10/05/2015

8 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

8 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1919.

- 39 juifs sont massacrés lors d'un pogrom à Raigorod (province de Podolie) par des unités alliées à l'Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura.

1942.

- 3 500 juifs du ghetto de Konsko Vola (Pologne) sont déportés au camp d'extermination de Sobibor.

- De même 1 500 juifs du ghetto de Baranów et 1 500 juifs de Markuszów (district de Lublin) sont envoyés au camp de Sobibor.

- La police municipale allemande tue 100 juifs à Szczebrzeszyn (Lublin).

- Les juifs de Lipniszki (Biélorussie), Traby et Duoly (Pologne), dont 1 250 seulement restent encore en vie, sont déportés au ghetto de Lida (Biélorussie).

1943.

- La résistance des juifs contre les nazis se poursuit dans le ghetto de Varsovie. La révolte a débuté le 19 avril. Les nazis atteignent l'état-major de la résistance. Une centaine de combattants, dont leur chef Mordehaï Aniwicz, meurent ce 8 mai.

- Ghetto de Varsovie : Suicide collectif d'une partie des insurgés survivants. 


24/02/2015

24 février, cejour-là, n'oubliez pas.

24 février, cejour-là, n'oubliez pas.

1147

- Au début de la deuxième croisade, la plupart des communauté juives d’Allemagne, qui n’ont pas oublié les massacres accompagnant la première croisade, demandent la protection de l’empereur germanique Konrad III et des évêques. Ils se réfugient dans la forteresse de leur évêque ou de leur ville. 
Les juifs de Wüzburg ont fait totalement confiance à la protection de l’évêque. Quand les troupes des croisés atteignent la ville, le 24 février, des émeutes antijuives éclatent, au cours desquelles 20 juifs sont assassinés et de nombreux autres blessés.

1349

- Les persécutions consécutives à l’épidémie de peste noire atteignent la ville de Dresde sur l’Elbe (Allemagne). Tous les juifs de la ville sont rassemblés et brûlés sur un bûcher.

1484

- Second jour de l’autodafé de Ciudad Real (Espagne). Ce jour-là, 15 hommes et femmes sont encore brûlés vifs, accusés d’avoir vécu dans la foi juive, tandis que les effigies et les ossements de 20 autres judaïsants sont brûlés sur des bûchers spéciaux.

1942

- Le navire Struma fut coulé, comme les turques  le 24 février 1942 à 2 heures du matin par sous-marin soviétique ou allemand. 769 femmes, enfants, vieillards sombrèrent dans les eaux glacées de la Mer Noire. Quand les sauveteurs arrivèrent sur les lieux du naufrage, seuls 4 corps flottaient. Il y eut un survivant de cette tragédie : David Stoliar, 19 ans. Après avoir reçu des soins dans hôpital turc, il fut emprisonné et interrogé par les autorités turques durant deux mois. Elles lui reprochèrent «lui même et les individus qui l'accompagnaient sur le bateau Struma, d’être entrés en Turquie sans visas et illégalement»
La Turquie ne s’est jamais exprimée sur cette tragédie et aucune nation ne l’a condamnée.

- Plus de 30 000 Juifs sont déportés du ghetto de Lodz à Chelmno.

1943

- Des intellectuels et des notables juifs de Tunis sont arrêtés par des soldats allemands de l’armée d’occupation Parmi eux, Victor Cohen-Hadria, responsable aux finances de la communauté juive, le Dr B. Levy, le journaliste S. Moatti, O. Silvera, fonctionnaire au ministère des Finances, et 20 personnalités juives de France. ils seront déportés par avion vers des camps de concentration en Europe. Victor Cohen-Hadria sera assassiné dans le camp d’extermination d’Auschwitz.

1944

- Un transport quitte Vienne (Autriche) avec 41 juifs à destination du camp d’extermination d’Auschwitz.

25/01/2015

25 janvier, ce jour-là, n'oubliez pas.

25 janvier, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1338.

- Persécution des Armleder, ainsi appelés parce qu'ils se couvrent de pièces de cuir au lieu de l'armure métallique des chevaliers : des bandes de paysans et de vagabonds s'en prennent aux communautés juives de Franconie et d'Alsace entre 1336 et 1339. Armés de scies, de pelles et de massues, marchant derrière un emblème et une croix, les Armleder massacrent les juifs de Rufach (Alsace) dans un champ près de la ville, appelé par la suite Judenmatt, le « pré aux juifs ».

1941.

- 250 juifs de Jeziorna (Pologne) sont déportés vers le ghetto de Varsovie.

1942

- En Allemagne, 150.000 Juifs sont affectés au travail pour pallier le manque de prisonniers soviétiques

1943.

- 2 120 juifs du ghetto de Jasionovka (Pologne) sont déportés au camp d'extermination d'Auschwitz.

1944.

- 949 Juifs, internés au camp de regroupement de Westerbork (Pays-Bas), sont déportés au camp d'extermination d'Auschwitz.

1945.

- Le camp de concentration du Stutthof (Pologne) est libéré. On dénombre très peu de survivants.

- Début de la marche de la mort du camp de Stutthof.

06/11/2014

6 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

6 novembre, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1941

- Les nazis déclenchent une Action sur une grande échelle contre les juifs de Nadvorna (Stanislavov, R.S.S. d'Ukraine), au cours de laquelle la moitié des 5 000 juifs de la ville est assassinée. La communauté de Nadvorna existait depuis le XVIIIe siècle.

- 18 000 juifs de Rovno (R.S.S d'Ukraine) sont conduits par les troupes allemandes dans une pinède près de la ville, où ils sont fusillés. Les juifs survivants doivent s'installer dans un ghetto nouvellement créé.

1942

- Les juifs vivant encore à Khelm, au sud-est de Lublin, sont déportés au camp d'extermination de Sobibor. 

- Les SS assassinent 900 juifs de Koszyce (province de Cracovie).

- 200 juifs environ du ghetto de Komarno (province de Lvov, R.S.S. d'Ukraine) sont déportés au camp d'extermination de Belzec, où ils sont tués. Komarno est déclaré " libéré de ses juifs ".

- 465 internés juifs du camp de regroupement de Westerbork sont déportés au camp d’extermination d’Auschwitz

- 1 000 juifs, hommes et femmes, du camp de regroupement de Drancy (France) sont déportés au camp d'extermination d'Auschwitz, dont 73 seront envoyés dans les chambres à gazes, 4 personnes seront encore vivantes à la libération.

- Müller, chef de la gestapo, informe ses services que tous les juifs et métis au premier degré détenus en Allemagne doivent être acheminés vers auschwitz et Lublin.

1943

- Les SS fusillent 500 juifs dans le camp de travail forcé de Szebnie (Galicie orientale).

-  000 juifs de Ciechanov (province de Varsovie) sont déportés au camp d'extermination d'Auschwitz.

- A la suite d'une rafle effectuée à Florence, 200 juifs sont arrêtés et déportés vers un camp d'extermination à l'est du Reich. 5 juifs seulement reviendront après la guerre, tous les autres ayant été tués.

12/01/2011

"Nous ne serons jamais des vivants comme les autres, nous sommes des survivants"

"Nous ne serons jamais des vivants comme les autres, nous sommes des survivants"


Témoignage de Sam Braun, à l'Hôtel de Ville de Paris le 24 janvier 2010 -Commémoration du 65ème anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz.

Il fut retrouvé, peu de temps après coupé en trois morceaux, mais quand nous avons appris le vol du fronton du portail d'Auschwitz, toutes les images du camp, une fois de plus, se sont imposées à nous et nous avons été nombreux, devant la profanation de ce symbole devenu sacré car gardien de l'entrée d'un immense cimetière, sans pierre tombale, sans sépulture, sans linceul, nous avons été nombreux à l'avoir vécu comme une espèce de viol.


Viol de la mémoire de ceux qui tous les jours rêvaient de la liberté, si lointaine, là-bas, de l'autre côté du fronton et essayaient de survivre malgré l'inhumanité et la barbarie, la violence et l'indicible ; viol de tous les martyrs qui n'ont franchi le portail qu'une seule fois, puisque leurs assassins les attendaient près d'une fausse salle de douche ; viol de nos familles qui ont été décimées, de tous ceux qui n'ont laissé personne derrière eux et dont le nom s'est éteint, alors que s'allumaient les fours crématoires ; viol de tous les enfants dont le sourire était la seule arme.

Certes, nous n'avons pas été les seuls à être indignés par cette profanation, mais ceux qui le furent n'ont pas été meurtris dans leur chair comme nous l'avons été nous-mêmes, car ils n'étaient pas là-bas durant les années noires.
"Le travail c'est la Liberté", dit en allemand le fronton, mais sous le joug nazi notre travail c'était le bagne, notre liberté les chambres à gaz et c'est parce que nous avons souffert là-bas mille morts que ce vol a ravivé nos plaies mal cicatrisées.

Car quoi que nous fassions, quelle que soit la qualité et la réussite de notre résilience, nous serons toujours des survivants même si nous donnons, parfois, l'illusion d'être des vivants comme les autres
"L'arrêt de la maltraitance n'est pas la fin du problème" a écrit Boris Cyrulnic.

De l'extérieur, souvent, rien ne parait, comme si nous avions abandonné au vestiaire de notre passé, les faits innommables auxquels nous avons assisté et dont nous fûmes, bien souvent les sujets ; la violence qui nous entourait et la faim, cette faim permanente et douloureuse, Même s'il n'en parait pas, nos souvenirs, lovés dans un coin de notre mémoire, ne sont jamais bien loin puisqu'il suffit de peu de chose pour les faire resurgir. Une image, un bruit, une odeur et ils arrivent en foule dans une bousculade infernale laissant toujours les plus cruels prendre les premières places.

L'insupportable survie au camp et la folle Marche de la Mort, nous visitent bien souvent et revivent en nous, même si avec le temps, l'intensité de la douleur s'est un peu émoussée.
Malgré notre volonté de rendre notre mémoire d'Auschwitz moins corrosive en nous intégrant dans un monde normal ; malgré nos efforts pour cultiver le paraitre afin de masquer l'être intime, parfois trop douloureux, les 65 années passées n'ont pas réussi à faire de nous, tout à fait des vivants comme les autres.
Dans ce monde inégalitaire il y a des vivants qui le sont différemment des autres, nous sommes de ceux-là.

auschwitz-survivors.GIF

Quelle que soit la vie que nous avons menée après la Shoah et la famille que nous avons créée ou reconstituée, quelle que soit notre réussite sociale, nous n'avons jamais été véritablement libérés du Lager, comme l'appelait Primo Lévi et nous nous réveillons parfois en sueur, après un cauchemar qui a fait revivre le camp.

Force est de constater que nous ne sommes pas des vivants tout à fait comme les autres.

Pour Nathalie Zajde, nous revivons fréquemment l'inimaginable Shoah et l'assassinat systématique des Tziganes, parce que dans les sociétés actuelles, telle une déferlante universelle, apparaissent des épurations semblables à celles que nous avons connues.
Mais il y a d'autres raisons. Si nous sommes et resterons toujours des survivants parmi les vivants, c'est aussi parce que nous avons été jetés sur une autre planète, là où régnaient en maître l'iniquité, la brutalité et où la mort était devenue familière.

Comment chasser de notre mémoire les appels qui duraient si longtemps alors que nous restions debout, sans bouger, dans le froid et le vent glacial ; comment oublier les "visites des musulmans", comme ils disaient, au cours desquelles la mort nous attendait pour nous donner rendez-vous ; comment éliminer de notre mémoire les morts-vivants que nous croisions dans les allées du camp et qui marchaient pliés en deux comme s'ils étaient en prière ; nous ne pouvons pas les oublier, car nous étions ces morts-vivants !! Comme eux nous marchions courbés par la faim et la fatigue, comme eux nous étions glacés l'hiver dans nos vêtements trop légers, comme eux nous protégions jalousement notre gamelle pour éviter que nous soit volée le peu de soupe infâme qu'ils nous donnaient pour subsister.

Nous étions effectivement sur une autre planète quand, le 18 janvier 1945, gardés par les SS et les chiens, quittant le camp pour la dernière fois, nous sommes partis en exode qui deviendra très vite, une effroyable Marche de la Mort. Marche hallucinante vers nulle part.
La victoire qui leur échappait, décuplait la violence des SS. Au camp nous avions connu la folie, là, nous étions en pleine démence
Le nombre de compagnons assassinés augmentait sans cesse et leurs cadavres, laissés sur le bord de la route jalonnaient notre passage. Parfois, celui à côté duquel nous marchions depuis des heures, ne pouvant plus avancer, s'affaissait sur la route et mourant était bousculé, presque piétiné par ceux qui suivaient et qui ne l'avaient pas vu. Je ne peux chasser de ma mémoire le jour où ils nous ont entassés sur des wagons de marchandises et demeure encore horrifié par tous les morts ........ou presque morts, sur lesquels nous nous sommes affalés tellement nous étions épuisés.
Toutes ces morts injustes sont souvent présentes dans notre mémoire et surgissent sans crier gare
Même si nous avons essayé de vivre afin de pouvoir un jour exister, nous restons habités par tout ce que nous avons vu et vécu là-bas, car on n'est pas indemne d'un passé indicible !!


Mais il y a aussi une autre raison à notre état de survivants : nous avons maintenant conscience d'être les derniers témoins à pouvoir dire "j'y étais et j'ai vu". Alors que les truqueurs, les maquilleurs de la réalité, révisionnistes et négationnistes se renouvellent de génération en génération comme toutes les mauvaises herbes, nous qui sommes les derniers à pouvoir faire revivre nos morts, nous nous demandons sans cesse si nous avons suffisamment œuvré pour que la véritable Histoire puisse ne jamais être réécrite au bénéfice d'odieux mensonges. Avons-nous suffisamment contribué à l'indispensable "travail de mémoire" ?
Chaque fois que nous rencontrons des adolescents pour parler des dangers de tous les extrémismes et que nous décrivons les actes de barbarie auxquels nous avons assisté ; chaque fois que nous expliquons où peuvent mener le fanatisme et la haine, le racisme et l'antisémitisme et que nous faisons revivre les étapes choisies pas les SS pour nous déshumaniser, même si nous le faisons avec modération ; chaque fois qu'à la fin de nos interventions ils nous demandent de leur montrer le numéro matricule tatoué sur notre bras gauche, chaque fois nous nous retrouvons à Auschwitz et vivons à nouveau ce que nous leur décrivons.
Alors, mes amis, acceptons ce fait inéluctable d'être des survivants parmi les vivants, acceptons de faire revivre nos familles et tous les martyrs anonymes que nous avons laissés là-bas, acceptons même nos cauchemars et les moments de la journée où tout nous revient comme une vague déferlante, acceptons tout cela, mais poursuivons inlassablement notre "travail de mémoire" pour donner du sens aux peu d'années qui nous restent.

http://www.israel-infos.net/article.php?id=5260

02/01/2011

exodus


1916-0.jpgExodus

En 1946, il reste encore à Chypre des milliers de Juifs derrière les barbelés. Des enfants qui n’ont connu que les ghetto, les camps de concentrations et les ruines. Des rescapés de la Shoah qui s’accrochent à un rêve foi : faire renaître en Palestine une nation morte depuis deux mille ans.
Entassés sur un vieux remorqueur  «l’Exodus», ils vont tenter de forcer le blocus britannique pour atteindre la Terre promise.
En combattant avec les seules armes qu’ils possèdent : leur courage et leur foi.
C’est cette formidable aventure que nous raconte «Exodus» : la lutte d’une poignée de survivants pour crées un Etat où le mot de «Juif»ne soit plus une insulte.

Auteur Léon Uris

18/11/2010

Un portail européen pour la Shoah.

Un portail européen pour la Shoah

Christian Laporte

Mis en ligne le 17/11/2010

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Vingt partenaires de 13 pays européens vont faciliter les échanges autour de la Shoah.

En présence de la commissaire européenne pour la Recherche et l’Innovation, l’Irlandaise Maire Geoghegan-Quinn, du ministre israélien de l’Education, Gideon Saar et de Michel Praet, conseiller du président européen Herman Van Rompuy, une nouvelle plate-forme de collaboration scientifique historique autour de la Shoah via le web a été officiellement portée sur les fonts baptismaux mardi après-midi aux Musées royaux d’art et d’histoire au Cinquantenaire à Bruxelles. Un moment solennisé par un échange de vues qui s’inscrivait dans le programme de la présidence belge avec en sus le patronage d’Herman Van Rompuy.

En cette année du 65e anniversaire de la libération des camps dont celui d’Auschwitz où l’on a rappelé la nécessité de ne jamais déposer les armes de la recherche historique face aux agressions du négationnisme, vingt institutions qui travaillent sur la question dont le Musée juif de la résistance et de la déportation de Malines ainsi que le Centre Guerre et sociétés contemporaines ont décidé d’unir leurs forces et davantage encore leurs savoirs et savoirs faire sur la Shoah par l’intermédiaire de la toile. Il y a là donc des centres de recherche ou de documentation voire des musées d’Autriche, de Belgique, de Tchèquie, de France, d’Allemagne, de Grèce, de Hongrie, des Pays-Bas, de Pologne, de Finlande,du Royaume-Uni et d’Israël. Ensemble, sous la coordination de Conny Kristel du Nederlands Instituut voor Oorlogsdokumentatie - pour faire court: le Ceges d’outre-Moerdijk...- elles vont en fait réunir les données disponibles pour la recherche sur le génocide des Juifs, éparpillées en Europe et ailleurs.

Grâce à l’intégration de collections de données majeures, l’EHRI - European Holocaust Research Infrastructure - devrait faire progresser encore la connaissance sur cet événement majeur de l’histoire européenne et du monde.

Tout n’est donc pas encore dit sur la Shoah? Non puisque le projet entend stimuler et faciliter la recherche sur des aspects relativement moins connus de la Solution finale. En ayant à l’esprit que la digitalisation dans ce domaine est encore toute récente puisqu’elle a à peine 15 ans...

Même si le Mur de Berlin est tombé depuis 1989, il reste en effet à exploiter de nombreuses sources et documents en Europe centrale et de l’Est d’autant plus que la vision globale est encore très centrée sur l’Europe occidentale. En même temps, l’on est plus que jamais convaincu de la nécessité de mener un travail pédagogique soutenu. C’est pourquoi une attention toute particulière sera accordée à l’éducation avec une focalisation sur la proximité, grâce à la mise à disposition en ligne des archives à la fois pour le monde de l’éducation et pour le grand public.

A l’occasion du lancement de la nouvelle coordination, divers spécialistes de la Shoah ont confronté leurs points de vue sur les dernières avancées scientifiques en la matière. La commissaire européenne Maire Geoghegan-Quinn a souligné que c’était la première fois que l’Union européenne soutenait un tel projet alors que le ministre israélien Gideon Saar notait que si Yad Vashem remplissait plus que jamais son rôle dans la recherche sur la Shoah, il fallait aussi soutenir les projets de recherche européens et l’EHRI peut assumer - là pleinement - une fonction de coordination.

Très intéressante aussi fut l’intervention de Guido Peruzzo, le représentant permanent adjoint allemand qui a annoncé que son pays avait toujours une grande responsabilité morale dans ce domaine. Une série d’institutions allemandes vont donc apporter pleinement leur appui au travail de l’EHRI. Mais l’intervention la plus poignante fut sans conteste celle de Nathan Ramet, le président du Musée de Malines mais aussi survivant de la Shoah. "Si je suis encore là" a-t-il dit en débutant son intervention "c’est parce que j’ai eu beaucoup de chance". Ayant survécu à Auschwitz et à Dachau, le chevalier Ramet a tenu aussi à rendre un hommage particulier à Maxime Steinberg sans lequel l’étude de la Shoah n’aurait pas progressé comme elle l’a fait en Belgique...

http://www.juif.org/go-news-140806.php

22:20 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dachau, shoah, auschwitz, survivants |  Facebook |

24/05/2010

Holocauste

Holocauste

Holocaust(1978) n

Voici le livre qui inspiré une série télévisée que l’on n’est pas prêt d’oublier à travers le monde entier. Holocauste, c’est l’histoire de la persécution des juifs par les nazis de 1933 à 1945, vue à travers deux familles de Berlin dont les destins s’entrecroisent.

Les Weiss, bonne bourgeoisie berlinoise. Le père est médecin ; dès 1933, il sent la montée des périls. Son fils aîné, Karl vient d’épouser un catholique. Le plus jeune, Rudi, comprend vite que, pour un Juif, toute l’Allemagne hitlérienne va bientôt devenir intolérable.

En 1938, il quitte Berlin, passe en Tchécoslovaquie. Plus tard, la guerre venue, il rejoindra les partisans russes pour combattre à leurs côtés. En 1933, l’année du mariage de Karl Weiss, Erik Dorf, poussé par sa femme, vient solliciter un poste auprès de Heydrich, alors chef de la gestapo. Il va travailler avec lui et devenir peu à peu un des rouages essentiels de la redoutable machine à exterminer que mettent au point des bureaucrates et des techniciens allemands. Le récit comprend, en alternance, l’évolution des souvenir de Rudi weiss et des extraits du journal d’Erik Dorf.

C’est le déroulement implacable des événements que l’on connaît : les parents weiss sont déportés en Pologne et finiront à Auschwitz. Leur fils Karl, bien que marié à une catholique est envoyé à Buchenwald, puis au camp « privilégié » de Theresienstadt. Il mourra à Auschwitz.

De la famille Weiss, Rudi sera le seul survivant et c’est d’un Kibboutz d’Israël, qu’il évoque tout cela. Dorf, lui, aura le destin qu’il mérite.

On ne peut pas résumer ce livre foisonnant qui, à travers l’histoire de ces personnages, recrée la terrible saga de tout un peuple que la machine de guerre allemande a tenté de broyer mais qui, une fois de plus a survécu.

Auteur : Gerald Green

 

 

21/04/2010

Pas de surviants

Combien d’histoire ne seront jamais racontées parce qu’il n’y a pas eu de survivants. L'horreur absolue.

transmis par desintox-be@yahoogroups.com au nom de Daniel Hochner 

Combien d’histoire ne seront jamais racontées parce qu’il n’y a pas eu de survivants.

Comment les tueurs ont-ils tué ?

Aujourd’hui, toi le dernier survivant, tu te souviens de cette journée où tu fus conduit avec d’autres camarades à la rampe de Birkenau.

Votre travail consistait, dès l’arrivée d’un convoi, dès l’ouverture des portes d’y extraire rapidement les cadavres de ceux qui n’avaient pas eu la force de supporter l’effroyable voyage.

 

Pour toi, une journée comme les autres.

D’Europe les convois se succèdent toutes les 20 minutes, ce jour là, ce qui retient particulièrement ton attention c’est le nombre important de SS qui attendent un convoi

Les SS connaissent l’origine de l’un de ces convois, et comme il faut bien s’amuser un peu, cela mérite un peu d’attente…

11 jours au paravent, les nazis font irruption dans un hôtel de Salonique en pleine célébration d’un mariage juif.

En 10 minutes, les nazis embarquent toute la noce dans leurs camions.

A l’arrivée à Birkenau, quand enfin les portes s’ouvrent, ils sont tous là.

La mariée en blanc, le marié en noir, chapeau haut de forme, les parents, les grands parents, même le grand père dans sa chaise roulante, le rabbin, les témoins, les invités, tous les invités, les petites demoiselles d’honneur, les serveurs, les cuisiniers, le verre pas encore brisé.

Les nazis gentiment, poliment ordonnent aux noceurs de former un cortège, aux musiciens de jouer des airs gais, aux autres de chanter, de danser, de taper dans leurs mains, au rabbin de prier. Les nazis connaissent les traditions, on hisse la mariée et le marié sur de petites chaises soulevées à bout de bras, c’est eux qui auront le privilège de découvrir cette haute cheminée d’où sort une acre fumée, gluante, collante, polluée par des milliers de grosses mouches.

Le cortège toujours chantant, dansant, traverse une partie du camp.

Baraques à perte de vue, miradors encerclés de fils de fer barbelés, électrifiés

Ombres d’hommes en costumes zébrés pas encore morts mais plus du tout vivants

Odeur terrible de caoutchouc brulé, de chair carbonisée qui vous pénètre par la bouche, par le nez, par tous les pores de la peau.

Arrivés au milieu de nulle part, les SS décident qu’ils ont assez rigolé, ils sortent les fouets, les slags, on tue le rabbin à coups de gourdin, on arrache les bébés des bras des Mamans, on les précipite encore vivants dans la fosse en feu, vite, plus vite, shnell, tout le monde doit se déshabiller, rentrer dans la chambre, plus vite, encore plus vite tout le monde doit s’engouffrer, on les pousse, on se pousse, on se bouscule, il y a de la place pour tout le monde crient les SS. On pousse encore et encore, mais la chambre est vraiment trop petite et les invités sont trop nombreux, les petites demoiselles d’honneur ne peuvent rentrer faute de place, on les jette par-dessus la tête de ceux qui sont déjà à l’intérieur, on referme la porte avec peine, on éteint la lumière.

De l’intérieur s’échappent des pleurs, des cris, des hurlements, des prières. On appelle Papa, Maman.

Un allemand, fier, heureux, satisfait introduit le zyklon B.

20 minutes plus tard, on ouvre la porte, la position des cadavres imbriqués les uns contre les autres déchiquetés, gonflés, crevés, laisse deviner leurs derniers instants. Une femme a accouché, plusieurs enfants sont morts piétinés. Au sol, vomissures, sangs, excréments

Tous ne sont pas complètement asphyxiés, certains bougent un doigt, un œil, on entend quelques gémissements…Cela n’a pas d’importance, il faut faire vite, d’autres convois attendent leur tour. On coupe les cheveux des femmes, à l’aide de tenailles on arrache les dents en or, pour récupérer plus vite les boucles d’oreilles on arrache l’oreille, on récupère les alliances, on cherche le moindre bijou, on brûle, on carbonise, on récupère les cendres, à part les juifs rien ne doit se perdre.

Le spectacle est fini, les nazis sont repartis

Ces pères de famille, professeurs, ingénieurs, ces allemands ordinaires vont rejoindre leurs maisons construites en bordure du camp, ils vont lire Goethe, Schiller, écouter Wagner, Liszt, Chopin, chantonner une berceuse, raconter un conte de fée, il faut bien endormir leurs têtes blondes.


00:27 Écrit par dorcas dans Camp Birkenau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : survivants, birkenau, ss, juifs |  Facebook |

26/02/2010

"Nous ne serons jamais des vivants comme les autres, nous sommes des survivants"

"Nous ne serons jamais des vivants comme les autres, nous sommes des survivants"

http://www.israel-infos.net/article.php?id=5260 
Témoignage de Sam Braun, à l'Hôtel de Ville de Paris le 24 janvier 2010 -Commémoration du 65ème anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz.

Il fut retrouvé, peu de temps après coupé en trois morceaux, mais quand nous avons appris le vol du fronton du portail d'Auschwitz, toutes les images du camp, une fois de plus, se sont imposées à nous et nous avons été nombreux, devant la profanation de ce symbole devenu sacré car gardien de l'entrée d'un immense cimetière, sans pierre tombale, sans sépulture, sans linceul, nous avons été nombreux à l'avoir vécu comme une espèce de viol.


Viol de la mémoire de ceux qui tous les jours rêvaient de la liberté, si lointaine, là-bas, de l'autre côté du fronton et essayaient de survivre malgré l'inhumanité et la barbarie, la violence et l'indicible ; viol de tous les martyrs qui n'ont franchi le portail qu'une seule fois, puisque leurs assassins les attendaient près d'une fausse salle de douche ; viol de nos familles qui ont été décimées, de tous ceux qui n'ont laissé personne derrière eux et dont le nom s'est éteint, alors que s'allumaient les fours crématoires ; viol de tous les enfants dont le sourire était la seule arme.

Certes, nous n'avons pas été les seuls à être indignés par cette profanation, mais ceux qui le furent n'ont pas été meurtris dans leur chair comme nous l'avons été nous-mêmes, car ils n'étaient pas là-bas durant les années noires.

"Le travail c'est la Liberté", dit en allemand le fronton, mais sous le joug nazi notre travail c'était le bagne, notre liberté les chambres à gaz et c'est parce que nous avons souffert là-bas mille morts que ce vol a ravivé nos plaies mal cicatrisées.

Car quoi que nous fassions, quelle que soit la qualité et la réussite de notre résilience, nous serons toujours des survivants même si nous donnons, parfois, l'illusion d'être des vivants comme les autres

"L'arrêt de la maltraitance n'est pas la fin du problème" a écrit Boris Cyrulnic.

De l'extérieur, souvent, rien ne parait, comme si nous avions abandonné au vestiaire de notre passé, les faits innommables auxquels nous avons assisté et dont nous fûmes, bien souvent les sujets ; la violence qui nous entourait et la faim, cette faim permanente et douloureuse, Même s'il n'en parait pas, nos souvenirs, lovés dans un coin de notre mémoire, ne sont jamais bien loin puisqu'il suffit de peu de chose pour les faire resurgir. Une image, un bruit, une odeur et ils arrivent en foule dans une bousculade infernale laissant toujours les plus cruels prendre les premières places.


L'insupportable survie au camp et la folle Marche de la Mort, nous visitent bien souvent et revivent en nous, même si avec le temps, l'intensité de la douleur s'est un peu émoussée.

Malgré notre volonté de rendre notre mémoire d'Auschwitz moins corrosive en nous intégrant dans un monde normal ; malgré nos efforts pour cultiver le paraitre afin de masquer l'être intime, parfois trop douloureux, les 65 années passées n'ont pas réussi à faire de nous, tout à fait des vivants comme les autres.
Dans ce monde inégalitaire il y a des vivants qui le sont différemment des autres, nous sommes de ceux-là.

Quelle que soit la vie que nous avons menée après la Shoah et la famille que nous avons créée ou reconstituée, quelle que soit notre réussite sociale, nous n'avons jamais été véritablement libérés du Lager, comme l'appelait Primo Lévi et nous nous réveillons parfois en sueur, après un cauchemar qui a fait revivre le camp.


Force est de constater que nous ne sommes pas des vivants tout à fait comme les autres.


Pour Nathalie Zajde, nous revivons fréquemment l'inimaginable Shoah et l'assassinat systématique des Tziganes, parce que dans les sociétés actuelles, telle une déferlante universelle, apparaissent des épurations semblables à celles que nous avons connues.

Mais il y a d'autres raisons. Si nous sommes et resterons toujours des survivants parmi les vivants, c'est aussi parce que nous avons été jetés sur une autre planète, là où régnaient en maître l'iniquité, la brutalité et où la mort était devenue familière.

Comment chasser de notre mémoire les appels qui duraient si longtemps alors que nous restions debout, sans bouger, dans le froid et le vent glacial ; comment oublier les "visites des musulmans", comme ils disaient, au cours desquelles la mort nous attendait pour nous donner rendez-vous ; comment éliminer de notre mémoire les morts-vivants que nous croisions dans les allées du camp et qui marchaient pliés en deux comme s'ils étaient en prière ; nous ne pouvons pas les oublier, car nous étions ces morts-vivants !! Comme eux nous marchions courbés par la faim et la fatigue, comme eux nous étions glacés l'hiver dans nos vêtements trop légers, comme eux nous protégions jalousement notre gamelle pour éviter que nous soit volée le peu de soupe infâme qu'ils nous donnaient pour subsister.


Nous étions effectivement sur une autre planète quand, le 18 janvier 1945, gardés par les SS et les chiens, quittant le camp pour la dernière fois, nous sommes partis en exode qui deviendra très vite, une effroyable Marche de la Mort. Marche hallucinante vers nulle part.


La victoire qui leur échappait, décuplait la violence des SS. Au camp nous avions connu la folie, là, nous étions en pleine démence
Le nombre de compagnons assassinés augmentait sans cesse et leurs cadavres, laissés sur le bord de la route jalonnaient notre passage. Parfois, celui à côté duquel nous marchions depuis des heures, ne pouvant plus avancer, s'affaissait sur la route et mourant était bousculé, presque piétiné par ceux qui suivaient et qui ne l'avaient pas vu. Je ne peux chasser de ma mémoire le jour où ils nous ont entassés sur des wagons de marchandises et demeure encore horrifié par tous les morts ........ou presque morts, sur lesquels nous nous sommes affalés tellement nous étions épuisés.


Toutes ces morts injustes sont souvent présentes dans notre mémoire et surgissent sans crier gare
Même si nous avons essayé de vivre afin de pouvoir un jour exister, nous restons habités par tout ce que nous avons vu et vécu là-bas, car on n'est pas indemne d'un passé indicible !!
Mais il y a aussi une autre raison à notre état de survivants : nous avons maintenant conscience d'être les derniers témoins à pouvoir dire "j'y étais et j'ai vu". Alors que les truqueurs, les maquilleurs de la réalité, révisionnistes et négationnistes se renouvellent de génération en génération comme toutes les mauvaises herbes, nous qui sommes les derniers à pouvoir faire revivre nos morts, nous nous demandons sans cesse si nous avons suffisamment œuvré pour que la véritable Histoire puisse ne jamais être réécrite au bénéfice d'odieux mensonges. Avons-nous suffisamment contribué à l'indispensable "travail de mémoire" ?
Chaque fois que nous rencontrons des adolescents pour parler des dangers de tous les extrémismes et que nous décrivons les actes de barbarie auxquels nous avons assisté ; chaque fois que nous expliquons où peuvent mener le fanatisme et la haine, le racisme et l'antisémitisme et que nous faisons revivre les étapes choisies pas les SS pour nous déshumaniser, même si nous le faisons avec modération ; chaque fois qu'à la fin de nos interventions ils nous demandent de leur montrer le numéro matricule tatoué sur notre bras gauche, chaque fois nous nous retrouvons à Auschwitz et vivons à nouveau ce que nous leur décrivons.
Alors, mes amis, acceptons ce fait inéluctable d'être des survivants parmi les vivants, acceptons de faire revivre nos familles et tous les martyrs anonymes que nous avons laissés là-bas, acceptons même nos cauchemars et les moments de la journée où tout nous revient comme une vague déferlante, acceptons tout cela, mais poursuivons inlassablement notre "travail de mémoire" pour donner du sens aux peu d'années qui nous restent.

21:36 Écrit par dorcas dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : memoire, survivants, crematoires |  Facebook |

15/02/2010

Vel d'Hiv : discours

Vel d'Hiv : discours

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Hommage aux victimes de la rafle du « Vel d’Hiv » à Paris
Richard PRASQUIER Président du CRIF
 
lundi 20 juillet 2009
 
Le discours de Richard Prasquier, président du CRIF, prononcé le dimanche 19 juillet à la commémoration de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’état français et d’hommage aux « Justes de France »
 
C’est aujourd’hui la confrontation annuelle de la France avec la page la plus honteuse de son histoire nationale. Un pays se grandit quand il intègre une page de déshonneur dans son calendrier commémoratif. Il se détourne du confortable narcissisme, il se confronte à la mémoire de l’autre, il entre dans l’ascèse de l’histoire, il permet une admiration sans équivoque pour ceux qui ont agi dans le bien, les Justes, et il ouvre les possibilités d’un avenir meilleur.
 
La honte, nous devons tous l’assumer. Tous, à l’exception des victimes et des enfants de victimes, de ceux qui furent stigmatisés, pourchassés, déportés, assassinés parce qu’ils étaient Juifs, à l’exception aussi des héros, des sauveurs et des Justes. Mais pour tous les autres français, quel que soit leur âge et quelle que soit leur origine, la rafle du Vel d’Hiv et les persécutions contre les Juifs sous le régime de Vichy sont une page de la longue histoire de notre pays qu’il nous revient d’endosser.
 
De ce patrimoine commun, il émerge des symboles puissants que nous partageons. Même ceux qui comme moi, sont absolument certains que leurs ancêtres n’ont pas participé à la bataille de Bouvines ou à la prise de la Bastille doivent intégrer mentalement ces journées qui parmi d’autres "ont fait la France". Nous devons le faire parce que la citoyenneté française est -devrait être- une citoyenneté d’aspirations communes portées par les leçons d’une histoire partagée.
 
Ce qui laisse à d’autres champs d’appartenance la possibilité de se manifester, pour autant qu’ils n’entrent pas en collision avec les règles du contrat civil de notre pays. J’ai le sentiment très naturel d’appartenance au peuple Juif. C’est ce peuple, et pas une religion, qui a été diabolisé par les nazis et traqué par leurs complices de Vichy, c’est ce peuple dont Israel est le territoire historique, c’est ce peuple juif de France dont le CRIF a pour mission d’exprimer sur le plan politique les sentiments, les craintes et les indignations, dans le strict respect de la tradition républicaine nationale.
 
Les 16 et 17 juillet 1942, 13.150 juifs, dont 4.115 enfants ont été raflés par la police parisienne. Près d’ici, dans l’ancien Vel d’Hiv détruit en 1959, ont été gardés au cours de journées d’horreur les familles avec enfants, les autres étant envoyés au camp de Drancy. Pour la première fois des enfants avaient été raflés ; ils furent ultérieurement séparés de leurs mères : cet arrachement marqua la conscience populaire, et les entreprises de sauvetage des enfants dans lequel l’OSE a joué un rôle central seront le thème de cette commémoration.
 
Dans toute l’année 1942 depuis la première déportation du 27 mars à la dernière du 11 novembre, il y eut près de 42 000 juifs déportés de France, qui aboutirent à Auschwitz. 25 000 furent gazés à leur arrivée dans les deux baraques appelées maison rouge et maison blanche. 805 (2%) ont survécu. Aucun enfant parmi eux.
 
Ce que serait le sort des déportés, les hommes au pouvoir ne pouvaient l’ignorer que s’ils voulaient l’ignorer, ce qui fut fréquent. Car des informations circulaient : diffusées en Angleterre au printemps 42 elles avaient fait état de 700 000 juifs déjà assassinés en Pologne. Si on n’imaginait pas encore les gazages, on connaissait les fusillades en masse et l’épuisement et la mort dans le travail esclave. Mais on a fait silence.
 
Vichy livrait les Juifs comme du bétail aux autorités allemandes. L’indignation du pays fut grande au mois d’août 1942, puis elle s’estompa et le silence reprit : le ravitaillement, la relève bientôt le service du travail obligatoire, la résistance et la survie personnelle prenaient le pas sur la persécution des Juifs sauf auprès de ceux qu’on appela plus tard les Justes....
 
Même à Londres, il y eut beaucoup de silence. Voici un communiqué du 7 août 1942, après les premières rafles de la zone sud. "Le Comité National Français vient d’être saisi par les organisations de Résistance des mesures de déportation en masse prises par Laval contre les étrangers ou prétendus tels résidant en zone prétendument non occupée et de la profonde indignation que ces mesures suscitent dans la population entière.." Où est le mot Juif ?
 
Silence après guerre, alors que les chiffres de victimes juives du nazisme, six millions, étaient déjà connues et auraient dû susciter une horreur particulière, on enjoignait aux survivants de ne pas se mettre en avant.
 
C’étaient les temps où le philosophe chrétien Gabriel Marcel conseillait aux Juifs en 1946 de se montrer discrets sur leurs revendications.
 
Ces temps sont révolus. Il n’y a plus à faire silence.
 
Un jeune homme a été torturé puis assassiné il y a trois ans de façon horrible. Il était juif. Certains suggèrent que en dehors de l’auteur principal, et encore, l’antisémitisme n’a guère joué de rôle dans ce meurtre, que c’est un point secondaire. Nous pensons que s’il n’avait pas été juif, il n’aurait pas été enlevé et il n’aurait pas été assassiné. Est-ce un détail ?
 
Bousquet ne se considérait pas antisémite, Laval ne l’était peut-être pas non plus. Ce n’est pas une circonstance atténuante. Pendant la Shoah parmi les dizaines de milliers d’assassins, peu ont tué à cause de leur antisémitisme, mais leurs meurtres étaient antisémites. Ils agissaient par ambition,ils agissaient par lâcheté, ils agissaient par obéissance, ils agissaient par indifférence, ils agissaient par gloriole et par conformisme de groupe pour ne pas se faire considérer comme des faibles. Ils agissaient aussi parce que dans la vision du monde à laquelle ils avaient été amenés à adhérer, il y avait l’idée que les Juifs ne sont pas des êtres humains comme les autres, qu’on a le droit de tout leur faire et qu’on ne doit pas éprouver pour eux de la pitié.
 
Le préjugé antisémite arase le remords. Il autorise la férocité. Il n’est pas anodin. Il est de nouveau très présent dans nos cités. Et je pense que cette commémoration n’a pas de sens si nous n’y pensons pas aujourd’hui.
 
Un assassin, c’est aussi un homme qui aurait pu éviter d’entraîner un autre à la mort et qui ne l’a pas fait. Celui-là n’est plus un comparse passif, moins encore un spectateur impuissant.
 
Les Justes furent rares, très rares, et il y eut beaucoup de portes fermées qui provoquèrent la mort, à l’abri desquelles les indifférents sont devenus des criminels. La responsabilité est pour l’homme une charge et une grandeur.
 
Nous ne pouvons être complaisant avec elle. Nous devons expliquer, nous devons tenter de prévenir. Il faut savoir, il ne faut jamais esquiver. Il ne faut jamais justifier.

 
© Primo, 21-07-2009

06/02/2010

Les médecins maudits

Les médecins maudits

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A Dachau, dans une piscine où flottent des pains de glace, des déportés attendent que le froid les tue, sous le regard vigilant de scientifiques qui mesurent leur temps de survie. A Auschwitz, Mengele fait étudier in vivo les secrets de la gémellité, afin que les femmes du IIIème Reich donnent deux fois plus d'enfants à leur Führer. Ailleurs on brûle les détenus ou on leur tire dessus pour découvrir comment mieux soigner les soldats allemands victimes de bombes ou de balles. A Buchenwald, Mauthausen et Ravensbrück, des vaccins approximatifs sont testés, inoculant le typhus, le choléra ou la tuberculose plus souvent qu'ils n'en prémunissent. Dans tous les camps de concentration, des médecins, des professeurs d'université choisis par Himmler et encouragés par Hitler pratiquent sur le matériel humain voué à l'extermination des expériences atroces. Christian Bernadac a retrouvé certains des survivants de cette barbarie, marqués à jamais par l'épreuve et les souvenirs. Leur témoignage, et le dépouillement d'archives pour la plupart inédites, lui ont permis de retracer la monstrueuse histoire de ces essais thérapeutiques d'évoquer la souffrance et la mort des cobayes sacrifiés, et de nous remettre en mémoire l'un des chapitres les plus immondes de la Seconde Guerre mondiale.

La stérilisation sur les jeunes filles.

Extrait du livre

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Une des expériences les plus lamentables fut la stérilisation par les rayons X de toutes les jeunes filles de seize à dix-huit ans. Des frêles créatures délicates, dont les souffrances révoltaient… Les petites revenaient le soir dans un état effrayant. Elles  vomissaient sans cesse et se plaignaient de douleurs abdominales atroces. Nombreuses furent celles qui durent s’aliter durant des semaines et même des mois. Nombreuses furent celles atteintes de brûlures radiologiques dort étendues nécessitant des pansements de longue durée.

 Il faudrait aussi parler des petites bohémiennes de Ravensbrück, des fillettes dont on ne peut pas oublier la vue, par terre dans les corridors du revier, se tordant de douleur après la stérilisation. Car les « essais » des « savants » portaient aussi sur des enfants. Une déportée Gustawa Winkowska demanda au docteur Treinte, spécialiste de ces stérilisations : Pourquoi aussi sur eux ? Il fait les stériliser très jeunes car ils sont capables d’avoir des enfants à treize ans.


05/02/2010

La voix des survivants

La voix des survivants

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Lyn SMITH
Traduit par Jean Charles PROVOST

Ils étaient juifs, polonais, Témoins de Jéhovah, homosexuels, tsiganes, communistes ou prisonniers de guerre russes. Tous ont en commun d'avoir connu l'enfer des camps nazis. Et d'y avoir survécu.

Présentation du livre
Ce sont les témoignages d'une centaine de ces "voix oubliées" qu'a enregistrés Lyn Smith, professeur de sciences politiques, pour le compte de l'Imperial War Museum de Londres, sur une période de vingt-cinq ans. Avec leurs propres mots, ces rescapés de l'inconcevable racontent comment la terreur nazie a peu à peu affecté leur vie quotidienne, jusqu'à l'horreur des ghettos, des camps de concentration ou d'extermination et des marches de la mort.

Quels qu'aient été à l'époque leur âge, leur nationalité, leur confession et leurs convictions politiques, tous s'expriment avec une retenue et une pudeur qui contrastent avec l'étendue des sévices moraux et physiques qu'ils ont subis. Et pourtant, à travers ces récits de cruautés banales ou d'atrocités inimaginables rayonnent comme par miracle des moments d'espoir et de grâce.

Emouvant témoignage du courage et de la volonté des hommes, La Voix des survivants est un livre important et nécessaire.
Une contribution essentielle au devoir de mémoire.

02/02/2010

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

Trois ans dans une chambre à gaz : Auschwitz

trois ans

Le témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.

 “Le livre de Filip Mûller est un document unique. En prendre connaissance est un devoir, si nous voulons assurer la survie de notre civilisation. »

Professeur yehuda Bauer : Hebrew University à Jérusalem.

Traumatisé à vie, Filip Müller, après avoir surmonté les limites extrêmes du désespoir, a finalement décidé, trente ans après, de se souvenir. Afin que nul n’oublie.

Son récit vécu sur l’innommable réalité des camps de la mort n’est comparable à aucun autre. Müller est en effet l’un des uniques survivants des commandos spéciaux des fours crématoires, commandos où se trouvaient enrôlés de force de jeunes déportés suffisamment robustes pour exécuter, sous la menace d’une mort immédiate en cas de refus, les tâches les plus immondes et les plus éprouvantes jamais demandées à des hommes. A intervalles réguliers, l’effectif complet de ces commandos était à son tour radicalement éliminé, afin qu’aucun survivant ne puisse jamais parler.

Filip Müller, par un extraordinaire concours de circonstances, a miraculeusement survécu. Il a, pendant trois ans, tragiquement assisté au massacres de tout un peuple, partagé les derniers instants de tous ceux qui allaient mourir, procédé, avec ses propres mains, et dans d’indicibles conditions au transfert et à l’incinération de leurs cadavres.

Son histoire, véritablement dantesque, dépouillée de tout artifice littéraire ou artistique, ne s’embarrasse d’aucune considération d’ordre psychologique. C’est uniquement le constat détaillé et souvent insoutenable d’un hallucinant cauchemar, un document historique exceptionnel à l’état brut, au ton volontairement neutre, car il est des expériences qui coupent à jamais toute envie de philosopher.

Filip Müller : préface de Claude Lanzmann

un extrait ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7246610/les-nouvelles-fabriques-de-morts

Un autre extrait de ce livre ici: http://souvenez-vous.skynetblogs.be/post/7269867/les-amer...

 

Les Américains arrivent au camp d’Auschwitz

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Extrait du livre

La conviction de l’imminence de notre libération mobilisait mes dernières forces et stimulait ma volonté de vivre, mais en dépit de tous mes efforts, je ne pouvais empêcher la dégradation graduelle de mon physique et de mon moral. Le temps me semblait figé. Je demeurais toujours sur la charpente de mon toit et observais sans intérêt le grouillement des poux sur ma couverture. Je ne portais  guère plus d’attention aux lamentations et aux plaintes qui s’élevaient au-dessus de mon gîte. Je vivais dans un état de somnolence.

Réveillé en sursaut par le fracas des combats, j’entendis enfin le bruit tout proche des mitrailleuses et les détonations des grenades. Aussitôt après, quelques personnes se précipitèrent dans la baraque, les bras levés, criant avec exaltation : « Nous sommes libres, camarades ! Nous sommes libres ! ».

Cet instant, sur lequel s’étaient fixés toutes mes pensées et tous mes espoirs depuis trois interminables années, me semblait désormais vide de signification. Je ne ressentais aucune joie, aucune émotion. Je me laissais tomber au sol de »puis ma poutre et me glissais à quatre pattes jusqu'à la porte. Lorsque je fus dehors, le me traînais un peu plus loin et m’allongeais simplement sur la terre, où je m’endormis d’un profond sommeil.

Je fus réveillé par un bruit régulier de moteurs. Je me levai avec difficulté et me rendis lentement jusqu’à la route voisine où, à quelques mètres de distance, défilait avec un fracas assourdissant une longue colonne de blindés Soviétiques. Je suivis des yeux les colonnes d’acier et compris alors que tout était fini.

Je n’étais plus qu’une épave vivante, l’ombre de moi-même. Je n’étais même plus capable de ressentir une émotion. Pas une larme de joie sur mon visage, aucune explosion d’enthousiasme dans mon cœur. Fermé à tout sentiment, Je regardais au loin, dans le vide, incapable de réaliser que j’avais définitivement échappé au commando spécial d’Auschwitz.

(témoignage de l’un des seuls rescapés des commandos spéciaux.) Filip Müller préface de Claude Lanzmann.

 

Les nouvelles fabriques de morts

attende pour leur exterminations

Extrait du livre

Les déportés avaient compris que l’ordre  de déshabillage signifiait leur condamnation. Ils semblaient résignés. Ils commencèrent à retirer lentement leurs vêtements, puis ils déshabillèrent leurs enfants. A chaque pièce de leurs vêtements qui tombait par terre, on avait l’impression qu’ils se dépouillaient d’une partie de leur tristes existences, car la plupart n’avaient connu que la misère et les privations. Certains retenaient leurs larmes pour ne pas augmenter l’angoisse de leurs enfants ou provoquer leurs questions. Ceux-ci regardaient tristement autour d’eux, cherchant à comprendre. Bientôt tout le monde fut dévêtu. Les hommes et les femmes s’embrassaient en caressant leurs enfants et en essayant de se donner mutuellement du courage. Abandonnés par un monde qui ne voulait plus les connaître et qui les rejetait, ils passaient les dernières minutes qui leur restaient à vivre à faire un retour sur leur passé, si désolé fût-il. Soudain, une voix s’éleva dans la foule. Un petit vieillard émacié avait commencé la prière du Viddoui. Il se penchait en avant, puis il se redressait en levant la tête et les bras vers le ciel martelait chacune de ses supplications passionnées au tout-puissant en se frappant la poitrine de son poing. Les paroles hébraïques résonnaient dans la cour : « aschamu »      ( nous avons pêché), « bagdanu » ( nous avons été infidèles), « gazalnu » ( nous avons fait du tort à notre prochain), «di bardi difi» ( nous avons calomnié), « hevejnu » ( nous avons menti), « vehischarnu », (nous avons enfreint la loi), « sadnu » ( nous avons fait le mal sciem), « chamasnu »  ( nous avons opprimé notre prochain). «  Mon D.ieu avant de naître, je ne représentais rien, et maintenant que je suis créé, je suis comme si je n’existais pas. Je suis poussière dans ma vie comme je serais poussière dans la mort. Je te glorifie, Seigneur, pour l’éternité, D.ieu éternel. Amen ! Amen ! »

Les deux milles prisonniers répétaient chacune de ces paroles, bien que certains n’en  comprissent pas le sens. Après cette émouvante prière, presque tous avaient les larmes aux yeux, des scènes déchirantes se déroulèrent devant nous. Mais les larmes n’étaient plus seulement celles du désespoir. Pénétrés presque tous d’un profond sentiment religieux, ils se remettaient dans la main de D.ieu.

Le recueillement des prisonniers avaient atteint son point extrême. La foule récitait maintenant à haute voix la prière des morts, le Kaddisch. Comme après leur fin, il n’y aurait plus personne pour la dire à leur intention, les victimes prononçaient elles-mêmes les paroles sacrées au seuil de leurs derniers instants.

Ils pénétrèrent ensuite dans la chambre à gaz. En quelques minutes les cristaux bleu-violet de cyclon B, achevèrent de produire leurs irrémédiables effets. Puis les derniers râles des agonisants s’estompèrent. Dehors, l’existence quotidienne reprenait son cours habituel.


 

Les cendres mélées

Les cendres mélées

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De Joseph Gourand 1997
Edition: Le cherche Midi

On a tous lu au moins une fois, ne serait-ce qu’à l’école, des écrits sur la seconde guerre mondiale, des témoignages, des récits, on a tous nos opinions sur tout ça…
« Les Cendres Mêlées », c’est un livre de plus mais raconté avec une telle intensité, qu’on a presque l’impression d’y être, de vivre ça, ces moments d’horreur… Non ! Je retire ça, je n’ai pas le droit de le dire, parce qu’il nous est absolument impossible d’imaginer vraiment, de le croire vraiment et comme le dit l’auteur lui-même, il ne nous livre ici que des moments de cette période, des moments de vie, le plus dur, il le garde pour lui, parce que c’est inexplicable, indélivrable.

Joseph Gourand voudrait-il oublier ce qu'il a vécu que le numéro gravé à l'encre indélébile sur son avant-bras gauche l'aurait rappelé au devoir de mémoire. Arrêté avec ses parents, ses frère et sœur, oncles et tantes, en juillet 1944, à Lyon, il sera de l'avant-dernier convoi qui partira pour Auschwitz et le seul survivant de sa famille.

Adolescent de dix-sept ans, « devenu ombre parmi les ombres, il brûle les étapes de la vie lors de sa descente aux enfers ». Il ne doit d’être encore en vie que grâce à son père, au sacrifice de ce dernier et à la promesse qu’il lui a fait de rester de ce monde, de survivre pour d’abord retrouver sa petite sœur restée en France et ensuite fonder une famille et perpétuer leur nom.

La chance ne le quittera jamais, tout au long de cette horreur, même lors de « la marche de la mort », lors de l’évacuation du camp, des conditions de « voyage » indescriptibles et des multiples arrêts dans des camps où les allemands en déroute ne peuvent se résoudre à admettre que la guerre est finie…

Joseph parviendra envers et contre tout à reprendre son destin en main, même avec toutes ces ombres sur les épaules, ces absents, il parviendra à revivre, à redevenir un peu libre dans sa tête, à revenir « d’au-delà de l’Humain », au-delà de l’inimaginable, au-delà de l’enfer...

Ce livre est émouvant… Non, poignant… Non ! Hallucinant pourrait paraître plus exact, rien n’est assez fort pour le décrire… Suffit juste de le lire, de comprendre, de se laisser porter par les mots et de laisser s’infiltrer dans notre esprit toute la réalité de plus d'un demi-siècle plus tôt… Réalité cauchemardesque, oppressante mais si vivace encore maintenant, de par les témoignagnes, les commémorations, les souvenirs… qui ne pourront jamais effacer ça. Jamais.

00:27 Écrit par dorcas dans Livres sur la Shoah | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auschwitz, survivants, camps |  Facebook |

31/01/2010

Yad Vashem inaugure un nouveau centre de recherche

Yad Vashem inaugure un nouveau centre de recherche
 
Par Sarah Smadja pour Guysen International News


Le 10-12-2008

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 Yad Vashem, le mémorial de la Shoah de Jérusalem, inaugure cette semaine un nouveau centre de recherche sur les conséquences de la Shoah en se basant sur les expériences post-guerre des survivants. L’objectif est de préserver au mieux la mémoire de la Shoah à une époque où se répandent des idées révisionnistes et où le nombre de survivants diminue.

 
« Jusqu’à présent, la priorité de Yad Vashem était de se concentrer sur la Shoah en lui-même, mais aujourd’hui préserver la mémoire de la Shoah est d’une importance cruciale » explique le Dr. Ze’ev Mankowitz, directeur du centre.

Promouvoir la recherche et les activités éducatives relatives aux expériences post guerre des survivants, se concentrer sur des sujets tels que le choc de la libération pour les survivants, la Shoah vue par les jeunes d’aujourd’hui, ou encore la Shoah dépeinte dans la littérature moderne et les films, feront notamment partie des priorités de ce nouveau département de Yad Vashem.

Des questions essentielles concernant la vie des rescapés de la Shoah seront traitées.
Comment s’est passé leur retour à la vie ? Comment ont-ils été reçus par leurs concitoyens ? Comment est-ce que les nouveaux pays d’accueil les ont traités et considérés ?

Des questions essentielles pour une compréhension plus profonde des effets à long terme de la Shoah, explique le survivant Eli Zborowski, directeur de la société américaine pour Yad Vashem et donateur du nouveau centre.

Dans un premier temps, le centre - qui fonctionnera avec un personnel de 6 personnes, mais qui travaillera avec des chercheurs du monde entier - se concentrera principalement sur les conséquences de la Shoah pour les juifs du monde entier dans le premier quart de siècle après la Shoah, principalement entre les années 1944 et 1961.

Le travail du centre inclura des débats et réflexions notamment autour des thèmes : ‘ fallait-il accepter ou non l’argent de l’Allemagne les premiers jours de la création de l’Etat d’Israël’, ‘les procès des criminels de guerre nazis comme le procès Eichmann en 1961’, ‘la lutte pour la réappropriation des biens spoliés’, et ‘l’entretien de la mémoire des victimes de la Shoah’.

« Notre priorité est de donner aux survivants un microphone, et l’occasion de faire ainsi entendre leurs voix » explique le Dr Mankowitz. 

Par Sarah Smadja:  Guysen International News

00:52 Écrit par dorcas dans Mémorial | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, jerusalem, survivants |  Facebook |

28/01/2010

Peres au Bundestag : plus jamais...

Peres au Bundestag : plus jamais...

Le président Shimon Peres a prononcé un discours historique devant les membres du parlement allemand à Berlin ce mercredi après-midi à l’occasion de la journée internationale de la Shoah, 65 ans après la fin de la seconde guerre mondiale.
 
« Plus jamais de dictateurs assoiffés de sang se cachant derrière le masque de la démagogie et criant des appels au meurtre. Ils constituent une menace pour le monde entier, » a souligné Peres.
 
Le parlement allemand a entendu une traduction du discours, qui a été donné en hébreu. Peres a aussi dit le Kaddish en l’honneur des victimes de la Shoah, dont ses grands-parents qui ont été brûlés vivants dans la synagogue de leur ville.
 
« Dans l’état d’Israël et à travers le monde entier, les survivants de la Shoah se retirent peu à peu du monde des vivants. Leur nombre se réduit chaque jour. Pendant ce temps, ceux qui ont participé au plus méprisable travail sur terre – le génocide – vivent toujours sur le sol allemand. Faites tout ce que vous pouvez pour enfin les apporter devant la justice, » a déclaré Peres.
 
Le président a fait référence à ses souvenirs de sa ville natale de Biélorussie lorsqu’elle a été conquise par les nazis, ainsi qu’à l’image de son grand-père, qui l’a beaucoup marqué jusqu'à aujourd’hui. Il a ensuite parlé de l’établissement de l’état d’Israël, disant que si le « retard dans son établissement » avait été empêché, la Shoah aurait pu être évitée.
 
« En tant qu’israélien, je déplore le retard tragique dans l’établissement de l’état juif, qui a laissé mon peuple sans aucun endroit pour se refugier. Je ne peux pas accepter la perte d’un million et demi d’enfants, le plus grand potentiel humain, qui auraient pu changer le destin d’Israël. Je suis fier de la renaissance d’Israël, qui est la réponse morale et historique à la tentative d’effacer le peuple juif de la face du monde, » a dit le président.
 
Peres a ensuite dirigé ses mots vers l’Iran. « Nous sommes maintenant là avec cette leçon essentielle : plus jamais. Plus de doctrine raciste, plus de sentiments de supériorité, plus de cette soi-disant autorité divine pour inciter, assassiner, violer la loi, nier D.ieu et la Shoah. »
 
Peres a ajouté : « les menaces de détruire un peuple et un état sont faites avec pour toile de fond le développement d’armes de destructions massives, dans des mains déraisonnables, avec un esprit aliéné, en niant la vérité. »
 
Peres s’est ensuite exprimé sur les difficultés rencontrées par Israël depuis son établissement, suite à la guerre lancée par les états arabes. « Tsahal a gagnée cette bataille désespérée, en mêlant justice historique au courage humain. »
 
« Mais les victoires n’ont pas mis fin aux dangers qui pèsent sur Israël. Nous avons payé un prix lors des guerres, et nous n’hésitons pas lorsque nous sommes forcés de payer un prix pour la paix. Aujourd’hui encore nous sommes prêts à donner des territoires pour parvenir à un accord de paix avec les palestiniens, qui construiront leur propre état indépendant, prospère, et à la recherche de la paix. »
 
Selon le président, « comme nos voisins, nous nous identifions aussi aux millions d’iraniens qui s’élèvent contre la dictature et la violence. Comme eux, nous sommes contre ce régime fanatique, qui contredit la charte des Nations Unies. Un régime menaçant, possédant des réacteurs nucléaires et des missiles, et exploitant le terrorisme dans leur pays comme à l’étranger. »
 
Le discours de Peres est inséparable de la politique déterminée par les responsables de l’état d’Israël qui fréquentent actuellement nombre de cérémonies à travers le monde. Le message principal à faire passer est : « Hitler nous a alors détruit – Ahmadinejad nous menace aujourd’hui. »
27 janver 2010 source Juif.org

22:38 Écrit par dorcas dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nazis, shoah, survivants |  Facebook |