la misère et les privations. Certains retenaient leurs larmes pour ne pas augmenter l’angoisse de leurs enfants ou provoquer leurs questions. Ceux-ci regardaient tristement autour d’eux, cherchant à comprendre. Bientôt tout le monde fut dévêtu. Les hommes et les femmes s’embrassaient en caressant leurs enfants et en essayant de se donner mutuellement du courage. Abandonnés par un monde qui ne voulait plus les connaître et qui les rejetait, ils passaient les dernières minutes qui leur restaient à vivre à faire un retour sur leur passé, si désolé fût-il. Soudain, une voix s’éleva dans la foule. Un petit vieillard émacié avait commencé la prière du Viddoui. Il se penchait en avant, puis il se redressait en levant la tête et les bras vers le ciel martelait chacune de ses supplications passionnées au tout-puissant en se frappant la poitrine de son poing. Les paroles hébraïques résonnaient dans la cour : « aschamu »      ( nous avons pêché), « bagdanu » ( nous avons été infidèles), « gazalnu » ( nous avons fait du tort à notre prochain), «di bardi difi» ( nous avons calomnié), « hevejnu » ( nous avons menti), « vehischarnu », (nous avons enfreint la loi), « sadnu » ( nous avons fait le mal sciem), « chamasnu »  ( nous avons opprimé notre prochain). «  Mon D.ieu avant de naître, je ne représentais rien, et maintenant que je suis créé, je suis comme si je n’existais pas. Je suis poussière dans ma vie comme je serais poussière dans la mort. Je te glorifie, Seigneur, pour l’éternité, D.ieu éternel. Amen ! Amen ! »

Les deux milles prisonniers répétaient chacune de ces paroles, bien que certains n’en  comprissent pas le sens. Après cette émouvante prière, presque tous avaient les larmes aux yeux, des scènes déchirantes se déroulèrent devant nous. Mais les larmes n’étaient plus seulement celles du désespoir. Pénétrés presque tous d’un profond sentiment religieux, ils se remettaient dans la main de D.ieu.

Le recueillement des prisonniers avaient atteint son point extrême. La foule récitait maintenant à haute voix la prière des morts, le Kaddisch. Comme après leur fin, il n’y aurait plus personne pour la dire à leur intention, les victimes prononçaient elles-mêmes les paroles sacrées au seuil de leurs derniers instants.

Ils pénétrèrent ensuite dans la chambre à gaz. En quelques minutes les cristaux bleu-violet de cyclon B, achevèrent de produire leurs irrémédiables effets. Puis les derniers râles des agonisants s’estompèrent. Dehors, l’existence quotidienne reprenait son cours habituel.