27/05/2015

20 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.

20 mai, ce jour-là, n'oubliez pas.


1919 



- Les Haidamak (cosaques et paysans ukrainiens) de Simon Petlioura, commandant en chef de l'Armée nationale ukrainienne, se livrent à un pogrom à Orinine (province de Podolie). 16 juifs sont tués, de nombreux autres battus à coups de plat de sabre et plusieurs femmes juives violées. 



1940



- Création du camp d'extermination et de concentration d'Auschwitz-Birkenau .
 
- Le camp de Neuengamme devient autonome. Créé en 1938, il est d'abord un Kommando de Sachsenhausen où les détenues travaillent dans une briqueterie confisquée à des Juifs.  Jusqu'en 1945 le camp accueillera près de 100.000 détenus

1942.

- 986 juifs sont déportés de Vienne (Autriche) à Minsk (Biélorussie)

- 1 540 juifs de Belz (Ukraine) sont déportés au camp d'extermination de Belzec.

- Pendant deux jours, 3 400 juifs sont déportés de Brzeziny (Pologne) au camp d'extermination de Chelmno.

1943

- Au ghetto de Varsovie : Stroop affirme fièrement : « Le ghetto n’est plus», et dresse un bilan minutieux des résultats obtenus :
Sur un total de 56 056 Juifs capturés, près de 7 000 ont été abattus sur place et 6 929 transférés à Treblinka ( camp des chambres à gaz et des fosses communes) de sorte qu’en tout 13 929 Juifs ont été liquidés. de plus 5 000 à 6 000 ont du probablement périr par suite du dynamitage et des incendies. On a détruit 631 abris. a l'exemption de 8 immeubles (quartier de la police, hôpital, etc...) tout le ghetto a été complètement rasé. Ce qui n’a pas été dynamité, reste uniquement sous forme de murs calcinés...


- 200 juifs sont assassinés en deux jours par la police ukrainienne à Moravica (Ukraine).

1944.

- Le soixante-quatorzième convoi de wagons à bestiaux quitte le territoire français avec 1 200 hommes et femmes, qui avaient été regroupés et détenus à Drancy. Ils sont déportés au camp d'extermination d'Auschwitz. 904 d'entre eux sont gazés dès leur arrivée.



10/05/2015

29 Avril, ce jour-là, n'oubliez pas.

29 Avril, ce jour-là, n'oubliez pas.

 

1492

- Le Décret de l'Alhambra est rendu public. Les Juifs d’Espagne ont le choix entre la conversion et l’exil : Jusqu’à début août, environ 185 000 Juifs choisiront la route de l’Exil, dont près de la moitié iront dans l’empire ottoman, 20 000 mourront en chemin, 50 000 se convertiront.

1938. 

- Graves émeutes antijuives à Vilna (Pologne). Plusieurs juifs sont blessés et leurs biens saccagés.

1940.

- Les nazis commencent à édifier un mur autour d'un quartier de Varsovie, destiné à servir de ghetto. Avec une superficie de 420 hectares, il doit enfermer non seulement les juifs de la ville mais aussi ceux des environs.

1942. 

- A Amsterdam, les nazis remettent 500 000 étoiles jaunes au Conseil juif, qui doit les répartir parmi tous les juifs. Le port en est obligatoire.

- Les SS pendent 7 juifs coupables d'avoir cuit du pain en cachette dans la ville de Chrzanów (Cracovie).

1943.

- Les derniers juifs, au nombre de 330, encore détenus dans le camp de Leczna (province de Lublin) sont déportés au camp d'extermination de Sobibor.

1944

- Départ de Drancy, avec 1004 déportés pour le camp d’extermination d’Auschwitz, 904 seront directement envoyé à la chambre à gaze, 37 hommes et 25 femmes survivront à la libération.

1945. 

- Le camp de concentration de Dachau est libéré par l'armée américaine. Plus de 40 000 personnes y ont péri, plus des deux tiers étant des juifs. Les troupes trouvent 50 wagons remplis de corps empilés.





14/04/2015

2 avril,ce jour-là, n'oubliez pas.

2 avril,ce jour-là, n'oubliez pas.

1265.

- Un pogrome éclate à Coblence, sur le Rhin (Allemagne). 20 juifs, dont des enfants, sont massacrés.

1279.

- Les juifs de Rothampton (Angleterre) sont accusés d'avoir crucifié un enfant chrétien, ce qui provoque la mort cruelle de nombreux juifs à Londres, où leurs cadavres restent pendus dans les rues.

1642.

- Au cours d'un autodafé à Lisbonne, 86 personnes sont accusées de faire partie des judaïsants, soit de descendre de juifs baptisés de force plusieurs siècles auparavant et qui pratiqueraient toujours la religion juive en secret. 2 d'entre eux sont brûlés vifs, 4 sont garrottés avant d'être brûlés, 80 autres sont condamnés aux galères.

1940. 

- Jusqu'au 4 avril, 179 juifs sont massacrées par la Gestapo dans une forêt près de Rosseszyca (Pologne).

1942.

- 64 juifs sont assassinés par les SS dans la ville de Feodossiya (Ukraine).

- 1 000 juifs du ghetto de Kolomyya (Ukraine) sont déportés au camp d'extermination de Belzec (Pologne).

1943.

- Liquidation du ghetto de Zloczov (Ukraine). Tous les internés sont fusillés à Jelechowice ou déportés au camp d'extermination de Belzec.

1944.u

- 1 500 juifs d'Athènes sont déportés du camp de Haidon au camp d'extermination d'Auschwitz.

- Les wagons renfermant des juifs espagnols, italiens et portugais sont détachés du convoi pour être déviés vers le camp de concentration de Bergen-Belsen (Allemagne). Les juifs qui survivent au voyage, soit 155 personnes, sont finalement envoyés à Magdeburg où ils seront sauvés par l'armée américaine au moment où les SS s'apprêtaient à les fusiller.

24/01/2015

24 janvier, ce jour-là, n'oubliez pas

24 janvier, ce jour-là, n'oubliez pas


1939
- Heydrich est chargé de la création du bureau central d’émigration juif : les visas de sortie sont accordés contre le paiement de lourdes sommes et la cession des biens juifs au Reich. R. Heydrich est de plus chargé de la préparation de la « solution finale de la question juive ».

1940.

- Toues les propriétés juives en Plogne doivent être déclarées et enregistrées

1942

- 

Plusieurs centaines d’intellectuels juifs de Kolomyya (Ukraine) sont rassemblés et massacrés.

1943

- 25 wagons à bestiaux transportant des malades mentaux de l’asile psychiatrique juif Het Apeldoornse Bos situé près d’Apeldoorn (Pays-Bas) arrivent au camp d’extermination d’Auschwitz. Les déportés sont tués et leurs corps brûlés dans des fosses creusées à cet effet.

- 110 juifs appartenant à une brigade de travail sont fusillés par les SS dans les sables près du camp de Janovska, à Lwow (Ukraine).

01:05 Écrit par dorcas dans Ce jour là, n'oubliez pas | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : juifs, ukraine, wagons |  Facebook |

29/12/2014

30 décembre, ce jour-là, n'oubliez pas

30 décembre, ce jour-là, n'oubliez pas

1918

- Des unités commandées par Kozyr-Zyrko, stationnées dans la ville d’Ovrutch (Volhynie) jusqu’au 2 janvier 1919, se livrent à un pogrome contre les habitants juifs. Kozyr-Zyrko et ses troupes font partie de l’Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura. 18 juifs sont massacrés et de nombreuses femmes juives violées.

1919

- La ville de Gochewo (province de Volhynie) connaît un pogrome causé par des rebelles commandés par Kozyr-Zyrko, lié à l’Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura : 2 juifs sont massacrés.

1939

- Exclusion des Juifs des wagons - restaurants.

- Trois bateaux avec à son bord 1 210 réfugiés juifs de Vienne et Prague, ont été arrêté sur le Danube à la frontière romano-yougoslave. Les bateaux faisaient route vers Eretz israël mais ont été arrêtés à la demande du gouvernement britannique. Finalement, deux cent enfants ont reçu des permis pour continuer le voyage, Tous les autres ont dû faire demi-tour. Les hommes seront pris au village de Zasavica et tués en/10/1941. Les femmes et les enfants ont été pris au camp de Sajmiste et seront ensuite gazés dans des camions fermés.

1941

- Massacre de 10.000 juifs à Simferopol en Crimée.

- Début du fonctionnement d'Auschwitz II - Birkenau.

1942

- 1 000 juifs sortis du ghetto de Chortkov (Ukraine) sont déportés vers divers camps de travail forcé de la région. La plupart d’entre eux seront assassinés en juillet 1943.

- 

Les SS assassinent 150 juifs à Ivje (Biélorussie).

1944

- Dans la nuit du 31 décembre, des Croix fléchées occupent l’hôtel Ritz de Budapest, bien que placé sous protection internationale. Ils y arrêtent le président de l’Organisation sioniste, O. Komoly, et le tuent.

05/06/2014

5 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.

5 juin, ce jour-là, n'oubliez pas.



1670



- Le ghetto de Vienne (Autriche) compte 4 000 habitants. Il s’est repeuplé après la tragédie du 12 mars 1421. Mais le 5 juin est la date limite fixée pour leur expulsion s’ils n’acceptent pas le baptême. Cette limite sera prolongé jusqu’au 25 juillet.

1919

- 27 juifs sont massacrés à Felchtin lors d’un pogrom auquel se livrent des unités de l’Armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura.

1940.

- Un juif figure parmi les Polonais tués lors d'une Action de la Gestapo à Ciezkovice (district de Chrzanów).


1942 


- 1 000 hommes, femmes et enfants de nationalité étrangère sont déportés par les nazis du camp de Compiègne au camp d’extermination d’Auschwitz. 32 juifs seulement ont survécu.

- 

Entre 3 et 4 heures du matin, la police roumaine de Czernovitz (Ukraine) déporte en Transnistrie, dans des wagons à bestiaux, environ 70 malades de l’hôpital juif.

- 1 000 juifs sont déportés de Vienne (Autriche) à Izbica (Pologne).

- 

Les nazis incendient la synagogue de Ceské Budejovice (Tchécoslovaquie). 




- En France, départ d'un 2e convoi de 1.000 Juifs du camp de Compiègne pour Auschwitz.

1943 



- Le ghetto de Brody (Ukraine) est liquidé en trois jours. Près de 10 000 juifs sont déportés au camp d’extermination de Belzec.

- Les SS et la police ukrainienne massacrent 700 juifs à Borszczov (Ukraine). 





- 1 266 enfants juifs de moins de seize ans, internés au camp de regroupement de Westerbork, sont déportés au camp d’extermination de Sobibor et gazés dès leur arrivée.



- 150 travailleurs juifs sont assassinés par les SS après la liquidation de leur camp situé dans l’usine Ruzki à Minsk Mazowiecki (Pologne).

- Speer et Goebbels organisent ensemble une manifestation devant les « travailleurs de l’Armement » au Palais de Sports de Berlin. L’événement est retransmis par la radio. Goebbels y prône l’élimination des Juifs. 


- 1.250 enfants de moins de 16 ans sont déportés des Pays Bas vers Sobibor et gazés.

1944.

- Les juifs de Szekesfehervar (Hongrie) et de sa région sont regroupés dans des camps et des baraquements.

16/11/2010

Le Chant du peuple juif assassiné.

Le Chant du peuple juif assassiné
Poème d'Isaac Katznelson

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La peur, l’angoisse, la terreur horrible m’enserrent étroitement.
Les wagons sont là, de nouveau !
Partis hier soir, et de retour aujourd’hui, ils sont là, de nouveau là,
sur le quai.
Tu vois leur gueule ouverte ?
La gueule ouverte dans l’horreur !
Ils en veulent encore !
Encore, de nouveau. Rien ne les rassasie.
Ils sont là, ils attendent les Juifs.
Quand les apporte-t-on ?
Affamés comme s’ils n’avaient encore jamais englouti leur Juif...
Jamais... Mais oui ! ils en veulent encore, toujours plus.

Ils en veulent encore.
Ils sont là, attendant qu’on leur prépare la table,
Qu’on serve le repas, qu’on serve des Juifs autant qu’il en pourra entrer.
Des Juifs !
Vieux peuple aux enfants tout jeunes, jeunes et frais,
Grappes jeunes sur un vieux cep ;
et des vieillards comme le vin fort est vieux.

Ils étaient pleins pourtant, gavés, étouffés de Juifs !
Les morts debout, serrés, coincés entre les vivants,
Les morts debout sans toucher le sol à force d’être serrés,
Sans que l’on puisse voir dans la masse lequel est mort et lequel est vivant.

La tête du mort, comme une tête vivante, se balançait de-ci de-là,
Et sur le vivant coulait déjà la sueur de la mort.
L’enfant réclame à boire à sa mère, morte, une goutte d’eau,
Il lui frappe la tête de ses petites mains, pleurant parce qu’il a chaud.

Wagons vides ! Vous étiez pleins et vous voici vides à nouveau,
Où vous êtes-vous débarrassés de vos Juifs ?
Que leur est-il arrivé ?
Ils étaient dix mille, comptés, enregistrés – et vous voilà revenus ?
Ô dites-moi, wagons, wagons vides, où avez-vous été ?

Vous venez de l’autre monde, je sais, il ne doit pas être loin :
hier à peine vous êtes partis, tout chargés, et
aujourd’hui vous êtes déjà là !
Pourquoi tant de hâte, wagons ?
Avez-vous donc si peu de temps ?
Vous serez bientôt, comme moi, des vieillards,
bientôt brisés et gris.

Voir tout cela, regarder et entendre... Malheur !
Comment pouvez-vous le supporter, même faits de fer et de bois ?
Ô fer, tu étais enfoui dans la terre, profond, ô fer froid.
Et toi, bois, tu poussais, arbre sur la terre, haut et fier !
Et maintenant ? Des wagons, des wagons de marchandises
et vous regardez, témoins muets de cette charge,

Muets, fermés, vous avez vu.

Dites-moi, ô wagons, où menez-vous ce peuple,
ces Juifs emmenés à la mort ?

Ce n’est pas votre faute.
On vous charge,
on vous dit : va !

On vous envoie chargés, on vous ramène vides.
Wagons qui revenez de l’autre monde, parlez, dites un mot,
Faites parlez vos roues, que moi, que moi je pleure...


Isaac Katznelson,
octobre 1943,

23:18 Écrit par dorcas dans Poèmes-Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wagons, juifs, enfants |  Facebook |

11/09/2010

La déportation des enfants Juifs

La déportation des enfants Juifs

 

Voici un témoignage d’un jeune déporté, qui, interné à Drancy, y vit arriver ses petits frères et sa petite soeur:

 

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Photos d'enfants au camp de transit de  Drancy

 


Les autobus arrivèrent dans un bruit de ferraille soulevant des nuages de poussière,; ils étaient des dizaines et nous n’étions pas habitués à voir arriver des prisonniers en si grand nombre à la fois; d’habitude c’était une camionnette ou un car seul qui amenait les prisonniers. des autobus de la RATP, qui en ce jour d’été 1942 franchirent l’enceinte du camp de Drancy et s’arrêtèrent devant la tour de béton inachevée et sinistre qui nous servait d’abri. Ils descendirent par dizaines. C’était des enfants, rien que des enfants, agglutinés par affinités, hagards, hébétés,mécaniques, silencieux comme des brebis de la Bible, pris au sacrifice à un Dieu de guerre, de ténèbres, d’enfer. Mais aucun Dieu des enfants n’est venu s’interposer dans leur destin d’anges. En les regardant de plus près, je vis des visages familiers et, parmi eux, mon petit frère Louis, Henri, et ma petite soeur Jeannette ( 13, 10 et 5 ans). Quel coup au coeur. Tous les autres étaient les enfants de mon quartier, les Gutman, les Luftman, tous ceux ramassés avec leurs parents à la rafle dite du vélodrome d’hiver.
De cet endroit, on les conduit vers Compiègne; puis, me raconte petit Louis, on détache mon père, qui part en déportation vers l’Allemagne; puis ma mère qu’on sépare des enfants. Quel déchirement dans cette séparation. Je ne veux pas y penser tellement le drame est grand.
Pendant plusieurs jours, je réconforte les enfants comme je peux.Quelques jours passent et j’apprends qu’un convoi est prévu pour les enfants vers l’Allemagne, soi-disant pour rejoindre leurs parents. Bien entendu, je ne crois pas cela, car pourquoi les avoir séparés pour les revoir ensuite. J’appréhende un sort bien plus tragique et je me demande ce que je dois faire ? Dois-je partir avec eux pour les protéger, ou rester à attendre mon sort. ce profond dilemme, je n’arrive pas à le résoudre. Je ne ferme pas les yeux de la nuit.

Le matin, je prends la décision d’en parler avec petit Louis ouvertement et je lui dis : «Voilà! vous devez partir en déportation rejoindre les parents; crois-tu être en mesure de t’occuper seul de Jeannette et d’Henri, ou bien veux-tu que je parte avec vous; mais, dans ce cas, je n’aurais plus aucune chance de sauver ce qu’il y a encore à sauver ?» il me répond: « Jusqu’à présent, je me suis bien occupé d’eux tout seul, alors si tu as une chance de te sauver, reste.»
Les quelques jours qui précédèrent leur départ, je me suis mis à organiser pour eux du ravitaillement, des couvertures, tout ce qui était en mon pouvoir dans cette situation de réunir, je l’ai fait. Ils sont partis, chacun avec son ballot. Je les ai accompagné jusqu’au wagon, les ai installés, mais je pressens bien que je ne les reverrais plus jamais.
Trois semaines plus tard, c’est à mon tour de faire partie d’un convoi. Je suis revenu 3 ans plus tard... vous, qui me lisez, vous comprendrez aisément pourquoi, tous les enfants du monde sont devenus mes petits frères et soeurs.

Il reste à imaginer la progression à travers toute l'Europe de ces lamentables convois remplis de petits enfants, d’imaginer l’arrivée à Auschwitz des survivants, leur descende des trains au milieu des SS, armés, vociférants et accompagnés d’énormes chiens policiers aboyant, leur cortège vers les chambres à gaz et leur affreux sacrifice destiné à alimenter une haine toujours inextinguible.

source : carnet du Musée de la résistance, de la déportation et de la libération du Lot (France)

08/04/2010

Le train de la mort

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Au lendemain du débarquement de juin 1944, les différents services de police et de sécurité du Reich, pour une fois d’accord estiment que la masse impressionnante des détenus des prisons de France ne doit en aucun cas grossir les effectifs des forces alliées d’invasion ou de la résistance, mais au contraire participer dans les camps de concentration à l’effort de guerre allemand. Rassemblés dans le centre de triage de Compiègne, ces prisonniers alimentent les derniers grands convois de la déportation.

Le 2 juillet 1944, ils sont plus de 2 000 entassés dans les wagons à bestiaux du train 7 909. Cent hommes par wagon. La température extérieure est de 34 degrés. Les gardiens, irrités par un sabotage de voie et un déraillement de locomotive, interdisent le ravitaillement en eau. Les déportés sombrent dans la folie…des bagarres éclatent … Le 5 juillet, sur le quai de débarquement de Dachau sont alignés plus de cinq cents cadavres de « voyageurs ».

Christian Bernadac a recherché et trouvé 340 survivants du train de la mort et 215 témoins extérieurs (cheminots, personnel de la Croix-Rouge, etc.) Cette enquête sans précédent et trois cents manuscrits inédits, rédigés spécialement pour ce livre ont permis à l’auteur de reconstituer minutieusement le voyage et l’histoire de chaque wagon.

Ce livre hallucinant est unique dans le domaine de l’enquête historique, un genre ou Christian Bernadac s’est déjà particulièrement illustré.

Edition : France-empire

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Extraits du livre:

Et la tragédie continua, les hommes perdant connaissance, s’affaissaient sur leurs voisins. Ceux-ci  tentaient de les soutenir ou de les rejeter, mais s’affalaient bientôt sous leur poids. Dès qu’un membre, bras ou jambe, se trouvait pris sous un corps, il était impossible de le dégager et, tôt ou tard, on se trouvait enseveli sous d’autres corps. Beaucoup périrent étouffés par le poids des corps dont ils n’avaient pu se dégager ; d’autres perdirent la raison, c’est ainsi que Barrois se figurait jouer une partie d’échecs avec moi. Son délire fut bref et il s’endormit sans souffrances. J’assistais impuissant à la mort.

Quelques-uns devinrent fous furieux. Ils se mirent à frapper leurs voisins ç coups de poings, de souliers, de gamelles…à sauter, à courir d’un bout à l’autre du wagon en écrasant les camarades. Ceux-ci, en se défendant, perdaient le peu de force et de souffle qui leur restait et succombaient à leur tour.

Page 181 –

Avant le départ de Compiègne, les Allemands découvrent la fouille, un couteau dans la paille du wagon : nous serons privés d’eau. Je crois que cette punition, tout en aggravant nos souffrances, va contribuer à ce que notre wagon n’ait pas de mort : nous avons moins chargé l’atmosphère de l’humidité saturée d’urée de la transpiration. Ce n’est pas le seul facteur favorable. Des camarades, dont je regrette infiniment de ne pas connaître l’identité vont établir une discipline raisonnable dans les postures des cent prisonniers et leur relève périodique. On bougera le moins possible. Des hommes se relaient pour faire circuler l’air confiné en balançant des couvertures. Quand à la situation, elle est celle de tout le train ; à peine une mince fente dans la clôture hermétique… J’estime, avec l’expérience des séjours (brefs) dans des étuves d’essais, que la température a atteint 70°C. La journée est atroce, d’autres le diront mieux que moi, chez lesquels la situation est plus grave encore, faute de discipline.

J’ai à peu près perdu connaissance lorsqu’un camarade me sauve sans doute la vie en me hissant au contact de la fente que j’ai signalée : c’est longtemps après que j’ai appris son nom, celui de l’accordéoniste André Verchuren, auquel je garde toute ma reconnaissance.

Page 215 et  216.

 

17/03/2010

Les mannequins nus : I Auschwitz

Les mannequins nus : 

I Auschwitz

 

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Poursuivant son hallucinante enquête sur les camps de la mort, CHRISTIAN BERNADAC aborde avec les MANNEQUINS NUS, le premier dossier d'une nouvelle série consacrée aux camps de femmes.


On ignore en général que l'enceinte d'Auschwitz abritait, à l'ombre des fours crématoires, un immense camp de femmes; un camp où chaque déportée, dépouillée de cette enveloppe qui la rattachait à son passé, est précipitée dans un monde qu'elle est incapable de comprendre ou d'imaginer. Nue, elle n'a que quelques jours pour se fondre dans la masse, pour réaliser l'amalgame, pour n'être plus que le numéro matricule d'une série, d'un block, d'un kommando. Elle devient un MANNEQUIN NU, un objet. Ces femmes d'Auschwitz ont connu la pire existence concentrationnaire, mais elles ont su comme les hommes, peut-être mieux qu'eux, s'organiser, s'entraider, résister. Beaucoup, malgré la hiérarchie saris cesse préoccupée de trancher les franges de la masse, sont sorties de ce « troupeau de choses » pour ébranler le Système.


Recherchant et retrouvant documents et témoignages inédits, CHRISTIAN BERNADAC retrace ces miracles quotidiens de la survie et de l'espoir. Peu à peu, de cet enchevêtrement de crânes tondus, émergent les visages paisibles du refus.. Mala la Belge, Danielle la Française, Régina la Russe, Bell, la Polonaise.

De Christian Bernadac éditio, France-Empire

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Extrait du livre : page 220 et 221

Du revier (sorte d’infirmerie) chaque jour je voyais fumer le crématoire de l’aube jusqu’au crépuscule, et arriver les trains : un, deux, trois, quatre, jusqu’à sept par jour en cette mi-juillet 1944.Quarante wagons par trains, deux cents déportés par wagon, soit trente à cinquante mille par jour à cette époque, dont quelques centaines à peine pénétraient dans le camp de plus en plus surpeuplé.

Un soir de juillet, une fumée plus âcre qu’à l’ordinaire parvint jusqu’à nous, l’ambiance était plus lourde encore que d’habitude. J’appris bientôt le drame : le gaz manquant, le S.S. avaient ordonné aux commandos du crématoire de creuser des tranchées, les enfants y furent jetés, recouverts de pétrole et brûlés vifs.

Du revier, chaque matin, je voyais défiler de l’autre côté de la strasse ces colonnes interminables de femmes qui partaient au travail, des femmes qui  n’en étaient plus, qui étaient transformées les unes en furies, les autres plus nombreuses en êtres qui paraissaient vidés d’âme, ralenties , au regard vide. A les voir défiler, je découvris avec consternation que mes camarades, dont je venais de me séparer, étaient aussi détériorées que les autres et je réalisais là seulement, à sa pleine mesure, ce qu’était Birkenau où nous étions en train de vivre et de mourir.

Quand vous me demandez : « Vous médecins, qu’avez-vous pu faire ? » Je ne peux répondre que : rien, rien du tout, sinon favoriser l’admission au revier de quelques camarades épuisées et les faire ressortir le plus vite possible ; être là près des agonisantes qui s’accrochaient à nous, qui nous imploraient, nous racontaient ce que fut leur vie, ce qu’elles voulaient retrouver, leur désir immense de revenir, et qui me semblait-il me suppliaient de rendre ce retour possible. Nous ne pouvions que bander ces plaies avec du papier, inciser  les abcès sans matériel stérile, sans anesthésie. On ne pouvait qu’être là, à côté et avec, à ce bercer des mêmes espoirs fous, à délirer avec elles et à faire des gestes qui nous rassurent.

Témoignage de Myriam david, née en 1917,  passa sa thèse en juillet 1942. Israélite, entre en novembre 1942 dans le mouvement de résistance, combat. Arrêtée en décembre 1943. Déportée à Auschwitz

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Extrait du livre page 114

Les crématoires.

Les corps encore chauds passent par les mains du coiffeur qui tond les cheveux et du dentiste qui arrache les dents en or. Récupération systématique par une bande d’assassins qui ne laisse rien au hasard. Et maintenant, un incroyable enfer commence. Les hommes- comme cet érudit avocat de Salonique ou comme cet ingénieur de Budapest-que je connaissais si bien, n’ont rien d’humain. Sous les coups de crosse et de cravache des S.S., ils courent comme des possédés cherchant à se débarrasser le plus vite possible de la charge attachée à leur poignet.-

-          Une fumée noire, épaisse, s’échappe des fosses.

-          Tout ceci se passe si vite, tout ceci est si invraisemblable que je crois rêver. L’enfer de Dante me paraît alors vieille et simple allégorie.

-          Une heure après, tout rentre en ordre. Les hommes enlèvent des fosses les cendres qui s’amassent.

-          Un convoi de plus venait de passer par crématoires 4.

-          Et ceci continua jour et nuit. On est arrivé pour l’ensemble des crématoires et des fosses au chiffre effarant de vingt-cinq mille corps brûlés par 24 heures.

-          Au moment des déportations massives de Juifs hongrois, en l’espace de deux mois et demi    (mai-juin) quatre cent mille y passèrent. Les nazis ont souvent affiché, tant dans leur propagande que dans les discours officiels, leur mépris de l’or. Ceci ne les a pas empêchés de récupérer sur leurs victimes – entre la mise en service des crématoires et le mois de novembre 44, date à laquelle, ils ont cessé de fonctionner – dix-sept tonnes du précieux métal jaune.

Témoignage du docteur Paul Bendel ( rapport pour le procès de Nuremberg)

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Infirmière à Auschwitz, témoignage

 

revier

Une déportées sur un lit du Revier, sorte d'infirmerie, qui est plutôt un endroit pour mourir. une photo qui a été prise au camp de Sachsenhausen à la libération du camps, on ignore si cette femme très affaiblie a survécu.

Il y avait cette femmes, arrivée avec nous, et que je ne reconnaissais pas, bien qu'elle me dit qui elle était.Squelettique, sa jambe gauche était énorme, tendue, violacée, l'autre réduite à l'état d'un bâton.

Notre chef l'amena hurlante, la bousculant parce qu'elle ne pouvait marcher.Etandue sur la table de soins, elle se mit à hurler d'une façon si intolérable que, avec le sang-froid qui la caractérisait, la docteresse l'étourdit d'un direct à la mâchoire et, profitant de cette anesthésie, elle fit une large incision du mollet d'oû sortirent des litres de pus noirâtre.

Quand elle revint à elle, elle ne fut plus capable que de délirer.Elle parlait beaucoup et tint des propos incohérents jusqu'à sa mort.

J'hésitais à refaire le pensement, mais le papier (les pensements étaient fait en papier) fut si vite imprégné qu'il fallait s'y résoudre.

Je découvrais alors un membre envahi d'asticots. Heureusement la malheureuse était dans une demi-inconscience, mais bien des jours passèrent avant qu'elle ne quittat ce monde d'horreur.

Ce témoignage est de Myriam David,un extrait du livre "Les mannequins nus" de Christian Bernadac

           

15/02/2010

Vannes. Un ancien déporté raconte Auschwitz aux lycéens

Vannes. Un ancien déporté raconte Auschwitz aux lycéens



De Nancy à Auschwitz, avec un crochet par Perros-Guirec. Voilà le parcours de Jacques Zylbermine, Juif, né en 1929, qui a survécu à l'extermination nazie. Il était à Vannes, hier, pour témoigner devant des lycéens. Hier, 15 h, dans une salle de classe du lycée Lesage. Les 70 élèves d'Anne Rebout, professeur d'histoire-géo - des secondes, ceux de la classe européenne et des premières ES - dévisagent leur intervenant qui prend place derrière le bureau, face à eux.

« Moi, à ton âge j'étais à Auschwitz »

Jacques Zylbermine interroge un lycéen : « Tu as 14 ans toi ? Et bien moi, à ton âge, j'étais à Auschwitz. Ça me fait peur de te regarder mais c'est comme ça... » Première séquence d'émotion. Les yeux embués, l'octogénaire saisit un mouchoir en papier et commence à raconter son histoire. Le témoignage d'un Polonais, né le 8 mai 1929 en Pologne, qui a grandi à Nancy à partir de 1933. Parce qu'ils ont eu peur des bombardements à répétition, ses parents ont refait les bagages et ont gagné la Bretagne, dans « un petit bled à l'époque » qui s'appelait Perros-Guirec.

Dans les bras de Rommel

Pas vraiment le bonheur puisque la famille Zylbermine partage un mois plus tard l'hôtel avec des Allemands. Qui aurait cru que le petit blondinet en culotte courte était un Juif ? Pas les Nazis en tout cas, qui lui offraient des bonbons, lui caressaient les cheveux, le considéraient comme une mascotte. « Leur chef me disait : "Ah mon gamin, tu es un beau gosse. Tu as les cheveux blonds comme un enfant allemand". Un jour, je l'ai vu en pleine page du journal : c'était le général Rommel ! » Rommel, qui allait par la suite devenir maréchal, le père du mur de l'Atlantique. « J'ai été dans ses bras et j'ai joué avec lui : c'est quelque chose qui me paraît encore aujourd'hui complètement hallucinant ». Puis vient le renforcement des lois de Vichy, le début de l'humiliation. 60 ans plus tard, Jacques Zylbermine n'a toujours pas digéré. Surtout pas le port de l'étoile juive, qui le discriminait à l'école aux yeux de ses copains. « J'étais le seul youpin. C'était intenable ».

Prisonnier en culotte courte

Les temps sont de plus en plus difficiles pour les Juifs. Chassée par les Allemands, la famille se réfugie à Vitré, avant d'être arrêtée et envoyée à la prison de Rennes. La mère et les deux soeurs d'un côté, le père et le fils de l'autre. Le mitar, une prison dans la prison. « C'est la première fois qu'on voyait un prisonnier en culotte courte ». Jacques Zylbermine n'a que 14 ans. L'âge auquel il sera envoyé au camp d'Auschwitz-Birkenau, après trois jours de train. « Il faisait encore nuit. Les Allemands donnaient des coups de fouet sur les wagons pour créer de l'affolement. C'était réussi ». Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. « Un camion est venu chercher mes deux soeurs. Je ne les ai jamais revues depuis. Elles avaient une vingtaine d'années ». Au moment de la sélection, « par chance », il est déclaré apte au travail, contrairement aux autres enfants. Il échappe à la mort, mais pas son père. Durant deux ans, il survit aux pires conditions de travail, « obéit mécaniquement à tout ce qui est demandé ». En 1945, le camp est libéré et il sort enfin de l'enfer. Ses 16 ans, il les fête le 8 mai, jour de la victoire.

11/02/2010

Le chant des Juifs assassinés

Le chant des Juifs assassinés. 
 
Wagons vides ! 
Vous étiez bondés à l'instant et voilà vides à nouveau. 
Qu'avez-vous fait des Juifs ? 
Que leur est-il arrivé ? 
Dix milles comptés et enfermés- et vous voici à nouveau ! 
Oh ! dites-moi, vous, wagons vides, 
Dites-moi ou étiez vous?

23:57 Écrit par dorcas dans Poèmes-Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wagons, juifs |  Facebook |