04/05/2011

Shoah : une minute pour 6 millions de morts.

Shoah : une minute pour 6 millions de morts

2 Mai 2011 - Juif.org

Israël vient à nouveau de se figer pendant une minute, au son des sirènes d’alertes, pour se souvenir des 6 000 000 des juifs, enfants, femmes, hommes et vieillards, massacrés par l’Allemagne nazie il y a 70 ans.
 
Une minute que nous partageons avec vous via cette vidéo, pour ne jamais oublier

00:15 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : israel, shoah, allemagne |  Facebook |

28/04/2011

Le Rabbi de Loubavitch et l’officier allemand

Le Rabbi de Loubavitch et l’officier allemand

 

C’est l’histoire plus que surprenante du sauvetage de l’avant-dernier Rabbi de la dynastie de Loubavitch, le Rabbin Yossef Itzhaq, qui sera diffusée lors d’un documentaire télévisé sur la première chaine israélienne de télévision pour la Journée de la Shoah.

Le Rabbin Yossef Itzhaq Schneerson a été le sixième Rabbi de Loubavitch. Nommé lors de l’une des plus difficiles périodes de l’histoire de ce mouvement hassidique, la Révolution bolchévique, le Rabbi Yossef Ytzhaq dû quitter l’Union soviétique en 1927 pour installer les quartiers généraux de son mouvement à Varsovie avec la majeure partie de ses hassidim. Fin 1939, le Blitzkrieg sur la Pologne prend l’Europe de vitesse et l’Armée allemande sème la terreur à Varsovie. La capitale polonaise, véritable métropole et centre du judaïsme européen est pilonnée sans répit.

Aux Etats-Unis, le Département d’Etat ferme hermétiquement les portes à l’immigration juive et n’octroie des visas d’entrée que très parcimonieusement. La plupart des Juifs ne trouvant vers où émigrer seront pris au piège dans les griffes de la bête nazie. C’est ce qui risque de se passer également pour le Rabbi de Loubavitch. Aux Etats-Unis, quelques lobbyistes de ce Mouvement hassidique s’activent pour tenter de sauver leur Rabbi par tous les canaux d’influence possibles. Le Comité de Sauvetage juif des aux Etats-Unis a des membres dans toutes les tendances du judaïsme américain (orthodoxes, libéraux, conservateurs, réformés). Ils ne parviennent que très ponctuellement à infléchir l’intransigeance de l’Administration américaine à leur permettre d’accueillir des frères juifs d’Europe aux Etats-Unis. Le Comité se met à alors exercer son réseau d’influences pour sauver le Rabbi de Loubavitch piégé à Varsovie. Des personnalités juives comme le Juge Louis Brandeis de la Cour suprême des Etats-Unis, le grand décisionnaire de la Halakha et fondateur de la yéshiva de Lakewood, le Grand-Rabbin Aharon Kotler, le rabbin réformé Stephen Wise, interviennent  auprès du Département d’Etat qui à son tour tâtonnera le terrain auprès des diplomates du Troisième Reich en poste à Washington.

Le ministère nazi des Affaires étrangères accueille plutôt favorablement la requête américaine d’extraire le Rabbi de Loubavitch de Varsovie bombardée pour l’Amérique. En effet, les Etats-Unis n’étant pas encore entrés en guerre contre l’Allemagne, les diplomates allemands espèrent amadouer les velléités américaines interventionnistes par des gestes de bonne volonté et ainsi s’assurer la neutralité du Gouvernement des Etats-Unis. Or, extraire un rabbin de Varsovie occupée par la Wehrmacht et par les SS n’est point chose facile, même pour les services allemands des Affaires étrangères. Pour cette mission, le ministère allemand des Affaires étrangères s’adresse à l’Abwher, les Services de Renseignement de la Wehrmacht, un corps d’armée plus à même de comprendre les besoins des relations extérieures de l’Allemagne nazie, même au prix d’une entorse à l’idéologie fanatique hitlérienne, realpolitik oblige.

Un militaire de carrière, héros hautement décoré, le Major Ernest Bloch est né de père juif, Il a été défiguré par ses blessures au visage lors de la Grande guerre. C’est pourquoi la commission d’aryanisation le déclarera « bon Aryen » en dépit du sang juif de son père qui coule dans ses veines. Le Major Bloch se verra confié personnellement par le Chef de l’Abwehr, l’Amiral Wilhelm Canaris, le commandement de la mission de sauvetage du Rabbi de Loubavitch.

Trouver et extraire le Rabbin Yossef Ytzhaq Schneerson pour sauver sa vie n’est point facile en cette fin de l’année 1939. Le Rabbi de Loubavitch est caché par ses fidèles pendant cette période terrible, et avec lui, dix-huit de ses proches parents.

Avec ses hommes, le Major Bloch finalement réussit à arriver jusqu’au Rabbin Schneerson. Mais la partie la plus délicate de sa mission reste encore à accomplir : lui faire passer les lignes de l’Armée allemande et surtout au travers des filets des SS d’Himmler sur lesquels l’Abwehr n’avait aucun ascendant.

 Ainsi, les hassidim du Mouvement Loubavitch restés à Varsovie dont très peu réussirent à réchapper à la Shoah, le Rabbi de Loubavitch fut conduit au train avec les dix-membres de sa famille autorisés ainsi que les livres de la gigantesque bibliothèque de Loubavitch. L’opération logistique de faire traverser le Nord de l’Europe centrale à tout ce monde avec un tel chargement ne fut pas pour simplifier les choses.

Pour extraire ce groupe de hassidim de l’Europe en flammes, le Major Bloch le fit voyager en train en première classe jusqu’à……Berlin( ?!), aussi paradoxal que cela puisse paraitre. Peut-être qu’à Berlin, escortés par des officiers allemands, au cœur du monstre nazi, était-il plus facile de les préserver ? De Berlin, le sixième Rabbi de Loubavitch, fut conduit en train avec les dix-huit membres de sa famille à Riga en Lettonie d’où ils furent embarqués sur un navire pour les Etats-Unis. Le Rabbin de Loubavitch débarqua au Port de New-York au début de l’année 1940. Il envoya alors des lettres de remerciement et de bénédictions au Président Roosevelt et qualifia les Etats-Unis de malkhout hahessed, le « royaume de la générosité », pour l’avoir sauvé.

 Au même moment, les Etats-Unis d’Amérique, même plus tard, après s’être engagés dans la Guerre contre l’Allemagne nazie en fin 1941, ne révisèrent pas leur politique restrictive d’octroi de visas pour les réfugiés juifs. De sorte que des centaines de milliers de Juifs ayant postulés pour un visa dans les différents consulats américains en Europe furent pris au piège et exterminés. La Grande Bretagne de son côté aussi ne leur ouvrit pas les portes d’Eretz Israël, Livre Blanc et les bonnes relations avec le monde arabe déjà à cette époque obligeant le Gouvernement Churchill de Sa Majesté. Jusqu’à la fin de la Guerre, alors que la réalité des camps de concentration étaient connues par les Alliés, les forces américaines et britanniques se sont abstenues de bombarder les voies ferrées menant à Auschwitz.

Le Rabbin Yossef Itzhaq Schneerson élit domicile à Brooklyn. Là, dans le quartier de Crown Heights, il installa le QG du Mouvement Loubavitch qu’il présida jusqu’à son décès en 1950, deux ans après l’Indépendance de l’Etat d’Israël. En 1951, son gendre, le Rabbin Menahem Mandel Schneerson lui succéda et fut intronisé septième Rabbi de la dynastie Loubavitch jusqu’à son décès en 1994.

Le documentaire sur ce surprenant récit du sauvetage du Rabbi de Loubavitch sera diffusé sur la chaine publique israélienne de télévision, Aroutz 1, pour la Journée de la Shoah, lundi 2 mai à 21H30.

22:38 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, varsovie, pologne, juif, berlin |  Facebook |

07/03/2011

Objectif : Exterminatione

Objectif : Extermination

shoah,allemagne,extermination


Une nouvelle analyse historique de la Shoah : un livre événement

Auteur : G. Miedzianagora G G. Jofer

Hitler a-t-il donné l’ordre d’exterminer «la race Juive» d’Europe ?
Si non, qui alors ?
L’extermination a-t-elle été commandée, planifiée ?
Quand commença-t-elle ?
Cet ouvrage pose des questions essentielles. Et révèle que l’extermination était l’objectif d’un programme an-sémite de la fin du XIX siècle.

Encore un livre sur l’extermination des Juifs par l’Allemagne nazie...
Mais pas n’importe lequel.
Formidablement documentés les auteurs démontrent que la Shoah découle d’un système antisémite établi dès la fin du 19ème siècle et que c’est Hitler, adepte de cette doctrine, qui décida et planifia dès septembre 1939 l’extermination.
Un livre événement qui permet d’en savoir plus sur la réalité de la Shoah.


26/01/2011

Shoah:des milliers de documents et photos en ligne

Shoah:des milliers de documents et photos en ligne
http://www.juif.org/go-news-144787.php
TEL AVIV, Israël - La plus importante collection de documents concernant le génocide des juifs par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale devient consultable sur Internet.

Le mémorial israélien de la Shoah, Yad Vashem, a lancé cette initiative mercredi avec la mise en ligne de 130 000 photos consultables en passant par le moteur de recherche américain Google, partenaire du projet. La collection devrait s'étendre plus tard à d'autres parties des vastes archives du mémorial.

La formule permet un accès facile aux documents, par mots clefs notamment. Un forum associé permet aux internautes de contribuer au projet en ajoutant leurs propres histoires, commentaires et documents au sujet des membres de leur famille apparaissant dans ces archives en ligne.

Google a utilisé une technologie expérimentale de reconnaissance optique des caractères pour permettre la recherche active en plusieurs langues dans le texte des documents et photos.

Le président de Yad Vashem, Avner Shalev, estime que le bénéfice que pourront en tirer les jeunes recherchant des informations sur leurs aïeux surpasse le risque de publication de commentaires antisémites.

Cette semaine déjà, Yad Vashem a lancé une version de sa chaîne vidéo en ligne YouTube en farsi afin que les Iraniens, dont le pays est le plus grand ennemi déclaré d'Israël, puissent s'instruire sur la Shoah, dans laquelle périrent quelque six millions de juifs.

Le mémorial s'attache désormais à numériser sa collection de témoignages de rescapés du génocide.

Sur Internet: http://collections.yadvashem.org/photosarchive/

 

21:30 Écrit par dorcas dans Actualités, Annonces | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre, israël, shoah |  Facebook |

15/12/2010

Holocauste: plus de 1,5 M de Juifs tués en Russie, Biélorussie et Ukraine (expert)

 

Holocauste: plus de 1,5 M de Juifs tués en Russie, Biélorussie et Ukraine 
Shoah:  plus de 1,5 M de Juifs tués en Russie, Biélorussie et Ukraine
 MADRID, 15 décembre - RIA Novosti
Les nazis ont fusillé plus de 1,5 million de Juifs en Russie, en Biélorussie et en Ukraine pendant la Seconde guerre mondiale, a déclaré mercredi à Madrid le père Patrick Desbois, directeur de l'Association Yahad-In Unum qui étudie la Shoah en Europe de l'Est.

La Shoah a été un sujet tabou en URSS pendant des années, les autorités ont préféré appeler "citoyens soviétiques" les victimes du nazisme, sans préciser qu'il s'agissait avant tout de Juifs et de Tziganes, a indiqué le père Patrick Desbois qui participe au colloque international "La Shoah par balles" à Madrid du 15 au 17 décembre.

L'association Yahad-In Unum a étudié plus de 16 millions de pages de rapports sur les crimes nazis rédigés par la Commission soviétique spéciale en 1943-1944 et conservés par le Musée de la Shoah de Washington.

Petit-fils d'un déporté au camp de Rawa-Ruska, le père Patrick Desbois a fondé l'association Yahad-In Unum ("Ensemble" en hébreu et en latin) en 2004. Elle recherche les fosses communes des Juifs et Tziganes fusillés entre 1941 et 1944 par les soldats du IIIe Reich en Russie, en Biélorussie et en Ukraine. Ses experts interrogent les habitants locaux et ont déjà recueilli des témoignages de 1.600 personnes.

http://www.juif.org/go-news-142548.php

23:07 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, juifs, soldats, hébreu |  Facebook |

18/11/2010

L’Europe lance un moteur de recherche consacré à la Shoah.

L’Europe lance un moteur de recherche consacré à la Shoah.

 

mardi 16 novembre 2010, par Europe, par Shoah

Un nouveau moteur de recherche consacré à la Shoah, financé par l’Union européenne, a été lancé mardi à Bruxelles pour permettre de "préserver la mémoire" de cette tragédie alors que disparaissent les derniers survivants des camps d’extermination nazis. Baptisé Ehri (European Holocaust Research Infrastructure), le site qui sera pleinement opérationnel d’ici à septembre 2014, a l’ambition de regrouper les bases de données d’une vingtaine d’institutions, de musées ou de bibliothèques, dont le Mémorial de la Shoah en France et Yad Vashem en Israël, dispersés dans douze pays européens et Israël.

shoah_1-6f204.jpg

L’UE a débloqué sept millions d’euros pour financer ce projet. Les chercheurs, enseignants et étudiants auront accès en ligne à cette source unique de documents sur la shoah mais le site devrait également permettre aux familles de retrouver la trace de leurs parents assassinés dans les camps nazis ou au public de rechercher des informations sur cette période noire de l’histoire.

"Soixante-cinq ans après la libération d’Auschwitz, il y a encore malheureusement des gens qui, sous couvert de promotion de la recherche et du droit au débat, remettent en question l’ampleur de la Shoah sinon son existence", a déploré la commissaire européenne chargée de la Recherche, Maire Geoghegan-Quinn, au cours de la cérémonie de lancement du site au Musée royal d’Art et d’Histoire de Bruxelles.

"L’Ehri a la grande responsabilité de préserver la preuve de l’Holocauste pour les gens en Europe et dans le monde, pour nous tous aujourd’hui et pour les générations futures", a-t-elle ajouté. Haïm Gertner, directeur des archives de Yad Vashem, a souligné l’importance d’un site unique en expliquant le cas du camp de Theresienstadt, situé en République tchèque. Ses archives sont dispersées entre Yad Vashem, le Mémorial de Terezin et le musée juif de Prague. "Afin de raconter toute l’histoire, nous devons rassembler les documents éparpillés. Avec le nouveau site nous pourrons établir une connexion virtuelle entre ces documents", a-t-il dit. Yad Vashem, le Mémorial de Terezin et le musée juif de Prague font partie du projet Ehri.

shoah_2-1c286.jpg

Une rescapée de la Shoah montre le nom du Juste qui l’a sauvée, Yad Vashem, Jérusalem.

 "Les nazis ont essayé de détruire non seulement les Juifs, mais la mémoire des Juifs", a dit de son côté le ministre israélien de l’Education, Gideon Saar, qui a estimé que le nouveau site permettrait de redonner "un visage aux victimes".

NDLR : Le nom Yad Vashem vient du verset Ésaïe 56:5

yadvashem-72b7c.jpg 

Seul le peuple juif a été capable de redonner une identité à ceux que la barbarie nazie a voulu effacer, jusqu’à leur souvenir. C’était sans compter que cette volonté monstrueuse avait déjà été prise en compte et que les prophètes d’Israël avaient dévoilé la réplique Divine, aujourd’hui réalisée comme nombre d’autres prophéties.

23:09 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, israël, camps, auschwitz, juifs, peuple |  Facebook |

Un portail européen pour la Shoah.

Un portail européen pour la Shoah

Christian Laporte

Mis en ligne le 17/11/2010

pict_270684.jpg

Vingt partenaires de 13 pays européens vont faciliter les échanges autour de la Shoah.

En présence de la commissaire européenne pour la Recherche et l’Innovation, l’Irlandaise Maire Geoghegan-Quinn, du ministre israélien de l’Education, Gideon Saar et de Michel Praet, conseiller du président européen Herman Van Rompuy, une nouvelle plate-forme de collaboration scientifique historique autour de la Shoah via le web a été officiellement portée sur les fonts baptismaux mardi après-midi aux Musées royaux d’art et d’histoire au Cinquantenaire à Bruxelles. Un moment solennisé par un échange de vues qui s’inscrivait dans le programme de la présidence belge avec en sus le patronage d’Herman Van Rompuy.

En cette année du 65e anniversaire de la libération des camps dont celui d’Auschwitz où l’on a rappelé la nécessité de ne jamais déposer les armes de la recherche historique face aux agressions du négationnisme, vingt institutions qui travaillent sur la question dont le Musée juif de la résistance et de la déportation de Malines ainsi que le Centre Guerre et sociétés contemporaines ont décidé d’unir leurs forces et davantage encore leurs savoirs et savoirs faire sur la Shoah par l’intermédiaire de la toile. Il y a là donc des centres de recherche ou de documentation voire des musées d’Autriche, de Belgique, de Tchèquie, de France, d’Allemagne, de Grèce, de Hongrie, des Pays-Bas, de Pologne, de Finlande,du Royaume-Uni et d’Israël. Ensemble, sous la coordination de Conny Kristel du Nederlands Instituut voor Oorlogsdokumentatie - pour faire court: le Ceges d’outre-Moerdijk...- elles vont en fait réunir les données disponibles pour la recherche sur le génocide des Juifs, éparpillées en Europe et ailleurs.

Grâce à l’intégration de collections de données majeures, l’EHRI - European Holocaust Research Infrastructure - devrait faire progresser encore la connaissance sur cet événement majeur de l’histoire européenne et du monde.

Tout n’est donc pas encore dit sur la Shoah? Non puisque le projet entend stimuler et faciliter la recherche sur des aspects relativement moins connus de la Solution finale. En ayant à l’esprit que la digitalisation dans ce domaine est encore toute récente puisqu’elle a à peine 15 ans...

Même si le Mur de Berlin est tombé depuis 1989, il reste en effet à exploiter de nombreuses sources et documents en Europe centrale et de l’Est d’autant plus que la vision globale est encore très centrée sur l’Europe occidentale. En même temps, l’on est plus que jamais convaincu de la nécessité de mener un travail pédagogique soutenu. C’est pourquoi une attention toute particulière sera accordée à l’éducation avec une focalisation sur la proximité, grâce à la mise à disposition en ligne des archives à la fois pour le monde de l’éducation et pour le grand public.

A l’occasion du lancement de la nouvelle coordination, divers spécialistes de la Shoah ont confronté leurs points de vue sur les dernières avancées scientifiques en la matière. La commissaire européenne Maire Geoghegan-Quinn a souligné que c’était la première fois que l’Union européenne soutenait un tel projet alors que le ministre israélien Gideon Saar notait que si Yad Vashem remplissait plus que jamais son rôle dans la recherche sur la Shoah, il fallait aussi soutenir les projets de recherche européens et l’EHRI peut assumer - là pleinement - une fonction de coordination.

Très intéressante aussi fut l’intervention de Guido Peruzzo, le représentant permanent adjoint allemand qui a annoncé que son pays avait toujours une grande responsabilité morale dans ce domaine. Une série d’institutions allemandes vont donc apporter pleinement leur appui au travail de l’EHRI. Mais l’intervention la plus poignante fut sans conteste celle de Nathan Ramet, le président du Musée de Malines mais aussi survivant de la Shoah. "Si je suis encore là" a-t-il dit en débutant son intervention "c’est parce que j’ai eu beaucoup de chance". Ayant survécu à Auschwitz et à Dachau, le chevalier Ramet a tenu aussi à rendre un hommage particulier à Maxime Steinberg sans lequel l’étude de la Shoah n’aurait pas progressé comme elle l’a fait en Belgique...

http://www.juif.org/go-news-140806.php

22:20 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dachau, shoah, auschwitz, survivants |  Facebook |

23/06/2010

Auschwitz: souvenirs des premières déportations

Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /2010 19:20

 

 

Il y a 70 ans, les déportations massives ont commencé et c’est pour marquer ce sinistre anniversaire que l’Union des familles rescapées d’Auschwitz a organisé ce lundi un voyage singulier, dans un train qui a parcouru les 140 kilomètres séparant la ville polonaise de Ternov du camp de la mort.

 Dans le premier transport de prisonniers, qui a eu lieu le 14 juin 1940, se trouvaient 728 personnes. Malheureusement, seules 300 d’entre elles ont survécu aux persécutions et aujourd’hui, la plupart sont décédées. Mais dans ce voyage du souvenir, ce lundi, se trouvaient parmi les passagers trois survivants qui ont fait ce sinistre voyage.

A leur arrivée, les voyageurs ont été rejoints par six autres rescapés et tous ensemble, ils ont participé à une commémoration dans le camp où plus d’1,1 millions de victimes ont été massacrées pendant la Shoah.

 

par Claire Dana-Picard

 

Israel7.com

20:57 Écrit par dorcas dans Camp Auschwitz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, deportations, camp, shoah |  Facebook |

01/04/2010

La femme de l'officier nazi

La femme de l’officier nazi

51FZQNA4MML._SL500_AA300_

Chronique vraie de la vie quotidienne dans l’Autriche nazie, récit intime du combat d’une femme contre la mort programmée, méditation bouleversante sur les tragiques déchirements de l’identité, Voici un chapitre, aussi inédit qu’indispensable, de l’histoire de la Shoah.

1938. vienne ouvre les bras à Hitler et sombre très vite dans la terreur antisémite. Arrestation par la Gestapo, confinement dans le ghetto, étoile jaune sur le manteau, envoi dans un camp de travail : la jeune Edith Hahn devra traverser seule toutes ces épreuves. Alors que sa mère est déportée et que son fiancé l’a abandonnée, elle choisit de fuir et  de gagner Munich sous une fausse identité. Là, elle rencontrera Werner Vetter, un nazi qui amoureux d’elle, l’épousera malgré l’aveu de sa condition juive.

Du filet tentaculaire des S.S. à la réalité vécue de la clandestinité, de la délation ordinaire à l’aide des anonymes, de son impossible union à la naissance de sa fille dans un hôpital du Reich en 1944, Edith Hahn raconte, sans concession mais avec une extrême sensibilité, l’enfer de la guerre, la banalité du mal et le terrible dilemme de la survie.

Un livre de femme. Un témoignage hors du commun. Un appel à la conscience.

Née à Vienne en 1914, divorcée de Werner Vetter en 1947, edith Hahn  Beer vit aujourd’hui en Israël. C’est à la demande de sa fille, Angela, qu’elle a écrit son autobiographie en compagnie de l’écrivain Susan Dworkin.

Auteur Edith Hahn Beer avec Susan Dworkin édition : JC Lattès.

 

12/03/2010

Israël: l'officier allemand du "Pianiste" honoré par Yad Vashem

Israël: l'officier allemand du "Pianiste" honoré par Yad Vashem

[ 16/02/09  - 14H18 - AFP  ]

© AFP/Archives - Marco Longari

L'officier de la Wehrmacht Wilm Hosenfeld, rendu célèbre par le film de Roman Polanski "Le pianiste" (2002), a été reconnu "Juste parmi les Nations" à titre posthume, selon un communiqué publié lundi par Yad Vashem, le Mémorial pour la Shoah de Jérusalem.

L'officier Wilm Hosenfeld, basé à Varsovie dès juillet 1940, s'est vu décerner le titre de "Juste parmi les Nations" pour avoir "sauvé des juifs de la Shoah" durant la Seconde guerre mondiale.

Hosenfeld a été rendu célèbre par le film de Roman Polanski, "Le pianiste", tiré de l'histoire vraie d'un musicien juif polonais, Wladyslaw Szpilman, qui a remporté nombre de prix au Festival de Cannes, aux Oscars et aux Césars.

Wladyslaw Szpilman a écrit au Mémorial de Yad Vashem pour raconter comment, en novembre 1944, l'officier allemand lui avait fourni une cachette, de la nourriture, des couvertures et un soutien moral. Un autre rescapé, Leon Wurm, a certifié qu'Hosenfeld, qui travaillait au Centre de Sports de l'armée, l'avait employé après son évasion d'un train qui le menait vers le camp d'extermination de Treblinka.

La Commission pour la désignation des "Justes parmi les Nations" avait déjà étudié le cas de l'officier allemand sans lui décerner le titre, aucune preuve ne permettant, selon elle, d'affirmer qu'il n'avait pas participé à des crimes de guerre durant la prise du ghetto de Varsovie.

Récemment, de nouveaux documents ayant appartenu à l'officier et étudiés par le Mémorial de la Shoah, tels des carnets intimes ou des lettres écrites à sa femme, ont montré sa profonde désapprobation de la politique menée par les nazis à l'égard des juifs.

"Dans ses écrits, Hosenfeld dévoile son dégoût grandissant pour l'oppression du peuple polonais, les persécutions du clergé polonais, les abus à l'égard des juifs, les débuts de la Solution finale et son horreur de l'extermination du peuple juif," souligne le communiqué.

Après la guerre, Wilm Hosenfeld a été arrêté, jugé et condamné à la prison à vie par les soviétiques. Il est mort en prison en 1952.

Son fils et ses deux filles vont recevoir la médaille et le certificat de "Juste parmi les Nations" au nom de leur père.

L'allée des justes des Nations à Jérusalem

L'allée des justes des nations à Jérusalem

 

justes_allee_yad

 L'allée menant au Sanctuaire du souvenir est bordée d'arbres plantés en l'honneur des non-juifs - les Justes des nations - des hommes et des femmes qui, au péril de leurs vies, ont tenté de sauver des juifs pendant la Shoah. Le titre de Juste des nations  a été décerné à plus de 16 000 personnes.

22:09 Écrit par dorcas dans Juste des Nations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, shoah |  Facebook |

Plus jamais ça

Plus jamais ça

foto_shoah129

En hébreu, Shoah signifie catastrophe et aussi destruction. Ce terme est de plus en plus employé, de préférence à "holocauste", pour désigner l'extermination systématique des Juifs perpétrée par le régime nazi durant la seconde guerre mondiale de 1941 à 1945.Près de 6 millions de Juifs (5 700 000 d'après l'estimation du tribunal de Nuremberg) – soit les deux tiers des Juifs d'Europe, hommes, femmes et enfants - furent assassinés durant cette période pour des raisons racistes. Selon Hitler et les dirigeants nazis, la race juive était une menace pour la pureté du sang allemand et donc pour la préservation de la race aryenne.L'extermination des Juifs fit l'objet d'un programme politique nommé "Endlösung" - la solution finale - appliqué systématiquement en Allemagne et dans tous les pays alliés ou occupés. Le peuple juif avait jusque là subi de nombreuses formes de persécutions (exclusion, ghettos, pogroms); le IIIe Reich mit en place une forme extrême: une entreprise d'annihilation qui avait pour but de faire disparaître à jamais tout un peuple de la surface de la Terre.La connaissance du génocide juif s'appuie sur des sources multiples: pièces officielles et documents d'époque; témoignages de survivants ; aveux circonstanciés d'exécutants devant les tribunaux; correspondance, discours, publications d'époque ou d'après-guerre. Les historiens travaillent depuis un demi siècle sur des centaines de milliers de pièces d'archives. L'organisation du crime, les méthodes employées, le nombre approximatif des victimes nous sont connus. Nous savons ce qui est arrivé mais nous continuons à ne pas comprendre comment cela a pu arriver. De par sa complexité et sa monstruosité, la Shoah demeure un défi à la conscience morale de l'humanité.

Source : http://www.aidh.org/Racisme/shoah/S_1.htm

10/03/2010

La Shoah oubliée en Europe de l’Est

La Shoah oubliée en Europe de l’Est
 
La mémoire de la Shoah est enseignée en Allemagne et en Europe occidentale. Tout le monde trouve normal que les programmes d’histoire consacrent des chapitres à l'explication de la Shoah aux nouvelles générations. En revanche, c’est dans certains pays d’Europe de l’est, où la plupart des massacres ont eu lieu en dehors des camps, que le passé est le plus occulté, non sans visée politique. Parmi ces pays, la Roumanie et la Moldavie. Pour lutter contre cette dangereuse tendance, une association moldave érige des monuments à la mémoire des Juifs roumains massacrés, et oubliés.

Une petite association à but non-lucratif du nom de 'Nemurire' en Moldavie fait renaître la mémoire de l’Holocauste dans ce petit coin d’Europe orientale où elle est menacée d’être oubliée.

'Nemurire' a été lancée par un historien local, Iurie Zargocha, et est à l’origine de l’installation d’un certain nombre de monuments dans toute la campagne du nord de la Moldavie. Ils commémorent les chemins où se tinrent des marches de la mort, ainsi que les charniers témoignant des massacres de Juifs en masse pendant la Seconde Guerre Mondiale.

La Roumanie, et la Moldavie, indépendante de la Roumanie depuis, ont tant souffert depuis 1945 (cf. les régimes communistes) que l’on discute rarement de l’Holocauste.
Toutefois il convient de rappeler que la Roumanie était alliée à l’Allemagne nazie pendant la guerre. Quand les Allemands sont passés par la Roumanie pour envahir la Russie en 1941, la Roumanie a profité de cette « aubaine » pour se débarrasser de ses Juifs.

Elle les a « transféré » de l’autre côté de la rivière Dniester, qui sépare aujourd’hui la partie roumaine et slave (la Transnistrie) de la Moldavie. Cette politique d’épuration ethnique est un des épisodes les moins commémorés et rappelés de la Shoah.

Il est vrai que les Roumains n’avaient pas eu à attendre Hitler avant de se débarrasser de la population juive. Avec le dictateur Ion Antonescu à la tête du pays, les soldats agissaient en toute impunité en son nom, massacrant et torturant des Juifs de leur propre initiative parfois.

Le dictateur s’était maintes fois prononcé en faveur d’une « expulsion des Juifs de Bessarabie et de Bucovine (ce qui correspond aujourd’hui à la Moldavie) de l’autre côté de la frontière. « Ces gens-là n’ont rien à faire ici et il m’importe peu que l’histoire nous juge comme des barbares » avait –il dit.

Le résultat de cette politique fut une longue série de marches de la mort derrière la ligne de front des armées allemandes et roumaines. Le nombre de morts et de déportés est quasiment impossible à établir. Néanmoins un rapport du gouvernement en 2004 estime ce nombre entre 280 000 et 380 000.

La Shoah était un sujet tabou dans la Roumanie d’après guerre. Les Juifs n’étaient pas considérés comme les principales victimes de la barbarie nazie.
Les communistes l’étaient, et dans les livres d’histoire soviétiques, c’étaient eux qui avaient aidé l’URSS à refouler les Allemands d’Europe centrale et orientale.

Toute une génération de Roumains a été élevée dans le déni, pensant que leurs parents étaient des héros pour avoir participer à la grande guerre de l’URSS contre Hitler.

« Ces petits pays ne se sentent pas responsables » explique Judit Miklos, une Roumaine vivant à Berlin, en parlant de l’Europe de l’Est. « Ils étaient du côté des victimes (de l’histoire, cf. les régimes dictatoriaux communistes d’après-guerre).
Les petits pays sont toujours très complexés, et ils utilisent ce complexe comme une excuse selon laquelle ils n’étaient que les pions des grandes puissances ».

Parlant plus précisément de la Moldavie, Amy Dunayevich, une volontaire américaine qui a aidé 'Nemurire' à ériger 5 monuments cette année, enfonce le clou : « Ce pays entier a un complexe victimaire. Ils étaient les victimes de l’Union Soviétique ».

En ce qui concerne la Roumanie, un rapport en 2004 sur ces crimes commis pendant la dernière guerre a marqué une étape décisive pour se détacher du déni permanent. Ce rapport a porté ses fruits, et le 9 octobre de la même année, le pays a instauré son tout premier jour de commémoration de la Shoah. 

Par Maximilian Archanbald : Guysen International News

21:47 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, guerre |  Facebook |

Archives inédites sur la Shoah

Archives inédites sur la Shoah

Cécilia Gabizon
 

Le père Desbois (à droite) et un témoin qui lui a permis de retrouver le lieu exact où près de 52 000 juifs furent exécutés par les nazis à  Bronnaïa Gora, en Biélorussie.

Le père Desbois (à droite) et un témoin qui lui a permis de  retrouver le lieu exact où près de 52 000 juifs furent exécutés par les  nazis à  Bronnaïa Gora, en Biélorussie.

Le père Desbois ouvre jeudi, avec la Sorbonne, un centre de documentation pour rendre publics les témoignages recueillis en Ukraine et en Biélorussie sur le massacre par armes à feu d'un 1,5 million de juifs à l'Est pendant la Seconde Guerre mondiale.

C'est un drôle de prêtre qui remue la terre d'Ukraine pour apaiser le ciel. Pour soigner un secret qui le hante depuis l'enfance. Son grand-père, soldat français déporté en Ukraine à Revarovska, lui avait confié : «Le camp, c'était dur, mais c'était bien pire pour eux.» Eux ? Des milliers de juifs tués devant ses yeux mais jamais nommés. À l'occasion d'une cérémonie en Ukraine, le prêtre s'est mis à les chercher frénétiquement. «Où sont les morts juifs ?» a-t-il demandé au maire, sans obtenir de réponse. Desbois s'est entêté. Jusqu'à ce qu'un élu le conduise dans la forêt devant une fosse, puis une deuxième. Puis une troisième… C'était en 2004. Depuis, le père Desbois parcourt l'Ukraine et la Biélorussie, village par village, pour retrouver et cartographier les fosses où furent exécutés près d'un million et demi de juifs entre 1941 et 1944. Aujourd'hui, il ouvre ses archives, «un corpus unique en son genre, les interviews de plus de 1 000 témoins, qui ont permis la localisation de centaines de fosses», selon l'historien Édouard Husson.

Le tout nouveau Centre de ressources pour la recherche sur la Shoah à l'Est se trouve à Paris, dans le même bâtiment que le Service des relations avec le judaïsme que dirige le père au sein de l'épiscopat. Des ordinateurs neufs attendent thésards et historiens, à condition qu'ils obtiennent l'accord de la Sorbonne, chargée de la gestion pédagogique des documents. Husson, qui s'appuie sur les découvertes du prêtre dans le master qu'il a créé à Paris-IV, prétend ainsi «tenir les négationnistes à distance». Et peut-être les détracteurs. Car l'œuvre du père Desbois, louée au mémorial de Yad Vashem en Israël, reconnue en Allemagne et aux États-Unis, fait débat en France. Quelques historiens lui reprochent d'avoir construit sa renommée sur des faits déjà connus des spécialistes. De minimiser les responsabilités des populations locales. Ou encore d'accomplir une mission plus religieuse que scientifique.

Un temps déstabilisé, le prêtre a décidé d'ouvrir ses archives, parfois parcellaires, sans prétendre au statut d'historien ni minimiser ses trouvailles : «Nous avons localisé près de 400 fosses qui ne portaient aucune trace de mémorialisation», affirme le religieux, qui s'était appuyé sur Mgr Lustiger pour monter l'association Yahad-in Unum (Ensemble).

Savoir recueillir l'horreur

La Commission extraordinaire d'État soviétique avait la première entrepris le décompte morbide dans les villages repris aux nazis. «Tout y est consigné : les tueries, la taille des fosses, des photos, le nombre de morts, parfois leur “nationalité”, juif», explique Patrice Bensimon, le secrétaire général de Yahad-in Unum. Mais «les documents soviétiques avaient mauvaise réputation», reconnaît-il, car ils avaient fait passer l'exécution à Katyn de milliers d'officiers polonais pour une tuerie nazie. En 1991, le Holocaust Memorial of Washington décide cependant de les acquérir dans la réprobation générale. Depuis, l'association du père Desbois, comme d'autres, s'en sert et constate que «90 %» des informations sont exactes. «Nous complétons la préparation avec les procès-verbaux soviétiques dressés contre des soldats nazis entre 1950 et 1960», ainsi que les livres de mémoire écrits par les survivants ou descendants d'un village.

Puis commence la quête, sur place, des témoins. À cet instant, Desbois accomplit son œuvre. Il com­mence devant l'église. Apprivoise les mendiantes âgées. Le col romain favorise les confessions. Certains se seraient tus autrement. Mais l'aveu relève aussi d'une maïeutique. Savoir recueillir l'horreur. Les détails. S'obstiner. Tout est filmé. De l'arrivée dans la rue principale de villages boueux, aux conversations. Les rares témoins survivants n'ont jamais bougé. Ils ont connu la soviétisation, la grande famine des années 1930, le nazisme. Puis les Soviétiques à nouveau. Et l'ouverture. Sans que leur sort évolue. «Beaucoup sont dans une misère noire», raconte le père Desbois. Un dénuement qui les a tenus «à l'écart de la propagande soviétique», les a laissés seuls avec leurs souvenirs, analyse Desbois qui court après ce «continent de mémoire», avant qu'il ne s'efface. «Nous arrivons parfois dans des villages où le dernier témoin de cette époque vient de mourir ou de perdre la tête.» Partout, Desbois traque le «crime. Je cherche à délimiter la scène. Qui était sur place : les assassins, les auxiliaires, mais aussi les voisins qui ne pouvaient faire autrement, les curieux, et ils étaient nombreux, ou encore ceux qui pensaient récupérer quelque chose. Enfin, on trouvait les réquisitionnés». Si Desbois laisse à d'autres le soin de les déclarer coupables ou de les exonérer, il assure : «sans eux, les Allemands n'auraient pas pu commettre ce crime de masse aussi rapidement». Car ces enrôlés ont creusé les fosses, participé à l'encerclement des familles envoyées à la mort, parfois directement à l'assassinat. Ils refermaient les fosses, convoyaient les vêtements que des femmes reprisaient, avant qu'ils ne soient vendus sur place. «Tristes le matin d'être réquisitionnés, contents le soir d'avoir des vêtements», énonce, comme un proverbe, l'un des témoins.

Légende colportée de fermes en villages

«Je rentre dans l'histoire par la porte des tiers, ceux que l'on déteste d'avance, car ils nous représentent, dans nos ambiguïtés», dit encore Desbois. Ce parti pris dérange. Depuis Paris, beaucoup de témoins semblent coupables. De n'avoir rien dit lorsque cette juive a interrogé : «Tu creuses une fosse, c'est pour nous ?» ; d'avoir enfilé les habits de ceux que l'on venait de tuer sous leurs yeux. Leurs récits éclairent cependant le crime de masse. Car si les nazis ont veillé à faire disparaître les preuves, en brûlant parfois les corps, leurs crimes étaient publics.

«Les exécutions n'avaient pas toujours lieu dans les forêts. Car les Allemands redoutaient les partisans. C'était plutôt à la sortie des villes», raconte Patrice Bensimon, étudiant en histoire polyglotte (ukrainien, russe, yiddish), devenu la cheville ouvrière des voyages. Parmi les témoins encore en vie, certains mentent. D'autres jouent l'amnésie. La plupart racontent froidement. Le ghetto, la longue file des juifs du village qui marchent vers la mort. Ils se déshabillent sans voir les fosses. Un fusil-mitrailleur interdit la fuite. Une fois dans la fosse, ils sont mitraillés ou tués d'une balle dans la nuque. Les suivants s'allongent sur les morts. «À ce moment-là, je ne demande pas au témoin pourquoi il n'a rien fait ou s'il est antisémite», reconnaît Desbois en haussant les épaules. Tout comme il ne cherche pas à contredire une légende colportée de fermes en villages : les juifs seraient morts en «confessant  : nous avons le sang du Christ sur les mains». «J'écoute. J'en suis souvent malade. Mais je veux savoir qui était là», répète Desbois qui s'avoue «en analyse. La confession ne suffit pas pour tant d'horreur».

Consignées par écrit, ces dépositions permettent à des familles de connaître le sort des aïeux. «Des rescapés et leurs descendants notamment américains nous écrivent pour retrouver la trace d'un proche. Lorsqu'il avait un métier connu, rabbin, fourreur, on obtient des informations. Autrement, c'est difficile, car les gens étaient appelés par des surnoms», raconte Desbois. Lors d'un voyage en Ukraine, Anne-Marie Revcolevschi, longtemps directrice de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, a retrouvé la trace d'un frère de son père. «Nous recevons également des lettres d'Allemands qui redoutent qu'un de leurs parents ait servi en Ukraine et nous demandent des informations», raconte le père Desbois. Le gouvernement allemand, conscient des enjeux de mémoire, a versé 500 000 euros de subventions à l'association en 2009. Le reste des fonds (300 000 euros) provient de l'Union européenne, de donateurs privés et de fondations du monde entier.

Si Desbois tente de retrouver des victimes, sa priorité reste la localisation exacte de fosses qui, lorsqu'elles sont connues, s'avèrent mal délimitées ou encore soumises aux maraudeurs qui croient pouvoir y trouver de l'or.

Certaines fosses portent ainsi une plaque commémorative en l'honneur des citoyens tombés là. Le mot «juif» y figure rarement. Comme à Bronnaïa Gora, en Biélorussie, où la plaque se trouvait loin du véritable lieu d'exécution. Le père Desbois a fini par retrouver, en juillet dernier, un témoin clé, né en 1931 et fils de l'aiguilleur local. Il faisait paître les vaches à côté des voies et se rappelle bien des «wagons où on mettait beaucoup de [ juifs], on les amenait à Bronnaïa Gora pour se faire fusiller». Ils devaient se déshabiller sous les ordres de collaborateurs qu'il appelle les «Vlassov», du nom d'un général stalinien retourné par les nazis. Ils sautaient du wagon puis suivaient un couloir formé de barbelés. «On leur ordonnait de se coucher dans les fosses et quand ils se calmaient, on leur tirait dessus en rafale.» On achevait les survivants par des tirs isolés. Près de 52 000 juifs amenés en train ont ainsi été exécutés.

En Biélorussie, Desbois et son équipe ont d'abord erré, toujours suivis par des agents du régime local, sans cesse contrôlés. «Il faut accepter ces règles si l'on veut pouvoir interroger ces témoins avant qu'ils ne meurent», lâche-t-il. Desbois n'est entré en Biélorussie que sur la pointe des pieds, sur le fil d'un accord diplomatique obtenu par Nicolas Sarkozy. Et c'est encore plus prudemment qu'il vient de poser ses valises en Russie, suscitant la méfiance des autorités locales. «À l'Est, l'assassinat des juifs reste tabou. Les Soviétiques ont nationalisé tous ces morts, les additionnant aux martyrs de la nation.»

21:25 Écrit par dorcas dans Découverte | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, shoah, nazis, guerre |  Facebook |

17/02/2010

Le choix héroïque d’un étudiant de yéshiva.

Le choix héroïque d’un étudiant de la yéshiva.

Krakow_Ghetto_2

 

Si quelqu'un, dans le ghetto de Cracovie, avait une chance de survivre à la Shoah, c'était Avraham Shapiro*. À 22 ans, il était un jeune homme intelligent et plein de ressources dont l'esprit avait été affiné durant des années par ses études à la yéchiva. Il avait compris que les Allemands cherchaient à supprimer tous les Juifs et il prit les précautions nécessaires pour se sauver lui-même ainsi que ses parents. Il obtint des faux papiers parfaitement imités les identifiant, tous les trois, comme des ressortissants étrangers. Il construisit un bunker qu'il aménagea et approvisionna en nourriture, dans un endroit éloigné, sous le ghetto. Il se procura également une carte des égouts et mit au point un itinéraire d'évasion qu'ils emprunteraient le jour où le ghetto serait liquidé. La finalité de son projet d'évasion était de rejoindre la Hongrie qui offrait une plus grande sécurité.

Un jour, une voisine âgée de 18 ans, 'Haya Rivka, frappa à la porte des Shapiro, tenant un bébé dans ses bras. L'enfant, qui avait 20 mois et qui ne pouvait ni se tenir debout, ni s'asseoir tout seul, était son neveu 'Haïm. Ses parents avaient été expédiés à Treblinka. 'Haya Rivka savait que les Shapiro avaient des papiers de citoyens étrangers et avait estimé que de tous les Juifs condamnés du ghetto, ils étaient ceux qui avaient les meilleures chances de s'échapper. Elle avait abordé la famille Shapiro à plusieurs reprises pour leur demander de prendre en charge le bébé et de le mettre en sécurité, mais ils avaient refusé. Un bébé serait une responsabilité pouvant mettre en danger leurs propres chances de survie.

Toutefois, ce jour du 11 mars 1943 était différent. 'Haya Rivka avait appris qu'elle allait être déportée dans un camp de travail et il lui était impossible de prendre l'enfant avec elle. Secouée de sanglots déchirants, elle supplia Avraham, qui était seul à la maison à ce moment-là, de prendre son neveu.

Ma compassion eut raison de mon intellect et je décidai d'accepter l'enfant.

Avraham - un jeune homme à l'esprit logique et rationnel, prévoyant et prudent - s'était préparé à affronter les Nazis, mais ce jour-là, c'est sur lui-même qu'il dut faire un effort. Comme il le déclara plus tard : " Ma compassion eut raison de mon intellect et je décidai d'accepter l'enfant. "

Lorsque ses parents furent de retour et virent qu'Avraham tenait le bébé dans ses bras, ils en furent atterrés. Comment avait-il pu engager leurs trois vies dans un acte de compassion si irresponsable ? Avraham répliqua que le bébé était dorénavant le sien et que soit il s'échapperait avec eux, soit ils resteraient tous dans ce ghetto condamné.

Avraham avait dès lors un besoin urgent de fabriquer un certificat de naissance prouvant que l'enfant était bien le sien. Il connaissait un rabbin qui était en possession d'un tampon officiel, mais où trouver un formulaire ? Avraham s'arrangea pour trouver une machine à écrire. Il n'avait jamais tapé à la machine de sa vie, mais ce jour-là, il resta éveillé toute la nuit et, au petit matin, il avait entre les mains un certificat de naissance crédible. Il se précipita chez le rabbin pour le faire tamponner. " Dès lors, écrivit Avraham par la suite, Avraham Shapiro avait un fils. "

" NOUS RESTONS TOUS ENSEMBLE ! "

Deux jours plus tard, les Allemands liquidèrent le ghetto de Cracovie. Ils rassemblèrent les Juifs sur une grande place et les répartirent en différents groupes de déportation : les jeunes pour le travail, les vieux dans des maisons de retraite et les enfants dans des instituts. Avraham savait que tout cela n'était qu'une imposture. " Je n'ai jamais cru les Allemands et je me suis toujours efforcé de faire le contraire de ce qu'ils disaient. " Lorsque quelqu'un tenta de lui retirer le bébé, Avraham refusa de se laisser faire en hurlant : " Nous restons tous ensemble ! "

Il leur était impossible à ce moment-là de gagner le bunker qu'Avraham avait préparé car il était situé de l'autre côté du ghetto, séparé par une haie de fils barbelés. Le jeune homme confia le bébé à sa mère et demanda à ses parents de ne pas bouger et de l'attendre. Il allait trouver une cachette temporaire et reviendrait les chercher.

Après avoir cherché désespérément, il découvrit un immeuble vide dont les escaliers de l'entrée menaient à une cave. En dépit du péril, il parvint à y amener ses parents et le bébé. Avraham se douta que les Allemands fouilleraient tous les immeubles et caves, mais la Providence Divine avait aménagé en leur faveur une protection inattendue. Une famille habitant l'immeuble avait eu des problèmes d'évacuation des eaux usées et, dans les circonstances difficiles du ghetto, n'était pas parvenue à trouver un plombier. Aussi, ils avaient déversé les eaux usées de leurs toilettes dans un large tonneau qu'ils avaient placé dans la cage d'escalier. Au prix d'un grand effort, Avraham réussit à le renverser, déversant ainsi les excréments sur toutes les marches menant à la cave. Il estima que les pointilleux Allemands se montreraient réticents à souiller leurs bottes pour rechercher des Juifs.

Ce soir-là, ils entendirent les Allemands pénétrer dans le bâtiment. Pour empêcher le bébé de pleurer et d'attirer l'attention de leurs ennemis, ils avaient projeté de lui donner à manger, cependant, ils n'avaient qu'une vieille 'halla et pas la moindre goutte d'eau pour la ramollir et la rendre plus facilement consommable. Avraham et ses parents mâchèrent donc rapidement le pain, avant de le recracher pour nourrir le bébé de ces morceaux ramollis. Ils entendirent les Allemands se plaindre de la puanteur, mais Avraham avait raison : ils ne daignèrent pas descendre à la cave.

Ce fut durant cette nuit-là, suite à la liquidation du ghetto, qu'Avraham avait projeté de s'enfuir en passant par les égouts de la " partie aryenne " de Cracovie. Toutefois, en observant l'enfant, il se trouva face à un dilemme. Il avait entendu parler de Juifs qui s'étaient enfuis par ce moyen-là, accompagnés de leurs enfants qui avaient suffoqué en chemin. Non, décida-t-il, il ne risquerait pas la vie du bébé en s'échappant par les égouts. Il devait mettre au point un autre plan.

Avraham savait qu'ils ne pourraient pas rester très longtemps dans cette cave. Il leur fallait se frayer un chemin jusqu'au bunker qu'il avait préparé, mais la haie de fils de fer barbelés leur barrait la route. Avraham, à l'aide d'un canif et faisant appel à une force surhumaine, parvint à découper un trou dans la clôture. Courant à pas furtifs à travers les rues, vides de passants, mais parsemées de cadavres de Juifs, les Shapiro atteignirent le bunker.

Avraham avait installé auparavant un éclairage dans le bunker en retirant des fils électriques du mur de leur appartement pour les raccorder ensemble afin de se créer un système d'alimentation électrique dans le bunker. Cependant, il n'y avait aucun moyen d'installer une conduite d'eau. Chaque jour, Avraham devait donc remonter les escaliers pour prendre de l'eau à partir d'un robinet. Un jour, il fut pris sur le fait. En dépit de ses protestations, clamant qu'ils étaient ressortissants étrangers ayant des papiers pour le prouver, ils furent tous trois, ainsi que le petit 'Haïm, envoyés à la prison de la Gestapo.

LE FEU DE L'AMOUR

Ils soudoyèrent leurs geôliers et achetèrent leur liberté contre un étui à cigarette en or de 250g. Fuyant immédiatement Cracovie pour un village des environs, ils y louèrent une chambre et s'y cachèrent. C'était l'automne 1943 et la Hongrie était pratiquement le dernier pays d'Europe dans lequel la " Solution Finale " n'avait pas encore été déployée. Ils trouvèrent un passeur qui leur ferait traverser clandestinement la frontière pour la Slovaquie et de là, les mènerait en Hongrie.

Tout au long de leur voyage, ils survécurent en mangeant des pommes de terre crues, qu'Avraham et ses parents mâchaient et régurgitaient pour en nourrir le bébé 'Haïm. Une nuit de Chabbat, le 28 Octobre, ils se retrouvèrent au fin fond d'une forêt du côté polonais de la frontière. Ils étaient épuisés, frigorifiés et effrayés à l'idée d'être pris. Le guide leur annonça brutalement qu'ils devraient passer la nuit là parce qu'ils ne pouvaient pas traverser la frontière ce jour-là. Puis, sans un mot, il disparut.

Les Shapiro se préparèrent à dormir. Avraham, qui avait porté 'Haïm tout le long du chemin, réalisa tout à coup que l'enfant était humide, silencieux et inerte. Il le débarrassa rapidement de toutes ses couches de vêtements et vit qu'il était tout bleu.

Tremblant de frayeur, Avraham alla vite chercher des branches et des morceaux de bois et alluma un feu pour réchauffer le bébé et le ramener à la vie.

Tremblant de frayeur, Avraham alla vite chercher des branches et des morceaux de bois et alluma un feu pour réchauffer le bébé et le ramener à la vie. Il s'agissait d'un acte d'une irrationalité extrême. Le feu était comme une enseigne lumineuse indiquant leur emplacement, mais la compassion d'Avraham avait à nouveau surmonté sa raison. Il tint le bébé aussi près que possible des flammes, le tournant d'un côté et de l'autre, tandis que Mme Shapiro se tenant de l'autre côté du feu, faisait sécher les habits de l'enfant.

' Haïm se ranima. Il reprit ses couleurs et commença à bouger. Avraham, qui avait déjà à maintes reprises risqué sa vie et qui ne manquerait pas de le faire à nouveau tout au long de la Shoah, se souviendra de ces instants de frayeur pour la vie du bébé comme du moment le plus tragique de la guerre.

Ils attendirent tout le Chabbat en se demandant si le guide allait revenir. Dans l'obscurité grandissante du samedi soir, le guide fit sa réapparition. Lorsqu'il aperçut les cendres du feu de la veille, il entra dans une colère noire du fait de leur imprudence.

Il était temps de passer la frontière. Pour éviter que le même problème se présente, Avraham prit un drap et attacha l'enfant à sa poitrine, face à lui. Cette position lui permettait d'avoir une vue permanente sur l'état de 'Haïm, mais entravait totalement son champ de vision du sol. Marchant sur des cailloux et un terrain cahoteux, invisibles à ses yeux, Avraham trébucha à un moment donné, ce qui arracha la semelle de sa chaussure. Il entoura son pied de morceaux de tissu et reprit sa marche. Plusieurs heures plus tard, ils traversèrent la frontière et pénétrèrent en Slovaquie.

" POUR LE BIEN DE L'ENFANT "

Les fugitifs arrivèrent finalement à Budapest où ils furent placés dans un centre de réfugiés. Un employé d'une organisation humanitaire, ayant entendu qu'ils avaient avec eux un bébé orphelin qu'ils avaient recueilli, leur suggéra de confier 'Haïm aux Schonbrun, un couple de Juifs aisés, religieux et sans enfant.

Cette fois-là, la raison et la compassion d'Avraham convergeaient. Le petit 'Haïm, alors âgé de deux ans, souffrait de malnutrition, était maladif et ne pouvait toujours pas s'asseoir tout seul. Avraham savait que la santé de son bébé nécessitait un foyer normal et stable, au sein duquel il recevrait trois repas par jour et qui le protègerait des dangers qui menaçaient toujours la famille Shapiro. Malgré les protestations virulentes de sa mère, qui s'était attachée à l'enfant, Avraham emmena 'Haïm chez les Schonbrun. Il fut impressionné non pas par l'ameublement somptueux, mais par les immenses bibliothèques remplies de livres saints. Confiant en l'idée qu'il accomplissait ce qu'il y avait de mieux pour 'Haïm, Avraham remit son fils aux Schonbrun.

Lorsque Avraham rencontrait de temps à autre M. Schonbrun à la synagogue et qu'il lui demandait des nouvelles de 'Haïm, il ne recevait que de vagues réponses. Avraham en déduisit que les Schonbrun ne souhaitaient pas que 'Haïm apprenne quoi que ce soit sur son passé. " J'ai donc pris mes distances avec cette famille, écrivit Avraham, pour le bien de l'enfant. "

Avraham Shapiro (gauche) et 'Haïm Schonbrun (droite).

Le 19 mars 1944, les Allemands prirent le pouvoir en Hongrie. Une nuit de Chabbat, deux mois plus tard, Avraham et son père furent arrêtés à la synagogue. Ils furent transférés d'un endroit à l'autre jusqu'à être finalement embarqués dans un wagon à marchandises qui se dirigeait vers Auschwitz. À l'aide d'un couteau qu'il s'était procuré chez un ancien cordonnier, Avraham parvint à agrandir la minuscule fenêtre du wagon. Alors que le train roulait à travers la Slovaquie en direction des camps de la mort, Avraham et son père sautèrent par la fenêtre.

Ils passèrent le reste de la guerre en Slovaquie en se faisant passer pour des Non-juifs. Dès que les Russes libérèrent la Slovaquie, Avraham et son père retournèrent à Budapest, à l'endroit où ils avaient laissé Mme Shapiro près d'une année auparavant. Lorsqu'ils ouvrirent la porte, ils trouvèrent Mme Shapiro assise à table, en train de manger un morceau de matsa. C'était le premier jour de Pessa'h, la fête de la liberté.

LA BOÎTE

Ce n'est qu'après la guerre, à Budapest, qu'Avraham aperçut le petit 'Haïm. L'enfant marchait (oui, il marchait !) dans la rue accompagné de sa gouvernante. " Des larmes emplirent mes yeux, rapporta Avraham dans ses mémoires, mais je n'ai jamais abordé l'enfant. "

La Hongrie communiste n'était pas un endroit pour les Juifs religieux. Peu après la guerre, les Schonbrun partirent pour la Belgique, puis pour Montréal au Canada où 'Haïm grandit et se maria par la suite. En 1950, Avraham Shapiro se maria et s'installa en Israël.

Cependant le fil qui reliait leurs vies, noué par une compassion plus forte que la logique, plus forte même que l'amour de la vie, n'était pas encore coupé. Avraham avait en permanence 'Haïm à l'œil et la Providence Divine fit en sorte que la tante de l'épouse de 'Haïm, qui vivait à 'Haïfa, soit une amie intime de Mme Avraham Shapiro.

Deux ans après son mariage, l'oncle belge de 'Haïm lui dit : " Il y a un Juif en Israël qui t'a porté dans ses bras de Pologne jusqu'en Hongrie et qui t'a sauvé la vie. "

Deux ans après son mariage, l'oncle belge de 'Haïm lui dit : " Il y a un Juif en Israël qui t'a porté dans ses bras de Pologne jusqu'en Hongrie et qui t'a sauvé la vie. " 'Haïm, toutefois, ne connaissait pas l'identité de son bienfaiteur qui continuait à veiller sur lui de loin.

En 1980, à l'âge de 39 ans, 'Haïm emmena sa famille en Israël pour la Bar Mitsva de son fils. La tante de sa femme lui envoya un message disant que le Juif qui lui avait sauvé la vie s'appelait Avraham Shapiro, qu'il était âgé de 60 ans, vivait à présent à 'Haïfa et qu'il était prêt à rencontrer 'Haïm.

Une partie des petits-enfants de 'Haïm Schonbrun

Ce même jour, 'Haïm prit un taxi de Jérusalem à 'Haïfa. " Notre rencontre fut un grand moment d'émotion, se souvient 'Haïm. Nous avons tous deux versé des torrents de larmes et nous avons parlé pendant des heures. "

Ce fut le début d'une relation étroite entre leurs deux familles. Au cours des 27 années suivantes, Avraham assista aux mariages de tous les enfants de 'Haïm et celui-ci assista à tous ceux des petits-enfants d'Avraham. " Nous sommes très, très proches, témoigne 'Haïm. Je le considère comme un père et il me considère comme un fils. "

Mais pourquoi Avraham n'était-il pas entré en contact avec 'Haïm plus tôt ? Pourquoi lui a-t-il fallu 35 années pour renouer le lien ?
La réponse est peut-être contenue dans une boîte. Avant qu'ils ne se séparent, ce jour de 1980, Avraham dit à 'Haïm : " J'ai quelque chose à te donner. " Il lui tendit une boîte en affirmant : " J'ai attendu 35 ans avant de pouvoir te remettre ceci. "

' Haïm ouvrit la boîte et vit qu'elle était remplie de pièces d'or. Avraham lui expliqua qu'avant que la mère de 'Haïm soit déportée à Treblinka, elle avait confié cette boîte emplie d'or à sa jeune sœur 'Haya Rivka et l'avait chargée de l'utiliser pour sauver la vie de son unique enfant. Lorsqu' Avraham accepta de s'occuper du bébé, la jeune femme lui remit la boîte.

Au cours de leur fuite de Pologne, la famille Shapiro épuisa sa propre réserve d'or. Avraham fut forcé, malgré lui, de puiser dans celle du petit 'Haïm. Lorsqu'ils atteignirent Budapest, il ne lui restait plus rien, ce qui gêna profondément Avraham. " J'ai accompli la mitsva de sauver une vie, expliqua-t-il à 'Haïm, et je ne voulais pas vendre cette mitsva pour tout l'or du monde. "

Après la guerre, dès qu'il se mit à travailler, Avraham mit de côté une partie de son salaire chaque semaine pour acheter de l'or. Cela lui prit 35 ans, mais il parvint finalement à réunir la quantité exacte d'or qui était, à l'origine, contenue dans la boîte de la mère de 'Haïm. Il remit la boîte à 'Haïm, satisfait de n'avoir retiré aucun profit de l'immense mitsva de sauver une vie. 'Haïm refusa d'accepter l'or, Avraham en fit alors don à de nombreux organismes de charité en Israël au nom de 'Haïm Schonbrun.

Dans le ghetto de Cracovie, la compassion avait surmonté la raison d'Avraham Shapiro, mais rien ne surmonta jamais son intégrité.

Le nom de " Shapiro " est un pseudonyme, le protagoniste préférant rester dans l'anonymat.


source : http://www.lamed.fr/actualite/shoah/2009.asp

23:09 Écrit par dorcas dans Ghetto de Cracovie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yeshiva, ghetto, cracovie, shoah, juifs |  Facebook |

15/02/2010

Vel d'Hiv : discours

Vel d'Hiv : discours

vel_dhiv21

Hommage aux victimes de la rafle du « Vel d’Hiv » à Paris
Richard PRASQUIER Président du CRIF
 
lundi 20 juillet 2009
 
Le discours de Richard Prasquier, président du CRIF, prononcé le dimanche 19 juillet à la commémoration de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’état français et d’hommage aux « Justes de France »
 
C’est aujourd’hui la confrontation annuelle de la France avec la page la plus honteuse de son histoire nationale. Un pays se grandit quand il intègre une page de déshonneur dans son calendrier commémoratif. Il se détourne du confortable narcissisme, il se confronte à la mémoire de l’autre, il entre dans l’ascèse de l’histoire, il permet une admiration sans équivoque pour ceux qui ont agi dans le bien, les Justes, et il ouvre les possibilités d’un avenir meilleur.
 
La honte, nous devons tous l’assumer. Tous, à l’exception des victimes et des enfants de victimes, de ceux qui furent stigmatisés, pourchassés, déportés, assassinés parce qu’ils étaient Juifs, à l’exception aussi des héros, des sauveurs et des Justes. Mais pour tous les autres français, quel que soit leur âge et quelle que soit leur origine, la rafle du Vel d’Hiv et les persécutions contre les Juifs sous le régime de Vichy sont une page de la longue histoire de notre pays qu’il nous revient d’endosser.
 
De ce patrimoine commun, il émerge des symboles puissants que nous partageons. Même ceux qui comme moi, sont absolument certains que leurs ancêtres n’ont pas participé à la bataille de Bouvines ou à la prise de la Bastille doivent intégrer mentalement ces journées qui parmi d’autres "ont fait la France". Nous devons le faire parce que la citoyenneté française est -devrait être- une citoyenneté d’aspirations communes portées par les leçons d’une histoire partagée.
 
Ce qui laisse à d’autres champs d’appartenance la possibilité de se manifester, pour autant qu’ils n’entrent pas en collision avec les règles du contrat civil de notre pays. J’ai le sentiment très naturel d’appartenance au peuple Juif. C’est ce peuple, et pas une religion, qui a été diabolisé par les nazis et traqué par leurs complices de Vichy, c’est ce peuple dont Israel est le territoire historique, c’est ce peuple juif de France dont le CRIF a pour mission d’exprimer sur le plan politique les sentiments, les craintes et les indignations, dans le strict respect de la tradition républicaine nationale.
 
Les 16 et 17 juillet 1942, 13.150 juifs, dont 4.115 enfants ont été raflés par la police parisienne. Près d’ici, dans l’ancien Vel d’Hiv détruit en 1959, ont été gardés au cours de journées d’horreur les familles avec enfants, les autres étant envoyés au camp de Drancy. Pour la première fois des enfants avaient été raflés ; ils furent ultérieurement séparés de leurs mères : cet arrachement marqua la conscience populaire, et les entreprises de sauvetage des enfants dans lequel l’OSE a joué un rôle central seront le thème de cette commémoration.
 
Dans toute l’année 1942 depuis la première déportation du 27 mars à la dernière du 11 novembre, il y eut près de 42 000 juifs déportés de France, qui aboutirent à Auschwitz. 25 000 furent gazés à leur arrivée dans les deux baraques appelées maison rouge et maison blanche. 805 (2%) ont survécu. Aucun enfant parmi eux.
 
Ce que serait le sort des déportés, les hommes au pouvoir ne pouvaient l’ignorer que s’ils voulaient l’ignorer, ce qui fut fréquent. Car des informations circulaient : diffusées en Angleterre au printemps 42 elles avaient fait état de 700 000 juifs déjà assassinés en Pologne. Si on n’imaginait pas encore les gazages, on connaissait les fusillades en masse et l’épuisement et la mort dans le travail esclave. Mais on a fait silence.
 
Vichy livrait les Juifs comme du bétail aux autorités allemandes. L’indignation du pays fut grande au mois d’août 1942, puis elle s’estompa et le silence reprit : le ravitaillement, la relève bientôt le service du travail obligatoire, la résistance et la survie personnelle prenaient le pas sur la persécution des Juifs sauf auprès de ceux qu’on appela plus tard les Justes....
 
Même à Londres, il y eut beaucoup de silence. Voici un communiqué du 7 août 1942, après les premières rafles de la zone sud. "Le Comité National Français vient d’être saisi par les organisations de Résistance des mesures de déportation en masse prises par Laval contre les étrangers ou prétendus tels résidant en zone prétendument non occupée et de la profonde indignation que ces mesures suscitent dans la population entière.." Où est le mot Juif ?
 
Silence après guerre, alors que les chiffres de victimes juives du nazisme, six millions, étaient déjà connues et auraient dû susciter une horreur particulière, on enjoignait aux survivants de ne pas se mettre en avant.
 
C’étaient les temps où le philosophe chrétien Gabriel Marcel conseillait aux Juifs en 1946 de se montrer discrets sur leurs revendications.
 
Ces temps sont révolus. Il n’y a plus à faire silence.
 
Un jeune homme a été torturé puis assassiné il y a trois ans de façon horrible. Il était juif. Certains suggèrent que en dehors de l’auteur principal, et encore, l’antisémitisme n’a guère joué de rôle dans ce meurtre, que c’est un point secondaire. Nous pensons que s’il n’avait pas été juif, il n’aurait pas été enlevé et il n’aurait pas été assassiné. Est-ce un détail ?
 
Bousquet ne se considérait pas antisémite, Laval ne l’était peut-être pas non plus. Ce n’est pas une circonstance atténuante. Pendant la Shoah parmi les dizaines de milliers d’assassins, peu ont tué à cause de leur antisémitisme, mais leurs meurtres étaient antisémites. Ils agissaient par ambition,ils agissaient par lâcheté, ils agissaient par obéissance, ils agissaient par indifférence, ils agissaient par gloriole et par conformisme de groupe pour ne pas se faire considérer comme des faibles. Ils agissaient aussi parce que dans la vision du monde à laquelle ils avaient été amenés à adhérer, il y avait l’idée que les Juifs ne sont pas des êtres humains comme les autres, qu’on a le droit de tout leur faire et qu’on ne doit pas éprouver pour eux de la pitié.
 
Le préjugé antisémite arase le remords. Il autorise la férocité. Il n’est pas anodin. Il est de nouveau très présent dans nos cités. Et je pense que cette commémoration n’a pas de sens si nous n’y pensons pas aujourd’hui.
 
Un assassin, c’est aussi un homme qui aurait pu éviter d’entraîner un autre à la mort et qui ne l’a pas fait. Celui-là n’est plus un comparse passif, moins encore un spectateur impuissant.
 
Les Justes furent rares, très rares, et il y eut beaucoup de portes fermées qui provoquèrent la mort, à l’abri desquelles les indifférents sont devenus des criminels. La responsabilité est pour l’homme une charge et une grandeur.
 
Nous ne pouvons être complaisant avec elle. Nous devons expliquer, nous devons tenter de prévenir. Il faut savoir, il ne faut jamais esquiver. Il ne faut jamais justifier.

 
© Primo, 21-07-2009

12/02/2010

La-bas, le temps n'est pas le même que sur terre...

Là-bas, le temps n'est pas le même que sur terre...

foto_shoah129

Là-bas, le temps n'est pas le même qu'ici sur terre...

Les habitants de cette (autre) planète n'avaient guère de noms, ils n'avaient ni parents ni enfants...

Ils respiraient selon les lois d'une toute autre nature.

Ils ne vivaient - ni ne respiraient non plus selon les lois de ce monde.

Un numéro faisait office de nom.

source: du livre "Afin que sache la jeune génération...

Shoah et mémoire à Yad Vashem

00:31 Écrit par dorcas dans Poèmes-Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah |  Facebook |

05/02/2010

Afin que sache la jeune génération

Afin que sache la jeune génération

Afin que sache la jeune génération

 

Ceci est  un livre assez large avec beaucoup d'illustrations et d'explication, il a 325 pages
Je vous le conseille, il est très instructif sur la Shoah pour que personne n'oublie les atrocités que les juifs, les gitans et d'autres encore ont subit par la barbarie nazis sous le commandement d'Hitler.
------------------------------
Depuis plus de 50 ans, Yad Vashem est un lieu de préservation de la mémoire universelle, un pont entre le monde détruit et la vie renaissante. Le nouveau musée inauguré en Mars 2005 est un pas de plus dans l'édification de la mémoire, du rôle éducatif de Yad Vashem et de son vaste fonds de connaissance.

« Afin que sache la jeune génération » est édité grâce à la région Ile de France. Ce livre en français est avant tout un splendide et émouvant album de photos, de documents, de reproductions d'œuvres d'art et de dessins. Un ouvrage de très haute qualité que même, et surtout, les jeunes peuvent feuilleter pour commencer à aborder cette partie de l'histoire ô combien douloureuse. Cet album est un véritable vecteur pédagogique et en même temps un livre témoin pour ne pas oublier.

Préfacé par le directeur de Yad Vashem, Avner Shalev, le livre invite le lecteur à dérouler les événements historiques de la Shoah : la création de Yad Vashem, le nouveau musée, le monde juif avant la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne nazie et les Juifs de 1933 à 1939, le déclenchement de la guerre et des violences anti-juives, les ghettos, la Solution finale, la déportation et l'extermination dans les camps de la mort, la Résistance et le sauvetage, le monde des camps, la libération des camps, les personnes déplacées et la création de l'Etat d'Israël, les Justes, le souvenir de la Shoah à Yad Vashem.

Pour acquérir cet ouvrage :

Comité français pour Yad Vashem : 01 47 20 99 57

---------------------------------------------

Extrait du livre

Témoignage de l'unique survivant de Belzec

0502090203

"Des Juifs et uniquement des Juifs arrivaient à Belzec...ils devaient se déshabiller, laisser leurs affaires dans la cour...Un instant plus tard les petits étaient arrachés à leurs mères, les vieux et les malades étaient jetés sur des brancards, les hommes et les petites filles poussés avec des crosses de fusils, encore et encore vers le chemin bordé de murs qui menait directement vers les chambres...Je pourrais dire précisément à quel moment chacun comprenait ce qui l'attendait...Nous trainions les corps de ces gens qui étaient encore en vie un instant auparavant hors des chambres à gaz; Nous utilisions des lanières de cuir pour les tirer jusqu'au immenses fosses communes qui les attendaient, et l'orchestre jouait tout le temps.Il jouait du matin au soir..."

moignage de Rudolphe Reder, unique survivant de Belzec

-------------------------

La famille Ovitz

 nains

Shimshon Eizik Ovitz et sa femme ainsi que leurs dix enfants furent déportés de Marmarossziget          (Transylvanie) vers  Auschwitz.

Parmi leurs dix enfants, sept étaient nains. Avant la guerre, la famille Ovitz, amateurs de musique, avait monté un groupe dénommé « Lilliput » qui se produisait en Europe de l’Est.

En 1944, ils furent déportés à Auschwitz et devinrent les objets d’expériences médicales du Dr Josef Mengele. Après leur libération, ils retournèrent dans leur ville natale afin d’y monter à nouveau un groupe musicale.

Ils retrouvèrent les instruments miniatures qu’ils avaient cachés avant leur déportation et fondèrent une nouvelle troupe.



Ce qu’il reste de nous

Ce qu’il reste de nous

Ce qu'il reste de nous 2

écrit par Murielle Allouche et Jean-Yves Masson.

Il est des héritages qui n’épargnent pas, des pans de l’histoire que l’on ne peut oublier. Pour la première fois, trois générations sons rassemblées dans un même ouvrage et nous font par de leur expérience de la Shoah. Les uns ont échappé par miracle à une mort programmée par le régime nazi, les autres ont grandi et construit leur identité avec le lourd passé de leurs parents : jamais des déportés n’avaient témoigné aux côtés de leurs enfants et de leurs petits enfants. Personnages médiatisés ou témoins inconnus, tous se sont confiés à Murielle Allouche et Jean-Yves Masson qui nous transmettent ici leurs lettres inédites, accompagnées de dessins d’un implacable réalisme. Des récits poignants, des dessins extraordinaires, un bouleversant travail de mémoire.

--------------------------------

Les nazis considéraient les juifs comme des sous-hommes, des bêtes malfaisantes et les massacraient de sang-froid, indifférents. Leurs crimes devenaient ainsi légitimes à leurs yeux. Cela semble invraisemblable et, pourtant, ces nazis qui étaient de vulgaires assassins arrivaient à se comporter en bon pères de famille en rentrant chez eux.

Lorsque je vais dans les écoles pour témoigner devant des jeunes entre 11 et 17 ans, ils me demandent souvent si je ressens de la haine aujourd’hui. Je donne généralement en réponse ce que j’ai écrit dans mon livre, «  le Soleil voilé :

«  La haine résulte plus d’un trait de caractère que d’expérience, aussi dramatique soit-elle. Les gens haineux sont malheureux et le resteront même lorsque leur haine sera temporairement assouvie. Je les plains. La religion juive, tout comme la religion chrétienne, recommandent d’aimer son prochain. En guise d’interprétation, aimer l’autre, c’est déjà s’aimer soi-même et par conséquent, la haine ne peut fondamentalement naître que de la haine de soi. Si aujourd’hui j’éprouvais encore de la haine, j’aurais le sentiment de ressembler à mes bourreaux. » Rien ne peut se construire sur la haine !      

Par Paul Schaffer

Extrait du livre :  page 84 et 85

----------------------------------------------

Extrait du livre :

Résister encore face à l’insoutenable.

Un matin alors qu’il partait pour les travaux forcés, un des amis d’infortune, brûlant de fièvre, était incapable de se tenir debout. Albert le supplia de se lever. Il le fallait, à tout prix. Sinon, c’était la mort. A son retour des travaux forcés, son ami avait disparu. Albert le chercha partout et retrouva le corps de ce malheureux dans un bassin de chaux vive ! « Il bougeait encore, il bougeait encore… », disait mon oncle : Les détenus servait de cobayes, et mon oncle n’a pas échappé à la règle : piqûres pour de prétendus examens médicaux, dents arrachées à vif pour fabriquer des prothèses dentaires pour les soldats allemands…

-----------------------------------------

Encore un extrait du livre

un rapport à la déportation spécifiquement féminin

foto_shoah129

Charlotte raconte un rapport à la déportation spécifiquement féminin, un rapport à la propreté et à l’hygiène que j’ai bien connu. Nous n’avions plus nos règles au camp mais n’empêche que nous avions besoin d’une toilette intime et l’on ne pouvait pas se laver. Les premiers temps, quand je suis arrivée à Birkenau, on se débarbouillait avec de la neige. Mais ensuite, la neige a fondu. Alors on a trouvé un autre moyen. Sortir du bloc pendant le couvre-feu était strictement interdit et très dangereux. Et pourtant, avec trois camarades, nous nous faufilions la nuit pour aller rejoindre les lavabos. Nous nous y rendions une ou deux fois par semaine. Car malgré la désinfection, on était infectées de poux et l’on avait remarqué que, par peur de la gale, les médecins sélectionnaient non seulement les plus faibles mais aussi les filles qui avaient des boutons. Il était donc vital que nous n’en attrapions pas. On se lavait juste avec de l’eau, comme ça. On essayait de se procurer de la poudre à récurer les machines et un petit bout de chiffon que l’on se passait sur le corps en guise de savon, pour décrasser. On avait très vite conclu que se laver, c’était la survie. Et on a eu une chance inouïe : jamais nous n’avons été interpellées. Et jamais nous n’avons attrapé de boutons !

 

La marche de la mort

marche de la mort

Nous sommes donc partis, dans l’après midi du 18 janvier 1945… Nous étions plus de dix milles à marcher dans la neige. On marchait… On marchait sans cesse, sur vingt centimètres de neige, par -25° c, à peine habillés, presque squelettiques, sans même nous arrêter pour dormir ou rarement, tandis que les SS nous surveillaient. Nous pesions entre trente-cinq et quarante-cinq kilos. Ceux qui ne pouvaient plus avancer ou qui essayaient de se cacher, les SS les achevaient d’une balle dans la nuque sur le bord de la route, dans la neige, cet épisode, c’est la « marche de la mort ».

Extrait du livre, page 103




23:10 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, memoire |  Facebook |

04/02/2010

La vie après la Shoah

La vie après la Shoah

Extrait du film « La vie après la Shoah» de Francis Gillery

Année : 2009
Durée : 90 minutes
Production : Antoine Casubolo Ferro / Ugoprod

La libération des camps ne doit pas être confondue avec la fin du cauchemar des déportés. En France, pourtant terre d’accueil des juifs, un fond d’antisémitisme persistant contraint les rescapés à s’enfermer un peu plus dans leur mutisme. Aujourd’hui encore, toujours hantés par ce qu’ils ont vécu et enduré dans ces camps de la mort, ils n’ont pas d’autre choix que celui de transmettre ce lourd héritage à leurs enfants. Ce film s’inscrit donc dans l’histoire de l’après Shoah et pose la question du retour des survivants juifs à une vie ordinaire.

Comment continuer à exister ? Comment retrouver l’envie de vivre au milieu de ce monde en ruines de l’après-guerre ?

Qui pouvait entendre l’indicible, comprendre l’inimaginable ? Les rescapés des camps de la mort se sont alors réfugiés dans le silence.

Il aura fallu des décennies pour qu’ils acceptent de parler de cette période. Ce film, recueil de témoignages de survivants et d’interviews d’historiens, propose un regard inattendu sur cet épisode encore trop méconnu de l’Histoire.

commentaire: source Juifs org

22:00 Écrit par dorcas dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah |  Facebook |

De terre et de larmes

De de terre et de larmes.

img123

1940-1945.

L'histoire tragique vécue par une famille juive déchirée entre la Belgique, la france et l'Italie, à l'époque où le Nazisme et la gestapo sévissaient et où, au risque de leurs propres enfants, de braves gens cachaient, malgré tous les dangers, de jeunes enfants juifs.

( Il n'est pas d'aujourd'hui mais si vous pouvez vous le procurer, acheté le car il en vaut la peine. Je l'ai trouvé en deuxième main )

On peut faire plusieurs lectures de ce livre.
Les uns suivront, fascinés, l'histoire palpitante d'une famille.
d'autres retiendront surtout l'histoire de cette terrible seconde guerre mondial en occident.
d'autres encore s'intéresseront particulièrement aux aspects culturel et psychologique de l'antisémitisme et sa conséquence, la shoah, auquel les populations des divers pays réagissent différemment.
Avec l'auteur, nous pénétrons dans des réseaux de résistances et déterrons des révélations surprenantes.
et puis, il y a l'incroyable vision du tout petit enfant qui n'a rien oublié.
En fait, tous ces aspects de l'oeuvre s'intègrent parfaitement et nous donnent des images saisissantes d'une période les plus sombres de l'humanité.

Message de ferveur et d'espérance, cette histoire de gens simples est un cri d'alarme contre l'indifférence et l'égoïsme des nations qui affichent de grands sentiments mais s'en tiennent toujours à leurs petits principes.

De A.S.Scheinowitz,
Editions Foxmaster

21:02 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gestapo, shoah |  Facebook |

01/02/2010

Comment, je me suis libéré de l'enfer d'Auschwitz.

Comment je me suis libéré de l'enfer d'Auschwitz, par Samuel Pisar

LEMONDE.FR | 29.01.10 | 21h22  •  Mis à jour le 29.01.10 | 22h08

 

Il y a soixante-cinq ans, jour pour jour, les soldats russes du maréchal Joukov libéraient Auschwitz, pendant que les armées alliées, sous le commandement du général Eisenhower, s'approchaient de Dachau. Pour un rescapé de ces deux enfers, d'être encore vivant et bien portant, avec une nouvelle et heureuse famille qui ressuscite pour moi celle que j'ai perdue, est franchement un peu surréaliste. Quand je suis entré, en 1943, à 13 ans, dans le sinistre abattoir d'Eichmann et de Mengele, je mesurais mon espérance de vie en termes de jours, de semaines tout au plus.

 

En plein hiver 1944, la tuerie à Auschwitz atteignait son paroxysme, engouffrant Juifs, bien sûr, mais aussi Tziganes, dissidents politiques, prisonniers de guerre, résistants ou homosexuels. Ailleurs, tout le monde sentait déjà que la seconde guerre mondiale touchait à sa fin. Mais nous, dans les camps, nous ne savions rien.

Nous nous demandions : qu'est-ce qui se passe dans le monde extérieur ? Où est Dieu ? Où est le pape ? Est-ce que quelqu'un là-bas sait ce qui nous arrive ici ? S'en préoccupent-ils ?

Pour nous, coupés du monde, la Russie était quasi défaite. L'Angleterre se battait, le dos au mur. Et l'Amérique ? Elle était si loin, si divisée. Comment pouvait-elle sauver notre civilisation face aux forces invincibles du mal absolu, avant qu'il ne soit trop tard?

La nouvelle du débarquement allié en Normandie mit longtemps à pénétrer jusqu'à nous, à Birkenau. Les rumeurs que l'Armée rouge avançait sur le front de l'Est semblaient aussi trop belles pour être vraies. Mais, alors que le sol se dérobait sous leurs pieds, la nervosité de nos geôliers devenait de plus en plus palpable. Les chambres à gaz vomissaient à présent feu et fumée, plus que jamais.

Un matin gris et glacial, nos gardes nous ordonnent de nous aligner, leurs chiens sauvages à l'appui, et nous chassent à travers le maudit portail du camp, avec son slogan tristement célèbre : "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre"). Ceux parmi nous qui étaient encore aptes aux travaux forcés seraient évacués vers le cœur de l'Allemagne. J'étais ivre d'anticipation. Le salut semblait si proche, et encore si loin. A la dernière minute, ils vont certainement nous tuer tous. La solution finale doit être achevée. Les derniers témoins vivants doivent être liquidés. Comment tenir un peu plus longtemps ? J'avais 15 ans, à présent, et je voulais vivre.

Nos marches de la mort, d'un camp vers l'autre, continuaient jusqu'à ce que nos tortionnaires et nous commencions à entendre des explosions distantes, qui ressemblent au feu de l'artillerie. Un après-midi, nous sommes rasés par une escadrille de chasseurs alliés, nous prenant pour des fantassins de la Wermacht. Pendant que les SS se jettent à terre, leur mitrailleuses tirant dans tous les sens, quelqu'un près de moi hurle : "Fuyez !" J'arrache mes sabots de bois et m'élance désespérément vers la forêt. Là, je me cache, avec quelques camarades, pendant des semaines, jusqu'à ma libération par une compagnie de GI américains. Oui, le miracle s'est produit. Je suis libre. Mon calvaire, mon duel acharné avec le destin est terminé. Mais pourtant ce n'est pas encore le happy end. Soudain, je me trouve face à un insupportable moment de vérité. Je prends conscience du fait que je suis irrévocablement seul. Que je suis l'unique survivant d'une grande famille. Que tous les garçons et filles de mon école – littéralement tous – ont également été exterminés, avec le million et demi d'enfants qui ont péri dans l'Holocauste. Tous ces enfants qui n'ont pas vécu, ces écrivains qui n'ont pas écrit, ces musiciens qui n'ont pas joué, ces savants qui n'ont pas inventé, et qui auraient tant enrichi notre monde.

Et moi, que vais-je devenir ? Où vais-je aller ? Ma ville natale, Bialystok, est une ruine, occupée par les Soviétiques. Y a-t-il un lieu sur cette terre où je pourrai me sentir chez moi ? Il n'y avait pas encore d'Israël à cette époque ; et le mandat britannique avait scellé les frontières de la Palestine aux émigrants Juifs. Je m'empare d'une puissante moto que j'ai piquée dans une caserne allemande. Je parcours jour après jour les autoroute de Bavière comme un fou, à une vitesse inouïe, souvent avec une fraulein à l'arrière. Je fais du marché noir, achetant des cigarettes aux soldats américains pour les troquer contre de la nourriture et de l'alcool. Bref, je dérape vers l'autodestruction.

C'est à ce moment-là que ma tante française, Barbara, la sœur de ma mère, et son mari, Léo Sauvage, journaliste et correspondant de guerre – eux-mêmes sauvés par les Justes de Chambon-sur-Lignon – me récupèrent des décombres de l'Allemagne. Ils m'amènent à Paris, où je goûte la vraie liberté pour la première fois. Six mois plus tard, je suis expédié aux antipodes, en Australie, pour oublier et me remettre de l'Europe sanguinaire et fratricide de mes cauchemars. Et là commence ma longue et difficile réhabilitation. Peu à peu, je me tourne vers l'avenir. Je comprends que survivre physiquement ne suffit pas. Qu'il me faut survivre moralement, spirituellement et intellectuellement aussi. Que la destruction pratiquée par le IIIe Reich sur moi et sur mon peuple doit s'arrêter.

C'est avec une détermination sans bornes que je recommence à pomper mon adrénaline. Cette fois, dans une toute autre dimension, mais avec la même énergie du désespoir, comme si ma vie en dépendait à nouveau. Je rattrape rapidement les six années de scolarité perdue. Et par la suite, les universités de Melbourne, de Harvard et de la Sorbonne font le reste. A 25 ans, à peine neuf ans après ma libération, je suis attaché aux Nations unies à New York, puis conseiller juridique au cabinet du directeur général de l'Unesco. C'est la rage de vivre, d'apprendre et de créer qui m'a porté des bas-fonds de la condition humaine vers quelques-uns de ses sommets. La journée internationale établie par les Nations unies pour commémorer la Shoah est un important relais pour la transmission de la mémoire vers l'humanité, qui en a tant besoin. Mais nous devons non seulement pleurer les morts, mais aussi avertir les vivants contre les nouvelles catastrophes qui nous guettent tous.

Aujourd'hui, nous, les derniers survivants de la plus grande catastrophe jamais perpétrée par l'homme contre l'homme, disparaissons les uns après les autres. Bientôt, l'Histoire va se mettre à parler, au mieux, avec la voix impersonnelle des chercheurs et des romanciers. Au pire, avec celle des négationnistes, des falsificateurs et des démagogues qui prétendent que la Shoah est un "mythe". Ce processus a déjà commencé. C'est pourquoi nous avons un devoir viscéral de partager avec nos prochains la mémoire de ce que nous avons vécu et appris dans la chair et dans l'âme. C'est pourquoi nous devons alerter nos enfants, Juifs et non-Juifs, que le fanatisme et la violence qui se répandent dans notre monde à nouveau enflammé, peuvent détruire leur univers comme ils ont jadis détruit le mien.

La fureur du tremblement de terre en Haïti, qui a emporté plus de cent cinquante mille vies, nous apprend combien la nature peut être cruelle avec l'homme. La Shoah, qui a décimé un peuple entier, nous a appris que la nature, même dans ses moments les plus cruels, est bénigne par rapport à l'homme quand il perd sa raison et ses repères moraux. Après les torrents de sang versé, un élan de compassion et de solidarité pour les victimes, toutes les victimes – soient-elles les victimes de catastrophes naturelles, de haine raciale, d'intolérance religieuse ou de violence terroriste – un fragile espoir surgit parfois ici ou là. Il est difficile de cerner le potentiel pour l'avenir de ces sentiments généreux. Entre-temps, divisés et confus, nous hésitons, nous vacillons, comme un somnambule au bord de l'abîme. Mais l'irrévocable ne s'est pas encore produit. Nos chances restent intactes. Prions que l'homme puisse s'en saisir et apprenne à vivre avec son prochain.

Malgré le cynisme pervers qui est propagé par les démons génocidaires, je me permets de dire : oui, il existe un travail qui rend libre. Il est enraciné dans l'éducation, dans la science, dans la culture et surtout dans la fraternité et la paix.

Samuel Pisar est avocat international, auteur de l'ouvrage Le Sang de l'espoir.


00:01 Écrit par dorcas dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, gaz, ss, shoah, auschwitz, dachau, allemagne |  Facebook |

31/01/2010

La Shoah a commencé par des mots et des discours",

- François Zimeray : "La Shoah a commencé par des mots et des discours",

 

Daphné Nerson (JP) - "je sens un désir non assumé de tourner la page" ; "Il est indéniable que les appels répétés du président iranien à la destruction de l'Etat juif l'inscrivent dans la même parenté idéologique que le nazisme".

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1263147995810&a...

   "Chargé de la "dimension internationale de la mémoire de la Shoah", l'ambassadeur français pour les droits de l'Homme, François Zimeray, était à Auschwitz pour les commémorations du 27 janvier.

    - Jerusalem Post : Quelles nouvelles menaces sentez-vous peser sur la préservation de la mémoire de la Shoah ?

    - François Zimeray : Ce qui m'inquiète le plus c'est de constater qu'à travers le monde, malgré et parfois même à l'occasion des commémorations, je sens un désir non assumé de tourner la page. Trop souvent, j'ai senti ce désir de nier la dimension essentiellement anti-juive de la Shoah. Trop souvent, le drame de la Shoah n'apparaît plus dans sa singularité. Il apparaît comme un génocide parmi d'autres. Le négationnisme n'est plus le monopole des négationnistes. Car à chaque fois qu'on utilise des mots à tort et à travers, comme "cette banlieue est un ghetto", alors on dit que le ghetto de Varsovie n'était pas le ghetto de Varsovie. Et c'est le nouveau visage du négationnisme. Les mots sont en train de s'abîmer, et c'est une menace grave. [...] Nous rentrons dans une période périlleuse car bientôt les derniers témoins auront disparu en nous laissant l'écrasante responsabilité de transmettre ce souvenir. [...]

    - J.P. : Seriez-vous prêt à établir un lien, comme l'a fait mercredi le Premier ministre Binyamin Netanyahou, entre la Shoah et la menace que fait planer l'Iran sur Israël ?

    - F.Z. : Oui, il faut faire ce lien, car l'attitude de "déni mémoriel" d'Ahmaninedjad - qui n'est sûrement pas celle des Iraniens dans leur totalité - est un vecteur puissant d'antisémitisme. Il est indéniable que les appels répétés du président iranien à la destruction de l'Etat juif l'inscrivent dans la même parenté idéologique que le nazisme. Et ces discours nous devons les combattre. Ce combat politique et diplomatique est fondamental. Je vous rappelle que la Shoah n'a pas commencé dans les chambres à gaz. La Shoah a commencé par des mots et des discours."


23:49 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : varsovie, ghetto, juifs, shoah |  Facebook |

Yad Vashem inaugure un nouveau centre de recherche

Yad Vashem inaugure un nouveau centre de recherche
 
Par Sarah Smadja pour Guysen International News


Le 10-12-2008

Yad%20Vashem%20Holocaust%20Memeorial%20Day%20173%20148_0



 Yad Vashem, le mémorial de la Shoah de Jérusalem, inaugure cette semaine un nouveau centre de recherche sur les conséquences de la Shoah en se basant sur les expériences post-guerre des survivants. L’objectif est de préserver au mieux la mémoire de la Shoah à une époque où se répandent des idées révisionnistes et où le nombre de survivants diminue.

 
« Jusqu’à présent, la priorité de Yad Vashem était de se concentrer sur la Shoah en lui-même, mais aujourd’hui préserver la mémoire de la Shoah est d’une importance cruciale » explique le Dr. Ze’ev Mankowitz, directeur du centre.

Promouvoir la recherche et les activités éducatives relatives aux expériences post guerre des survivants, se concentrer sur des sujets tels que le choc de la libération pour les survivants, la Shoah vue par les jeunes d’aujourd’hui, ou encore la Shoah dépeinte dans la littérature moderne et les films, feront notamment partie des priorités de ce nouveau département de Yad Vashem.

Des questions essentielles concernant la vie des rescapés de la Shoah seront traitées.
Comment s’est passé leur retour à la vie ? Comment ont-ils été reçus par leurs concitoyens ? Comment est-ce que les nouveaux pays d’accueil les ont traités et considérés ?

Des questions essentielles pour une compréhension plus profonde des effets à long terme de la Shoah, explique le survivant Eli Zborowski, directeur de la société américaine pour Yad Vashem et donateur du nouveau centre.

Dans un premier temps, le centre - qui fonctionnera avec un personnel de 6 personnes, mais qui travaillera avec des chercheurs du monde entier - se concentrera principalement sur les conséquences de la Shoah pour les juifs du monde entier dans le premier quart de siècle après la Shoah, principalement entre les années 1944 et 1961.

Le travail du centre inclura des débats et réflexions notamment autour des thèmes : ‘ fallait-il accepter ou non l’argent de l’Allemagne les premiers jours de la création de l’Etat d’Israël’, ‘les procès des criminels de guerre nazis comme le procès Eichmann en 1961’, ‘la lutte pour la réappropriation des biens spoliés’, et ‘l’entretien de la mémoire des victimes de la Shoah’.

« Notre priorité est de donner aux survivants un microphone, et l’occasion de faire ainsi entendre leurs voix » explique le Dr Mankowitz. 

Par Sarah Smadja:  Guysen International News

00:52 Écrit par dorcas dans Mémorial | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, jerusalem, survivants |  Facebook |

Musé juif de la déportation et de la résistance à Malines en Belgique

Musée juif de la déportation et de la résistance à Malines en Belgique.

Le Musée Juif de la Déportation et de la Résistance se situe à Malines,  (Mechelen) dans une aile de l’ancienne Caserne Dossin.

Ce lieu d’histoire est également un lieu de mémoire.
C’est là que les Nazis installent le SS-Sammellager-Mecheln, centre de rassemblement pour la déportation des Juifs de Belgique. 

Le Sammellager Mecheln est le point de départ d’une déportation sans retour. Entre 1942 et 1944, 24.916 Juifs et 351 Tsiganes sont déportés à Auschwitz. Les deux tiers seront gazés à leur arrivée. A la libération des camps nazis, seuls 1.221 personnes sont encore en vie.

La Caserne Dossin fut “l’Antichambre de la Mort” au sens propre du mot.  Le Musée Juif de la Déportation présente cette sombre histoire.
Le musée Juif de la déportation et de la résistance présente l’histoire de la « solution finale » en Belgique et en europe.

L’exposition développe exposition, plusieurs thèmes : les aides et relais dont bénéficièrent les SS, pourtant peu nombreux, dans la société et les institution belges, la collaboration des mouvements d’extrêmes droite, l’extermination de près de la moitié de la population juive belge, l’insoumission et la résistance de ce qui échappèrent à la déportation, l’aide d’une large frange de la  population belge, en particulier à l’égard des enfants.

Faite une visite virtuelle du musé : http://www.cicb.be/fr/virtuelle.htm

source : http://www.cicb.be/fr/home_fr.htm

28/01/2010

Peres au Bundestag : plus jamais...

Peres au Bundestag : plus jamais...

Le président Shimon Peres a prononcé un discours historique devant les membres du parlement allemand à Berlin ce mercredi après-midi à l’occasion de la journée internationale de la Shoah, 65 ans après la fin de la seconde guerre mondiale.
 
« Plus jamais de dictateurs assoiffés de sang se cachant derrière le masque de la démagogie et criant des appels au meurtre. Ils constituent une menace pour le monde entier, » a souligné Peres.
 
Le parlement allemand a entendu une traduction du discours, qui a été donné en hébreu. Peres a aussi dit le Kaddish en l’honneur des victimes de la Shoah, dont ses grands-parents qui ont été brûlés vivants dans la synagogue de leur ville.
 
« Dans l’état d’Israël et à travers le monde entier, les survivants de la Shoah se retirent peu à peu du monde des vivants. Leur nombre se réduit chaque jour. Pendant ce temps, ceux qui ont participé au plus méprisable travail sur terre – le génocide – vivent toujours sur le sol allemand. Faites tout ce que vous pouvez pour enfin les apporter devant la justice, » a déclaré Peres.
 
Le président a fait référence à ses souvenirs de sa ville natale de Biélorussie lorsqu’elle a été conquise par les nazis, ainsi qu’à l’image de son grand-père, qui l’a beaucoup marqué jusqu'à aujourd’hui. Il a ensuite parlé de l’établissement de l’état d’Israël, disant que si le « retard dans son établissement » avait été empêché, la Shoah aurait pu être évitée.
 
« En tant qu’israélien, je déplore le retard tragique dans l’établissement de l’état juif, qui a laissé mon peuple sans aucun endroit pour se refugier. Je ne peux pas accepter la perte d’un million et demi d’enfants, le plus grand potentiel humain, qui auraient pu changer le destin d’Israël. Je suis fier de la renaissance d’Israël, qui est la réponse morale et historique à la tentative d’effacer le peuple juif de la face du monde, » a dit le président.
 
Peres a ensuite dirigé ses mots vers l’Iran. « Nous sommes maintenant là avec cette leçon essentielle : plus jamais. Plus de doctrine raciste, plus de sentiments de supériorité, plus de cette soi-disant autorité divine pour inciter, assassiner, violer la loi, nier D.ieu et la Shoah. »
 
Peres a ajouté : « les menaces de détruire un peuple et un état sont faites avec pour toile de fond le développement d’armes de destructions massives, dans des mains déraisonnables, avec un esprit aliéné, en niant la vérité. »
 
Peres s’est ensuite exprimé sur les difficultés rencontrées par Israël depuis son établissement, suite à la guerre lancée par les états arabes. « Tsahal a gagnée cette bataille désespérée, en mêlant justice historique au courage humain. »
 
« Mais les victoires n’ont pas mis fin aux dangers qui pèsent sur Israël. Nous avons payé un prix lors des guerres, et nous n’hésitons pas lorsque nous sommes forcés de payer un prix pour la paix. Aujourd’hui encore nous sommes prêts à donner des territoires pour parvenir à un accord de paix avec les palestiniens, qui construiront leur propre état indépendant, prospère, et à la recherche de la paix. »
 
Selon le président, « comme nos voisins, nous nous identifions aussi aux millions d’iraniens qui s’élèvent contre la dictature et la violence. Comme eux, nous sommes contre ce régime fanatique, qui contredit la charte des Nations Unies. Un régime menaçant, possédant des réacteurs nucléaires et des missiles, et exploitant le terrorisme dans leur pays comme à l’étranger. »
 
Le discours de Peres est inséparable de la politique déterminée par les responsables de l’état d’Israël qui fréquentent actuellement nombre de cérémonies à travers le monde. Le message principal à faire passer est : « Hitler nous a alors détruit – Ahmadinejad nous menace aujourd’hui. »
27 janver 2010 source Juif.org

22:38 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nazis, shoah, survivants |  Facebook |

26/01/2010

La famille Ovitz

La famille Ovitz

 nains

Shimshon Eizik Ovitz et sa femme ainsi que leurs dix enfants furent déportés de Marmarossziget         (Transylvanie) vers  Auschwitz.

Parmi leurs dix enfants, sept étaient nains. Avant la guerre, la famille Ovitz, amateurs de musique, avait monté un groupe dénommé « Lilliput » qui se produisait en Europe de l’Est.

En 1944, ils furent déportés à Auschwitz et devinrent les objets d’expériences médicales du Dr Josef Mengele. Après leur libération, ils retournèrent dans leur ville natale afin d’y monter à nouveau un groupe musicale.

Ils retrouvèrent les instruments miniatures qu’ils avaient cachés avant leur déportation et fondèrent une nouvelle troupe.

Extrait du livre Afin que sache la jeune génération… Shoah et mémoire à Yad Vashem.

00:09 Écrit par dorcas dans Expériences médicales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, shoah |  Facebook |

10/01/2010

Un survivant de Chelmno

 

Un survivant de Chelmno

Cet homme, c'est Shimon Srebnik. Vous l'avez peut-être aperçu dans le film Shoah de Claude Lanzmann. c'était un survivant de Chelmno!

Son histoire a été raconté sur le site de Jérusalem post

Il dit :« Lorsque nous arrivâmes à Chelmno, les vieux commentaient, «Quel endroit merveilleux! », « Nous serons heureux ici !» « Comme c’est vert, les oiseaux chantent! », « Un vrai centre de cure ! »

« Je suis resté dans le « kommando des maisons ». « J’étais dans un baraquement avec Walter Bonmeister. Nous nous occupions de trier l’or et les biens des gens, les choses qu’ils avaient abandonnés, les valises. Il y avait une grande tente où les Juifs triaient les objets."

«Comment ai-je su que ma mère était arrivée à Chelmno ? Il y avait beaucoup de sacs à main, une montagne de sacs à main. Un jour j’ai trouvé dans un sac, des photos de ma mère et tout ses papiers. J’ai dit à Bonmeister : "Regarde, c’est le sac de ma mère."

"Oui, elle est au ciel", répondit-il."

"C’est celui de ma mère" dis-je. J’étais naïf!

"Je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire par « ciel ».

Extrait du témoignage de Shimon Srebnik, dans les archives de Yad Vashem.

Dans une verte forêt du centre de la Pologne, dans la ville de Chelmno, à 77 km à l’ouest de Lodz, les Allemands construisirent le premier camp d’extermination en masse par le gaz. Entre Décembre 1941 et Janvier 1945, plus de 300 000 Juifs et 5 000 Gitans de Lodz et ses environs furent assassinés à Chelmno. Seuls trois survécurent.

Shimon Srebnik, habitait en Israël à Ness Ziona, il vient de s’éteindre à l’âge de 76 ans après un long combat contre le cancer. Srebnik qui avait perdu ses deux parents dans l’Holocauste, n’avait que 13 ans lorsqu‘il fût déporté à Chelmno depuis le ghetto de Lodz et astreint à enterrer les cadavres des victimes.

Dès son arrivée, Srebnik fût envoyé rejoindre un petit groupe de travailleurs esclaves de Chelmno, camp dont le cadre rupestre procurait de faux espoirs à ceux qui arrivaient des ghettos crasseux et infestés de maladies.

Comme le reste des prisonniers, Srebnik eut ses jambes immédiatement entravées - la longueur de ses chaînes était d’a peu près 40 centimètres - afin de prévenir toute tentative de fuite hors du camp qui était contrôlé par des Allemands en armes.

Les prisonniers étaient forcés de garder les chaînes 24 heures sur 24. Au cours des deux ou trois premiers mois, Srebnik monta des tentes et prépara les installations où sa propre mère devait être gazée jusqu’à ce que mort s’ensuive. Lorsque les convois de Juifs destinés à être exterminés vinrent à arriver régulièrement, Srebnik fût affecté à l’extraction des dents en or des cadavres.

Il fût aussi amené à faire diverses opérations de triage, avant d’être assigné aux enterrements.

C’est alors qu’il triait les biens personnels de certaines victimes, qu’il découvrit des photos ayant appartenu à sa mère et comprit qu’elle aussi avait été assassinée à Chelmno.

Lorsque les victimes arrivaient à Chelmno, elles étaient rassemblées sur la place du camp et averti que devant être envoyées dans un camp de travail, elles devaient commencer par se laver.

Des hommes attendent de monter dans les camions à gaz

Marchant au-devant de leur mort, les victimes étaient régulièrement rassurées par la vue de signaux indiquant des directions telles que «douche» ou «docteur», alors même qu’elles descendaient une rampe vers un camion à gaz.

Lorsque le camion était complètement rempli, le chauffeur refermait les portes et allumait le moteur du camion. Environ 10 minutes plus tard, les gaz avaient suffoqué tous les passagers.

Il y avait trois camions à gaz. Les gaz d’échappements entraient dans le camion par un grillage sur le plancher. Chaque camion embarquait 80 personnes. L’un était de plus grande capacité et pouvait en contenir 100. La distance de Chelmno à la forêt était de quatre kilomètres. Durant le trajet, le gaz entrait dans le camion

Un des camions à gaz

Lorsque l’on ouvrait les portes en arrivant, on pouvait voir que tous les morts s’étaient blessés. Tous, voulant vivre, s’efforçant de survivre s’étaient écorchés les uns les autres. C’était terrible.

Quand le camion atteignait les fours crématoires, deux personnes entraient. Les fours étaient déjà allumés.

Et quel feu ! Il y avait un grill dans le four. Ils mettaient une couche de bois par-dessus et allumaient, puis ajoutaient une « couche » d’êtres humains, puis une nouvelle couche de bois. Cela se passait ainsi tous les deux jours. Il fallait retirer les dents en or avec la chair autour. Moi, assis, je devais séparer l’or des chairs.

Ainsi qu’il est écrit sur le site web de Yad Vashem, en Janvier 1945, alors qu’approchait la fin de la guerre et que se rapprochaient les troupes Soviétiques, les Nazis évacuèrent Chelmno, qu’ils avaient commencer à démanteler quatre mois auparavant.

Les Allemands décidèrent de « liquider » le camp et ouvrirent le feu sur 48 derniers prisonniers Juifs, les tuant d’une balle dans la nuque.

Srebnik fut gravement blessé, mais, avec deux autres prisonniers, ils réussirent à s’échapper au cours d’une ultime insurrection des derniers prisonniers.

Srebnik parvint à trouver refuge chez un fermier Polonais, qui coupa ses chaines et prit soin de lui. Le jour suivant les Allemands offrirent une importante prime à qui leur livrerait Srebnik.

Mais les Polonais, qui craignaient désormais plus l’arrivée des Russes que les Allemands, ne le trahirent pas, et Srebnik put rejoindre les forces Russes. Après la guerre, il prit immédiatement la direction d’Israël. Dans une gare italienne sur son itinéraire, il faisait la connaissance de sa future femme.

Trente trois ans plus tard, en 1978, Srebnik reçut du fermier Polonais qui lui avait sauvé la vie, les chaines et entraves qu’il avait brisé trois décennies plus tôt, lors d’un voyage sur le site de Chelmno pour le tournage de Shoah, avec Claude Lanzmann.

Après quelques hésitations, il en fit don à Yad Vashem.

Les Chaines brisées de Shimon Srebnik


« Cela ne lui fut pas aisé de se séparer de ses entraves, » précisa Yehudit Inbar, le directeur des musées à Yad Vashem, qui recueillit le témoignage de Srebnik.

Celui-ci avait quelques années auparavant témoigné au procès d’Eichmann, et il avait aussi assisté l’archéologue Polonais qui travailla sur le site de Chelmno aucours des vingt dernières années.

Inbar ajoutait : « C’était un homme très particulier, avec une histoire spéciale. »

Srebnik laisse sa femme, deux filles, cinq petits enfants et un arrière petit fils.

00:07 Écrit par dorcas dans Camp Chelmno | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, survivant, chelmno, jerusalem |  Facebook |